Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

être aux pièces [v]

être pressé ; ne pas avoir tout son temps

Origine et définition

pièce est un mot qui a des quantités de sens, de la pièce d'un logement, la pièce de monnaie, le morceau (de tissu, de puzzle...) ou encore la pièce d'artillerie, celle de théâtre ou celle à conviction (cette liste est loin d'être exhaustive).
Autrefois, on désignait aussi la "dame de compagnie", celle qui faisait payer l'utilisation de ses charmes, par "la pièce de campagne"' ou, pour signifier "longtemps", on disait plutôt "bonne pièce".
Le tout, maintenant, est de savoir laquelle de ces pièces est à l'origine de notre expression.
Eh bien cela vient du XIXe siècle, à une époque où, dans certains métiers, les employés étaient payés non pas à l'heure ou au mois, mais à la pièce produite (pratique qui existe encore de nos jours, même si elle n'est pas très répandue).
Celui qui était aux pièces était celui qui pouvait travailler suffisamment vite pour produire beaucoup de pièces et, ainsi, s'assurer un salaire décent.
Par extension, hors du contexte d'emploi et de salaire, celui qui est aux pièces est celui qui est pressé.

Exemples

Si tu cherches Eddie, il est aux pièces à conviction.
Elles sont aux pièces à conviction.
Ils devraient être aux pièces à conviction.
Je suis aux pièces à conviction.

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand es eilig haben être pressé
Allemand im Akkord arbeiten travailler aux pièces
Anglais there's no rush il n'y a pas d'urgence
Anglais (USA) not being paid by the hour ne pas être payé à l'heure
Arabe (Tunisie) yekhdem bel yatach il travaille à la tâche
Espagnol (Espagne) ¡ Sin prisa, pero sin pausa ! Sans hâte, mais sans pause !
Espagnol (Espagne) no ir a destajo ne pas travailler à la tâche
Français (Suisse) il n'y a pas le feu au lac il n' y a pas le feu au lac
Hongrois nem lóverseny ez! on n'est pas aux pièces {ce n’est pas une course de chevaux}
Italien lavorare a cottimo travailler à pièce
Néerlandais het is geen aangenomen werk il n'est pas du travail accepté
Néerlandais op z'n elf-en-dertigst sur ses onze-et-trentíème/lentement expr. venant du tissage
Portugais (Brésil) estar apressado être pressé
Portugais (Brésil) parece que vai tirar o pai da forca on dirait qu'il va descendre son père de la potence
Roumain a fi pe fuga être sur la fugue
Roumain a se misca ca melcul bouger comme l'escargot
Wallon (Belgique) ne pas être à pièce
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « être aux pièces » Commentaires

  • #21
    framboise
    08/05/2006 à 17:34
    Désolée d’avoir attisé l’ire de Inconnu: "autre RMI" n’était en rien ironique, moqueur ou péjoratif, simplement l’un de sigles utilisés dans cet échange de commentaires.Je reconnais que le choix a été malheureux et j’adresse mes excuses à qui de droit, même si "qui" est partie. Cette abondance de sigles utilisés outre-Quiévrain n’est pas toujours compréhensible par les francophones non français qui vous lisent - voir Asimov-. N’oublions pas que notre God bien-aimé a besoin d’un maximum de lecteurs et que se désabonner c’est se priver d’un plaisir quotidien. J’espère sincèrement que Inconnu s’en rendra compte et reviendra.
  • #22
    framboise
    08/05/2006 à 23:49
    En ajout de ce qui précède: le résultat de la polémique, c’est que ma question est tombée dans les oubliettes,et que ce dernier commentaire risque de passer totalement inaperçu!!!
  • #23
    cotentine
    26/07/2009 à 02:06
    dans l’expression : "être payé aux pièces" y’a une idée de zèle (ou d’exploitation) : plus on en fait, plus on est payé ...
    C’est le sens de "travailler plus, pour gagner plus", non ???
    je préférais la suggestion de grasse mat’ d’hier ! 😄
  • #24
    Muscat
    26/07/2009 à 07:34
    C’est une expression que je ne connais pas du tout donc je me coucherai moins bête ce soir...Moins bête?On devrait changer cette expression!Certains animaux sont plus intelligents que certains humains....
  • #25
    <inconnu>
    26/07/2009 à 08:09
    Moi qui suis en train de faire un puzzle de 3.000 pièces avec les enfants, je peux vous dire qu’être aux pièces, c’est tout sauf être pressée!
  • #26
    Paracas
    26/07/2009 à 08:09
    • En réponse à Muscat #24 le 26/07/2009 à 07:34 :
    • « C’est une expression que je ne connais pas du tout donc je me coucherai moins bête ce soir...Moins bête?On devrait changer cette expression!... »
    je rectifierais en précisant " ceux que, nous humains, qualifions d’animaux" car après tout ne sommes nous pas nous aussi des zanimos ?.allez je vous laisse.....je suis pas aux pièces mais j’ai à faire.Bon dimanche
  • #27
    momolala
    26/07/2009 à 09:05
    J’ai plaisir à retrouver sur ce merrrveilleux site la voix de mon père dans tant d’expressions populaires comme celle d’aujourd’hui. Il avait travaillé à la pièce, jeune ajusteur d’avant-guerre, et c’est lui qui m’en avait expliqué le signification. Quand il "n’était pas aux pièces", cela avait pour lui un sens premier.
  • #28
    momolala
    26/07/2009 à 09:07
    • En réponse à cotentine #23 le 26/07/2009 à 02:06 :
    • « dans l’expression : "être payé aux pièces" y’a une idée de zèle (ou d’exploitation) : plus on en fait, plus on est payé ...
      C’est le sens d... »
    Toi qui travailles de nuit, es-tu mieux payée par God que nous autres pôvres travailleurs de l’équipe de jour ?
  • #29
    momolala
    26/07/2009 à 09:18
    Travailler à la pièce ne permet pas de s’enrichir ; c’est pourquoi, en général, les faux-monnayeurs d’aujourd’hui fabriquent plutôt des billets. Ce ne fut pas le cas lorsque l’or et l’argent circulaient sous forme de jetons commerciaux. Et Baudelaire écrivit cette page : il faut savoir choisir ses amis !
  • #30
    <inconnu>
    26/07/2009 à 09:23
    L’expression d’aujourd’hui m’enchante!
    Je l’ai souvent entendue dans ma famille, quand quelqu’un s’énervait, disait:
    -Dépêche toi!!! et que l’interpellé répondait:
    -Oh! Dis donc!!!
    On n’est pas aux pièces!!! que je sache!!!
    J’aime.
    🙂
  • #31
    PHILO_LOGIS
    26/07/2009 à 09:58
    • En réponse à framboise #22 le 08/05/2006 à 23:49 :
    • « En ajout de ce qui précède: le résultat de la polémique, c’est que ma question est tombée dans les oubliettes,et que ce dernier commentaire... »
    Non, Framboise, le résultat de la polémique (Victor) n’est pas que ta question est passée aux oubliettes.
    C’est que Bastet a fait tête basse et a passé la porte. Mais j’ose croire qu’elle continue à nous lire en catimaxi.
    Quant à ta question elle-même, je ne connais pas du tout le sketche dont tu parles. et ce serait chouette si quelqu’un pouvait nous éclairer de sa lanterne magique...
    Bien le bonjour au pied de mon puzzle de 1000 pièces seulement (Piatnik, une vue des dunes du désert).
  • #32
    Tonton56
    26/07/2009 à 10:09
    Retraité d’une profession libérale, je me suis toujours considéré comme travailleur "aux pièces", et j’ai toujours trouvé ce principe très sain.
    Loin de moi l’idée de vouloir imposer ma façon de voir, mais il serait injuste de jeter l’opprobre sur cette façon de gagner sa vie (horaires, durée... choisis en fonction des besoins financiers).
    Je trouve gratifiant de constater que chaque sou gagné est le résultat de son travail et non du temps passé.
    Que les fonctionnaires me pardonnent 🙂
  • #33
    mickeylange
    26/07/2009 à 10:14
    • En réponse à momolala #29 le 26/07/2009 à 09:18 :
    • « Travailler à la pièce ne permet pas de s’enrichir ; c’est pourquoi, en général, les faux-monnayeurs d’aujourd’hui fabriquent plutôt des bill... »
    Travailler à la pièce ne permet pas de s’enrichir

    De quelle pièce tu parles ? J’ai connu des sculpteurs, qui était payés à la pièce, et fort bien. L’important c’est le prix de la pièce, pas forcément le nombre.
    J’ai mis une pièce à mon pantalon, et j’ai pas été payé, et pourtant je l’ai mise de sous.
    Ach !!!
  • #34
    chirstian
    26/07/2009 à 10:27
    les employés étaient payés non pas à l’heure ou au mois, mais à la pièce produite (pratique qui existe encore de nos jours, même si elle n’est pas très répandue).
    c’est naturellement la formule idéale pour une entreprise, pour la maîtrise de ses coûts. Si elle s’est réduite, c’est parce que la législation a introduit des minimas dans les rémunérations, même celles "aux pièces". Du coup, la sous-traitance s’est développée (et très récemment encore, avec le statut d’auto entrepreneur). Car, quand une entreprise commande des pièces à un sous-traitant celui-ci est naturellement payé "à la pièce". C’est donc à lui qu’il appartient de payer ses salariés au temps, et de chercher à équilibrer les deux données : encaissement aux pièces et décaissement au temps. Or ce qui est facile -et rentable - en plein emploi, devient insupportable dès que les commandes baissent. C’est pour se prémunir contre ce risque que les grosses entreprises ont externalisé et ont permis la création, et le développement de nombreux sous-traitants. Avec la baisse d’activité ces derniers supportent aujourd’hui les inconvénients d’un système sans lequel ils n’auraient pas existé.
  • #35
    mickeylange
    26/07/2009 à 10:39
    • En réponse à Tonton56 #32 le 26/07/2009 à 10:09 :
    • « Retraité d’une profession libérale, je me suis toujours considéré comme travailleur "aux pièces", et j’ai toujours trouvé ce principe très s... »
    Que les fonctionnaires me pardonnent

    Oups !
    Tu as de la chance que la majorité des fonctionnaires de ce site a de la "classe" (de la maternelle pour Cocot, à la terminale pour Syanne) sinon collé samedi... en heures sup non payées pour propos séditieux.
    Maintenant c’est bien que tu fasses la pièce de résistance, qui taille en pièce, la pièce montée des histoires forgées de toutes pièces. Mais faute de pièce à conviction, on peut pas juger sur pièces, avec pièces à l’appui. Momo qui est une belle pièce, tout d’une pièce et qui aime les services trois pièces, risque de te mettre en pièces détachées
    sans chercher les pièces justificatives.
    Ouf...
  • #36
    syanne
    26/07/2009 à 11:15*
    • En réponse à mickeylange #35 le 26/07/2009 à 10:39 :
    • « Que les fonctionnaires me pardonnent
      Oups !
      Tu as de la chance que la majorité des fonctionnaires de ce site a de la "classe" (de la matern... »
    Merci, grand artiste, de prendre notre défense !
    Non seulement nous avons de la classe, mais nous sommes ultra-blasés quant aux clichés que répètent tous ceux qui ne connaissent de notre métier que ce qu’en véhiculent d’autres qui ne le connaissent pas plus !
    Bien souvent, d’ailleurs, quand j’entame la Xième copie à corriger (et sur une copie de bac ou de BTS, je passe au moins une demi-heure...) j’ai aussi l’impression d’être aux pièces, et je ne compte pas mon temps !
  • #37
    momolala
    26/07/2009 à 12:28*
    • En réponse à Tonton56 #32 le 26/07/2009 à 10:09 :
    • « Retraité d’une profession libérale, je me suis toujours considéré comme travailleur "aux pièces", et j’ai toujours trouvé ce principe très s... »
    Loin de moi l’idée de vouloir imposer ma façon de voir non plus mais tu opposes deux systèmes de fonctionnement à vocation différentes, le premier, libéral, de rentabilité, le second de service public où, majoritairement, on ne s’enrichit guère, mais c’est un choix. Tu ne confondrais pas un peu, et pas qu’un peu même, le travail de bureau et la fonction publique qui est très loin de se résumer à ça ? Peu importe au fond : c’est vrai qu’on est payé pareil avec 25 ou 33 mioches à instruire individuellement mais je te garantis qu’il est drôlement gratifiant de réussir avec chacun d’entre eux et davantage encore quand ils sont nombreux. Personnellement, je ne les oppose pas : ces systèmes coexistent et devraient être complémentaires. Je trouve qu’on fait trop dans la dualité ; c’est un bon système pour diviser et mieux(?) régner.
  • #38
    momolala
    26/07/2009 à 12:32
    • En réponse à chirstian #34 le 26/07/2009 à 10:27 :
    • « les employés étaient payés non pas à l’heure ou au mois, mais à la pièce produite (pratique qui existe encore de nos jours, même si elle n’e... »
    Pertinente analyse. Mais revenir au salaire à la pièce remettrait en cause les minima sociaux. Difficile de s’y résoudre quand même. Tiendrons-nous le coup suffisamment longtemps pour attendre que ce progrès s’installe dans les pays émergents ?
  • #39
    chirstian
    26/07/2009 à 14:24
    • En réponse à momolala #38 le 26/07/2009 à 12:32 :
    • « Pertinente analyse. Mais revenir au salaire à la pièce remettrait en cause les minima sociaux. Difficile de s’y résoudre quand même. Tiendro... »
    en réalité le salaire aux pièces existe encore dans différents domaines, et notamment dans le travail à domicile : une couturière vient chercher à l’usine patrons et tissus , fait chez elle sacs, robes ou autres produits, et les rapporte terminés...
    Dans l’expression, on insiste sur la conséquence d’une accélération de rythme : l’ouvrier aux pièces a intérêt a accélérer la cadence, puisqu’il produira davantage et sera plus payé. Lancer un :"on n’est pas aux pièces !" invite donc à ralentir, en signalant qu’on ne gagnera rien de plus en travaillant plus. Or le problème actuel est qu’il faut produire moins cher : donc réduire les temps qui sont la composante principale du coût, mais en même temps qu’il faut produire moins, pour ne pas augmenter les stocks, face à une baisse de la demande. Donc produire vite conduit en fait au temps partiel, ou au chômage ! Une utopie a été de penser qu’on pouvait réduire le temps de travail sans réduire le revenu. Une autre est d’imaginer qu’il suffit de compenser par une baisse des dividendes, ou une augmentation d’impôts des riches. Le défi de notre époque est de trouver une réponse inédite à cette situation nouvelle. Il faudra bien que nous y arrivions !
    Quant à l’installation du progrès dans les pays émergents, outre qu’il peut mettre longtemps, rien ne permet d’imaginer qu’ils feront les mêmes choix sociaux que nous. Actuellement le coût salarial est plus faible aux USA qu’en France... Nous n’avons pas su exporter notre système en période d’expansion. Saurons nous le faire mieux en période de crise ?
  • #40
    chirstian
    26/07/2009 à 14:30*
    God, nous voulons être payé aux pièces ! Tous dans la rue avec des banderoles, ou dans l’arène avec des banderilles. God s’est assez enrichi sur notre dos. Les fabuleux profits d’Expressio doivent nous reviender en partie.
    Si God refuse de nous mettre aux pièces, alors nous le mettrons en pièces. 😏