Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

en faire à sa guise [exp]

agir selon son goût ; agir selon sa volonté ; se conduire selon son envie

Origine et définition

Voilà une expression qui n'a aucun lien avec le duc de Guise, ni avec les déguisements du mardi-gras, même si le duc n'en faisait bien qu'à sa guise et si le verbe "se déguiser" a bien la même étymologie que notre 'guise'.
'Guise' est un mot apparu au XIe siècle, avec le même sens que le mot germanique 'wisa' dont il est issu et qui signifiait 'manière' ou 'façon'.
Aujourd'hui, tout en ayant gardé son sens initial, il n'est plus employé que dans deux expressions, "en guise de" utilisée entre autres par Marcel Amont () et la nôtre (et ses variantes du possessif), qui existe depuis le XIIe siècle.
En faire à sa guise, c'est agir selon sa manière habituelle, ses envies, ses goûts, sans se préoccuper des dérangements que cela peut causer aux truies à autrui.

Exemples

« Il ne voulait étudier qu'à sa guise, se révoltait souvent, et restait parfois des heures entières plongé dans de confuses méditations (…) »
Honoré de Balzac - Sarrazine - 1830

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand nach seinem eigenen Gutdünken handeln agir selon sa propre guise
Anglais to do as one pleases faire comme cela lui plaît
Arabe (Tunisie) yaamel ken eli fi rassou en fait qu'à sa tête
Espagnol (Argentine) como se me da la gana comment j'en ai envie
Espagnol (Colombie) hacer lo que le da la regalada gana faire ce qu'on a envie de faire
Espagnol (Espagne) actuar a su antojo agir à son envie
Espagnol (Espagne) anar a la seva aller à la sienne
Espagnol (Espagne) anar al seu aire aller à son air
Espagnol (Espagne) hacer de su capa un sayo faire un vêtement avec sa cape
Espagnol (Espagne) hacer las cosas a su manera / Hacer las cosas a su antojo faire les choses à sa manière / Faire les choses à sa guise
Espagnol (Espagne) ir a su bola aller à sa boule
Espagnol (Espagne) ir por libre aller librement
Espagnol (Espagne) obrar a su capricho agir à son caprice
Français (Canada) n'en faire qu'à sa tête n'en faire qu'à sa tête
Hongrois tégy kedved szerint! fais d'après ton envie
Italien agire a modo suo agir à sa façon
Italien agire solo di testa sua agir seulement de sa tête
Italien fare a modo suo faire à sa manière
Italien fare di testa propria faire de sa tête
Néerlandais (Belgique) eigen wijze / eigenwijs à sa propre guise
Néerlandais zijn eigen zin doen faire son propre désir
Portugais (Brésil) fazer o que der na telha faire ce que lui donne à la tuile
Roumain a face cum îi trăsnește prin cap faire comme il lui foudroie dans la tête
Roumain a face după bunul său plac faire selon son bon plaisir
Roumain a face cum îl taie capul faire comme sa tête le taille
Roumain a face pe pofta inimii faire à l'envie de son coeur
Roumain dupa bunul plac d'après son bon plaisir
Wallon (Belgique) n'en faire qu'à sa tête
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Commentaires sur l'expression « en faire à sa guise » Commentaires

  • joseta
    03/07/2013 à 13:13
    • En réponse à Paracas #120 le 03/07/2013 à 12:53 :
    • « Là tu t’avances un peu car avec l’âge c’est parfois miction impossible.....😄 »
    À cause de lent vit ?
  • Enkidou
    03/07/2013 à 13:24
    • En réponse à mitzi50 #103 le 03/07/2013 à 10:19 :
    • « François Ier, qui, lui aussi, mesurait près de deux mètres, apposait couramment sur ses ordonnances "Car tel est mon plaisir". Une variante,... »
    je ne pense pas que le duc de Guise ait éprouvé une grande satisfaction à se faire assassiner

    En tout cas les moeurs étaient délicates à cette époque, les spectateurs prenaient du plaisir à des spectacles raffinés, et les bourreaux n’en faisaient qu’à leur guise : voici, pour s’en convaincre - âmes sensibles s’abstenir - la description de la mise à mort du Huguenot portant le joli nom de Jean de Poltrot de Méré, dont le seul tort était d’avoir occis le très catholique duc François de Guise, papa de Henri, d’un tir de mousquet lors du siège d’Orléans, le 18 février 1563.
    "Méré ... est écartelé le 18 mars 1563 en place de Grève ... devant une foule immense. En tant qu’assassin d’un haut personnage du pays, il a droit à un traitement de faveur. Le bourreau commence par lui arracher des morceaux de chair aux cuisses et aux bras avec une tenaille portée au rouge. L’assistance apprécie l’entrée en matière. Puis l’exécuteur et ses aides attachent chacun de ses membres à un cheval. Et fouette, cocher ! Mais les quatre cavaliers ont beau éperonner leurs montures, le bougre n’a pas l’air de vouloir se laisser démembrer. Il résiste. La foule gronde. Le bourreau sent qu’il lui faut agir sous peine de ridicule, il utilise un long coutelas pour couper quelques ligaments, telle une ménagère découpant une cuisse de poulet. Cette fois-ci, les chevaux parviennent à leurs fins en laissant entendre de sinistres craquements. Mais le spectacle n’est pas achevé. Le tronc gigote sur le sol dans un dernier rappel. Le bourreau met fin définitivement aux souffrances de Méré en lui sectionnant la tête. Il peut rejoindre le duc en enfer." (Le texte est de Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos).
  • Paracas
    03/07/2013 à 14:11*
    • En réponse à Enkidou #122 le 03/07/2013 à 13:24 :
    • « je ne pense pas que le duc de Guise ait éprouvé une grande satisfaction à se faire assassiner
      En tout cas les moeurs étaient délicates à ce... »
    Alors là je dis petit joueur.........Un bourreau digne de ce nom ne bâclerait jamais le boulot de cette façon.
    Une fois les morceaux de chair arrachés, il était de bon ton de faire couler sur les plaies à vif soit du plomb fondu, de l’huile bouillante, de la poix ou du soufre en fusion........
    Une variante: On arrachait aussi les tétons avec une pince rougie au feu.....
    Ca c’était de l’exécution de haute volée, Madame !
    Vous avez ici le récit de la mort de Ravaillac
    Bon, il faut dire que Ravaillac a été exécuté un demi siècle après Poltrot de Méré.
    Les techniques avaient évolué......
    Un siècle plus tard les choses avaient encore évolué ainsi Mandrin eût droit de goûter aux joies d’être roué vif.
    On attachait le supplicié sur une roue placée à l’horizontale et on lui brisait les membres à coups de barre de fer........
    On savait s’amuser à l’époque !
    Quand je pense que Badinter se vante d’avoir fait supprimer la guillotine.......Ô tempora, Ô mores
  • Paracas
    03/07/2013 à 14:17
    • En réponse à joseta #121 le 03/07/2013 à 13:13 :
    • « À cause de lent vit ? »
    Pas vraiment, en pareil cas le vit n’est en rien responsable........
    Ce n’est qu’un tuyau d’évacuation qui n’agit pas à sa guise.
  • Paracas
    03/07/2013 à 14:25
    • En réponse à joseta #119 le 03/07/2013 à 12:51 :
    • « Moi, c’est à l’urinoir que j’agis selon mon envie... »
    Au sujet de tiret-parler-cheveux, cette charade
    Mon premier est un assassin
    Mon second est un assassin
    Mon troisième ne rit pas jaune
    Mon quatrième est un espion.
    VICTOR HUGO
    1- Vic parce que Vic tue Aille
    2- Tor parce que Tor tue
    3- Hu parce que Hu rit noir
    4-Go parce que Go guette
    Capillotracté, Isn’t it ?
  • SyntaxTerror
    03/07/2013 à 14:35
    • En réponse à momolala #14 le 07/08/2009 à 09:23 :
    • « Pas si utopique que ça, pour durer plus d’un siècle.
      Quant à Jean Rochefort, voilà, à mon avis, un rôle dont il aurait pu se passer. Une pa... »
    Plutôt d’accord sur l’erreur de Jean Rochefort, mais ceci nous donne l’occasion de voir un vrai comédien, à la différence des publicités pour Carglass où on voit des amateurs ânonner un texte consternant. On a envie d’aller voir chez le concurrent !
  • Paracas
    03/07/2013 à 14:48
    • En réponse à SyntaxTerror #126 le 03/07/2013 à 14:35 :
    • « Plutôt d’accord sur l’erreur de Jean Rochefort, mais ceci nous donne l’occasion de voir un vrai comédien, à la différence des publicités pou... »
    Tout dépend du budget.......Je n’ose imaginer le salaire d’Avida Dollars pour la pub du chocolat Lanvin.........
  • Paracas
    03/07/2013 à 14:50
    Si je comprends bien les coureurs de la grande boucle sont shootés à l’encontre de leur pleine guise.........🙁
  • DiwanC
    03/07/2013 à 15:14*
    • En réponse à Enkidou #122 le 03/07/2013 à 13:24 :
    • « je ne pense pas que le duc de Guise ait éprouvé une grande satisfaction à se faire assassiner
      En tout cas les moeurs étaient délicates à ce... »
    Un peu de culture au milieu de l’après-midi, voilà qui est à notre guise !
    Convenons qu’à cette époque, il y avait un raffinement, une élégance dans le savoir-mourir qui laissent pantois. Autre chose que la triste machine à découper prônée par Monsieur Guillotin, un outil efficace certes mais sans attrait. Pour emplir la place de la Révolution, il fallait des exécutions par dizaines ou quelques noms connus.
    Tandis qu’aux XVIe-XVIIe s., la foule de la place de Grève en avait pour son argent - expression impropre puisque le bon peuple était invité gracieusement au spectacle ; ce qui est impensable de nos jours sauf le 14 juillet ou lors des soirs de liesse quinquennale, quand on acclame le nouveau président dont le nom est sorti des urnes républicaines.
    Mais on s’égare… Revenons à nos petits suppliciés.
    Ravaillac connut à peu près la même fin romanesque que Méré avec une prévenance particulière : "on lui brûle au soufre fondu le poing qui avait tenu le couteau" régicide. Lui aussi est tenaillé aux fers rouges avec encore petit raffinement supplémentaire : "ses plaies sont arrosées d’un mélange brûlant de cire, de soufre et de plomb fondu". Hilarant, non ! On raconte que "ce sont les seuls moments où l’on entend gémir Ravaillac". Décevant, cet homme ; il aurait pu hurler un peu pour le ravissement des foules.
    Voilà enfin l’écartèlement qui va durer une demi-heure d’une part parce que le François est d’une incroyable résistance ; d’autre part, parce que les "chevaux qui attendent depuis des heures au milieu des cris déchaînés de la foule" sont las et ont besoin d’être stimulés.
    Qu’à cela ne tienne ! « …des gentilshommes montent alors sur les chevaux, d’autres s’attellent aux cordes pour aider à tirer. Enfin, les articulations de Ravaillac cèdent et les membres disjoints sont aussitôt happés par la foule qui s’en empare, le coupe en morceaux et, pour finir, les brûle".
    C’est te vous a quand même une autre gueule que les exécutions par injection létale entraperçues dans les feuilletons américains.
    Si je vous choque, vous me dites… Allez ! un p’tit sourire pour la photo ! 🙂
  • DiwanC
    03/07/2013 à 15:17*
    • En réponse à Paracas #123 le 03/07/2013 à 14:11* :
    • « Alors là je dis petit joueur.........Un bourreau digne de ce nom ne bâclerait jamais le boulot de cette façon.
      Une fois les morceaux de chai... »
    Ah ! ben mince ! v’là que tu dis tout pareil que moi ! S’cuse-moi...
    S’cusez-moi tout le monde... 😕
  • Paracas
    03/07/2013 à 15:30
    • En réponse à DiwanC #130 le 03/07/2013 à 15:17* :
    • « Ah ! ben mince ! v’là que tu dis tout pareil que moi ! S’cuse-moi...
      S’cusez-moi tout le monde... 😕 »
    Mais non, mais non......au contraire c’est moi qui suis ton débiteur.
    La chose est tellement bien contée sous ta plume qu’on regretterait presque de ne pas être le supplicié !!
  • <inconnu>
    03/07/2013 à 16:06
    DÉFORMÉE
    En fer, ça s’aiguise
  • Enkidou
    03/07/2013 à 16:23*
    • En réponse à Paracas #131 le 03/07/2013 à 15:30 :
    • « Mais non, mais non......au contraire c’est moi qui suis ton débiteur.
      La chose est tellement bien contée sous ta plume qu’on regretterait pr... »
    on regretterait presque de ne pas être le supplicié

    Il peut arriver que le supplicié supplie. Mais il est des suppliques qui sont tout sauf des supplices (*) ...
    "Et quand prenant ma butte en guise d’oreiller,
    Une ondine viendra gentiment sommeiller,
    Avec rien que moins de costume,
    J’en demande pardon par avance à Jésus,
    Si l’ombre de ma croix s’y couche un peu dessus,
    Pour un petit bonheur posthume."

    (*) Oui, tu l’as déjà évoquée, mais comme on dit vulgairement bis repetita placent, non ?
  • mickeylange
    03/07/2013 à 16:28*
    • En réponse à DiwanC #129 le 03/07/2013 à 15:14* :
    • « Un peu de culture au milieu de l’après-midi, voilà qui est à notre guise !
      Convenons qu’à cette époque, il y avait un raffinement, une élég... »
    Enfin, les articulations de Ravaillac cèdent et les membres disjoints sont aussitôt happés par la foule qui s’en empare, le coupe en morceaux et, pour finir, les brûle".
    C’est te vous a quand même une autre gueule que les exécutions par injection létale entraperçues dans les feuilletons américains.
    Si je vous choque, vous me dites…

    Je te remercie pour ton invitation à venir passer quelque jours dans ta maison en Bretagne, mais réflexion faite je vais pas pouvoir venir.
    J’ai peur de pas aimer ton raffinement qui laisse pantois ! 🙂
  • Paracas
    03/07/2013 à 16:55
    • En réponse à Enkidou #133 le 03/07/2013 à 16:23* :
    • « on regretterait presque de ne pas être le supplicié
      Il peut arriver que le supplicié supplie. Mais il est des suppliques qui sont tout sauf... »
    Ca fait toujours plaisir d’avoir à faire à des connaisseurs........😉
  • Paracas
    03/07/2013 à 17:00*
    • En réponse à mickeylange #134 le 03/07/2013 à 16:28* :
    • « Enfin, les articulations de Ravaillac cèdent et les membres disjoints sont aussitôt happés par la foule qui s’en empare, le coupe en morceau... »
    Tu as tort, j’y ai souvenir d’avoir assisté à une séance de brodequins..........
    Un pur ravissement.........Rhââââââââ...........😏
    Et les hurlements du mec !............Wouaaaaaaaaaaaaaa !!
  • Paracas
    03/07/2013 à 17:04
    • En réponse à <inconnu> #132 le 03/07/2013 à 16:06 :
    • « DÉFORMÉE
      En fer, ça s’aiguise »
    Tiens ? te vl’à toi ?.........Saharaa te cherchait ce matin sur le coup des 10h30.....
  • DiwanC
    03/07/2013 à 17:04*
    • En réponse à mickeylange #134 le 03/07/2013 à 16:28* :
    • « Enfin, les articulations de Ravaillac cèdent et les membres disjoints sont aussitôt happés par la foule qui s’en empare, le coupe en morceau... »
    Rassure-toi ! Dans nos campagnes bretonnes, on n’a pas les raffinements de la capitale. Manque d’imagination peut-être... On pend beaucoup, on brûle allégrement. On a également quelques décollations .. Plus tard, mais beaucoup plus tard, le modernisme progressant, on décapitera aussi.
    Parce que faut pas croire ! C’est pas seulement à Paris que le crime fleurit ; nous, au village, aussi l’on a de beaux assassinats !
    Complainte...
  • Paracas
    03/07/2013 à 17:07
    • En réponse à DiwanC #138 le 03/07/2013 à 17:04* :
    • « Rassure-toi ! Dans nos campagnes bretonnes, on n’a pas les raffinements de la capitale. Manque d’imagination peut-être... On pend beaucoup,... »
    Ah nooooooooooon, tu me casses la baraque là.......J’avais trouvé quelqu’un d’intéressé........
    On aurait pu lui faire le coup du pal.......depuis qu’on en a envie !
  • DiwanC
    03/07/2013 à 17:21
    • En réponse à Paracas #139 le 03/07/2013 à 17:07 :
    • « Ah nooooooooooon, tu me casses la baraque là.......J’avais trouvé quelqu’un d’intéressé........
      On aurait pu lui faire le coup du pal.......... »
    J’avais trouvé quelqu’un d’intéressé...

    C’est qui ? Parce que le pal... Faut quand même avoir une certaine intimité avec le gagnant !