Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

passer du coq à l'âne [v]

passer brutalement d'un sujet à un autre sans transition ni liaison ; tenir des propos incohérents

Origine et définition

Ceux qui ont été confrontés à l'éducation d'adolescents savent que ceux-ci sont prompts à (tenter de) passer d'un sujet qui les dérange ("où en es-tu de tes devoirs ?") à un autre sans aucun lien qui les intéresse ou ne les met pas en difficulté.
Le passage du coq à l'âne, ils savent parfaitement le pratiquer quand cela les arrange.

Malheureusement, aujourd'hui, le pourquoi de l'âne opposé au coq s'est complètement perdu et il semble n'exister aucune explication réellement satisfaisante de la présence de ces deux animaux dans l'expression.

Tout ce qu'on sait, c'est qu'elle est très ancienne, puisqu'au XIVe siècle, on disait déjà "saillir du coq en l'asne", puis au XVe, "sauter du coq à l'asne".

Duneton, sans pouvoir en apporter de preuve, évoque une possible confusion entre l'âne et la 'cane' (la femelle du canard), parce que, jusqu'à la fin du XIIIe siècle, l'âne désignait la cane. Mais l'asne (le baudet) se prononçant de la même manière, puis se transformant ensuite en âne, c'est lui qui serait resté dans les mémoires.
L'ancienne version de l'expression (avec 'saillir') aurait alors évoqué des rapports bizarres entre un coq et une cane, mais sans qu'on puisse vraiment établir un lien avec la signification qui nous en reste.

Exemples

Vous passez du coq à l'âne !
Désolé tous le monde, je passe du coq à l'âne.
À tout moment, Ruby peut esquiver une question en vous la retournant de façon rhétorique, passer du coq à l'âne ou tout simplement vous dire que son programme ne lui permet pas de répondre.
Il semble passer du coq à l'âne.
Il est passé du coq à l'âne.

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand vom Hundersten ins Tausende kommen passer du centième au millième
Allemand ohne Übergang das Thema wechseln changer de sujet sans transition
Allemand vom Hütchen aufs Stöckchen kommen passer du petit chapeau au petit baton
Allemand von einem Thema zum anderen springen sauter d'un sujet à l'autre
Anglais jump from one subject to another sauter d'un sujet à l'autre
Arabe Badal disco (mazigh) Changer de disque
Espagnol (Espagne) cambiar de tema changer de sujet
Espagnol (Espagne) Irse por los cerros de Úbeda Partir dans les monts d'Ubeda (= S'éloigner complètement du sujet / Divaguer)
Espagnol (Espagne) saltar de un tema a otro sauter d'un sujet à l'autre
Hongrois kígyót-békát összehord coller serpent et grenouille
Hébreu פתח בכד וסיים בחבית commencer par le broc et finiir par le fût
Hébreu פתח בכד וסיים בחבית (pètakh vakad vessiyèm bèkhavitt) ouvrir le canon et terminer dans le canon
Hébreu קפץ (עבר) מעניין לעניין sauter (passer) d'un sujet a un autre
Italien saltare di palo in frasca sauter du poteau à la branche
Italien sfarfallare voler comme un papillon
Néerlandais Van de os op de ezel springen Sauter du boeuf à l'âne
Néerlandais van de hak op de tak springen sauter du talon sur la branche
Portugais (Brésil) passar de pato pra ganso passer du canard à l'oie
Portugais (Brésil) passar de pau para cavaco passer du bois au copeau
Portugais (Brésil) passar de um assunto a outro passer d'un sujet à l'autre
Portugais (Brésil) pular de uma ponta para outra sauter d'un bout à l'autre
Portugais (Portugal) mudar de pato para ganso changer de canard en oie
Roumain a bate câmpii battre les champs
Roumain a sari de la una la alta sauter de l'une à l'autre
Turc Daldan dala atlamak Sauter d'une branche à l'autre
Wallon (Belgique) jâser d' traze à quatwaze parler de treize à quatorze
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « passer du coq à l'âne » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.

Variantes

  • Sauter du Coca light

Commentaires sur l'expression « passer du coq à l'âne » Commentaires

  • #41
    joseta
    23/05/2014 à 08:34*
    Le rappeur Jay-Z et un copain
    Jay: -... Et tu sors toujours avec Sue ?
    le copain: - oui, mais pas la même...on change de Sue, Jay...
    Jay: - ah bon, comme tu veux, parlons d’aut’ chose...
    le copain: - 😐
  • #42
    domolo
    23/05/2014 à 08:39
    Bonjour à toutes et à tous !
    Dans la série : "quel est le comble pour...", il y a ceci :
    Question : quel est le comble pour une poule ?
    Réponse : c’est de passer du coq à l’âne.
    On parlait bien de saillir, non ?
    Bonne journée !
  • #43
    joseta
    23/05/2014 à 09:06
    - J’ai croisé un type bizarre à Dieppe; il vaguait, parlait tout seul et tenait des propos incohérents...
    - mais si je comprends bien, il tenait des propos de Caux, errant...
    - ah, ben vu comme ça...
  • #44
    platon07
    23/05/2014 à 09:12
    Café et café....
    Bonjour vous. Souriant, ce rappel que l’asne fut la cane. Le temps ôte le s et met donc un accent sur le a... = âne.
    Boubacar embaume les matins d’un délicieux et omniprésent parfum de café.
    Je bois à ce moment là le produit d’une machine coûteuse et sous pression, sans saveur ni convivialité.
    Mais à l’origine...?
    Aucun rapport, à priori...
  • #45
    joseta
    23/05/2014 à 09:44
    DEVINETTE
    Pourquoi une gousse d’ail est aussi valable que le coq dans notre expression ?
  • #46
    SyntaxTerror
    23/05/2014 à 10:05
    • En réponse à platon07 #44 le 23/05/2014 à 09:12 :
    • « Café et café....
      Bonjour vous. Souriant, ce rappel que l’asne fut la cane. Le temps ôte le s et met donc un accent sur le a... = âne.
      Bouba... »
    l’asne fut la cane

    Il n’aura échappé à personne que la cane se dit en Picard : ainette. D’après l’intuition de Duneton, il a donc été facile de passer de l’aine à l’asne. Pour éviter ça, le picard appelle l’âne "beudet" (ou "minisse", mais là, on se lance dans l’anti-politisme primaire).
  • #47
    deLassus
    23/05/2014 à 10:19
    • En réponse à memphis #15 le 25/03/2007 à 18:38* :
    • « Coucou, je m’appelle Memphis et je viens juste de découvrir ce site. Il m’intéresse s’autant plus que j’ai un petit blog de dessins et que l... »
    Coucou, je m’appelle Memphis et je viens juste de découvrir ce site.

    Salut à toi, Memphis, dont cette rediffusion permet de découvrir quand tu as découvert Expressio.
    Bravo à toi, Memphis, qui a envoyé à certains privilégiés ta 2000ème illustration d’une expression française !
    Plus fort que God, qui est resté bloqué à 1544...
  • #48
    joseta
    23/05/2014 à 10:19
    • En réponse à joseta #45 le 23/05/2014 à 09:44 :
    • « DEVINETTE
      Pourquoi une gousse d’ail est aussi valable que le coq dans notre expression ? »
    Réponse
    - parce que le coq, ’vaut l’ail’
  • #49
    SyntaxTerror
    23/05/2014 à 10:27
    • En réponse à platon07 #44 le 23/05/2014 à 09:12 :
    • « Café et café....
      Bonjour vous. Souriant, ce rappel que l’asne fut la cane. Le temps ôte le s et met donc un accent sur le a... = âne.
      Bouba... »
    Mais à l’origine...?

    Un chevrier abyssin nommé Kaldi qui aurait constaté l’agitation de ses chèvres après avoir mangé certaines baies rouges.
    What else ?
  • #50
    SyntaxTerror
    23/05/2014 à 10:46
    • En réponse à platon07 #44 le 23/05/2014 à 09:12 :
    • « Café et café....
      Bonjour vous. Souriant, ce rappel que l’asne fut la cane. Le temps ôte le s et met donc un accent sur le a... = âne.
      Bouba... »
    Aucun rapport, à priori...

    Voici ce qu’on lit en Samuel XXV 18 :
    Abigaïl prit aussitôt deux cents pains, deux outres de vin, cinq pièces de bétail apprêtées, cinq mesures de grain rôti, cent masses de raisins secs, et deux cents de figues sèches. Elle les mit sur des ânes.

    Mes compétences exégétiques n’étant plus à démontrer, j’en conclus que les Hébreux connaissaient la torréfaction du café. Autre interprétation possible : ils avaient inventé le "single malt" mais en consommaient peu, ne connaissant pas la tourbe.
  • #51
    Corbas
    23/05/2014 à 10:47
    Un élément vient en renfort de l’explication fournie par Claude Duneton, c’est le nom d’un burin ou ciseau à bois, le bédane. Cela viendrait de bec d’asne, autrement dit bec de canard, par allusion à sa forme.
  • #52
    DiwanC
    23/05/2014 à 10:55*
    • En réponse à Paracas #37 le 23/05/2014 à 06:31* :
    • « Avec une humilité rare chez la gent masculine
      Ca y est ?....... les éternelles victimes de la gent masculine y sont allées de leurs jérémia... »
    Ça y est ?...les éternelles victimes de la gent masculine y sont allées de leurs jérémiades ?

    Pffff...
    Réponse du berger à la bergère sans doute...
    Seulement, fallait pas commencer ! Fallait pas écrire "mauvaise foi féminine → pléonasme". Cette "jérémiade-là" se nomme "vengeance", un plat qui se mange froid !
    "C’est petit"... oui. "C’est mesquin" ...certes. "C’est niveau cour d’école maternelle" ... sans doute ! Mais vais te dire : m’en fous !
    😆
    À part ça, ça va toi ? Coyote, le café, tout ça ?
  • #53
    deLassus
    23/05/2014 à 10:56
    • En réponse à Corbas #51 le 23/05/2014 à 10:47 :
    • « Un élément vient en renfort de l’explication fournie par Claude Duneton, c’est le nom d’un burin ou ciseau à bois, le bédane. Cela viendrait... »
    D’ailleursn dans le Littré, le mot "bédane" n’existe pas, et il faut aller voir vers "bec d’âne".
    Voir cette page.
  • #54
    DiwanC
    23/05/2014 à 10:58*
    • En réponse à Paracas #37 le 23/05/2014 à 06:31* :
    • « Avec une humilité rare chez la gent masculine
      Ca y est ?....... les éternelles victimes de la gent masculine y sont allées de leurs jérémia... »
    Bon, je n’ai pas trouvé d’Aliboron chez Georges...

    Pfffff... bon alors, puisque c’est moi qui faut qui fais tout...
    Il était là, l’âne :
    Par les gosses, battus par l’ivrogne qui rentre,
    Par l’âne qui reçoit des coups de pied au ventre,
    Et par l’humiliation de l’innocent châtié,
    Par la vierge vendue qu’on a déshabillée,
    Par le fils dont la mère a été insultée,
    Je vous salue, Marie.

    L’a-t-il assez chanté* cette Prière de Francis Jammes.
    Ah ! l’accompagnement de Pierre Nicolas ! La plainte de sa contrebasse en écho... Quel bonheur !
    * pour avoir les paroles, suffit de cliquer sur le mot "Plus", sous la vidéo.
  • #55
    joseta
    23/05/2014 à 11:00
    Dans ce resto. Anne était l’intermédiaire entre le cuisinier et le serveur...alors les plats passaient du coq à l’Anne...
  • #56
    <inconnu>
    23/05/2014 à 11:12
    Pour ceux qui s’intéressent à la littérature anglaise, je rappelle le livre de Laurence Stern, "Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme", qui n’est tout du long qu’une "cock and bull story" ( histoire de coq et de taureau). En fait Stern joue sur la polysémie puisqu’il est effectivement beaucoup question d’un taureau dans ce livre foisonnant, et plus encore d’un "cock", c’est à dire un pénis dont on suit les tribulations au long d’un texte qui n’est que digressions et commentaires hors du sujet (généralement annoncé en début de chapitre). Ce livre a d’ailleurs fait l’objet d’une adaptation cinématographique ( chapeau!), distribuée en france sous le titre" Tournage dans un jardin anglais- a cock and bull story". Ah, le grand talent des distributeurs français pour promouvoir les films étrangers!
    Ceci atteste qu’une expression étrangement semblable à la nôtre était d’usage courant en Angleterre au 18e siècle. La difficulté surgit alors du fait que la cane n’a plus rien avoir dans cette histoire qui ressemble pourtant à l’arche de Noé. Ou bien "bull" a-t-il une histoire comparable à celle d’ "âne"? Merci aux éminents anglicistes parmi les habitués d’éclairer notre lanterne.
    Sigmundamadeus
  • #57
    platon07
    23/05/2014 à 11:16
    • En réponse à DiwanC #54 le 23/05/2014 à 10:58* :
    • « Bon, je n’ai pas trouvé d’Aliboron chez Georges...
      Pfffff... bon alors, puisque c’est moi qui faut qui fais tout...
      Il était là, l’âne :... »
    Retour en petit enfance...
    Par les vertus des textes de GB.
    Lorsque j’étais mouflet, on racontait cette histoire pour "ridiculiser" les gens trop avaricieux. Dans la Cévenne pauvre, cela ne manquait pas.
    " C’était un paysan qui trouvait que son âne lui revenait encore trop cher, et réduisait chaque jour un peu plus sa quantité de nourriture.
    L’âne semblait s’habituer, mais malheureusement, il est mort."
    J’ai entendu maintes et maintes fois cette illustration dans les propos des adultes.
  • #58
    mickeylange
    23/05/2014 à 11:20*
    • En réponse à deLassus #53 le 23/05/2014 à 10:56 :
    • « D’ailleursn dans le Littré, le mot "bédane" n’existe pas, et il faut aller voir vers "bec d’âne".
      Voir cette page. »
    Burin à deux biseaux dit le Littré ! Pan sur le bec.
    Le bédane n’a qu’un seul biseau. J’ai fait suffisamment de mortaises pour le savoir !
    cette page
    Quand tu fais une mortaise il ne faut jamais commencer sur le trait car le bédane n’ayant qu’un seul biseau quand tu tapes dessus il recule et tu dépasses le trait. Une fois le centre de la mortaise dégagé le problème ne se pose plus, le bédane n’ayant plus de point d’appui pour le faire reculer.
    Je suis certain que cette astuce va te servir tous les jours. 😉
  • #59
    Paracas
    23/05/2014 à 11:34
    • En réponse à DiwanC #52 le 23/05/2014 à 10:55* :
    • « Ça y est ?...les éternelles victimes de la gent masculine y sont allées de leurs jérémiades ?
      Pffff...
      Réponse du berger à la bergère sans... »
    😄 ...........je savais bien qu’il y aurait une réaction !
    Ah ces femmes......Vous n’existeriez pas il faudrait vous inventer.........🙂
    Sinon moi ça va, le coq, l’âne, le coyote..........tout ce petit monde se porte bien..
  • #60
    Paracas
    23/05/2014 à 11:35
    • En réponse à DiwanC #54 le 23/05/2014 à 10:58* :
    • « Bon, je n’ai pas trouvé d’Aliboron chez Georges...
      Pfffff... bon alors, puisque c’est moi qui faut qui fais tout...
      Il était là, l’âne :... »
    Alors j’ai honte !!..........mais honte que c’est rien de le dire........
    Comment ai je pu laisser passer ça ?.....
    Je ne vois qu’une explication, je suis une bande d’ânes à moi tout seul...........🙁