Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

par-dessous la jambe [adv]

avec désinvolture ; de façon peu consciencieuse ; de façon désinvolte ; sans application

Origine et définition

Voilà une expression a priori étrange ! Qu'est-ce qui peut justifier le lien entre la désinvolture et le dessus de la jambe, aussi belle serait-elle ?
Pour en avoir une petite idée, nous allons donc aller nous balader au XVIIe siècle (on trouve l'expression chez Molière) où l'on utilisait, avec le même sens, par-dessous (la) jambe, locution elle-même issue de jouer par-dessous (la) jambe.
À cette époque, le jeu de volant (petit copain du badminton) et le jeu de paume étaient très pratiqués et « jouer par-dessous la jambe », c'était renvoyer la balle ou le volant en le frappant par-dessous la jambe. Et cela sous-entendait aussi le fait de réussir à vaincre l'adversaire malgré cette manière peu orthodoxe de jouer.
Au figuré, cette dernière expression avait également pris plusieurs sens, d'abord celui de « obtenir aisément l'avantage sur un adversaire » (ce qui s'explique facilement, car celui qui se fait battre par un joueur qui renvoie ainsi n'est probablement pas d'un haut niveau), mais aussi celui de « avoir sur un adversaire une grande supériorité de talent, d'adresse, de finesse dans les affaires » (Nouveau dictionnaire universel de la langue française, Poitevin, 1868), et également celui de « déranger avec facilité les projets de quelqu'un, et par supériorité d'esprit ou de conduite, l'amener à nos vues » (Dictionnaire de l'Académie Française - 1832).
Toujours est-il que celui qui jouait de cette façon manifestait quelque désinvolture quant à la manière de jouer et au respect de son adversaire (sans compter qu'en jouant ainsi, il espérait probablement amuser la galerie).
Ceci explique le sens de notre expression d'autant plus incompréhensible au premier abord, qu'avec le temps, par confusion phonétique, le dessus prend le dessus sur le dessous.

Exemples

« Or, ces patrimoines qui quittent le pays sont autant d'impôts qui ne sont plus payés en France, autant de recettes qui ne rentrent plus dans les caisses de l'Etat. Et en ces temps de vaches maigres, il serait absurde de traiter le phénomène par-dessus la jambe. »
Le Monde - Article du 25 août 2010

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand mit links de la gauche
Allemand oberflächlich superficiel
Anglais to do something in a slipshod way faire quelque chose d'une manière peu soignée
Anglais (USA) in an offhand manner / offhandedly d'une manière désinvolte / avec désinvolture
Arabe (Algérie) مغمض العينين (mghamadh âînih) les yeux fermés
Catalan a la babalà
Espagnol (Espagne) a la ligera à la légère
Hébreu רואים לך את הפיפי! (roim lekha ètt hapipi) voyez ça!
Italien prendere sottogamba prendre sous-jambe
Latin sub pede sous pied
Néerlandais met de Franse slag avec le coup français
Néerlandais zo maar - ongegeneerd ainsi mais - sans gêne
Néerlandais zich met een jantje-van-leiden ergens van afmaken s'en tirer comme un Jeannot de Leyde / Faire quelquechose à la six-quatre-deux
Néerlandais (Belgique) er met zijn klak naar slaan y frapper sa casquette
Néerlandais iets op zijn janboerenfluitjes doen ± Faire quelquechose à la jean aux pipeaux
Néerlandais er met de pet naar gooien y balancer la casquette
Néerlandais (iets) op zijn elfendertigst doen par dessous la jambe, faire qque chose de façon lente, fastidieuse, complexe.........
Portugais (Brésil) nas coxas aux cuisses
Portugais (Brésil) tirar de letra tirer de mot
Roumain cu stânga avec la gauche
Roumain pe sub mână par-dessous la main
Roumain și cu spatele même avec le dos (tourné)
Roumain cu ochii inchisi aux yeux fermes
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Voir aussi

Variantes

  • Par-dessus la jante

Commentaires sur l'expression « par-dessous la jambe » Commentaires

  • Bonblabla
    16/08/2016 à 09:56
    Où avez-vous trouvé cette expression ? dans les mémoires de Jamel Debouze ? Elle n'existe pas, sauf comme déformation de "par DESSOUS la jambe". Employez la seulement si vous voulez montrer que vous êtes ignorants donc.
  • deLassus
    08/04/2021 à 22:13*
    Respect de la Parole de God ?

    Cette expression n'a pas été reprise dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français" (2011).

    L'exemple me semble de style tout à fait godesque.

    Bravo Reverso pour n'avoir touché à rien !!!
  • deLassus
    30/08/2022 à 12:26*
    • En réponse à deLassus #122 le 08/04/2021 à 22:13* :
    • « Respect de la Parole de God ?

      Cette expression n'a pas été reprise dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français" (2011).... »
    Cette expression n'a pas été reprise dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français" (2011).

    Comme dirait Syntax : Sans doute en raison de la date de son apparition : septembre 2011 !
    Un peu fatigué, cher deLassus, le 08/04/2021 à 22:13 ?
  • atheofv
    01/11/2025 à 06:27
    Hébreu רואים לך את הפיפי! (roim lekha ètt hapipi) voyez ça!


    Ben oui... On voit...
  • joseta
    01/11/2025 à 07:02*
    QUI SUIS-JE ? nº698

    Je suis une artiste peintre polonaise
    - mouvement: néo-cubisme
    - je passe mon enfance dans un milieu aisé et cultivé entre Saint Pétersbourg, Varsovie et Lausanne
    - en 1914, je suis retenue par la guerre à Saint-Pétersbourg, où je m’inscris à l’Académie des Beaux-Arts
    - la révolution d’Octobre bouleverse ma vie et, après un détour par Copenhague, je gagne Paris
    - je suis recueillie par mes cousins qui m’ont précédée dans l’exil
    - je commence alors et avec beaucoup de tenacité une carrière de peintre
    - en 1920, à l’académie Ranson, je reçois l’enseignement de Maurice Denis, et à l’académie de la Grande Chaumière celle d’André Lhote. C’est là que je forge petit à petit mon style qui, dans une synthèse inattendue de l’art manièriste de la Renaissance et du néo-cubisme, va correspondre parfaitement à la mode Art déco de mon époque
    - en 1923, j’expose au Salon d’automne une toile très remarquée, représentant 2 nus féminins dans une pose très intime
    - mon identité de femme n’est révélée qu’en 1925, lors de ma première, qui marque l’envol de ma carrière, exposition personnelle à Milan. C’est là que je fais la connaissance de Gabriele d’Annunzio et de son entourage, aussi aristocratique qu’excentrique. En 1927, l’écrivain m’invite chez lui pour que je réalise son portrait
    - de retour en France, en 1928, je participe pleinement à la vie artistique et mondaine parisienne, où je rencontre de nouveaux modèles: André Gide, Suzy Solidor, de riches industriels, des princes russes émigrés, etc.
    - ouvertement bisexuelle, j’assume publiquement mes nombreuses liaisons avec notamment des personnalités féminines comme Colette ou Suzy Solidor
    - je fais partie des 135 femmes soutenues et exposées par la Société des femmes artistes modernes créée en 1931 par la peintre Marie-Anne Camax-Zoegger
    - en 1929, j’installe ma maison-atelier au 14ème arrondissement de Paris, où je travaille sans interruption sous l’effet de la cocaïne, alors autorisée en usage privé
    - en 1928, un riche américain me commande le portrait de sa fiancée. Je fais mon premier voyage à New York. Outre le portrait de commande, j’exécute sur place plusieurs tableaux, dont des études de gratte-ciel
    - j’expose simultanément en Pologne, à Paris et aux États-Unis
    - fuyant les menaces de guerre, je m’installe aux États-Unis en 1939 où je fais 3 expositions
    - après-guerre, mon oeuvre tombe dans un profond oubli jusqu’à ce que la redécouverte de l’Art déco, dans les années 1970, fasse ressurgir mon nom
    - en 1978, je m’installe définitivement au Méxique, après avoir offert certaines de mes toiles au Centre Pompidou
    - la chanteuse Madonna m’a rendu hommage dans une chanson et aussi dans un vidéo-clip
    - j’occupe une place à part dans l’art du XXème siècle: mes oeuvres évoquent et reflètent le style et la mode des années folles de l’entre-deux-guerres
    - avec une stylisation mêlant néo-cubisme et renaissance italienne, mes oeuvres se caractérisent par un modelé accentué, des couleurs vives, mais dans une gamme restreinte, mises en valeur par des fonds gris ou noirs.
  • atheofv
    01/11/2025 à 08:08
    • En réponse à joseta #125 le 01/11/2025 à 07:02* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº698

      Je suis une artiste peintre polonaise
      - mouvement: néo-cubisme »
    Inconnue au bataillon...
  • Ratanak
    01/11/2025 à 10:05*
    • En réponse à joseta #125 le 01/11/2025 à 07:02* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº698

      Je suis une artiste peintre polonaise
      - mouvement: néo-cubisme »
    Trouvée. Je la connaissais très vaguement, surtout de nom. Une de ses œuvres décore la couverture d'un roman d'Éric-Emmanuel Schmitt dans une édition du Livre de poche.
  • deLassus
    01/11/2025 à 10:12
    • En réponse à joseta #125 le 01/11/2025 à 07:02* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº698

      Je suis une artiste peintre polonaise
      - mouvement: néo-cubisme »
    Trouvée avec Gougueule.
    Je connaissais son nom, mais ne l'aurais jamais reconnue "tout seul".
  • Ratanak
    01/11/2025 à 15:33*
    Je signale que le titre initial de la page et son URL étaient

    par dessus la jambe


    D'où la véhémence méprisante de Bonblabla en 2014 et 2026.
  • atheofv
    01/11/2025 à 15:53
    • En réponse à Ratanak #129 le 01/11/2025 à 15:33* :
    • « Je signale que le titre initial de la page et son URL étaient

      par dessus la jambe »
    En 2026 ? Ben, il était en avance sur son temps...

    Au demeurant, j'ai toujours entendu l'expression sous la forme :

    Pa dessus la jambe
  • joseta
    01/11/2025 à 15:59*
    • En réponse à joseta #125 le 01/11/2025 à 07:02* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº698

      Je suis une artiste peintre polonaise
      - mouvement: néo-cubisme »
    JE SUIS
    Image externe
    Tamara de LEMPICKA
    Varsovie (Pologne, alors dans l'Empire russe),1898/Cuernavaca (Mexique),1980
    Image externe
    The Musician,1929
  • Ratanak
    01/11/2025 à 16:53*
    Image externe

    Tamara de Lempicka, "Jeune fille en vert", 1927-1930
    en cuverture de "La femme au miroir" de E.-E. Schmitt