Les expressions françaises décortiquées
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les carottes sont cuites [exp]

tout est perdu ; il n'y a plus aucun espoir ; les allemands arrivent ; il n'y a plus rien à faire ; c'est trop tard ; il n'y a plus rien à faire pour empêcher un événement ; la situation est irrémédiablement compromise

Origine et définition

Les carottes ont forcément crû avant de ne plus être crues et d'être éventuellement accompagnées d'un grand cru ; en effet, avant d'être cuites, même si elles ne sont qu'huit, les carottes doivent obligatoirement croître.
Quant aux Cairotes, ce n'est pas une idée de mon cru et je ne sais pas si je serais cru, mais elles sont beaucoup plus qu'huit, vu la taille de la population du Caire.[1]
Mais quittons un moment l'Egypte pour revenir à nos potagers.
Pourquoi ces carottes sont-elles cuites lorsqu'il n'y a plus rien à faire pour sauver la situation ?
Remontons d'abord au XVIIe siècle.
A cette époque et encore longtemps après, la carotte est considérée comme un aliment pauvre. Mais, du fait d'une forme similaire et d'une prononciation très proche (paronymie), elle est aussi associée à la 'crotte'. On disait d'ailleurs de quelqu'un de constipé qu'il "chiait des carottes", ce qui est excrêmement vulgaire.
Un peu plus tard, "ne vivre que de carottes", c'était "vivre très chichement".
Cette valeur péjorative liée à la carotte est restée et, à la fin du XIXe siècle, "avoir ses carottes cuites", c'était "être mourant", mais sans qu'on sache exactement le pourquoi de cette association du bientôt mort avec ces légumes cuits (peut-être était-ce par allusion au fait que, dans les familles pauvres, les plats de viande -donc d'animal mort- étaient souvent accompagnés de carottes également cuites ?).
Toujours est-il que c'est cette notion de carottes qui marquent un état sans espoir, où on ne peut plus rien, qui est arrivée jusqu'à nous.
[1] Heureusement que je n'utilise pas de logiciel de dictée vocale. Je crois qu'il aurait pété les plombs sur cette introduction.

Compléments

La phrase "les carottes sont cuites", je répète "les carottes sont cuites", a fait partie de celles, nombreuses, qui ont servi de code à la radio de Londres pour déclencher des actions ou opérations dans les territoires occupés par l'Allemagne pendant la seconde guerre mondiale. Pourtant, pour qu'elles opposent de la résistance (sous la dent), les carottes doivent rester crues.
Et puis une question existentielle majeure nous vient obligatoirement à l'esprit à la lecture de cette expression : pourquoi, lorsque les carottes sont cuites, est-ce "la fin des haricots" ?

Exemples

Oui. "Les carottes sont cuites." ; Cette fois, les carottes sont cuites.
Les carottes sont cuites, Patron!
GM : Je n'aime pas cette phrase, elle sonne un peu comme : « les carottes sont cuites ».
Vous vous dites, Les carottes sont cuites!

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand alles im Eimer tout est dans le seau
Anglais your goose is cooked ton oie est cuite
Anglais your goose is cooked! ton oie est cuite !
Arabe (Algérie) tafret c’est trop tard
Arabe احترقت الطبخة (ihtara'et el tabkha) la casserole est brûlée
Arabe (Tunisie) mchet. Wfet. Maadech fiha. Maadech tqoumelha qiama elle s’en allait. Elle est terminée. Il n’y a plus rien a en espérer. Elle ne verra plus le dernier jugement
Arabe (Algérie) yefra souq le marché est conclu
Espagnol (Espagne) todo el pescado esta vendido tout le poisson est vendu
Espagnol (Argentine) estamos al horno on est dans le four
Espagnol (Argentine) se acabo el partido le match/ la partie est finie
Espagnol (Espagne) ¡ Ya no hay nada que hacer ! Il n'y a plus rien à faire !
Espagnol (Espagne) La suerte está echada Aléa jacta est / Le sort en est jeté / Les jeux sont faits
Espagnol (Espagne) se acabó lo que se daba c'est fini ce que l'on donnait/offrait
Espagnol (Espagne) se ha ido todo al garete tout est parti à la dérive
Français ca a ndem c'est gaché
Français (Canada) ton chien est mort
Gallois mae hi wedi canu arnom il a chanté sur nous
Hébreu הגיע לסוף הדרך (higuia lessof hadèrèkh) atteint la fin de la route
Hébreu זה סוף העולם c'est la fin du monde !
Hébreu כלו כל הקיצים c'est la fin de tout
Italien la frittata è fatta l'omelette est faite
Néerlandais nu zijn de rapen gaar maintenant les navets sont trop cuits
Néerlandais naar de knoppen c'est parti vers les boutures
Néerlandais naar de kloten tout est parti vers le couilles
Néerlandais alles is naar de gallemiezen tout est perdu/foutu
Néerlandais (Belgique) alles is naar de vaantjes tout est vers les / aux fanions
Néerlandais (Belgique) alles is naar de chokkedeizen tout est vers les couilles
Portugais (Brésil) a vaca foi pro brejo la vache est partie au marais
Portugais (Brésil) adeus! Inês é morta adieu! Inès est morte
Roumain ne-am dus pe pulă on a glissé dans la bite
Roumain scroafa-i moartă-n păpuşoi/cucuruz la truie est morte dans le maïs
Roumain suntem futuţi on est foutus
Roumain s-a dus de râpă / dracului / naibii / pe apa sâmbetei / pe copcă / pe gârlă ça s´en est allé au ravin / au diable / sur l´eau du samedi / par le trou / sur le ruisseau
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « les carottes sont cuites » Commentaires

  • ipels
    16/11/2014 à 18:18
    • En réponse à DiwanC #138 le 16/11/2014 à 16:43* :
    • « Origine d'une expression.
      God le dit : depuis des temps fort anciens, la carotte est le légume des pauvres.
      Ce qu'il ne dit pas - uniquement... »
    ... aaah mais non, mais non... rien à voir avec la gente ecclésiastique pardi ! ... cela est plutôt issu du cheptel domestique !
    En fait c'est une brave vachette brésilienne qui, ayant rasé son are, fut attirée par le potager du peon voisin, lès un marais. Elle entreprit tout de go d'y aller brouter des queues de carottes, par ailleurs si odorantes.
    Las ! les pluies des derniers jours avaient amollit le loess et la pauvrette, en longeant le marais, s'y enlisa jusqu'aux rotules ! C'est en vain qu'elle tenta de s'extirper puis, prise de panique, elle se mit ã hurler comme un putain de putois !
    Or, une truie roumaine qui nonchalamment faisait bombance dans le champ de maïs, et qui avait à ce moment précis deux gros épis en gueule, de stupeur les avala obliquement, l'un bouchant l'oesophage et l'autre la trachée ! Elle rendit l'âme en rendant le souffle ! ( ça ne s'invente pas ces choses-là ! ).
    Quant au sort de la vachette... eh bien, la chose est singulière... mais l'histoire n'en révèle rien... pourtant , je sais que dans l'assistance, y en a qui savent... on dit pas de noms !
    Morale : qui convoite les carottes du voisin risque viande et fromage !
  • DiwanC
    16/11/2014 à 20:05*
    réponse à 141. Slepi007 le 16/11 à 18h18 : ... aaah mais non, mais non...

    Mais si, mais si !... bien qu'une autre version des faits est parfois contée :
    La carotte est - on l'a vu - un des plus vieux légumes du monde... Déjà, Ève la cuisinait ; elle adorait ces racines qu'elle servait à presque chaque repas.
    Adam avait horreur des carottes mais il aimait Ève et se taisait. Chaque jour, quand il entendait :
    Adam ! les carottes sont cuites !
    Adam faisait contre mauvaises carottes bon cœur et s'attablait.
    Le jardinier d'à côté, un jaloux, un malfaisant, un soiffard qui ssssifflait tout et sur n'importe quoi - sur les têtes, sur la colline, chez le Marcel du coin - susssurait chaque jour aux oreilles d'Adam :
    Tu devrais pas te laisssser faire !
    - Fais pas ch...r !
    répliquait Adam qui avait son franc parler.
    Seulement, quand il entendit pour la 365 492 fois :
    Adam ! les carottes sont cuites !
    ... il perdit patience ; c'est humain, s' pas ? Il fit son baluchon avec quelques feuilles de vigne de rechange et partit sur les grands chemins. Voyant ça, Ève lui emboîta le pas...
    Après on a raconté une histoire abracadabrantesque de serpent, de pomme, et autres billevesées...
  • SyntaxTerror
    16/11/2014 à 20:35
    D'après un cancre resté anonyme, François 1er aurait déclaré à sa mère, le soir de la bataille de Pavie (24 février 1525) :
    Tout est perdu, sauf erreur.
  • SyntaxTerror
    16/11/2014 à 20:57
  • mickeylange
    16/11/2014 à 21:23*
    • En réponse à DiwanC #142 le 16/11/2014 à 20:05* :
    • « réponse à 141. Slepi007 le 16/11 à 18h18 : ... aaah mais non, mais non...
      Mais si, mais si !... bien qu'une autre version des faits est pa... »
    Le jardinier d'à côté, un jaloux, un malfaisant, un soiffard qui ssssifflait tout et sur n'importe quoi - sur les têtes, sur la colline, chez le Marcel du coin - susssurait chaque jour aux oreilles d'Adam :

    Scuze moi camarade, mais à c'tépoque yavhé pas de jardinier au jardin d'Eden. Les légumes poussaient sans intervention extérieure. Même Satan préférait les pommes aux carottes. C'est après avoir croqué le pomme qu"Adam a découvert que la terre était basse. Il a demandé à God de faire des restanques pour ne plus avoir à se baisser (il habitait en Provence et les restanques sont toujours là) Enfin maintenant avec toute la pluie qui est tombée les restanques sont devenues des rizières. Mais ne t'inquiète pas depuis il a remplacé ses bottes de moto par des palmes, son blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos, sa moto qui pétait comme un boulet de canon, semait la terreur dans toute la région.
    Germaine la pauvre, l'implora, le supplia
    Dit : "Ne pars pas ce soir, je vais pleurer si tu t'en vas…"
    Mais les mots furent perdus, ses larmes pareillement
    Dans le bruit de la machine et du tuyau d'échappement
    Il bondit comme un diable avec des flammes dans les yeux
    Au passage à niveau, ce fut comme un éclair de feu
    Contre une locomotive qui filait vers le nord (dans la chanson c'est vers le midi, j'ai été obligés de changé de sens)
    Et quand on débarrassa les débris…
    On trouva sa culotte, ses palmes de moto
    Son blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos
    Mais plus rien de la moto et plus rien de ce démon
    Qui semait la terreur dans toute la région…
  • ipels
    16/11/2014 à 21:24
    • En réponse à DiwanC #142 le 16/11/2014 à 20:05* :
    • « réponse à 141. Slepi007 le 16/11 à 18h18 : ... aaah mais non, mais non...
      Mais si, mais si !... bien qu'une autre version des faits est pa... »
    ... hum... sûr ! ... les grandes sagas ont toutes une version plus ou moins religieuse pour expliquer les détails inexplicables !
  • ipels
    16/11/2014 à 21:25
    • En réponse à SyntaxTerror #144 le 16/11/2014 à 20:57 :
    • « Pour couronner le tout, les z'haricots sont pas salés. »
    ... j'lovions ça ben !
  • Utilisateur supprimé
    16/11/2014 à 21:33*
    • En réponse à SyntaxTerror #144 le 16/11/2014 à 20:57 :
    • « Pour couronner le tout, les z'haricots sont pas salés. »
    même z'haricots sont pas salés
    zydeco fait bouger pieds
    allez mama viens danser
    après on mange carottes râpées
    yipikayo ! yipikaye !
  • ipels
    16/11/2014 à 21:35
    • En réponse à mickeylange #145 le 16/11/2014 à 21:23* :
    • « Le jardinier d'à côté, un jaloux, un malfaisant, un soiffard qui ssssifflait tout et sur n'importe quoi - sur les têtes, sur la colline, che... »
    ... aaah... et alors, la vachette dans tout ça ? ... c'est pas une créature de Yavwey ? ... mais pour la terre, bien vrai qu'elle était basse !
  • DiwanC
    16/11/2014 à 22:28*
    • En réponse à mickeylange #145 le 16/11/2014 à 21:23* :
    • « Le jardinier d'à côté, un jaloux, un malfaisant, un soiffard qui ssssifflait tout et sur n'importe quoi - sur les têtes, sur la colline, che... »
    S'cuse-moi itou...
    Certes, à l'époque, il n'y avait pas un jardinier qui aurait ressemblé à ceux que nous connaissons aujourd'hui.
    Mais n'as-tu point remarqué le caractère ssssifflant du personnage ? Il est impossible que sous ce déguisement/apparition tu n'aies pas reconnu le perfide serpent ? Tu me décevrais...
  • horizondelle
    16/11/2014 à 22:37
    Mille mercis mes ami(e)s pour les fleurs, les souhaits ... et le jus de carottes, crues, signe que tout est encore possible !
  • ipels
    16/11/2014 à 22:39
    • En réponse à DiwanC #150 le 16/11/2014 à 22:28* :
    • « S'cuse-moi itou...
      Certes, à l'époque, il n'y avait pas un jardinier qui aurait ressemblé à ceux que nous connaissons aujourd'hui.
      Mais n'as... »
    ... eh ben... pour ma part, j'avoue... tu serais pas fière de moi... j'irai à confesse...
  • DiwanC
    16/11/2014 à 23:13
    • En réponse à ipels #152 le 16/11/2014 à 22:39 :
    • « ... eh ben... pour ma part, j'avoue... tu serais pas fière de moi... j'irai à confesse... »
    Et sur Expressio, faute avouée est complètement pardonnée !
    Mais Lange... l'aurait dû reconnaître l'odeur du soufre ! 🤡
  • DiwanC
    16/11/2014 à 23:22
    • En réponse à SyntaxTerror #143 le 16/11/2014 à 20:35 :
    • « D'après un cancre resté anonyme, François 1er aurait déclaré à sa mère, le soir de la bataille de Pavie (24 février 1525) :
      Tout est perdu,... »
    Joli !.....
    Plus tard, beaucoup plus tard, quelqu'un de sa famille mettra tous les dimanches une poule au pot avec du thym, du laurier, des légumes... Il arrivera un moment où la poule sera cuite... et les carottes aussi !
  • SyntaxTerror
    16/11/2014 à 23:46
    • En réponse à DiwanC #154 le 16/11/2014 à 23:22 :
    • « Joli !.....
      Plus tard, beaucoup plus tard, quelqu'un de sa famille mettra tous les dimanches une poule au pot avec du thym, du laurier, des... »
    Une fois de plus, on ne peut que saluer la mémoire d'un souverain dont l'ambition était de faire manger de la viande à chaque Français au moins une fois par semaine.
  • DiwanC
    17/11/2014 à 00:52
    • En réponse à SyntaxTerror #155 le 16/11/2014 à 23:46 :
    • « Une fois de plus, on ne peut que saluer la mémoire d'un souverain dont l'ambition était de faire manger de la viande à chaque Français au mo... »
    Plus tard, beaucoup plus tard, une reine voulut faire manger de la brioche au bon peuple... Il ne lui en fut pas très reconnaissant.
    C'était pourtant une riche idée !... Une idée de riche peut-être...
  • djfr54
    08/05/2015 à 11:32
    j'adore votre façon d'écrire lol
  • anne_elise2
    05/03/2019 à 00:38
    L'explication qui nous fut donnée lors d'une visite de château est que les pauvres serfs et vilains recrutés pour se battre pour le seigneur, contrairement à ce dernier, n'avaient pas de heaume pour se mettre sur la tête. Conclusion: ils se protégeaient en se couvrant le chef de carottes et autres navets. Lorsque la poix et huile bouillante jetée des remparts avaient eu raison d'eux, on disait que leurs "carottes étaient cuites".......
  • Tricholome
    05/03/2019 à 00:54
    Les carottes à l'huile bouillante, j'aime beaucoup! Et je te présente, avec mes hommages considérables (mais moins que ceux de Mintaka), le capitaine K et ses aventures, dont plusieurs amoureuses.
    La belle Helle, après avoir déferlé le cacatois de misaine (à elle seule), arpente le pont, un peu rengorgée. Elle fait une œillade coquine au capitaine qu’on pourrait interpréter par : Tes carottes son cuites, qui s’en trouve tout remué. Il adresse un sourire mi-figue mi-raisin éloquent à son timonier : Dis, t’as vu ses roberts, et les ischyo-jambiers, hrmmm? T’as vu son gluteus maximus (il avait fait un peu de latin en servant la messe)? Le capitaine bave un peu aux commissures. Mais pas moyen de l’amener au pieu. C’est une moniale, cette bougresse. Femme only! Même pas une minette! Ahhh, la la, heureusement qu’il me reste les libanaises et une italienne (une calabraise, mais quand même chaude des miches) Korssakof évoque avec nostalgie ses nuits folle avec l’ardente Iphigénie qui lui mettait du fer en fusion dans la membrane.
    Timonier, cette nana, c’est le quatrième cavalier de l’apocalypse. Et elle me te monte sans selle, à cru. J’en rêve. Il tire la langue, un peu de salive lui dégoulinant des lèvres.
  • LeLarousse
    05/03/2019 à 01:14
    • En réponse à anne_elise2 #158 le 05/03/2019 à 00:38 :
    • « L'explication qui nous fut donnée lors d'une visite de château est que les pauvres serfs et vilains recrutés pour se battre pour le seigneur... »
    Moi je n'aime pas les carotte, je préfère les panais (sont cuits). Mais je me demande si tu es nouvelle ou ancienne.