Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

un coup de Trafalgar [n]

un accident désastreux et inattendu ; un très mauvais coup

Origine et définition

Nous sommes le 21 octobre 1805, dans l'océan Atlantique, à proximité du cap de Trafalgar, au sud de l'Espagne, entre Cadix[1] et Tarifa ().
Une coalition franco-espagnole de 33 navires (18 pour la France et 15 pour l'Espagne) représentant 2600 canons affronte la flotte anglaise de l'amiral Nelson composée de seulement 27 navires pour 2200 canons.
Le borgne et manchot Nelson (il a perdu un oeil puis un bras dans des batailles précédentes) utilise une tactique inhabituelle pour affronter son ennemi en isolant puis capturant les quelques bateaux de tête et de queue de la file que forme la flotte franco-espagnole.
Cette astuce surprend l'ennemi qui subit un désastre en perdant 21 vaisseaux, dont 13 pour la France, et plus de 4000 morts et 3000 blessés, alors que Nelson perd, outre la vie[2], seulement 400 marins et soldats et compte 1200 blessés.
Cette défaite majeure est la première que subit Napoléon et la diminution importante de sa flotte[3] va ruiner ses projets d'envahir l'Angleterre et l'empêcher de protéger les colonies françaises.
Et si les Anglais ont à Londres un Trafalgar Square qui leur rappelle ce qui est pour eux une victoire, de notre côté de la Manche cette bataille navale a été si désastreuse et de façon si inattendue, qu'elle a donné naissance à notre expression.
[1] Oui, là où une belle a les yeux de velours.
[2] Son corps sera ramené en Angleterre conservé dans un fût d'eau-de-vie.
[3] La flotte française n'a plus alors que 30 navires contre 140 à l'Angleterre.

Exemples

« Au début de la décennie des années 1880, l'histoire déjà longue du tunnel fut marquée par un véritable "coup de Trafalgar". Le gouvernement britannique pris en effet la décision unilatérale de suspendre, puis d'arrêter définitivement les travaux de construction. »
Jean-Pierre Navailles - Le tunnel sous la manche: deux siècles pour sauter le pas, 1802-1987‎ - 1987

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand ein Schlag ins Kontor un coup dans le bureau
Anglais a dirty trick un sale tour
Anglais a mean trick un sale coup / tour
Anglais to meet one's Waterloo rencontrer son 'Waterloo
Arabe (Algérie) dharbou dherba jabou lichar... A mohamed Nejma we hlel d’un coup ils ont détruit le char
Espagnol (Espagne) fer una mala jugada faire un sale coup
Espagnol (Espagne) un golpe del destino un coup du destin
Espagnol (Espagne) una estocada unr estocade
Espagnol (Espagne) una mala pasada un vilain coup
Français (Canada) un coup de cochon un coup vraiment bas, perfide
Italien un brutto colpo un vilain coup
Néerlandais een smerige / vuile streek un sale coup / tour
Roumain dezastrul de la Turtucaia le désastre de Turtucaia
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « un coup de Trafalgar » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.


Commentaires sur l'expression « un coup de Trafalgar » Commentaires

  • #61
    joseta
    27/10/2012 à 08:37
    Malgré que sa flotte comptait 2.200 ’canons’, Nelson ne mit pas d’eau dans son vin!
  • #62
    <inconnu>
    27/10/2012 à 08:43
    Chez les coalisés*, 2600 canons pour 33 navires, ça fait une moyenne de 78,8 canons/navire.
    Chez les Anglais, 2200 canons pour 27 navires, ça fait une moyenne de 81,5 canons/navire.
    Au total, 4800 canons pour 60 navires, ça fait une moyenne de 80 canons tout rond**/navire.

    Ces chiffres terrifiants – et pour dire vrai, insoutenables – nous permettent de mieux appréhender l’étendue du désastre.
    * Dans "coalisés" il y a "alisés", ce qui prouve à suffisance que notre expression vient bien de la marine.
    ** Les canons étaient tous ronds et tout ronds au niveau de l’alésage, les canonniers quant à eux avaient vraisemblablement bu pour surmonter la peur.
  • #63
    <inconnu>
    27/10/2012 à 09:18
    Épilogue de cette bataille, Nelson est mort avant d’avoir eu l’occasion de perdre une guibolle, une couille ou une oreille...
  • #64
    <inconnu>
    27/10/2012 à 09:34
    – God parla facteur nu
    – God factura la prune
    – God captura flaneur
    – God factura planeur
  • #65
    mitzi50
    27/10/2012 à 09:37
    Si cette défaite est la première grande claque que reçut Napoléon Ier, il faut tout de même se souvenir que ce n’ est pas le premier coup bas que Nelson lui fit subir... En 1798, ledit Napoléon n’ était encore que Bonaparte, mais il eut déjà droit au désastre d’ Aboukir. La flotte adverse était commandée par le même Nelson. Et, une fois sorti de son tonneau d’ eau-de-vie aromatisée, après Trafalgar, le corps de l’ amiral fut placé dans un cercueil fait à partir du bois du grand mât de l’ "Orient", pris aux Français lors de cette fameuse bataille d’ Aboukir....Fallait-il qu’ il aime la France pour passer l’ éternité dans ce cercueil (non, je ne pense pas que ce soit lui qui l’ ait choisi...)
  • #66
    PHILO_LOGIS
    27/10/2012 à 09:39*
    Que ce soit un coup de Jarnac ou un coup de Trafalgar, l’important n’est-il pas de tirer son coup?
    Commençons donc par en prendre un. Marceeeeeeel, un Lagon Bleu pour Germaine et un petit noir bien serré pour moi, steplé!
    Le Vice-Amiral Villeneuve, sachant que le Vice-Amiral Nelson avaient des tonnelets d’eau-de-vie à bord, s’était dit que ce dernier devat être bourré. Pour bien montrer aux perfides que la coallition ne l’était pas (bourrée), il refusa de louvoyer, ce qui l’envoya tout droit en enfer, dans le piège de Horatio...
    Quant à l’oreille et la couille d’icelui, c’est l’Amiral Gravina, espagnol de son état, qui en hérita, pour avoir "si bien manipulé la muleta" en mer...
  • #67
    <inconnu>
    27/10/2012 à 09:42
    Une sale affaire bien merdique vous tombe dessus...
  • #68
    joseta
    27/10/2012 à 10:01
    L’amiral anglais avait envoyé un message, donnant rendez-vous à ses adversaires à Trafalgar: Nelson mandait, là.
    verbe désuet: cette page mais qui fait l’affaire!
  • #69
    joseta
    27/10/2012 à 10:03*
    La flotte franco-espagnole se fit s’couer et les perfides, peu élégants, nous le rappellent avec leur place Trafalgar s’couèrent.
  • #70
    <inconnu>
    27/10/2012 à 10:33
    • En réponse à joseta #69 le 27/10/2012 à 10:03* :
    • « La flotte franco-espagnole se fit s’couer et les perfides, peu élégants, nous le rappellent avec leur place Trafalgar s’couèrent. »
    Does "Trafalgar s’couèrent" mean "Trafalgar au carré" ?
  • #71
    charmagnac
    27/10/2012 à 11:28
    Sont curieux ces Anglais, donner des noms de défaites à leurs lieux publics : Trafalgar, Waterloo...
  • #72
    charmagnac
    27/10/2012 à 11:31
    Son corps sera ramené en Angleterre conservé dans un fût d’eau-de-vie.

    Pourquoi pas ? L’alcool, ça conserve. La preuve : les cornichons.
  • #73
    charmagnac
    27/10/2012 à 11:33
    Dans quelle ville d’Espagne les voitures ne font-elles pas de bruit ?
    A Cadix. Car la bielle de Cadix a l’essieu de velours.
  • #74
    charmagnac
    27/10/2012 à 11:40*
    • En réponse à joseta #61 le 27/10/2012 à 08:37 :
    • « Malgré que sa flotte comptait 2.200 ’canons’, Nelson ne mit pas d’eau dans son vin! »
    Malgré que sa flotte comptait 2.200 ’canons’

    Pardonne-moi de te reprendre, cher joseta, mais l’expression "malgré que " ne s’emploie pas. C’est "bien que" qu’il faut utiliser, même lorsqu’on expose une contradiction entre deux faits comme dans ta phrase. 😉
  • #75
    Oulala
    27/10/2012 à 12:00
    • En réponse à joseta #58 le 27/10/2012 à 08:11 :
    • « L’eau-de-vie pour conserver un mort, faut l’faire
      Il s’agit là d’une erreur de transcription, en fait Nelson fut introduit dans le tonneau... »
    L’eau-de-vie pour conserver un mort, faut l’faire

    Ça me fait penser à Jeanne d’Arc qui s’est éteinte 2 heures après sa mort.
  • #76
    joseta
    27/10/2012 à 12:09*
    • En réponse à charmagnac #74 le 27/10/2012 à 11:40* :
    • « Malgré que sa flotte comptait 2.200 ’canons’
      Pardonne-moi de te reprendre, cher joseta, mais l’expression "malgré que " ne s’emploie pas. C... »
    L’expression, je l’ai utilisée malgré moi...ou bien que moi, chais plus. 🙂
    P.S.
    N’hésitez pas à me corriger, j’ai toujours dit que j’étais sur ce site pour apprendre, ou re-apprendre, cela fait tout de même 40 ans que j’ai quitté la Lorraine.
  • #77
    <inconnu>
    27/10/2012 à 12:11
    • En réponse à charmagnac #71 le 27/10/2012 à 11:28 :
    • « Sont curieux ces Anglais, donner des noms de défaites à leurs lieux publics : Trafalgar, Waterloo... »
    Trafalgar, Waterloo...

    Waterloo Station, morne gare,
    Trafalgar Square, morne lot.
  • #78
    <inconnu>
    27/10/2012 à 12:16
    II.− Malgré que, loc.
    A.− Vx et littér. Malgré que + pron. pers. suj. + avoir (au subj.).Contre (mon/ton. etc.) gré; à contre-cœur. Une verve et une causticité qui faisaient rire ma grand’mère elle-même, malgré qu’elle en eût (Sand, Hist. vie,t. 2, 1855, p. 254).Laudon devinait, malgré qu’il en eût, une nature efficace s’agitant dans ce personnage si différent de lui (Gobineau, Pléiades,1874, p. 126):
    3. Il faut bien que je vous aime, malgré que j’en aie, car, depuis que vous m’avez quittée, je ne sais ce que j’ai. Mérimée, Carmen,1847, p. 48.
    B.− Malgré que, loc. conj. [Marque la concession; loc. considérée comme incertaine par les puristes, même suivie du subj.; se rencontre except. avec l’ind. dans l’usage oral] Synon. de bien que, encore que, quoique.
    1. [Avec le subj.] Tu m’as fait sentir que, malgré que l’homme n’ait pas conservé dans son cœur la pureté et le courage, les anges eux-mêmes recherchent encore son alliance (Saint-Martin, Homme désir,1790, p. 114).Et je pense à la ville (...) Malgré que la bêtise et l’intrigue hâtive N’y souffrent pas non plus qu’on rêve et qu’on Écrive (Cros, Coffret santal,1873, p. 73):
    4. Il a fait beau et clair, même il faisait déjà presque chaud, malgré qu’à ces hauteurs les matinées ordinairement soient assez fraîches. Ramuz, Gde peur,1926, p. 49.
    2. [Avec l’ind.] Parler des jeunes gens qui t’ont suivi en 1830 et porté en triomphe, malgré que tu répondais à leurs cris de « Vive la Charte » par ceux de « Vive le Roi » (Mmede Chateaubr., Mém. et lettres,1847, p. 186).Quand j’les ai vus attigés, je me suis levé − malgré qu’on m’gueulait : « Couche-toi! » (Barbusse, Feu,1916, p. 38):
    5. ... quand elle était partie, malgré que je lui promettais toujours d’être raisonnable, je tombais dans un si morne désespoir que, chaque fois, on craignait pour ma santé. G. Leroux, Parfum,1908, p. 16.
    Rem. 1. Ac. 1835-1935, Littré et les grammairiens puristes n’acceptent malgré que que dans l’emploi II A, qui n’est pas un emploi conj. mais où malgré est un subst. compl. de j’en aie et que le pron. rel. La graphie correspondant à cet emploi serait d’ailleurs plutôt mal gré. Cf. sur ce point la rem. de Le Gal 1932 : ,,Certains font remarquer qu’on devrait écrire mal gré que et non malgré que, puisque malgré est composé de l’ancien adjectif mal, mauvais, et de gré. Cette graphie retiendrait dans la bonne voie beaucoup de personnes qui, à cause de la soudure, prennent malgré que pour synonyme de quoique. Entendu! Haro sur la soudure!`` 2. La confusion entre cette loc. où que est le pron. rel. ayant pour antécédent malgré et la loc. conj. est parfois telle que l’on rencontre, forgées sur le même modèle, les loc. bien que j’en aie, en dépit* que j’en aie, quoique j’en aie, et aussi quoi que j’en aie. Cf. p. ex. Grev. 1969 § 978 N.B. 2 : Bien qu’il en eût. Quoi qu’elle en ait, elle grommelle mais s’incline (Le Monde, 18 oct. 1977, p. 12). 3. La confusion graphique observée entre malgré et mal gré que en emploi non conj. s’observe également au niveau de la loc. adv. bon gré mal gré parfois orthographiée bon gré malgré. À Chatelleraud le voyageur est contraint, bon gré malgré, de payer son tribut aux ardents couteliers dont cette ville est remplie (Dusaulx, Voy. Barège, t. 1, 1796, p. 31). Pour détruire la contemplation, il faut, bon gré malgré, s’en prendre à la vertu de religion elle-même (Bremond, Hist. sent. relig., t. 4, 1920, p. 548).
    En Belgique, on donne raison à Joseta !
  • #79
    joseta
    27/10/2012 à 12:22*
    • En réponse à <inconnu> #78 le 27/10/2012 à 12:16 :
    • « II.− Malgré que, loc.
      A.− Vx et littér. Malgré que + pron. pers. suj. + avoir (au subj.).Contre (mon/ton. etc.) gré; à contre-cœur. Une verv... »
    Merci Maître Mintaka, malgré que tu t’y sois pris un peu tard. 😄
  • #80
    joseta
    27/10/2012 à 12:48
    • En réponse à Oulala #75 le 27/10/2012 à 12:00 :
    • « L’eau-de-vie pour conserver un mort, faut l’faire
      Ça me fait penser à Jeanne d’Arc qui s’est éteinte 2 heures après sa mort. »
    Feue Jeanne d’Arc?