Les expressions françaises décortiquées
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se ronger les sangs [v]

se faire beaucoup de souci ; être très inquiet ; mourir d'inquiétude

Origine et définition

Peut-on ronger un liquide ? Il faudrait demander à Monsieur Castor ce qu'il en pense.
Toujours est-il qu'aux dernières nouvelles et sauf évolution récente qui n'aurait pas été portée à ma connaissance -on ne me dit pas tout, hélas !-, le sang est un liquide, donc difficilement rongeable, et interne, qui plus est, ce qui ne facilite pas la chose.
Comment une expression aussi bizarre a-t-elle bien pu naître au XIXe siècle ?
D'abord, il faut imaginer "les sangs", au pluriel (qu'on retrouve aussi dans "tourner les sangs"), comme une image populaire du corps tout entier, de notre être dans l'intégralité duquel circule 'deux' sangs, l'artériel, rouge clair, et le veineux, plus foncé.
Si, de manière large, divers sentiments peuvent 'ronger' quelqu'un, qu'il s'agisse du chagrin, du remords, de l'ambition ou de l'impatience, on sait qu'il en est ainsi de l'inquiétude qui, lorsqu'elle est forte et nous étreint, donne l'impression d'avoir une grosse boule, là, au milieu du corps, qui nous triture l'intérieur et nous mine.
Et, c'est clairement vérifié, lorsque les gros soucis se prolongent, il arrive que cette 'boule' laisse finalement apparaître de véritables problèmes physiques, parfois graves, comme si la sensation n'avait pas été que virtuelle, comme si, réellement, cette inquiétude avait commencé à 'ronger' des parties saines de notre corps.
Cette expression n'est donc finalement qu'une traduction imagée d'une triste réalité.

Exemples

« Ne reste pas comme ça dans ton coin, à te ronger les sangs. Fais un effort, viens avec moi ! »
Simone de Beauvoir - Les Mandarins

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand vor Angst / Kummer umkommen mourir de peur / de chagrin
Anglais to be worried to death / to be worried stiff être inquiet à mort
Anglais to champ at the bit ronger son frein
Anglais to eat one's hear out se manger le coeur
Anglais to worry oneself sick s'inquiéter à en devenir malade
Arabe (Algérie) yakoul roho iL SE MANGE/Bougival
Arabe yanqadhou âla anamilih il bouffe ses ongles
Espagnol (Argentine) hacerse mala sangre se faire mauvais sang
Espagnol (Espagne) comerse las uñas se ronger les ongles
Espagnol (Espagne) estar temblando être en train de trembler
Espagnol (Espagne) rosegar-se les ungles se ronger les ongles
Français (Canada) faire du sang de punaise
Français (Canada) se ronger les sens
Hébreu אכל את עצמו se manger soi même
Hébreu קבל את זה קשה l’accepter est difficile
Italien rodersi l'animo se ronger l’âme
Italien farsi il sangue marcio faire pourrir son propre sang
Italien rodersi il fegato se ronger le foie
Italien farsi cattivo sangue se faire du mauvais sang
Japonais iga itakunaruhohodo nayamu s’inquiéter jusqu’à en avoir mal à l’estomac
Néerlandais als de dood zijn (voor iets of voor iemand) avoir une peur bleue .....
Néerlandais in zijn (of: de) broek doen van, angst se chier dessus de peur
Néerlandais zeven kleuren stront (of: bagger) schijten van angst chier sept coloris de merde
Néerlandais (Belgique) zijn kas opvreten se manger le torso
Néerlandais in de rats zitten être dans le ''rats
Néerlandais zich opvreten van ongerustheid se ronger de inquiétude
Polonais psuć sobie krew se détruire le sang
Portugais (Brésil) esquentar a cabeça chauffer la tête
Roumain a face treișpe-paișpe faire du treize-quatorze
Roumain a se frământa se baratter
Roumain a isi face sange rau se faire du mauvais sang
Roumain a-?i roade unghiile se ronger les ongles
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « se ronger les sangs » Commentaires

  • DiwanC
    28/02/2010 à 13:07*
    B’jour tout le monde ! Et joyeux anniversaire Lovendric !
    lorsque les gros soucis se prolongent, il arrive que cette ’boule’ laisse finalement apparaître de véritables problèmes physiques, parfois graves, comme si la sensation n’avait pas été que virtuelle, comme si, réellement, cette inquiétude avait commencé à ’ronger’ des parties saines de notre corps.

    Après avoir lu ça, et si la triste réalité annoncée se vérifie à sang pour sang, il n’y a plus qu’à se seringuer s’occire!
    Heureusement, le bon vent, le joli vent d’aujourd’hui (navrée pour tes volets, Chirstian…) va chasser toutes les humeurs peccantes !
  • syanne
    28/02/2010 à 13:37
    • En réponse à PHILO_LOGIS #96 le 28/02/2010 à 11:52 :
    • « chère Tyto, peut-être a-t-il raison, ce
      Béroul parle de "lovendric"( breuvage d’amour : 68 )
      mais ne trouves-tu pas cela un peu facile, tir... »
    Lovendric provenant de « love and drink » est illogique, puisque c’est l’effet inverse qui se produit : « drink and love ». Le lovendrin (d’un mot germanique : loven-drink : boisson qui rend amoureux, philtre d’amour) est cependant bien le vin herbé qui rendit Tristan et Yseult fous d’amour.
    Quoi qu’il en soit, à notre ami Lovendric vont tous mes voeux de bonheur et santé en ce presque jour anniversaire. Qui a le cœur, il ait le corps !
  • Jonayla
    28/02/2010 à 13:49
    Une qui ne se ronge pas les sangs, c’est la petite-fille de Rikske, qui s’est fait baptiser en ce jour glorieux où nous fêtons le "presqueanniversaire" de Lovendric !
    Quelques personnages nés un 29 février : Gioacchino Rossini, Michèle Morgan, Gérard Darmon, ...
  • <inconnu>
    28/02/2010 à 13:49
    • En réponse à kim_chee #88 le 28/02/2010 à 10:12 :
    • « bonjour tout le monde, la je peux dire que je me ronge le sang car je fais une destination tout nouveau pour moi et je ne peux pas garantir... »
    Bonjour Kim chee - J’ai une amie qui est originaire de Cap, elle est charmante, j’espère que tous les autres habitants sont comme elle. Elle regrette beaucoup le bon poisson qu’elle mangeait là-bas. Bonne chance et le bonjour à Delassus.
    Joyeux anniversaire à Lovendric qui ne va pas vieillir cette année.
  • Elpepe
    28/02/2010 à 13:53
    • En réponse à Emeu29 #79 le 28/02/2010 à 09:01 :
    • « Si ça sauce*,
      Hissons la hausse !
      *comme chez nous en ce moment depuis 15 jours....
      pour une fois qu’il pleut** en Bretagne »
    Juste pour 50 misérables mm/h ? Les Bretons la jouent petit bras, moi je dis.
    Langlois
  • Elpepe
    28/02/2010 à 14:03
    • En réponse à chirstian #84 le 28/02/2010 à 09:39 :
    • « et pour ne rien vous cacher : ça souffle à décorner les cornus. Je me suis réveillé cette nuit avec des volets décidés à rompre les amarres... »
    des volets décidés à rompre les amarres et un vasistas tenté par le grand large

    Voilà comment naissent de nouveaux concepts linguistiques : ici, l’émergence du métophare, à rapprocher de la métaphore avec quelques nuances, que je laisserai le soin de théoriser à Syanne.
  • <inconnu>
    28/02/2010 à 14:07*
    • En réponse à DiwanC #101 le 28/02/2010 à 13:07* :
    • « B’jour tout le monde ! Et joyeux anniversaire Lovendric !
      lorsque les gros soucis se prolongent, il arrive que cette ’boule’ laisse finalem... »
    Après avoir lu ça, et si la triste réalité annoncée se vérifie à sang pour sang, y’a plus que se seringuer flinguer !
    ce que d’aucuns appellent le le jour du saigneur
    à ne pas confondre avec celui du petit baigneur !(*) 🙂
    (*) les cinéphiles conprendront...
  • Elpepe
    28/02/2010 à 14:22
    • En réponse à mickeylange #95 le 28/02/2010 à 11:44* :
    • « le marin marine dans le giron sa gironde marinette !
      Tu veux sans doute dire qu’il pantoufle dans ses mules marinières ? comme on dit enfi... »
    Quand les faux-culs nageront, tu seras poisson-pilote, hein ! Tu peux d’orge et d’orgeat d’ores et déjà te ronger les sangs, qu’à la prochaine Convention-Couscous, ma sauce piquante te rongera la boyasse, espère !
    Non mais relis ce que tu oses écrire : "BB, ma mule marinière" ! Et pourquoi pas la tirer par les oreilles, tant que tu y es ?
    Ah, ça me donne une idée... On est dimanche, après tout.
  • Elpepe
    28/02/2010 à 14:25
    • En réponse à mickeylange #95 le 28/02/2010 à 11:44* :
    • « le marin marine dans le giron sa gironde marinette !
      Tu veux sans doute dire qu’il pantoufle dans ses mules marinières ? comme on dit enfi... »
    enfiler sa charentaise en Charente

    Ça, c’est pour ceux qui mettent les deux dans le même sabot ?
  • Elpepe
    28/02/2010 à 14:28
    • En réponse à PHILO_LOGIS #98 le 28/02/2010 à 11:58 :
    • « C’est en étudiant sa table de multiplication par dix que JJ Rousseau se rongeait les cents avant d’écrire les milles. »
    J’en remets une couche : joli !
  • <inconnu>
    28/02/2010 à 14:57
    • En réponse à Elpepe #108 le 28/02/2010 à 14:22 :
    • « Quand les faux-culs nageront, tu seras poisson-pilote, hein ! Tu peux d’orge et d’orgeat d’ores et déjà te ronger les sangs, qu’à la prochai... »
    et le faire en méchoui ?
  • Elpepe
    28/02/2010 à 15:03*
    Se ranger les songs ? S’ranger les songes ! (edp du soir, espoir)
    Lens : essorer gangs, ne sers gros langes, sers selon granges. SSL : Ness nage, Roger. Serre-les sans gong.
    Anna Euterpe y Croitencor
  • <inconnu>
    28/02/2010 à 15:20*
    • En réponse à Elpepe #109 le 28/02/2010 à 14:25 :
    • « enfiler sa charentaise en Charente
      Ça, c’est pour ceux qui mettent les deux dans le même sabot ? »
    Cela devrait pouvoir dire: fourrer une charentaise ? ou fourrette charentaise ? 😄
    à défaut d’être une brouette javanaise, dixit Béru (mais dans quel opus ???)
  • chirstian
    28/02/2010 à 16:04
    en cadeau d’anniversaire ,sire Lovendric, je t’offre une gargoulette. D’abord parce que tu dois en utiliser une dans ton lointain pays, même si, à ton époque, tu l’appelles encore probablement "gargoule" .
    Mais surtout parce que c’est un mot que j’adore : le prononcer suffit à me mettre en joie, sans que je puisse faire la part entre mes souvenirs d’enfant et le simple plaisir de sa musique.
    "Que tant aille ta gargoulette à l’eau ,sans jamais qu’elle se brise." (voeux Sélénites)
    Et demain - car avant l’heure ce n’est quand même pas l’heure ! - remplis la exceptionnellement de vin : tu le verras devenir gargouleyant , remède souverain pour tous les maux.
  • <inconnu>
    28/02/2010 à 16:57*
    • En réponse à Elpepe #112 le 28/02/2010 à 15:03* :
    • « Se ranger les songs ? S’ranger les songes ! (edp du soir, espoir)
      Lens : essorer gangs, ne sers gros langes, sers selon granges. SSL : Ness... »
    Et ranger ses tongs qu’on s’est rongées sur les rochers? 🙂
  • Lovendric
    28/02/2010 à 17:10
    Finissez, mes beaux amis, voulez-vous ? de vous "ronger les sangs" un bref moment ! Pour Tytoalba, Momolala, File_au_logis, DiwanC, Syanne, Claudine, Chirstian de la Lune, et tous les autres chevaliers et dames du royaume d’Expressio, voici le conte que me fit il n’y a guère, pour me soulager de mes maux, l’un des frères qui me veillait à l’Hospital Saint-Jean de la cité d’Acre.
    Sachez donc que Saladin, le grand Sultan des Sarrazins, fit maintes folies dans Jérusalem après qu’il nous l’eût prise, à l’automne de l’an maudit 1187. Or oyez maintenant quelle fut la plus grande de ses folies. Ce jour-là, ayant dépouillé son royal tarbûsh, sa robe de cendal et ses babouches brodées d’or, il s’affubla d’une esclavine de pauvre pèlerin franc. Ainsi transmué de cheftain sarrazinois en vil mendiant, il marcha pieds nus, le bourdon en main, le chaperon rabattu sur sa face, vers l’Hospital Saint-Jean. A l’huis il frappa et fut accueilli sans délai par les frères Hospitaliers. Il avait, croyez-m’en, bien misérable semblant, tremblait de fièvre et disait endurer mille maux. On le coucha avec douceur en un lit aux draps blancs. Pas un des frères ne s’enquit de ce qu’il était ni du lieu d’où il venait. Les moines lui apportèrent onguents et remèdes, morceaux de toile et claire eau de fontaine. Devant eux se démenait et gémissait de bon cœur le pèlerin piteux. "Est-il donc vrai, songeait-il en son secret, que tout homme, fût-il le plus infortuné, est par ces Hospitaliers traité en prince de leur maison ? Or voyons jusqu’où nous pourrons éprouver leur miséricorde".
    En nom Jésus-le-Sauveur, il supplia les moines de lui donner pitance, car, dit-il, par défaut de pécune, il jeûnait depuis sept jours et la famine était l’essence de ses maux. Toutefois, quand on eut présenté devant lui brouets et viandes fumantes, il refusa d’en manger le plus petit morceau. Pas un des mets fournis, se plaignit-il, ne convenait à son état. Lors on lui en offrit de nouveaux, qu’il renvoya aux cuisines les uns après les autres. "Que désirez-vous donc, mon pauvre homme ?" s’enquirent les Hospitaliers. "Beaux doux amis, répondit à voix mourante le mendiant, hélas ! je ne saurais avaler nulle chose du monde sinon un peu de bouillon dans lequel auront cuit à petit feu les pieds de Morel, celui de vos chevaux dont on louange la vigueur par tout le pays." A ces paroles singulières les moines troublés s’entreregardèrent. Devait-on sans demeure courir abattre le propre cheval de leur Commandeur ? "De par ma foi, dit l’un d’eux, si notre Maître y consent, votre vœu aussitôt sera contenté. Veuillez seulement, par grâce, attendre un moment." "Et consentira-t-il ?" soupira faiblement le mendiant. "Espérez en Christ, mon ami, et en Monseigneur Saint-Jean ! Ils vous entendront sans faille, n’en doutez pas ! "
    La nouvelle fut transmise hâtivement au Commandeur de l’Hospital, qui à son cheval Morel portait grand amour. Le cœur déchiré, il s’écria : "Dieu me tourmente ! Il veut éprouver la vertu de mon âme et requiert contre mes péchés trop lourde rançon. Ahi ! Malbailli suis-je, en vérité ! Mais allez, allez, mes frères, sacrifier de ce pas Morel, puisque les besoins des pauvres gens sont à nos yeux sacrés !"
    Mi-joyeux, mi-dolents, les moines revinrent aviser le mendiant que le vaillant Morel serait égorgé dans l’heure. "Car, dirent-ils, chacun de nos hôtes, fût-il misérable entre les misérables, est pour nous comme le Clofichié (crucifié) lui-même". A ces paroles sauta sur pieds le Sultan, et se nomma. Il rendit grâce en riant aux moines, leur fit de larges dons d’argent et se déclara garant de leur sûreté aussi longtemps qu’il plairait au Pontife de Rome de les maintenir dans Jérusalem. Enfin, promit-il, tant qu’il vivrait au monde, il irait louant en tous lieux la mansuétude saintissime des frères Hospitaliers.
  • Elpepe
    28/02/2010 à 17:41
    • En réponse à Lovendric #116 le 28/02/2010 à 17:10 :
    • « Finissez, mes beaux amis, voulez-vous ? de vous "ronger les sangs" un bref moment ! Pour Tytoalba, Momolala, File_au_logis, DiwanC, Syanne,... »
    Ça, c’est des salamalecs, ou je ne m’y connais pas ! Joyeux anniversaire !
  • kim_chee
    28/02/2010 à 18:12
    • En réponse à <inconnu> #104 le 28/02/2010 à 13:49 :
    • « Bonjour Kim chee - J’ai une amie qui est originaire de Cap, elle est charmante, j’espère que tous les autres habitants sont comme elle. Elle... »
    merci pour ta bienveillance et je manquerai pas de transmettre tes amities à Delassus
    amicalement
  • chirstian
    28/02/2010 à 18:16
    • En réponse à Lovendric #116 le 28/02/2010 à 17:10 :
    • « Finissez, mes beaux amis, voulez-vous ? de vous "ronger les sangs" un bref moment ! Pour Tytoalba, Momolala, File_au_logis, DiwanC, Syanne,... »
    Il rendit grâce en riant aux moines
    je comprends que Saladin se soit beaucoup amusé, car voici ce que sont les pieds de morel : cette page
    En français on dit "morilles" et cette histoire prouve que Saladin parlait déjà anglais !
  • chirstian
    28/02/2010 à 18:18
    les professeurs musulmans se rongent les sangs à chaque rentrée de classe. D’où l’expression : le Coran saignant.