Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

travailler au noir [v]

faire du marché noir ; travailler clandestinement ; travailler sans être déclaré ; faire du commerce illégal en période de restrictions ou de pénurie

Origine et définition

Dans les deux expressions, qui correspondent à des activités hors-la-loi, la notion de dissimulation est évidemment présente, et le qualificatif 'noir' employé ici est lié au fait que, quand on veut dissimuler ce qu'on fait, il vaut mieux le faire dans l'obscurité d'une cave que dans la rue en plein jour.
Si le marché noir est généralement associé à la période d'occupation pendant la seconde guerre mondiale, il est certain, d'après Claude Duneton, bien renseigné par plusieurs personnes ayant directement constaté la chose sur place, que l'appellation est née avant, au moins à la fin de la guerre 14-18 en Allemagne, à une période où le pays subissait d'importantes pénuries ; le qualificatif 'schwarz' (noir) était déjà employé dans des termes comme 'Schwarzarbeit' (travail [au] noir), 'Schwarzmarkt' (marché noir), 'Schwarzschlachtung' (abattage clandestin) ou 'schwarzhören' (écouter la radio sans payer la taxe), pour ne citer que ceux-là.
C'est donc l'Allemagne qui serait à l'origine de nos expressions qui ne seraient que des traductions littérales.
Il existe toutefois une autre origine évoquée çà et là, nettement plus ancienne, puisqu'elle nous viendrait du Moyen-Âge, mais qui reste à confirmer.
Selon cette hypothèse, à cette époque, on ne devait travailler qu'à la lueur du jour ; mais bien entendu, certains maîtres, peu enclins à bien considérer leurs ouvriers ou serfs, n'hésitaient pas à les faire travailler illégalement une fois la nuit tombée, à la lueur de quelques bougies. Ce serait de ce travail de nuit dissimulé parce que non autorisé que l'appellation "travail noir" puis "travail au noir" serait née.

Exemples

« Entre 2003 et 2008, les infractions liées au travail au noir ont plus que doublé, tandis que celles liées à l'emploi d'une personne sans titre de travail a quadruplé. Des chiffres impressionnants livrés jeudi par l'Observatoire national de la délinquance, qui mesure la répression exercée par la police, la gendarmerie, les impôts ou les douanes dans ce domaine. »
Le Figaro - Article du 17/12/2009
« Ce que le marché noir lui avait rapporté lui permettait de passer vingt-quatre heures dans ces lieux. Il voulut en jouir, déjeunant et dînant dans son salon pour se convaincre de sa victoire, comme Napoléon lorsqu'il couchait sur le champ de bataille. D'ailleurs, il avait peur de se retrouver dans la rue et que le sort commun l'entraînât. »
Jacques Laurent - Les bêtises - 1971

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand schwarz arbeiten travailler noir
Anglais to moonlight au clair de lune
Anglais to work the black market travailler / manipuler le marché noir
Croate raditi na crno travailler au noir
Espagnol (Argentine) trabajar en negro travailler au noir
Espagnol (Espagne) hacer estraperlo faire du marché noir
Espagnol (Espagne) practicar mercado negro pratiquer du marché noir
Espagnol (Espagne) trabajar / cobrar en negro travailler / toucher au noir
Espagnol (Espagne) trabajar de estrangis travailler en estrangis
Espagnol (Espagne) treballar en negre travailler au noir
Français (Canada) travailler sous la table
Grec δουλεύω μαύρα travailler au noir
Italien lavorare al nero travailler au noir
Néerlandais onder de tafel werken travailler sous la table
Néerlandais zwart werken / zwart handelen travailler au noir / Faire du commerce noir
Polonais pracować na czarno travailler au noir
Portugais (Brésil) operar / atuar no mercado negro fonctionner / agir dans le marché noir
Roumain a lucra la negru travailler au noir
Roumain a munci la negru / Pe piața neagră travailler au noir / Sur le marché noir
Serbe raditi na crno travailler au noir
Suédois jobba svart travailler noir
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Commentaires sur l'expression « travailler au noir » Commentaires

  • #81
    chirstian
    04/01/2010 à 17:36
    • En réponse à Janpier #68 le 04/01/2010 à 13:57 :
    • « [ Pas de compléments pour cette expression ]
      Pourquoi pas ?
      L’expression « travailler au noir » s’emploie au Québec, mais on dit très souven... »
    au Québec, mais on dit très souvent aussi « travailler sous la table ».
    c’est toute la différence entre nos deux pays : vous "travaillez sous la table" , tandis que nous, après suffisamment de verres, nous "roulons sous la table". Mais ne va pas croire que cela soit facile : c’est un vrai travail aussi. Pas d’y rouler, mais de s’en relever ensuite !
  • #82
    PHILO_LOGIS
    04/01/2010 à 17:41
    AVISSSS A LA POPULATION
    Etant donné ma présence en cette magnifique ville de Bruxelles, nous organiserons donc une Convention Anathème le samedi 16 janvier prochain, en fin d’aprem, début de soirée. Je compte tout spécialement sur Jon’ pour nous dégotter un p’tit coin sympa. Prière donc de s’inscrire rapidos, copie à not’amie, pour qu’elle puisse nous concocter cela. Si vous n’avez rien de plus urgent à faire ce jour-là, profitez-en pour vous joindre à nous et souhaiter - avec 48 heures de retard, mais bon! - un bon anniv à HoubaHobbes. Il aura déjà attendu toute une année pour cela, il n’en sera donc pas à deux jours près.
    deLassus, Kim Chee et tous/toutes les autres: venez nombreux! Si Paris vaut bien une messe et s’il est prêt à donner son royaume pour un cheval, que dire de Bruxelles?
  • #83
    momolala
    04/01/2010 à 17:52
    • En réponse à mickeylange #77 le 04/01/2010 à 15:43 :
    • « Je constate que notre amiral, qui dans un assaut d’optimisme c’était dévoué pour être capitaine de soirée pour le réveillon et ne boire que... »
    Dans la nuit de l’hiver galope un amiral noir...
  • #84
    chirstian
    04/01/2010 à 18:04
    petite anecdote : je rachète un jour une entreprise, 9 salariés, avec l’obligation de déménager, les anciens bureaux étant conservés par le vendeur qui les reloue aussitôt. A cette occasion je préfère remplacer la personne chargée de l’entretien -de nuit - par une entreprise spécialisée. Licenciement à l’aimable, dans les règles, sans litige. 3 mois après je suis assigné aux Prud’hommes par une personne dont je n’avais jamais entendu parler. Elle explique au tribunal que mon ex-salarié lui "sous-traitait" depuis des années son travail. Depuis notre déménagement -dont elle n’avait pas été prévenue- elle continuait à aller chaque nuit nettoyer les anciens locaux (occupés par une nouvelle société !) et je lui devais donc 3 mois de salaire. L’inspection du Travail s’associe à la procédure en me reprochant de l’avoir employée 3 mois au noir ! Amusant, non ? L’audience, où elle était assistée d’un avocat qui n’avait rien compris à ses explications, a été un moment de pur bonheur !
  • #85
    PHILO_LOGIS
    04/01/2010 à 18:46*
    • En réponse à chirstian #84 le 04/01/2010 à 18:04 :
    • « petite anecdote : je rachète un jour une entreprise, 9 salariés, avec l’obligation de déménager, les anciens bureaux étant conservés par le... »
    J’imagine, mais...
    Après l’audience, fut-ce encore toujours un moment de pur bonheur pour toi, avec les Prudhommes et l’Inspec sur les bras?
  • #86
    <inconnu>
    04/01/2010 à 19:02
    • En réponse à chirstian #81 le 04/01/2010 à 17:36 :
    • « au Québec, mais on dit très souvent aussi « travailler sous la table ».
      c’est toute la différence entre nos deux pays : vous "travaillez s... »
    Pas d’y rouler, mais de s’en relever ensuite !
    et avec un palan, comme dans la marine , 🙂
  • #87
    Elpepe
    04/01/2010 à 19:05
    • En réponse à mickeylange #77 le 04/01/2010 à 15:43 :
    • « Je constate que notre amiral, qui dans un assaut d’optimisme c’était dévoué pour être capitaine de soirée pour le réveillon et ne boire que... »
    Je te manquais, ma biche ? Bon, c’est bien : tu gagnes la trirème du jour, la première de l’année, que je souhaite bonne à tous. Pfffff... Les fêtes sont passées, Michel Noir est blanc comme neige bien qu’on lui en ait fait voir de toutes les couleurs, Botton en touche.
    Le même m’inspira le rouge et le noir.
    Marie-Henri Beyle
  • #88
    momolala
    04/01/2010 à 19:20
    • En réponse à Elpepe #87 le 04/01/2010 à 19:05 :
    • « Je te manquais, ma biche ? Bon, c’est bien : tu gagnes la trirème du jour, la première de l’année, que je souhaite bonne à tous. Pfffff... L... »
    Ah, tu as vu de la lumière et tu es entré sans frapper ? Ou bien déjà as-tu disparu, ne laissant que ta pipe au milieu d’une flaque d’eau...
  • #89
    Elpepe
    04/01/2010 à 19:25
    • En réponse à momolala #88 le 04/01/2010 à 19:20 :
    • « Ah, tu as vu de la lumière et tu es entré sans frapper ? Ou bien déjà as-tu disparu, ne laissant que ta pipe au milieu d’une flaque d’eau...... »
    Non, non, je suis là toute la soirée, rien que pour moi vous ! Chance, hein ?
  • #90
    mickeylange
    04/01/2010 à 19:45
    • En réponse à Elpepe #87 le 04/01/2010 à 19:05 :
    • « Je te manquais, ma biche ? Bon, c’est bien : tu gagnes la trirème du jour, la première de l’année, que je souhaite bonne à tous. Pfffff... L... »
    Bon ça y est t’as compris, tu joueras plus au capitaine qui aime l’eau ?
    T’es pas crédible dans ce rôle ! :’-))
  • #91
    Elpepe
    04/01/2010 à 19:57
    • En réponse à mickeylange #90 le 04/01/2010 à 19:45 :
    • « Bon ça y est t’as compris, tu joueras plus au capitaine qui aime l’eau ?
      T’es pas crédible dans ce rôle ! :’-)) »
    J’ai compris ma douleur ! Mais bon, l’en faut un compte, hein ! Moi, j’ai donné pour les quelques années qui viennent. Et d’ailleurs, je compte réveillonner à bord cette année, seul avec BB (si elle veut, sinon j’irai tout seul) : tranquille, pas emmerdé. Le capot de descente bien fermé, chauffage à fond, vaisselle jetable, bercé par le claquement des drisses dans la piaule, bien au chaud dans le duvet de canard pour hisser les couleurs au douzième coup, et puis le reste de la nuit pour assurer le quart comme j’aime : en pionçant. On ne dort jamais aussi bien qu’en bateau, je prétends.
  • #92
    mickeylange
    04/01/2010 à 20:05
    • En réponse à Elpepe #91 le 04/01/2010 à 19:57 :
    • « J’ai compris ma douleur ! Mais bon, l’en faut un compte, hein ! Moi, j’ai donné pour les quelques années qui viennent. Et d’ailleurs, je com... »
    seul avec BB (si elle veut, sinon j’irai tout seul)... et puis le reste de la nuit pour assurer le quart comme j’aime : en pionçant.

    Tu as raison n’emmène pas BB, elle ronfle elle t’empêchera de dormir.
  • #93
    cotentine
    04/01/2010 à 20:18
    • En réponse à chirstian #80 le 04/01/2010 à 17:30 :
    • « Bizarre, pour une fois tu ne cites pas la source de ton inspiration !
      pas bizarre : simplement je n’en avais pas la moindre idée. Il y a a... »
    ça arrive tous les jours d’écrire des choses identiques à celles d’un autre auteur, sans le savoir ... sans même les avoir forcément lues ailleurs ! Le ressenti peut être semblable, les mots pour le dire forment la même phrase sans que ce soit copie ou plagiat !
    C’est comme pour la musique, les diverses combinaisons entre les 7 notes et les différents octaves (ou clé, pas de 12) semblent infinies, mais non ... par séquences, il y a souvent une ressemblance ou une coïncidence cette page
    et même par delà les siècles, sans notion de temps, des idées germent dans les esprits ... qui s’expriment de façon identique ... voyage dans le noir, dans le temps 😉
  • #94
    <inconnu>
    04/01/2010 à 20:39
    • En réponse à momolala #83 le 04/01/2010 à 17:52 :
    • « Dans la nuit de l’hiver galope un amiral noir... »
    Avec un loden vert ?
  • #95
    Elpepe
    04/01/2010 à 20:40
    • En réponse à cotentine #93 le 04/01/2010 à 20:18 :
    • « ça arrive tous les jours d’écrire des choses identiques à celles d’un autre auteur, sans le savoir ... sans même les avoir forcément lues ai... »
    Concernant la musique, la réduire à sept notes, quand il y en a treize dans la gamme (chromatique), combinée à deux modes, majeur et mineur en occident, dans vingt-et-une tonalités, les altérations accidentelles, le rythme des mesures simples à deux, trois ou quatre temps (voire cinq -cette page-, sept...) et celui des composées pareillement, le tout écrit dans les huit clés pour une chiée d’instruments au timbre si différencié... On n’a absolument aucune chance d’écrire plus de quelques notes à suivre qui soient communes à deux phrases musicales ! Tu es donc invitée à réviser ta théorie musicale de Danhauser samedi au phare ! :’-))
  • #96
    mickeylange
    04/01/2010 à 21:05*
    • En réponse à cotentine #93 le 04/01/2010 à 20:18 :
    • « ça arrive tous les jours d’écrire des choses identiques à celles d’un autre auteur, sans le savoir ... sans même les avoir forcément lues ai... »
    Tu as oublié de dire qu’une noire vaut deux blanches.
    La contrib 96 c’est du travail au noir dit simulé ?
  • #97
    Elpepe
    04/01/2010 à 21:23
    • En réponse à mickeylange #96 le 04/01/2010 à 21:05* :
    • « Tu as oublié de dire qu’une noire vaut deux blanches.
      La contrib 96 c’est du travail au noir dit simulé ? »
    Collé samedi avec Cocotte, même punition kif-kif pareil.
    L’Amiral Terration
  • #98
    mickeylange
    04/01/2010 à 21:25
    • En réponse à Elpepe #97 le 04/01/2010 à 21:23 :
    • « Collé samedi avec Cocotte, même punition kif-kif pareil.
      L’Amiral Terration »
    Ben pourquoi ?
  • #99
    Elpepe
    04/01/2010 à 21:39
    • En réponse à mickeylange #98 le 04/01/2010 à 21:25 :
    • « Ben pourquoi ? »
    Une ronde vaut deux blanches, qui vaut deux noires, qui vaut deux croches, qui vaut deux double-croches, qui vaut deux triple-croches, qui vaut deux quadruple-croches dans les mesures simples. Elles sont toutes pointées dans les mesures composées, et valent alors trois de leurs inférieures non pointées... et y a les appoggiatures, aussi... Z’êtes pas sortis de l’auberge, mes gueux ! Dès que j’aurai l’éditeur de partoche, je donnerai des cours. Douze zlotys les cinq minutes (douzième de l’heure, remarque bien).
  • mickeylange
    04/01/2010 à 21:43*
    • En réponse à Elpepe #99 le 04/01/2010 à 21:39 :
    • « Une ronde vaut deux blanches, qui vaut deux noires, qui vaut deux croches, qui vaut deux double-croches, qui vaut deux triple-croches, qui v... »
    blanches, qui vaut deux noires,

    En gospel et au lit sûrement pas :’-))
    et dans le domaine harmonique de la musique tonale occidentale : une note étrangère non préparée, se substituant passagèrement à l’une des notes d’un accord. Dans ce sens-là, on peut dire aussi : « appoggiature harmonique ».
    Si une appoggiature mélodique produit toujours une appoggiature harmonique, en revanche, une appoggiature harmonique n’est pas toujours notée au moyen d’une appoggiature mélodique.
    ET TOC !