Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

tenir les pieds chauds [v]

tenir les pieds au chaud ; être attentionné avec quelqu'un

Origine et définition

Qui pourrait nier qu'avoir les pieds bien au chaud marque en général un certain confort, une aise qu'on apprécie grandement, surtout quand, dehors dans la tempête, les loups dégagent les routes et les chasse-neige hurlent dans la forêt (à moins que ce ne soit l'inverse) ?
Eh bien certains de nos ancêtres s'en étaient déjà rendu compte, puisqu'à la fin du XVIIe siècle, "avoir les pieds chauds" était déjà une métaphore pour dire qu'on était dans une situation agréable.
Alors quand quelqu'un tient les pieds chauds à quelqu'un d'autre, c'est bien qu'il cherche à le maintenir dans une situation confortable, qu'il est attentionné avec lui.
Mais pour on ne sait quelle raison, cette expression a pris une connotation négative puisqu'on l'emploie bien plus souvent lorsque celui qui est aux petits soins avec l'autre est un fourbe qui n'est sympathique que parce qu'il espère se faire bien voir et tirer des avantages de son comportement.

Exemples

« Je voudrais avoir de l'argent pour acheter une maison à Venise ou à Florence ou à Menton, et y vivre avec un chat et une fille qui me tiendrait les pieds chauds »
Prosper Mérimée - Lettres aux Grasset

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand sich einschleimen einschmeicheln lécher quelqu'un
Anglais (USA) pour avec l'intention d'en tirer profit: to butter someone up mettre du beurre sur quelqu'un
Anglais (USA) to be cozy se sentir douillet
Espagnol (Espagne) Dar coba Passer de la pommade / Bichonner
Espagnol (Espagne) tener los pies calientes tenir les pieds chauds
Français (Canada) flatter dans le sens du poil
Gallois llyfu tîn lécher le cul
Hongrois talpnyaló lécheur
Italien essere premuroso con qualcuno être attentionné avec quelqu’un
Néerlandais zoete broodjes bakken bij iemand cuire des petits pains chez qqn
Néerlandais zich inlikken lécher quelqu'un pour obtenir des avantages
Néerlandais naar boven likken, naar onderen trappen/schoppen lécher vers le haut et donner des coups de pied vers le bas
Néerlandais iemand opvrijen faire des avances quasi amoureuses à qqn
Néerlandais het kontakt warm houden entretenir le contact, tenir le contact au chaud
Persan خایه مالی کردن frotter Les testicules de qqn
Portugais (Brésil) alguém para cuidar de mim quelqu'un pour s'occuper de moi
Portugais (Brésil) alguém para me esquentar os pés quelqu'un pour me réchauffer les pieds
Portugais (Brésil) ter pé quente Ter pé frio avoir pied chaud
Roumain a fi pupincurist être botteur de fesses
Roumain a peria brosser
Roumain a pupa in fund embrasser
Roumain a se gudura frétiller
Roumain a sufla in fund souffler dans le derriere
Roumain a tine pe cineva ca in palma tenir quelqu'un comme dans la paume
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Commentaires sur l'expression « tenir les pieds chauds » Commentaires

  • charmagnac
    29/05/2014 à 11:19*
    • En réponse à Paracas #158 le 29/05/2014 à 10:28* :
    • « On les appelait les "chauffeurs" et leur charmante manie est bien postérieure au moyen âge......... »
    Et n’oublie pas les brodequins : on enserrait chaque pied du supplicié dans une sorte de boîte en bois dont on rapprochait mécaniquement les côtés pour écraser toujours progressivement le pied, ce qui était d’autant plus agaçant pour le sujet qu’on ne lui avait même pas permis de choisir entre chauffer et broyer.
  • Paracas
    29/05/2014 à 11:22*
    • En réponse à charmagnac #161 le 29/05/2014 à 11:19* :
    • « Et n’oublie pas les brodequins : on enserrait chaque pied du supplicié dans une sorte de boîte en bois dont on rapprochait mécaniquement les... »
    Vu l’hygiène pratiquée à l’époque j’imagine la torture de ce pauvre bourreau qui devait subir la senteur des ripatons ( des arpions, les lattes, des nougats, des panards, des pinglots ou des ribouis ) du supplicié........🙁
  • PHILO_LOGIS
    29/05/2014 à 11:37
    Pour avoir les pieds bien au chaud, faites-les plomber, même si ce sont déjà des pieds nickelés...
  • SyntaxTerror
    29/05/2014 à 11:48*
    • En réponse à Paracas #158 le 29/05/2014 à 10:28* :
    • « On les appelait les "chauffeurs" et leur charmante manie est bien postérieure au moyen âge......... »
    Ce n’est pas l’avis d’Alain Bauer (qui n’est pas mon auteur préféré) cette page.
    Tout ce qu’on sait, c’est que le feu avait déjà été découvert !
  • joseta
    29/05/2014 à 11:56*
    Toutes les plantes étaient au soleil et les nards à l’ombre, d’où: pas nards au chaud...
  • DiwanC
    29/05/2014 à 11:56*
    • En réponse à lafeepolaire #148 le 29/05/2014 à 07:32 :
    • « Pour moi aussi, cela aurait eu un côté câlin, ce dont j’aurais bien besoin en cette matinée arrosée d’un crachin tout à fait britannique, un... »
    J’ai retrouvé au fond d’un bac à vinyles, un 45 tours qui va chasser la morosité de la perfide "rain" britannique et celle tout aussi sournoise du crachin breton...
    Un texte qui va émouvoir - j’en suis certaine - ton âme sensible aux belles pages qu’écrivirent Villon, Chrestien de Troyes, Baudelaire et quelques autres...
    Un chant désespéré qui n’en est que plus beau... un immortel... un pur sanglot...
    À tous : tenez ferme la barre, matelots amionautes, car ça va secouer ! Je livre les premières lignes :
    J’ai toujours peur que tu me caches
    Un p’tit peu trop la vérité
    C’est pourquoi sans que tu le saches
    Je passe ma vie à tes pieds t’épier

    Ça fout un choc hein ?
    J’avais prévenu !
    Écoute bien la suite à cette page. Tu vas percevoir un bouleversifiant "Faut que j’ t’épie Fanny"...
    Après ça, afin d’éviter ton mépris, vais peut-être tenir tes pieds au chaud*...
    *Yeeesss !
  • DiwanC
    29/05/2014 à 12:03*
    • En réponse à Paracas #162 le 29/05/2014 à 11:22* :
    • « Vu l’hygiène pratiquée à l’époque j’imagine la torture de ce pauvre bourreau qui devait subir la senteur des ripatons ( des arpions, les lat... »
    On n’a pas encore lu Lange aujourd’hui... Doit être occupé à nettoyer ses pinceaux...
  • Paracas
    29/05/2014 à 12:28
    • En réponse à SyntaxTerror #164 le 29/05/2014 à 11:48* :
    • « Ce n’est pas l’avis d’Alain Bauer (qui n’est pas mon auteur préféré) cette page.
      Tout ce qu’on sait, c’est que le feu avait déjà été découve... »
    Alors si c’est Bauer qui le dit.......je m’incline........
  • Paracas
    29/05/2014 à 12:30
    • En réponse à DiwanC #166 le 29/05/2014 à 11:56* :
    • « J’ai retrouvé au fond d’un bac à vinyles, un 45 tours qui va chasser la morosité de la perfide "rain" britannique et celle tout aussi sourno... »
    Il chantait comme un pied mais on l’aimait bien.......
  • Paracas
    29/05/2014 à 12:31
    • En réponse à DiwanC #167 le 29/05/2014 à 12:03* :
    • « On n’a pas encore lu Lange aujourd’hui... Doit être occupé à nettoyer ses pinceaux... »
    Il sera en retard, il vient à pied.....
  • deLassus
    29/05/2014 à 12:34*
    Un abonné perfide élevé en Auvergne ; "Vive Ex-pied-chaud !"
    Même pas honte... enfin, si, un peu quand même !
  • DiwanC
    29/05/2014 à 13:35*
    • En réponse à Paracas #170 le 29/05/2014 à 12:31 :
    • « Il sera en retard, il vient à pied..... »
    Ce qui - pour un z’ailé comme lui - est le comble du snobisme raffinement, j’ trouve ! 😛
  • joseta
    29/05/2014 à 13:55
    • En réponse à joseta #165 le 29/05/2014 à 11:56* :
    • « Toutes les plantes étaient au soleil et les nards à l’ombre, d’où: pas nards au chaud... »
    Par contre à la capitale suisse:
    Berne nards chauds.
    cette page
    Pffffffffff....
  • Paracas
    29/05/2014 à 16:33
    • En réponse à DiwanC #172 le 29/05/2014 à 13:35* :
    • « Ce qui - pour un z’ailé comme lui - est le comble du snobisme raffinement, j’ trouve ! 😛 »
    Lange vint ?
    C’est un paradoxe !
  • charmagnac
    29/05/2014 à 16:40
    Dans ce vieux refrain il n’est pas question de "pied" mais pour ne pas s’emmêler les pinceaux, faut pas s’exprimer comme un pied :
    Ah! pourquoi Pépita
    Sans répit m’épies-tu?
    Dans ton coin Pépita,
    Pourquoi te tapis-tu ?
    Tu m’ épies sans pitié,
    C’est piteux de m’ épier,
    De m’ épier Pépita,
    Pourrais-tu te passer ?
    Pépita
    Ah! pourquoi Pépita
    Sans répit m’épies-tu?
    Près du puits, Pépita,
    Pourquoi te tapis-tu ? Tapis t’es-tu ?
    1- Tu m’épies sans pitié,
    C’est piteux de m’ épier,
    De m’ épier Pépita,
    Ne peux-tu te passer ?
    2- Les oiseaux de pépier,
    Sans répit sont piteux
    Ton tapir t’apitoye,
    Sur ton tapis pitié.
    3- Député dépité,
    Je t’épie, tapis-toi!
    Si tu te tapis trop,
    J’apitoye ta pitié.
  • DiwanC
    29/05/2014 à 16:59*
    • En réponse à joseta #173 le 29/05/2014 à 13:55 :
    • « Par contre à la capitale suisse:
      Berne nards chauds.
      cette page
      Pffffffffff.... »
    Berne... une cité qu’a bien connu Berthe, celle qui avait un pied qui disait mer...e à l’autre, un pied qui remuait et l’autre qui n’allait guère. Elle s’en allait clopin-clopant, claudiquant de la voûte et grignotant des dents* !
    * Comment dit-on déjà ? Ah oui !... Même pas honte ! 😛
  • DiwanC
    29/05/2014 à 17:01*
    • En réponse à charmagnac #175 le 29/05/2014 à 16:40 :
    • « Dans ce vieux refrain il n’est pas question de "pied" mais pour ne pas s’emmêler les pinceaux, faut pas s’exprimer comme un pied :
      Ah! pourq... »
    J’ai trouvé ce joyeux virelangue à cette page ! Près du puits, Coyotte veille.
  • momolala
    29/05/2014 à 18:18
    J’arrive comme les carabiniers d’Offenbach mais, ouf, le bar de Marcel est encore ouvert ! Pas grand chose à ajouter à l’expression du jour mais je note -peut-être bien trrrrès en retard- que le-bandeau-de-droite a TOTALEMENT DISPARU. J’en déduis que Reverso nous a récupérés en silence. Un bon point pour lui, que cette disparition. Bon, Pétula n’est plus là mais on peut penser à la Perrot quand même ! On y va ?
  • momolala
    29/05/2014 à 18:19
    • En réponse à DiwanC #176 le 29/05/2014 à 16:59* :
    • « Berne... une cité qu’a bien connu Berthe, celle qui avait un pied qui disait mer...e à l’autre, un pied qui remuait et l’autre qui n’allait... »
    C’était lequel, le grand ? 😉
  • platon07
    29/05/2014 à 19:30
    • En réponse à Paracas #159 le 29/05/2014 à 10:31* :
    • « Bouba comprendra.
      Euuuuuuuuuuh ?..........J’ai mon neurone qui réfléchit comme un pied because je vois pas ce que tu veux dire.......🙁... »
    Inodore, dans ce florilège de documents fabuleux...je pose un genou respectueux au pied de DiwanC et quelques comparses...
    C’est une répartie très africaine, Cameroun.
    Lors d’une visite, on m’avait expressément demander de rendre visite au chef de laboratoire, un Monsieur de belle prestance qui partait en retraite le soir même. Je fis de mon mieux, et à la question - stupide certes- "qu’envisagez vous maintenant", cette réponse extraordinaire:
    "Je vais retourner au village attendre sereinement la mort."
    Passée l’impression immédiate, c’est un enseignement majeur.
    Je vais retourner au village: je laisse la place, on sait où me trouver si besoin, je retourne à la source.
    Attendre sereinement la mort: -( la mort a une signification assez riche en Afrique )- " en étant bien et en paix dans ma tête."
    Outre que cette phrase m’a servi des tas de fois, elle a pris tout son volume lorsque je fus retraité et ne pouvant remplir aucune de ces perspectives.
    Il faut peut être un peu d’affinité élective africaine pour la "mesurer".
    Phrase amusante à diffuser parce que vécue.
    De même celle de De Lattre de Tassigny, lorsqu’un jeune officier exécutait mal un ordre:
    " Mon jeune ami, sans doute me suis-je mal fait comprendre..." que je tiens de l’un de ces "jeunes officiers." Phrase très utile, même si ce n’est pas beau de copier.
    Quand je pense que j’en étais au "pied tendre" et autres "pieds nickelés !"...