Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

rester le bec dans l'eau [v]

être déçu après avoir espéré quelque chose ; ne pas obtenir ce qu'on attendait ; être Gros-Jean comme devant

Origine et définition

Cette expression est une évolution de celle qui, au XVIe siècle, était "tenir le bec dans l'eau à quelqu'un" et qui signifiait "le faire attendre, lui faire miroiter certaines choses, l'amuser (et même l'abuser) par de belles paroles".
Le bec, c'est la bouche, bien sûr.
Bien que ce soit incertain, l'eau c'est peut-être la salive de quelqu'un à qui on aurait mis l'eau à la bouche par de belles promesses finalement non tenues.

Compléments

A la même époque, "ne point tenir à quelqu'un le bec en l'eau", c'était l'empêcher de s'enivrer.

Exemples

Si j'abandonne, je reste le bec dans l'eau.
Et rester le bec dans l'eau s'il y a une chasse au trésor?

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand im Ungewissen schweben flotter dans l'incertitude
Allemand mit leeren Händen da stehen être debout les mains vides
Anglais to be left high and dry échoué. laisser en rade
Anglais to be left in the lurch être laissé au l'ourche . Demeurer lourche quoi !
Arabe (Tunisie) yed fergha w yed ma fiha chey main vide et l’autre ne contient rien
Espagnol (Espagne) quedarse compuesta y sin novio rester parée et sans fiancé
Espagnol (Espagne) quedarse con las ganas rester avec ses envies
Espagnol (Espagne) quedarse con un palmo de narices rester avec un nez long comme la paume de la main
Espagnol (Espagne) quedarse en la estacada rester dans la palissade
Français (Canada) gros Jean comme devant en français
Français (Canada) se retrouver le bec à l’eau ne pas obtenir ce que l’on désire
Gallois dod yn ôl yn waglaw rentrer les mains vides
Hébreu להביט במישהו בהבעה מרושעת (lehabitt bemichèhou bahabaa merouchaatt) regarde quelqu’un sur une colline tremblante
Italien rimanere a bocca asciutta, con le pive nel sacco rester bouche sèche, avec les cornemuses dans le sac
Italien restare con un palmo di naso restez avec une paume de nez
Néerlandais (Belgique) het deksel op de kop krijgen recevoir le couvercle sur la tête
Néerlandais (Belgique) het deksel op de neus krijgen recevoir le couvercle sur le nez
Néerlandais (Belgique) met lege handen achterblijven rester les mains vides
Néerlandais een teleurgesteld gezicht hebben avoir l'air déçu
Portugais (Brésil) dar com os burros n'água finir/se trouver avec les ânes dans l'eau
Portugais (Brésil) ficar a ver navios rester à regarder des bateaux
Portugais (Brésil) por as barbas de molho rester la barbe dans l'eau
Roumain a rămâne cu buzele umflate rester les lèvres gonflées
Roumain a rămâne cu ochii la stele rester les yeux aux étoiles
Roumain a se şterge pe buze s'essuyer les lèvres
Roumain rămâne cu fundu-n baltă rester avec le dos dans la flaque
Roumain a bate din buze battre des lèvres
Roumain a se rade pe bot se raser le museau
Wallon (Belgique) esse l' bèche ès l'aiwe être le bec dans l'eau
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « rester le bec dans l'eau » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.


Commentaires sur l'expression « rester le bec dans l'eau » Commentaires

  • Ratanak
    14/12/2019 à 17:43*
  • Kyrikou
    14/12/2019 à 17:58*
    Pàs évident d'être neutre.....sur toutes ces réformes soit disant justes......
    Hier le chômage, aujourd'hui les retraites......demain la Sécu :et ensuite ? 🙁
    J'ai bien peur que beaucoup se retrouve le bec dans l'eau......
    Toi, moi, nous......nous serons nombreux 🙁
    Mais l'opacité est de mise pour qu'on se perde un peu plus et qu'on ne comprenne plus rien à ces foutues réformes......
    Travaillant dans la retraite complémentaire, je constate les dégâts......rendement, stats, et plus aucune aide aux futurs retraités 😕)
    Clap, Clap, Clap......
    Vont bien nous enc... 😡
    Et nos enfants, petits enfants aussi, par la suite......*
    Bon je sais, j'suis malade......mais pas que !
  • mickeylange
    14/12/2019 à 17:58
    Peut-on dire que le canadair qui écope a le bec dans l’eau ?
  • joseta
    14/12/2019 à 18:06*
    Elle reste, Beck dans l'eau...
    Merci à Mintaka (80) et à lalibellule (98).
  • Kyrikou
    14/12/2019 à 18:07
    • En réponse à Ratanak #101 le 14/12/2019 à 17:43* :
    • « Glou glou glou ! »
    😄
    Jolies plumes......joli cul......😄*
    *s'xcuse me 😉
  • Kyrikou
    14/12/2019 à 18:10
    • En réponse à joseta #104 le 14/12/2019 à 18:06* :
    • « Elle reste, Beck dans l'eau...
      Merci à Mintaka (80) et à lalibellule (98). »
    Bin toi, t'as bon goût......tu choisis pas les plus moches, c'pas 😄
  • Clitocybe
    14/12/2019 à 18:34*
    • En réponse à Kyrikou #105 le 14/12/2019 à 18:07 :
    • « 😄
      Jolies plumes......joli cul......😄*
      *s'xcuse me 😉 »
    Hrmmm, c'est quand même sexiste, même pour un syndicaliste alors qu'il y a tant de beaux mecs dont on pourrait montrer les pectoraux et les gonades (with the wind)!! ֍
  • Kyrikou
    14/12/2019 à 18:45
    • En réponse à Clitocybe #107 le 14/12/2019 à 18:34* :
    • « Hrmmm, c'est quand même sexiste, même pour un syndicaliste alors qu'il y a tant de beaux mecs dont on pourrait montrer les pectoraux et les... »
    Non pas du tout......
    Je prend aussi les beaux mecs 😉
    T'inquiète j'suis pas sexiste pour un rond......
    Plutôt "chacun fait, fait.....c'qui lui plaît, plait " 😄
    Open bar, les loulous.....
    Voili, voilou 😄
  • joseta
    14/12/2019 à 18:46*
    • En réponse à Kyrikou #106 le 14/12/2019 à 18:10 :
    • « Bin toi, t'as bon goût......tu choisis pas les plus moches, c'pas 😄 »
    Elle te plaît ma...grenouille ? 🙂
  • Kyrikou
    14/12/2019 à 18:57
    • En réponse à joseta #109 le 14/12/2019 à 18:46* :
    • « Elle te plaît ma...grenouille ? 🙂 »
    Carrément 😄
  • Kyrikou
    14/12/2019 à 21:41
    Vu la flotte ce soir et un ciel trop couvert......
    Aucune étoile, on va les rêver ce soir 🙂
    Belle nuit sous la couette et en calinant les oreillers.......bien sûr 😉
  • atheofv
    15/12/2019 à 08:01
    "en câlinant les oreillers"
    J'ai vérifié, ça marche aussi avec les traversins !.
  • deLassus
    28/03/2021 à 15:23
    Respect de la Parole de God ?

    Cette expression n'a pas été reprise dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français" (2011).

    Les exemples sentent bon les ordinateurs de Reverso...

    Laissez-moi un peu de temps, et je vous fournirai un "vrai" exemple... Patience !
  • deLassus
    28/03/2021 à 15:30*
    • En réponse à deLassus #113 le 28/03/2021 à 15:23 :
    • « Respect de la Parole de God ?

      Cette expression n'a pas été reprise dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français" (2011).... »
    Laissez-moi un peu de temps, et je vous fournirai un "vrai" exemple...

    Pierre Enckell (Dictionnaire historique et philologique du français non conventionnel, 2017) me fournit à la fois l'exemple que je cherchais et la première attestation de cette expression, dans M. Seringa (1803) : cette page.
  • deLassus
    14/09/2022 à 09:37*
    • En réponse à deLassus #114 le 28/03/2021 à 15:30* :
    • « Laissez-moi un peu de temps, et je vous fournirai un "vrai" exemple...

      Pierre Enckell (Dictionnaire historique et philologique du françai... »
    la première attestation de cette expression, dans M. Seringa (1803)

    Depuis mars 2021, il semblerait que mes amis de Gallica/BNF aient numérisé de nouveaux ouvrages : je trouve en effet notre expression chez Julie Candeille : Catherine, ou la belle fermière, 1792.
  • atheofv
    20/12/2024 à 06:27*
    Anglais to be left in the lurch être laissé au l'ourche . Demeurer lourche quoi !


    C'est louche... Une embardée de notre Hihan ?

    Gogol plus sagement nous dit :

    être laissé pour compte
  • atheofv
    20/12/2024 à 06:31
    Hébreu להביט במישהו בהבעה מרושעת (lehabitt bemichèhou bahabaa merouchaatt) regarde quelqu’un sur une colline tremblante

    Tandis que Gogol nous dit :

    regarder quelqu'un avec une expression méchante

    Là c'est quasiment plus réaliste....
  • joseta
    20/12/2024 à 08:04*
    QUI SUIS-JE ? nº438

    Je suis un romancier et scénariste britannique
    - genre: roman policier
    - je mène une enfance tumultueuse et vagabonde avant d’être envoyé en Angleterre pour parfaire mon éducation dans les meilleures écoles
    - à cette époque, j’avais déjè pris l’habitude de rédiger des nouvelles et des ébauches de roman. Lors de ma première année d’études au King’s Collège de Cambridge, j’envoie mon premier texte achevé à un éditeur, qui l’accepte
    - j’abandonne aussitôt l’université et je me lance dans une carrière de remancier
    - dans un premier temps, je ne parviens pas à vivre de ma plume, ce qui me contraint à des travaux comme barman, manutentionnaire, mineur ou guide touristique
    - l’éditeur Monty Haydon m’engage pour travailler au magazine The Thriller. J’y publie une nouvelle, dont le héros est un inspecteur, futur adversaire de mon grand personnage’
    - en 1926, j’adopte le nom par lequel je serai connu
    - dans mon troisième roman (1928), apparait pour la première fois mon grand personnage: le succès populaire est immédiat. Moi, je considère que c’est dans le roman suivant, publié en 1930, que mon personnage fait ses véritables débuts
    - à partir de 1933, je séjourne de plus en plus souvent aux États-Unis, et lorsque la Deuxième Guerre mondiale se déclare, je choisis de vivre à New York. Je deviens citoyen américain en 1946
    - dans les années 1940, j’adapte pour la BBC les aventures de Sherlock Holmes
    - mais...je délaisse fréquemment ma table de travail pour m’attarder aux comptoirs des bars
    - dès les années 1950, et sachant de cette mauvaise habitude, mon éditeur me propose de faire rédiger mes nouvelles et mes romans de la série de mon ‘grand personnage’ par des ‘nègres littéraires’. Dans les années 1960, les producteurs et scénaristes de la série télévisée ont mieux su conserver le mélange de légèreté, d’aventures et de violence qui avait fait le charme de la série à ses débuts
    - mécontent des adaptations cinématographiques faites aux États-Unis de 1938 à 1954 avec Louis Hayward, George Sanders et Hugh Sinclair, je ne veux plus vendre les droits
    - en 1962, j’accepte de rencontrer les producteurs Robert S. Baker et Monty Norman et je donne mon accord pour la série. Je garde un droit de regard sur les scripts des épisodes
    - en 1966, je cède les droits d’un de mes romans à Christian-Jacque, qui réalise un film avec Jean Marais dans le rôle de mon ‘grand personnage’
    - je laisse la chaîne française M6 coproduire avec le Royaume-Uni et le Canada, en 1989, une nouvelle version télévisée, dans laquelle les réalisateurs français Denis Berry et Paolo Barzman, signeront chacun un épisode et interprétée par beaucoup de comédiens français.
  • atheofv
    20/12/2024 à 08:20
    • En réponse à joseta #118 le 20/12/2024 à 08:04* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº438

      Je suis un romancier et scénariste britannique
      - genre: roman policier »
    Même avec Gogol je ne trouve pas...

    Désolé.
  • deLassus
    20/12/2024 à 09:07*
    • En réponse à atheofv #119 le 20/12/2024 à 08:20 :
    • « Même avec Gogol je ne trouve pas...

      Désolé. »
    Tu as très mal cherché, ou trop vite.
    Moi, j'ai dégoté ce pékin, et confirmé avec Google.
    Bisque, bisque, rage !