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se chatouiller le poireau [v]

s'astiquer la colonne ; se polir la colonne ; se masturber ; se branler

Origine et définition

Voilà bien longtemps que presque tout ce qui à l'apparence d'un objet long, droit et épais peut, dans le langage familier, servir à désigner le pénis. Il existe donc des tas de manières d'évoquer la masturbation masculine (dont « peigner la girafe », par exemple, le cou de l'animal étant ici le symbole phallique).
Nous n'en verrons que deux ici.

Bien que le sexe masculin ne soit pas directement désigné, c'est chez Rabelais, dans Pantagruel, qu'on trouve en premier l'association du poireau et de la virilité. En effet, en parlant d'un vieil homme encore vigoureux côté gaudriole, il en dit qu'il est comme le poireau : la tête blanche et la queue verte (le vert ayant ici le sens familier de leste ou grivois).
Mais ce n'est qu'au XVIIIe siècle que le légume désigne clairement le pénis, cette baguette plus ou moins magique[1] qu'un homme peut se tripoter (ou se chatouiller) jusqu'à atteindre l'orgasme. On retrouvera d'ailleurs ce poireau-là dans d'autres expressions comme « se dégourdir le poireau » en parlant d'un homme qui réutilise son instrument après une longue période d'abstinence volontaire ou forcée, ou bien « souffler dans le poireau » pour celle qui pratique une fellation.

Quant à la colonne, d'après Cellard et Rey dans leur Dictionnaire du Français non Conventionnel (), elle devient « officiellement » un autre symbole phallique usuel en 1820, lorsque la colonne Vendôme est érigée à Paris et ses opposants la comparent à un phallus de bronze. Et, inévitablement, les mouvements alternatifs de polissage ou d'astiquage d'un tel objet n'ont pu que rappeler les va-et-vient propres à la masturbation, d'où l'expression.

[1] Certains en disent d'ailleurs que ce n'est pas sa taille qui importe mais son pouvoir magique.

Exemples

« (...) ça fait un moment que, à mon insu, ma main m'astique le poireau, de plus en plus frénétique, me retenir davantage, impossible. »
François Cavanna - Les Ritals - 1978

« Je n’avais pas d’énergie à consacrer à des problèmes moraux tels qu’en posait Ludwig le bigleux, en train de se polir la colonne dans un si beau hall d’entrée. »
Leonard Michaels - Conteurs, menteurs - 2010

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais to buff the banana astiquer la banane
Arabe (Tunisie) yokhrot fiha il se fait peler le zizi
Espagnol (Espagne) apretarle el cuello al ganso serrer le cou au jars
Espagnol (Espagne) cambiar el agua a las aceitunas changer l'eau des olives
Espagnol (Espagne) cascársela se la branler
Espagnol (Espagne) hacerse una paja se faire une paille
Espagnol (Espagne) meneàrsela se la remuer
Espagnol (Espagne) pelar-se la se la peler
Espagnol (Espagne) pelársela se la peler / éplucher
Français (Canada) se crosser se crosser
Français (Canada) se passer un poignet se passer un poignet
Français (Canada) se passer un Willy se passer un Willy
Français (Canada) se polir le shaft se polir le shaft
Italien pettinare le bambole peigner les poupées
Italien masturbarsi se masturber
Italien pesà 'u ssale peser le sel
Italien farsi una sega se faire une scie
Néerlandais (Belgique) flurken flurk designant le penis : verbe
Néerlandais met de handkar gaan aller au charreton
Néerlandais roeiepoetsen astiquer la tringle
Néerlandais van de Handwerkersvriendenkring zijn être du cercle amical des artisans
Néerlandais zich aftrekken se tirer
Portugais (Brésil) descascar a banana éplucher la banane
Portugais (Brésil) fazer justiça com sua própria mão faire justice avec votre propre main
Roumain a bate polonezul battre le polonais
Roumain a da la manivelă donner à la manivelle
Roumain a da mâna cu președintele donner la main avec le président
Slovène daviti purana étrangler le dindon
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « se chatouiller le poireau » Commentaires

  • Paracas
    21/05/2013 à 16:39
    • En réponse à <inconnu> #178 le 21/05/2013 à 16:27* :
    • « Véridique :
      Certains espions anglais pendant la seconde guerre mondiale écrivaient leurs messages à l’encre sympathique composée de sperme.... »
    Pour écrire fallait qu’ils se taillent une plume alors !
  • Paracas
    21/05/2013 à 16:40
    • En réponse à joseta #171 le 21/05/2013 à 15:41 :
    • « L’amant, comme il était très terre à terre, il avait mis une capote en glaise. 😐
      Oui, bon, mon neurone commence à être fatigué... »
    Une pipe en terre, une capote en glaise.......on est en plein bourbier !
  • comte_arebours
    21/05/2013 à 16:51
    • En réponse à charmagnac #148 le 21/05/2013 à 13:45 :
    • « Dans la même veine des pas récentes tu as :
      fiancée : un con-promis
      jeune mariée : un con-joint »
    Et aussi :
    - Fiançailles : un con-promis
    - Mariage : une forme alitée à remplir
  • Paracas
    21/05/2013 à 17:00
    • En réponse à comte_arebours #183 le 21/05/2013 à 16:51 :
    • « Et aussi :
      - Fiançailles : un con-promis
      - Mariage : une forme alitée à remplir »
    La mariée change de couleur dans la journée........le matin elle est en blanc, le soir elle est enfoncée.......
    Ah c’est d’un goût, j’vous jure !..........🙁
  • comte_arebours
    21/05/2013 à 17:10
    • En réponse à Paracas #184 le 21/05/2013 à 17:00 :
    • « La mariée change de couleur dans la journée........le matin elle est en blanc, le soir elle est enfoncée.......
      Ah c’est d’un goût, j’vous j... »
    Et quand la future mariée sombre de très près dans l’alcoolisme, c’est la promise-cuitée (Coluche)
  • DiwanC
    21/05/2013 à 17:27*
    • En réponse à deLassus #173 le 21/05/2013 à 15:58* :
    • « Il me semble que c’est Colette Renard qui chantait cette petite dentelle
      Et @ DiwanC # 151 : d’après mes courtes recherches, Colette Renard... »
    Voici une version charmante interprétée par Colette Renard. Une version beaucoup plus « sage » que celle chantée par Armelle ou que celle de ton lien. Les paroles coquines devaient alors être interdites de radio ou de télé.
    Alors, ce que j’ai glandé - pardon, c’est pour rester dans l’esprit du jour… - glané, (Info. Sacem), c’est que l’auteur est Guy Breton. Mais de quelle version ? l’angélique ou la friponne ? ce n’est pas précisé. Les compositeurs sont Raymond Legrand et Colette Raget (le vrai nom de Colette Renard, Mme Legrand dans la vie).
  • charmagnac
    21/05/2013 à 17:47
    • En réponse à <inconnu> #170 le 21/05/2013 à 15:34 :
    • « Le coït interrompu préconisé par une certaine confession ne ressemble à rien d’autre qu’une masturbation dans un vagin. C’est même pas poign... »
    C’est parent avec la veuve ?
  • mickeylange
    21/05/2013 à 18:00
    • En réponse à Paracas #177 le 21/05/2013 à 16:22 :
    • « On s’y essuie, on les fume, on y grimpe......et le plus beau c’est que la barre qui les supporte s’appelle une "tringle".......🙂 »
    On s’y essuie, on les fume, on y grimpe......et le plus beau c’est que la barre qui les supporte s’appelle une "tringle"......

    Je comprends maintenant pourquoi Germaine... 🙂
  • deLassus
    21/05/2013 à 18:10*
    • En réponse à DiwanC #186 le 21/05/2013 à 17:27* :
    • « Voici une version charmante interprétée par Colette Renard. Une version beaucoup plus « sage » que celle chantée par Armelle ou que celle de... »
    Info. Sacem

    Clap ! Clap !
    Je ne sais pas comment tu as fait pour trouver ça...
    PS : Suis-je bête ! Il suffisait d’aller fouiller sur le site de la Sacem... Bravo quand même !
  • charmagnac
    21/05/2013 à 18:13
    • En réponse à Paracas #166 le 21/05/2013 à 15:30 :
    • « La vie est une dur’ lutte comme disent les priréta, prétira prostiputes...... »
    Celles qui s’accumoncellent dans certains quartiers ?
  • DiwanC
    21/05/2013 à 18:19*
    • En réponse à mickeylange #188 le 21/05/2013 à 18:00 :
    • « On s’y essuie, on les fume, on y grimpe......et le plus beau c’est que la barre qui les supporte s’appelle une "tringle"......
      Je comprends... »
    Non ! Non ! Non ! Et non ! 😏
    Cela signifie également : être agacée, ulcérée, énervée, irritée, exaspérée.
    Mais pourquoi ai-je utilisé cette expression... j’aurais mieux fait de tourner mon clavier sept fois dans l’encrier...
    Mais non... suis pas fâchée ! 😄
  • DiwanC
    21/05/2013 à 18:22
    • En réponse à deLassus #189 le 21/05/2013 à 18:10* :
    • « Info. Sacem
      Clap ! Clap !
      Je ne sais pas comment tu as fait pour trouver ça... »
    Ah ! ben, j’allais te le dire ! 🙂
  • Enkidou
    21/05/2013 à 18:25
    « Il en est ainsi aussi de ces plaisirs solitaires, qui plus tard ne nous servent qu’à tromper l’absence d’une femme, à nous figurer qu’elle est avec nous. Mais à douze ans, quand j’allais m’enfermer pour la première fois dans le cabinet qui était en haut de notre maison à Combray, où les colliers de graines d’iris étaient suspendus, ce que je venais chercher, c’était un plaisir inconnu, original, et qui n’était pas la substitution d’un autre. [...]
    A tout moment je croyais que j’allais mourir. Mais que m’importait ! ma pensée exaltée par le plaisir sentait bien qu’elle était plus vaste, plus puissante que cet univers que j’apercevais au loin par la fenêtre, dans l’immensité et l’éternité duquel je pensais en temps habituel avec tristesse que je n’étais qu’une parcelle éphémère. [...]
    Enfin s’éleva un jet d’opale, par élans successifs, comme au moment où s’élance le jet d’eau de Saint-Cloud [...].
    À ce moment, je sentis comme une tendresse qui m’entourait. C’était l’odeur du lilas, que dans mon exaltation j’avais cessé de percevoir et qui venait à moi. Mais une odeur âcre, une odeur de sève s’y mêlait, comme si j’eusse cassé la branche. J’avais seulement laissé sur la feuille une trace argentée et naturelle, comme fait le fil de la Vierge ou le colimaçon. Mais sur cette branche il m’apparaissait comme le fruit défendu sur l’arbre du mal. Et comme les peuples qui donnent à leurs divinités des formes inorganisées, ce fut sous l’apparence de ce fil d’argent qu’on pouvait tendre presque indéfiniment sans le voir finir, et que je devais tirer de moi-même en allant tout au rebours de ma vie naturelle, que je me représentai dès lors pour quelque temps le diable.»
    Marcel Proust, Contre Sainte Beuve
  • deLassus
    21/05/2013 à 18:40*
    • En réponse à Enkidou #193 le 21/05/2013 à 18:25 :
    • « « Il en est ainsi aussi de ces plaisirs solitaires, qui plus tard ne nous servent qu’à tromper l’absence d’une femme, à nous figurer qu’elle... »
    "C’était l’odeur du lilas, que dans mon exaltation j’avais cessé de percevoir et qui venait à moi.... (Proust)

    "Ce soir j’attends Madeleine,
    J’ai apporté du lilas..."
  • Paracas
    21/05/2013 à 19:07*
    Bon faut que je vous laisse pour ce soir alors comme aujourd’hui j’ai eu ma dose de plaisirs solitaires demain j’espère qu’on traitera ce sujet.......
    God, si tu m’entends...........🙂
  • Enkidou
    21/05/2013 à 19:14
    • En réponse à deLassus #194 le 21/05/2013 à 18:40* :
    • « "C’était l’odeur du lilas, que dans mon exaltation j’avais cessé de percevoir et qui venait à moi.... (Proust)
      "Ce soir j’attends Madeleine... »
    Et le Grand Jacques ne nous raconte pas ce qu’il faisait, toutes les semaines, après avoir attendu en vain sa Madeleine à lui qui ne venait pas, et avoir jeté ses lilas ...
  • SyntaxTerror
    21/05/2013 à 19:43
    • En réponse à Enkidou #196 le 21/05/2013 à 19:14 :
    • « Et le Grand Jacques ne nous raconte pas ce qu’il faisait, toutes les semaines, après avoir attendu en vain sa Madeleine à lui qui ne venait... »
    Mis à part ce que tu imagines, il cherche à savoir pourquoi Madeleine n’aime pas une fleur qui fane aussi vite !
  • DiwanC
    21/05/2013 à 19:45
    • En réponse à Enkidou #193 le 21/05/2013 à 18:25 :
    • « « Il en est ainsi aussi de ces plaisirs solitaires, qui plus tard ne nous servent qu’à tromper l’absence d’une femme, à nous figurer qu’elle... »
    Quelle agréable lecture…
    Qu’il est attendrissant ce petit Marcel qui découvre son corps.
    Grâce à ces extraits, God va pouvoir récupérer les quelques désabonnements que nos allusions plus ou moins légères, nos sous-entendus de corps de garde, lui avaient sans doute fait perdre.
    🙂
  • <inconnu>
    21/05/2013 à 20:49
    • En réponse à DiwanC #198 le 21/05/2013 à 19:45 :
    • « Quelle agréable lecture…
      Qu’il est attendrissant ce petit Marcel qui découvre son corps.
      Grâce à ces extraits, God va pouvoir récupérer les... »
    Ite missa est...
  • comte_arebours
    21/05/2013 à 21:04
    • En réponse à Enkidou #196 le 21/05/2013 à 19:14 :
    • « Et le Grand Jacques ne nous raconte pas ce qu’il faisait, toutes les semaines, après avoir attendu en vain sa Madeleine à lui qui ne venait... »
    Et heureusement qu’il n’avait pas pris de Viagra ; il aurait eu des ampoules aux mains....