Les expressions françaises décortiquées
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peu me chaut [exp]

peu m'importe !

Origine et définition

Dans certains textes plus ou moins ironiques (comme certains des miens) ou pédants (comme d'autres que les miens), il arrive parfois que l'on rencontre la locution peu me chaut avec la signification indiquée.
Si l'on n'est pas trop fâché avec l'orthographe, on comprend immédiatement qu'elle n'a aucun lien avec une quelconque température élevée, ni avec ce produit apprécié par les meurtriers qui permet d'accélérer la décomposition d'un corps.
Alors qu'elle mériterait pourtant d'être commune, elle est devenue désuète suite à la disparition de notre langage courant du verbe chaloir dont « chaut » est, au présent de l'indicatif, la seule conjugaison retenue aujourd'hui par les dictionnaires. Ce verbe avait le sens de « importer » (d'où notre expression), mais il était issu du latin calere qui signifiait « s'échauffer pour » avec également le sens de « désirer » (quelque chose importe à celui qui la désire).
Il est intéressant de noter qu'au participe présent, une des formes du verbe (qui en a eu plusieurs) était « chalant » duquel est issu notre substantif chaland ainsi que le verbe achalander[1].
Et, pour compléter les informations étymologiques, nonchaloir, nom issu du verbe chaloir et tout aussi disparu, désignait la « nonchalance » de celui auquel peu de choses importent.
[1] Et j'ajoute que si, aujourd'hui, lorsqu'on parle d'un magasin bien achalandé, on comprend « qui a beaucoup de marchandises », le sens initial voulait dire « qui est fréquenté par la clientèle » (au XVIe siècle, chaland signifiait « Acheteur qui va de préférence chez un même marchand »). Le glissement sémantique a eu lieu parce qu'un magasin bien pourvu en marchandises attire généralement les clients.

Exemples

« L'infirmière cherche un endroit où mettre son autre sparadrap médicamenté pour me tuer à petit feu en m'enlevant cette douleur qui pourrait peut-être me précipiter vers l'au-delà. Peu me chaut d'avoir mal ou pas ; l'état physique dans lequel je me trouve est une souffrance en soi. »
Sophia Belhadjin-Gongon - Regards d'un médecin sur la fin de vie en gériatrie - 2009

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand das kratzt mich nicht cela ne me gratte pas
Allemand das macht mich nicht heiß ça ne me rend pas chaud / échauffé
Allemand mir geht's am Arsch vorbei cela me passe auprès du cul
Allemand das ist mir Wurst cela m'est du saucisson
Anglais (Australie) no worries! pas de soucis!
Anglais (Canada) big deal! grande affaire!
Anglais i don't care a fig! je m'en soucie comme d'une figue
Anglais (USA) it's no skin off my ass ~ça ne m'écorche pas le cul, moi
Anglais (USA) it's no skin off my nose ~ça ne m'écorche pas le nez, moi
Espagnol (Espagne) Me la trae floja y pendulona Me la tient molle et pendante
Espagnol (Argentine) ¡No me calienta! ça ne m'échauffe pas !
Espagnol (Espagne) importar un rave avoir l'importance d'un radis
Espagnol (Espagne) Me importa un pito M'importe autant qu'un sifflet
Français (Canada) Je m'en sacre ou je m'en câlisse Je m'en fous (quand on dit cela, c'est généralement dans un contexte d'échanges un peu acerbes).
Gallois does dim ots il n'y a pas de différence
Hongrois vmi valakit hidegen hagy qqc laisse qqn froid
Italien Me ne frego Je m'en branle
Italien non me ne cale rien me chaut
Italien Non me ne importa / frega un cazzo ! Ça ne m'importe même pas une bitte !
Italien poco importa a me peu m'importe
Néerlandais t kan mij niets schelen cela me laisse indifférent
Néerlandais mij een biet! une betterave !
Néerlandais (Belgique) het zal me worst wezen cela me sera du saucisson
Néerlandais ik word er niet warm of koud van peu me chaut ou me froidit
Néerlandais ik heb er schijt/lak aan ca me vaut de la merde/du laque
Néerlandais het zal me worst wezen! ça me sera du saucisson !
Néerlandais dat zal me 'n zorg zijn! il me sera un souci, ça!
Néerlandais het kan mij niks verdommen je m'en fou, je m'en fiche, je m'en moque
Néerlandais (Belgique) het laat me koud cela me laisse froid
Néerlandais (Belgique) aater m'n vaase vergeet de werd! le monde s'écroule derrière mes talons
Néerlandais vriezen we dood dan vriezen we dood si nous mourons de froid nous mourons de froid
Néerlandais het zal mij aan m'n reet roesten........ cela peut me rouiller le cul
Néerlandais het zal me een roodkoperen rotzorg zijn cela me sera un souci en cuivre rouge.
Néerlandais dat kan mij niet bommen peu me chaut
Néerlandais dat interessert mij geen kale scheet cela ne m'intéresse pas un pet chauve
Polonais mam to w nosie je l'ai dans le nez
Portugais (Brésil) estou cagando e anadando je suis chiant et marchant
Portugais (Brésil) não estou nem aí je ne suis même pas là
Portugais (Brésil) não estou nem aí! je ne suis tout à fait là !
Portugais (Brésil) pouco se me dá ! peu se me donne
Roumain mi se fâlfâie me la fait battre
Roumain mi se rupe me se casse
Roumain Mi-e paralel M'est parallèle
Russe Какая мне разница ? (Kakaya mnié raznitsa ?) Quelle différence ça me fait ?
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « peu me chaut » Commentaires

  • #41
    DiwanC
    18/11/2011 à 00:06
    • En réponse à <inconnu> #19 le 17/11/2011 à 12:24 :
    • « Il y a également "peu me chaut c’est dans thym" »
    C’est tout joli ! Et ça sent bon... comme dans le petit jardin que chante Dutronc.
  • #42
    globemarcheur
    18/11/2011 à 01:15*
    Au Québec, l’adjectif achalandé a gardé sa signification d’antan. Il est très usité de nos jours encore.
    D’ailleurs c’est la seule façon que l’on a de signifier qu’un magasin (souvent), une autoroute (encore plus souvent; matins et soirs autour de Montréal, en semaine et les fins de semaines) est bondé de monde.
    Me chaut que Vive le Québec libre !
  • #43
    bizarre
    18/11/2011 à 06:22
    • En réponse à globemarcheur #42 le 18/11/2011 à 01:15* :
    • « Au Québec, l’adjectif achalandé a gardé sa signification d’antan. Il est très usité de nos jours encore.
      D’ailleurs c’est la seule façon que... »
    C’est sur un quai de métro, à Paris, que j’ai rencontré Blanche Coulombe des Sept Iles, Québec, qui disait à qui voulait l’entendre "Achalandé l’endroit !" Ca m’ fait rire,surtout l’accent, on a causé, on est devenues amies, alors le quai de métro, ça me chaut le cœur... euh ! ? !
  • #44
    PHILO_LOGIS
    18/11/2011 à 08:29
    peu me chaut, l’arti...chaut?
    Que nenni, c’est bon, l’artichaut breton, avec son chat-peau rond!
  • #45
    SyntaxTerror
    18/11/2011 à 08:58
    • En réponse à DiwanC #40 le 17/11/2011 à 23:57* :
    • « Ah bah ! j’étais loin de la solution ! et mon signe zodiacal que tu me demandes de consulter n’aurait servi à rien : je ne suis pas Sagitta... »
    Justement, je le suis !
    Ca peut aussi se traduire par : Rien à battre.
    Je sais qu’aujourd’hui, on dit plutôt : je m’en bats les douilles, mais sur un forum où la qualité du langage le dispute à la haute réserve, je n’avais pas osé !
  • #46
    Paracas
    22/11/2013 à 02:58
    Lui qui aimait employer des tournures de phrase désuètes aurait très bien pu utiliser celle la....
    Mais ce ne fut pas le cas.....
    Alors je vais aller me coucher et je vous dis.........Ad’taleur.......
  • #47
    momolala
    22/11/2013 à 06:07*
    • En réponse à Paracas #46 le 22/11/2013 à 02:58 :
    • « Lui qui aimait employer des tournures de phrase désuètes aurait très bien pu utiliser celle la....
      Mais ce ne fut pas le cas.....
      Alors je v... »
    Comment voulais-tu ? Je crois que seuls les bourgeois attiraient son indifférence ; il n’allait pas employer une expression qui leur appartient pour les vilipender.
    Je n’étais pas là en 2011 -mais où étais-je encore ?- il est donc temps pour moi de remercier God qui met ici le doigt sur une grosse fôte d’ortografe stockée dans ma petite tête : j’ai cru jusqu’à ce jour que le chaland était à deux pattes tandis que le chalant était à fond plat. Même le correcteur orthographique le savait, lui, que je me trompais. Néanmoins je savais faire la différence entre la péniche, automotrice, et le chaland tiré sur la berge autrefois par des chevaux, voire par de pauvres malheureux haleurs, et aujourd’hui poussé en troupeau par des remorqueurs inversés.
  • #48
    momolala
    22/11/2013 à 06:13
    Et God n’a pas mentionné le chalut, celui de grande profondeur faisant tant de mal au fond de nos océans pour bien peu de rapport. Comme quoi même un nonchalant chalut peut devenir agressif quand il est utilisé à de mauvaises fins, et ça, ça m’archi-chaut. Je vous invite à découvrir cette page. Vous signez ou pas, ça vous appartient, mais je crois qu’il est utile de savoir.
  • #49
    momolala
    22/11/2013 à 06:20
    A tout bien réfléchir, je ne trouve rien qui ne me chale pas. Tout me chaut au sens premier, suscite chez moi des émotions. Je trouve fort triste, compte tenu de la brièveté de notre vie, de pouvoir la traverser avec indifférence, voire mépris, pour nos semblables, pour leur culture, pour leur statut social, leur opinion, leurs propos... Non que je les aime tous, loin s’en faut, mais les heurts parfois brutaux comme les connivences éclairent ma propre route. ...que je vais suivre tranquillement en cette froide journée qui s’annonce : 1° dit le thermomètre extérieur sous abri quand même, je le maltraite pas. Je vous souhaite donc du bleu et du chaud au coeur.
  • #50
    Paracas
    22/11/2013 à 07:05
    • En réponse à momolala #47 le 22/11/2013 à 06:07* :
    • « Comment voulais-tu ? Je crois que seuls les bourgeois attiraient son indifférence ; il n’allait pas employer une expression qui leur apparti... »
    Rien ne dit que cette expression était réservée à la bourgeoisie et quand bien même l’aurait elle été il aurait pu l’employer par dérision....
    Ah oui:
    le chaland était à deux pattes

    Moi j’ai un chat lent mais quatre pattes, s’il t’intéresse........
    Allez au café, je l’aime peu me chaut un peu chaud.
  • #51
    Paracas
    22/11/2013 à 07:23*
    • En réponse à momolala #48 le 22/11/2013 à 06:13 :
    • « Et God n’a pas mentionné le chalut, celui de grande profondeur faisant tant de mal au fond de nos océans pour bien peu de rapport. Comme quo... »
    Voilà y a une signature de plus......ce n’est certes qu’une dérisoire goutte d’eau dans l’océan mais "les petits ruisseaux........."
    mentionné le chalut

    Ch’est un Auvergnat qui va au cherviche militaire et on lui apprend le chalut.
  • #52
    Paracas
    22/11/2013 à 07:30*
    Mais que je suis chaut sot !.......Ignare, stupide individu, cuistre laborieux, ne pouvant physiquement le faire je me file des coups de pied occultes......
    Il y a du chaland chez Tonton Georges.......Les stances
    "Et tu auras les flics
    même comme chalands
    "
    Pas compliqué, c’est les deux derniers vers.......
    Diwan !.......j’ai honte !........😕
  • #53
    momolala
    22/11/2013 à 07:42
    • En réponse à Paracas #50 le 22/11/2013 à 07:05 :
    • « Rien ne dit que cette expression était réservée à la bourgeoisie et quand bien même l’aurait elle été il aurait pu l’employer par dérision..... »
    Sans doute. C’est la pédanterie de l’expression qui m’est apparue en premier lieu, par opposition à l’image que j’ai de Georges, l’autre.
  • #54
    momolala
    22/11/2013 à 07:42
    • En réponse à Paracas #52 le 22/11/2013 à 07:30* :
    • « Mais que je suis chaut sot !.......Ignare, stupide individu, cuistre laborieux, ne pouvant physiquement le faire je me file des coups de pie... »
    Du chaland, certes, mais rien qui chale verbalement ! 😉
  • #55
    momolala
    22/11/2013 à 07:44
    • En réponse à Paracas #51 le 22/11/2013 à 07:23* :
    • « Voilà y a une signature de plus......ce n’est certes qu’une dérisoire goutte d’eau dans l’océan mais "les petits ruisseaux........."
      mention... »
    Si tu cites Pierre Rhabbi, je sais bien que nous sommes frères humains. 🙂
  • #56
    Paracas
    22/11/2013 à 07:47*
    • En réponse à momolala #53 le 22/11/2013 à 07:42 :
    • « Sans doute. C’est la pédanterie de l’expression qui m’est apparue en premier lieu, par opposition à l’image que j’ai de Georges, l’autre.... »
    Nombre d’expressions anciennes sonnent comme pédantes à nos oreilles SMSisées, Twitisées, LOLisées alors qu’elles étaient employées par le commun.
    G. ( l’autre ! ) en était friand. Ainsi le Moyenâgeux...
    Diwan, surtout tu coupes le son !!!!........C’est pire que B.....a !!!!....😄
  • #57
    Paracas
    22/11/2013 à 07:48
    • En réponse à momolala #55 le 22/11/2013 à 07:44 :
    • « Si tu cites Pierre Rhabbi, je sais bien que nous sommes frères humains. 🙂 »
    C’est lui en effet qui m’a fait découvrir cette légende......🙂
  • #58
    Paracas
    22/11/2013 à 07:58*
    Ah oui, aujourd’hui 22 Novembre.......
    Napoléon perd son pucelage
    Kennedy perd la tête........
    Vous avez raison, peu nous chaut la vie des grands de ce monde.
  • #59
    <inconnu>
    22/11/2013 à 07:59
    Aujourd’hui, c’est la Sainte-Cécile. Bonne fête à toutes les paupières ! cette page
  • #60
    <inconnu>
    22/11/2013 à 07:59
    #7