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porter des cornes [v]

être cocu ; avoir des cornes ; être trompé par son époux ou son épouse

Origine et définition

A l'origine, il y a 'cornart' qui, au XIIIe siècle, veut dire 'imbécile' puis 'escorner' qui, au XVe siècle, veut dire 'ridiculiser'.
A cette époque et pendant encore longtemps, une manière très courue d'humilier, de ridiculiser quelqu'un était de le faire cocu et de le faire savoir (Edmond Rostand utilise le verbe "ridicoculiser").
La corne (qu'on entend dans les deux mots cités précédemment), c'était à la fois le sexe de l'homme et l'attribut qui désignait un homme ou une femme trompé.
Planter des cornes a une connotation sexuelle évidente.
Voltaire dit que les Grecs désignaient déjà par 'bouc' (donc porteur de cornes) le mari d'une femme très portée sur la chose, par comparaison avec les chèvres qui seraient très 'chaudes'.
Je n'ai pas vérifié pour les chèvres, mais à la réputation qu'on fait aux légionnaires, ceux-ci auraient donc des circonstances atténuantes, ne sachant pas résister aux appels langoureux de ces femelles constamment en rut.

Compléments

Le mot 'cocu', c'est une déformation de 'coucou' (), cet oiseau qui pond ses oeufs dans le nid d'autres volatiles pour que sa progéniture soit élevée par les parents adoptifs contraints.
Si on se réfère au comportement du coucou, on constate un transfert depuis l'amant (c'est lui qui devrait être nommé 'cocu' puisque c'est lui qui prend la place du mari) vers ce dernier.

Exemples

Tu as peur que je te fasse porter des cornes !
Je suis sûre que je porterai des cornes et que je tirerai un traîneau.
Le hasard a voulu qu'on lui fasse porter des cornes.
Alors ils portaient des cornes tous les deux.
Voilà pourquoi les chamans, les prêtres et les rois ont adopté la convention de porter des cornes, en particulier sous la forme de la couronne».

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand jemandem Hörner aufsetzen poser des cornes à quelqu'un
Anglais to be cuckold être cocu
Anglais to go round Cape Horn aller autour de Cap Horn
Anglais to send to Cornwall without a boat envoyer à Cornouailles sans bateau
Arabe (Tunisie) aamel groune / Aamlinlou groune il a fait des cornes / On lui a fait des cornes
Bulgare да сложиш рога planter des cornes
Catalan anar carregat de front être chargé de front
Catalan fer el salt faire le bond
Catalan portar banyes porter cornes
Catalan tenir una relliscada avoir un faux-pas
Chinois 戴绿帽子 (dài lǜ màozi) porter un chapeau vert
Espagnol (Espagne) Llevar sombreros con mangas Porter des chapeaux avec manches
Espagnol (Espagne) ponerle los cuernos a alquien mettre des cornes à quelqu'un
Espagnol (Espagne) ser cornudo porter des cornes
Espagnol (Espagne) Tener cuernos Avoir des cornes
Espagnol (Espagne) cornudo à corne
Français (Canada) lever la patte / la cuisse
Hongrois felszarvaz vkit mettre des cornes à quelqu’un
Hébreu בגדו בו (bagdou bo) à propos de lui
Italien avere / fare le corna avoir / faire les cornes
Italien essere cornuto être cornu
Néerlandais hij/zij loopt met hoorntjes il/elle porte des cornets (se faire tromper par son époux/épouse)
Néerlandais last van zijn blinde vlek hebben souffrir de son "angle mort"
Polonais przyprawi? komu? rogi/ Nosi? rogi planter sur quelqu'un des cornes/ Porter des cornes
Portugais (Brésil) ter chifres avoir des cornes
Portugais (Portugal) ser chifrudo être cocu
Roumain înșelat (de soț/soție) trompé (par son époux/épouse)
Roumain a fi incornorat être cornu
Roumain a pune coarne mettre des cornes
Russe nastavit' roga planter les cornes
Vietnamien câm sung planter les cornes
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « porter des cornes » Commentaires

  • #21
    Elpepe
    26/04/2008 à 08:52
    • En réponse à momolala #13 le 26/04/2008 à 06:45* :
    • « Pierre Bayle, dans son Dictionnaire historique et critique (1820) donne un autre avis sur cette expression à propos de Jupiter, et de Juno... »
    Les dieux de l’Olympe, tu parles d’une famille tuyau-de-poêle ! Incestes, pédérastie, uranisme, transsexualisme, zoophilie et j’en passe, mais tout y passe : une vraie forêt de cornes, bois de cerf et autres élans -amoureux de stupre et de fornication. Mais God n’avait pas encore créé Expressio : il y a prescription* !
    * Comme dirait Jacques C, mais pour d’autres raisons.
  • #22
    Elpepe
    26/04/2008 à 09:03
    • En réponse à <inconnu> #17 le 26/04/2008 à 07:30 :
    • « Gare au débardeur qui planterait une corne de charge pour aller courir la geuse, ou la geuze ! il serait mal vu sur les quais, hein El Pepe... »
    Sur les quais peut-être, mais à bord sûrement, la corne de charge (us. mât de charge) étant une "grue" embarquée.
  • #23
    ThanhBach
    26/04/2008 à 09:05*
    • En réponse à Elpepe #21 le 26/04/2008 à 08:52 :
    • « Les dieux de l’Olympe, tu parles d’une famille tuyau-de-poêle ! Incestes, pédérastie, uranisme, transsexualisme, zoophilie et j’en passe, ma... »
    Zoophilie

    Ouais, de bons et mauvais BOUGRES, quoi, hein, par dessus ... la ni-mâle femelle, of (inter)course ! Fornicateurs, tout crachant leur yoghourt au dégoût BULGARE !
    C’est ainsi que se fit sans filo ni téo - logis, of course (again) - par exemple
    un nommé Meeeeeeeeeeeerrrrrrrrrrrcure et sans doute le fameux Peeeeeeeeeeeerrrrrrrrrrr Jovis ?
    Ach ! Je retourne au boulot, après cet expresso (sans "i" hein, quoi, biloute !)
    °
    😄
  • #24
    Elpepe
    26/04/2008 à 09:14
    • En réponse à ThanhBach #23 le 26/04/2008 à 09:05* :
    • « Zoophilie
      Ouais, de bons et mauvais BOUGRES, quoi, hein, par dessus ... la ni-mâle femelle, of (inter)course ! Fornicateurs, tout crachant... »
    Pas confondre zoophilie et ziziFilo, qu’il va prendre la mouche. La pauvrette...
  • #25
    memphis
    26/04/2008 à 09:35*
    et il y en a qui le montrent et s’en vantent : Coucou cette page
    Erreur !cette page
  • #26
    mickeylange
    26/04/2008 à 09:54
    La règle d’or dans les anciens villages est de ne pas faire parler de soi.
    Une sanction encourue est le charivari, qui s’applique par exemple au mari cocu, ou à celui qui a épousé une “jeunesse” En fait le charivari dénonce toute circonstance compromettant l’ordre établi. Le mari cocu a déshonoré le clan des hommes il est donc “bizuter”
    La victime du charivari est promenée assise à l’envers sur un âne, pendant que la foule en délire fait un maximum de bruit en tapant sur des casseroles. C’est le monde à l’envers les hommes sont habillés en femmes les femmes en hommes. Le charivari ne s’arrête que quand le mari trompé a payé à boire à tout le monde.
    La foule en délire et souvent avinée a du mal a se dissiper et bien des charivari se terminent à coup de fusil. Au XIX e les préfets tentent de mettre fin à ces débordements.
    Les époux adultères d’autrefois sont également les victimes de farces burlesques, celle des “courses à corps nus”. Ainsi à Clermont, dans le Lot les coupables doivent parcourir la ville tout nus, la femme marchant la première et tenant le bout d’une corde attachée aux testicules de l’homme.
    Dans le Lyonnais la femme adultère doit courir nue après une poule jusqu’à ce qu’elle l’eût attrapée.
    J.L. Beaucarnot
  • #27
    chirstian
    26/04/2008 à 10:54
    • En réponse à mickeylange #26 le 26/04/2008 à 09:54 :
    • « La règle d’or dans les anciens villages est de ne pas faire parler de soi.
      Une sanction encourue est le charivari, qui s’applique par exempl... »
    C’est le monde à l’envers les hommes sont habillés en femmes les femmes en hommes
    je crois que vous faites plutôt référence ici au Carnaval (la fête des fous). Les pratiques du charivari sont diverses, et adaptées à la situation. Il y a donc bien des charivaris où les participants se déguisent, les hommes en femmes, et inversement , mais c’est alors pour stigmatiser le fait que dans un ménage la femme porte trop ostensiblement la culotte (ce qui peut être lié à un adultère, mais pas obligatoirement) . En effet, comme vous le dites bien : il s’agit de manifester contre tout comportement compromettant l’ordre établi et la forme des charivaris est donc changeante selon les cas (et suivant les régions)
  • #28
    chirstian
    26/04/2008 à 11:12
    • En réponse à AnimalDan #6 le 26/04/2008 à 03:56 :
    • « Le jour où un toro à coups de corne au cul
      Ayant fait faire trois tours au torero vaincu
      Trois petits tours de piste en rampant dans le sabl... »
    Ollé !!! très beau. Puis-je proposer ce deuxième couplet ?
    Mais je ne peux y croire : ce serait bien trop beau !
    Je me méfie des hommes, mais autant des taureaux.
    Et pendant que la foule ivre de corrida
    remplira cette arène où je ne serai pas :
    à l’ombre du patio, devant ma menthe à l’eau...
    Je serai assis au Prado.
    🙂
  • #29
    AnimalDan
    26/04/2008 à 13:13
    • En réponse à chirstian #28 le 26/04/2008 à 11:12 :
    • « Ollé !!! très beau. Puis-je proposer ce deuxième couplet ?
      Mais je ne peux y croire : ce serait bien trop beau !
      Je me méfie des hommes, ma... »
    Un touriste victime d’une crise d’appendicite aigüe pendant une corrida est évacué et hospitalisé d’urgence. Opéré, il se réveille et sent que sa tête est bandée... appelle l’infirmièe et lui demande d’un ton vaseux la raison de cet incongru pansement...
    "- Aah, Senor... Oun’ tout noubeau chijurjien qu’il bous a opéré... Mag-nifico ..! tellement elle était belle l’opéracion... on lui a décerné les oreilles et la queuuue ..!!!"
  • #30
    AnimalDan
    26/04/2008 à 13:18
    • En réponse à chirstian #28 le 26/04/2008 à 11:12 :
    • « Ollé !!! très beau. Puis-je proposer ce deuxième couplet ?
      Mais je ne peux y croire : ce serait bien trop beau !
      Je me méfie des hommes, ma... »
    " ...à l’ombre du patio, devant ma menthe à l’eau.. "
    Avec ton amigo Cafebar Alonzo..? 😄
  • #31
    Elpepe
    26/04/2008 à 14:08
    MESSAGE DE L’AMIRAUTÉ
    Bon, les gosses : Pépé a tout bien préparé son sac, et part essayer le voilier qu’il a bien bricolé à l’automne, voir si tout tient au vent et à la mer. Quelques jours d’essais, le long des côtes bretonnes, avé la coque qui synecdoque, l’amphore qui anaphore, la lame qui anagramme, l’embase qui antiphrase, l’iode qui période, la capitainerie qui contrepèterie et tout le toutim.
    Il les a bien limées avant le départ*, pour éviter le fardage**. Et vous, soyez sages, hmmm ? J’emporte la clé du salon rose à bord, d’abord, à Bora-Bora. Enfin, entre Saint-Malo et les abers, en vrac. Et vous raconterai le distribil à mon retour.
    * ses cornes ! Vous pensiez à quoi, là ? Pffff...
    ** prise au vent de tout ce qui dépasse de la surface (de l’onde).
  • #32
    <inconnu>
    26/04/2008 à 14:55
    • En réponse à Elpepe #31 le 26/04/2008 à 14:08 :
    • « MESSAGE DE L’AMIRAUTÉ
      Bon, les gosses : Pépé a tout bien préparé son sac, et part essayer le voilier qu’il a bien bricolé à l’automne, voir... »
    Bon vent Capitaine.
  • #33
    PHILO_LOGIS
    26/04/2008 à 15:03*
    • En réponse à Elpepe #31 le 26/04/2008 à 14:08 :
    • « MESSAGE DE L’AMIRAUTÉ
      Bon, les gosses : Pépé a tout bien préparé son sac, et part essayer le voilier qu’il a bien bricolé à l’automne, voir... »
    Bon voyage, et - en cas de nécéssité - car cécité fait loi* - n’oublie pas de corner...
    Et - mais tu le sais d’ailleurs - la corne du boss fore! Alors, fais attention de ne pas prendre l’eau. 😄 😄
    * A ne pas con-fondre avec Cécilia fêtée! Parce que là, les cornes, hein... :’-))
  • #34
    PHILO_LOGIS
    26/04/2008 à 15:04*
    • En réponse à Elpepe #21 le 26/04/2008 à 08:52 :
    • « Les dieux de l’Olympe, tu parles d’une famille tuyau-de-poêle ! Incestes, pédérastie, uranisme, transsexualisme, zoophilie et j’en passe, ma... »
    * Comme dirait Jacques C, mais pour d’autres raisons.

    Tu parles de Jacky Chang, là, non? Ou me trompé-je?
  • #35
    PHILO_LOGIS
    26/04/2008 à 15:05
    • En réponse à Elpepe #31 le 26/04/2008 à 14:08 :
    • « MESSAGE DE L’AMIRAUTÉ
      Bon, les gosses : Pépé a tout bien préparé son sac, et part essayer le voilier qu’il a bien bricolé à l’automne, voir... »
    Et qui va s’occuper de BB, là?
  • #36
    memphis
    26/04/2008 à 15:12
    • En réponse à Elpepe #31 le 26/04/2008 à 14:08 :
    • « MESSAGE DE L’AMIRAUTÉ
      Bon, les gosses : Pépé a tout bien préparé son sac, et part essayer le voilier qu’il a bien bricolé à l’automne, voir... »
    Et le petit Mateo, pardon matelot, tu l’emmènes ?
  • #37
    chirstian
    26/04/2008 à 17:58
    les Grecs désignaient déjà par ’bouc’ (donc porteur de cornes) le mari d’une femme très portée sur la chose,
    le chef de gare ,c’est bien connu, était cocu à cause des joyeux boucs en train.
  • #38
    chirstian
    26/04/2008 à 21:17
    La corne (qu’on entend dans les deux mots cités précédemment), c’était à la fois le sexe de l’homme et l’attribut qui désignait un homme ou une femme trompé.
    quand la femme soufflait dans la corne de l’homme , on parlait de la corne de burne. Les marins qui n’y entendaient pas malice comprenaient "corne de brume" !Ils se trompaient donc. Et chaque fois qu’ils se trompaient, de nouvelles cornes leur poussaient. Dans lesquelles les femmes soufflaient. A corne perdue.
  • #39
    chirstian
    26/04/2008 à 21:22
    le mari de ma maitresse porte ses cornes comme personne ! C’est un don que je l’aide à cultiver. Mais je n’ai pas été le premier : je crois qu’il n’était pas encore né qu’il était déjà encorné.
  • #40
    momolala
    27/04/2008 à 07:42
    • En réponse à chirstian #39 le 26/04/2008 à 21:22 :
    • « le mari de ma maitresse porte ses cornes comme personne ! C’est un don que je l’aide à cultiver. Mais je n’ai pas été le premier : je crois... »
    Bienvenue au Panthéon des experts en la matière !
    “J’ai souvent remarqué, pour ma part, que les cocus épousent de préférence les femmes adultères.”
    Alphonse Allais
    “Je connais une femme très vertueuse: elle a eu le malheur d’épouser un cocu, et depuis elle couche avec tout le monde.”
    Sacha Guitry