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en perdre son latin [v]

ne plus rien comprendre

Origine et définition

Cette expression, dont le sens actuel date du XXe siècle, a eu diverses formes et significations.
Le latin était la langue du Latium (ou Lazio, en italien), cette région d'Italie où se trouve Rome.
À une lointaine époque, dans ce qui allait devenir notre pays, le latin était la langue principalement écrite maîtrisée par les érudits, les savants et les ecclésiastiques, opposée à la langue parlée vulgaire, le roman.
Au XIVe siècle, "perdre son latin" s'appliquait bizarrement aux oiseaux, incapables de parler le moindre langage, comme n'importe quel autre animal.
Au XVIe, la locution signifie aussi bien "renoncer à comprendre", montrant ainsi la difficulté de cette langue pour un Français, que "ne plus savoir que faire, ni que dire" et qui s'exprimait aussi sous la forme "être au bout de son latin".
Elle a également été utilisée aux XVIIIe et XIXe siècles pour dire "perdre son temps et sa peine, travailler inutilement à quelque chose".
Autant dire que ce latin, pourtant indispensable pour comprendre l'étymologie de beaucoup de nos mots, a toujours porté une connotation négative, probablement liée à sa difficulté d'apprentissage et au clivage qu'il matérialisait entre les érudits et les autres.

Exemples

« Alain Rey, le plus célèbre des linguistes, lance un pavé dans la mare en proposant dans son Petit Robert 2009 des mots écrits d’une manière différente de celle des autres dictionnaires. Son but : simplifier notre langue. De quoi en perdre son latin ! »
Le Parisien - Article du 27/09/2008

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand mit seinem Latein am Ende sein être au bout de son latin
Anglais it's double Dutch to me pour moi, c'est du hollandais multiplié par deux
Anglais (USA) it's all Greek to me c'est du grec pour moi
Anglais (USA) To be thrown for a loop Être lancé en boucle
Anglais (USA) to be unable to make heads or tails of something ne pas pouvoir dire à pile ou face
Anglais i can't make head nor tail about it je ne peux faire ni tête ni queue à ce sujet
Espagnol (Argentine) estar en bolas être en boules
Espagnol (Espagne) no entender ni jota ne même pas comprendre le j
Espagnol (Espagne) perder el oremus perdre l'oremus
Espagnol (Espagne) Quedarse en ayunas Rester à jeun (= Ne rien comprendre)
Espagnol (Panama) no entender ni papa ne comprendre même pas la patate
Français (Canada) pour moi, c'est du chinois c'est à ne rien comprendre
Hongrois nekem ez kínaiul van pour moi, c'est du chinois
Hébreu לא הבין מאומה (lo hèvinn meouma kloum) je ne pouvais pas le comprendre
Hébreu לא ירד לעומקו של עניין (lo yarad leomko chèl inyènn) il n’a pas été profondément exaspéré
Hébreu לא הבין כלום בעניין (lo hèvinn kloum beanyènn) ne comprenait rien à ce sujet
Hébreu לא הבין דבר וחצי דבר (lo hèvinn dibèr vakhètsi dibèr) ne comprenait rien et demi
Hébreu לא הבין כלום (lo hèvinn kloum) je n’ai rien compris
Italien Non capire un cazzo Ne pas comprendre une bite
Italien non capirci un accidente n'y comprendre rien
Italien non capire un fico secco ne pas comprendre une guigne
Néerlandais (Belgique) met zijn mond vol tanden staan se trouver la bouche pleine de dents
Néerlandais het spoor bijster zijn ayant perdu la piste
Néerlandais de draad kwijtraken perdre le fil
Néerlandais dat is latijn voor mij ça c'est du latin pour moi
Néerlandais helemaal van de wijs zijn avoir complètement perdu la mélodie
Néerlandais (Belgique) aan het eind van zijn Latijn zijn être au bout de son latin
Néerlandais er geen jota van snappen ne pas en comprendre un iota (ou: c'est du chinois, grec, hébreu (!) pour moi)
Néerlandais de kluts kwijtraken perdre la tête
Néerlandais dat is chinees voor mij c'est du chinois pour moi
Portugais (Brésil) gastar o latim perdre son latin
Portugais (Brésil) não entender bulhufas n'y rien comprendre
Roumain A nu înţelege o iotă Ne pas comprendre un iota
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Variantes

  • Perdre son patin

Commentaires sur l'expression « en perdre son latin » Commentaires

  • joseta
    24/10/2011 à 19:45
    Elle voulait ovuler d’un latin lover, et, en effet, l’ovule l’atteint l’ovaire...
  • DiwanC
    06/07/2017 à 02:13
    Comment perdre quelque chose qu'on ne possède pas ? 🙁
  • DiwanC
    06/07/2017 à 02:39*
    Georges et Püppchen ou la non-cohabitation !
    Pendant 35 ans de sereine complicité, nous n'avons jamais habité ensemble. Püppchen a toujours voulu son propre appartement. C'était son idée, et au début j'en prenais ombrage… mais la formule nous convenait tellement que même dans les résidences secondaires que nous avons eues en Bretagne pendant quelques années, nous avions chacun notre chambre.
    Quel bonheur que de se fixer rendez-vous, presque à chaque jour, de s'inviter l'un chez l'autre, de se retrouver comme si rien n'était acquis. Laissons le champ libre à l'oiseau, nous serons tous les deux prisonniers sur parole. C'est en pensant à Püppchen que j'ai dit un jour qu'une femme c'était comme un cadeau qui nous aurait choisi. Quelle plénitude lorsque le bonheur t'apporte celle derrière qui tu peux condamner ta porte en marquant dessus, et pour toujours, «Fermé jusqu'à la fin des jours pour cause d'amour».
    a un jour confié Brassens.
    Magnifique !
    Je t’aime tant que je te veux pour éternelle fiancée…
    Vénus se fait vieille souvent
    Elle perd son latin devant
    La lèchefrite
    À aucun prix, moi je ne veux
    Effeuiller dans le pot-au-feu
    La marguerite.
    J’ai l’honneur de ne pas te demander ta main…
    Ne gravons pas nos noms au bas d’un parchemin
    .
    Écoutez…
  • Utilisateur supprimé
    06/07/2017 à 05:19*
    À peine remise de sa mauvaise chute du haut de la falaise, Blanquette, poussée par on ne sait quelle force relevant de la psychiatrie lourde, était partie se réfugier en haut d'un menhir, encerclée par une meute de léchants mou. C'étaient des mercenaires à la solde de monsieur Seguin, rétribués en caramels mous récupérés au fond de troncs d'église.
    Aucune pelleteuse à galets à l'horizon pour chasser la meute, Blanquette devait assumer seule son destin avec ses sabots vernis qui glissaient sur le granit indifférent à sa peine.
    Fort heureusement, un TGV égaré (au sens littéral du terme) serpentait entre les alignements de menhirs et elle sauta dedans du haut de son promontoire tout en adressant un sabot de nez à ses prédateurs. Elle avait donc échappé à la mort une fois de plus, monsieur Seguin y perdait son latin...
  • Paracas
    06/07/2017 à 05:28
    • En réponse à Utilisateur supprimé #104 le 06/07/2017 à 05:19* :
    • « À peine remise de sa mauvaise chute du haut de la falaise, Blanquette, poussée par on ne sait quelle force relevant de la psychiatrie lourde... »
    Bravo...y a de l'imagination ..j'aime ce genre de délire ..si, si !
  • Paracas
    06/07/2017 à 05:37*
    Il y a une quarantaine d'années un grave problème secoua l'Eglise. Des velleités d'évolution se faisaient sentir en ce sens que la messe était servie en Français..
    Las, des obscurantistes, menés par un certain Mgr Lefebvre, rétifs à toute forme d'ouverture voulaient que la langue officielle resta le latin...
    Cette petite bisbille déclencha une tempête dans un bénitier que Georges en bon mécréant s'empressa de moquer...
    Sans le latin, sans le latin,
    La messe nous emmerde

    Ecoutez, c'est rigolo...
    Allez, un café et hop...en piste.
  • Utilisateur supprimé
    06/07/2017 à 05:40*
    • En réponse à Paracas #106 le 06/07/2017 à 05:37* :
    • « Il y a une quarantaine d'années un grave problème secoua l'Eglise. Des velleités d'évolution se faisaient sentir en ce sens que la messe ét... »
    L'URL que tu mentionnes est invalide !
    Tempête dans un bénitier
  • mickeylange
    06/07/2017 à 07:47
    "perdre son latin" s'appliquait bizarrement aux oiseaux, incapables de parler le moindre langage, comme n'importe quel autre animal.

    Je ne suis pas d'accord, les oiseaux parlent. Le perroquet de Germaine dit souvent :
    - qui c'est ?
    - C'est le plombier
    Fernand Raynaud
  • file_au_logis2
    06/07/2017 à 07:54
    À essayer de relire tous les voisins du dessus, j'ai failli en perdre le matin ...
  • mickeylange
    06/07/2017 à 08:09*
    En ce temps là, Blanquette voulait aller dans la montagne. Monsieur Seguin qui avait déjà perdu six chèvres dit à Gringoire :
    - Mais qu'est ce qu'elles ont toutes à vouloir aller dans la montagne ? J'y perd mon latin !
    Blanquette demanda à Gringoire la signication de "latin" il lui répondit :
    - achète un Gaffiot
    Elle a compris achète un rafiot. C'est comme ça qu'elle est allé voir le Pitalugue que vendait Panisse sur le vieux port. Seulement Panisse en voyant ses yeux doux, sa houppelande etc. il l'a épousé avec le chevreau que le beau blond de Germaine lui avait laissé en prime hier, et il a vendu le Pitalugue à monsieur Brun.
    Le Pitalugue ce bateau qui se mettait sur le dos dès qu'on lui montait dessus comme une femme frivole.
  • Paracas
    06/07/2017 à 09:14
    • En réponse à mickeylange #110 le 06/07/2017 à 08:09* :
    • « En ce temps là, Blanquette voulait aller dans la montagne. Monsieur Seguin qui avait déjà perdu six chèvres dit à Gringoire :
      - Mais qu'est... »
    J'aime tes incursions Daudet-Pagnolesques....🙂
  • Paracas
    06/07/2017 à 09:16
    • En réponse à Utilisateur supprimé #107 le 06/07/2017 à 05:40* :
    • « L'URL que tu mentionnes est invalide !
      Tempête dans un bénitier »
    Pas la peine d'URLer, chui pas sourd...
    Voilà c'est rectifié, merci...
    Parfois la pelleteuse a des ratés.
  • Paracas
    06/07/2017 à 09:17
    Il paraît que les Romains étaient de chauds latins....
  • DiwanC
    06/07/2017 à 09:21*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #104 le 06/07/2017 à 05:19* :
    • « À peine remise de sa mauvaise chute du haut de la falaise, Blanquette, poussée par on ne sait quelle force relevant de la psychiatrie lourde... »
    Blanquette devait assumer seule son destin avec ses sabots vernis qui glissaient sur le granit indifférent à sa peine.

    C'est beau ! mais c'est beau comme... comme du Zola, teinté de Botrel et de l'Alphonse Épistolier !
    😄
  • DiwanC
    06/07/2017 à 09:32
    • En réponse à mickeylange #110 le 06/07/2017 à 08:09* :
    • « En ce temps là, Blanquette voulait aller dans la montagne. Monsieur Seguin qui avait déjà perdu six chèvres dit à Gringoire :
      - Mais qu'est... »
    Elle a compris achète un rafiot.

    Faut dire qu'avec la vie de patachon que menait Blanquette – passant ses nuits à boire, à danser et à [censuré] avec les bergers de passage et les lupus* du voisinage – elle avait au petit matin la tête comme une pastèque...
    * Tiens ! j'ai retrouvé un tout petit bout de latin ! 😄
  • DiwanC
    06/07/2017 à 09:55
    Hier, on nous donnait le Bon Dieu sans confession.
    Naïfs... trop confiants peut-être... on a jeté les ave, les pater, les de profundis et autres vade retro satanas dans le Fluctua du Necmergitus. Et aujourd'hui, on nous reproche la perte de notre latin.
    Quel site, mon God, quel site ! 🙁
  • SyntaxTerror
    06/07/2017 à 10:10*
    • En réponse à Paracas #106 le 06/07/2017 à 05:37* :
    • « Il y a une quarantaine d'années un grave problème secoua l'Eglise. Des velleités d'évolution se faisaient sentir en ce sens que la messe ét... »
    Sans doute est-ce dû à l'heure matinale, c'est la notion du temps qui passe que tu as perdue. L'autorisation de la messe qui donc, ne concerne que l’Église catholique, en langue du pays date de 1963.Par ailleurs, j'ai déjà dit que quand on n'est pas catholique, on n'est pas tenu de donner du Monseigneur à l'évêque Lefebre , on peut se contenter de l'appeler "Marcel".
  • SyntaxTerror
    06/07/2017 à 10:17*
    Ça débloque bien, ce matin !
    Je viens de ressortir le calepin de Zindozs pour modifier la contribution précédente.
  • SyntaxTerror
    06/07/2017 à 10:27
    J'espère que les météorologues ont retrouvé leur latin. Sur ma banlieue Est, ils nous avaient prédit un soleil éclatant et des températures dignes du mois d'aout. Total, on vient de se manger un orage de grêle pas piqué des hannetons et il fait 18°C à ma fenêtre.
  • Paracas
    06/07/2017 à 11:17
    • En réponse à SyntaxTerror #117 le 06/07/2017 à 10:10* :
    • « Sans doute est-ce dû à l'heure matinale, c'est la notion du temps qui passe que tu as perdue. L'autorisation de la messe qui donc, ne concer... »
    En effet, j'y perds mon latin dans toutes ces histoires...
    En parlant d'heure il est presque midi..
    Marceeeeeeeeeeeeel...l'apéro et pas d'eau bénite ni lustrale, que du bon vin, cré nom de nom !