Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

sans barguigner [adv]

sans hésiter ; sans mettre du temps à agir ; sans réticence ; sans hésitation

Origine et définition

'Barguigner'. Voilà un verbe ancien qui a été très utilisé du XIIe au XVIe siècle et qui n'a survécu dans notre langue moderne que dans cette expression qui date du début du XVe.
À l'origine, 'barguigner', dont l'étymologie reste discutée, signifiait 'marchander longuement'.
C'est par référence à la longueur du marchandage et au temps passé avant de prendre la décision d'acheter ou de renoncer, qu'il a également et rapidement pris le sens d'hésiter.

Exemples

« Caroline se lève en rejetant les couvertures : elle tient à vous montrer qu'elle peut se lever, sans barguigner. Elle va ouvrir les volets, elle introduit le soleil, l'air du matin, le bruit de la rue. »
Honoré de Balzac - Petites misères de la vie conjugale
« C'est un enfant qui a une grande idée de son devoir, pensait- elle ; mais tout de même, s'il n'avait pas le cœur un peu dur, il ne serait pas parti comme ça sans barguigner, sans tourner la tête et sans verser une pauvre larme. »
George Sand - La petite Fadette

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand unverzüglich sans hésiter, sur-le-champ, immédiatement
Anglais (USA) to go for broke aller à la casse
Anglais (USA) without a second thought sans une deuxième pensée
Anglais (USA) Without bargaining Sans negocier
Anglais (USA) right away droit de loin
Espagnol (Espagne) Ipso facto Immédiatement / Automatiquement / Sans tarder
Espagnol (Espagne) sin vacilar / titubear sans douter / hésiter
Espagnol (Espagne) sin parpadear sans battre des paupières
Espagnol (Espagne) Sin dudarlo Sans hésiter / Sans hésitation
Espagnol (Espagne) Sin regateos Sans marchandages
Espagnol (Espagne) En un santiamén En un rien de temps
Espagnol (Espagne) En un abrir y cerrar de ojos En un ouvrir et fermer des yeux (= En un clin d'œil)
Espagnol (Espagne) En el acto Sur le coup / Sur-le-champ / Immédiatement / Tout de suite
Espagnol (Équateur) sin pensarlo dos veces sans penser deux fois
Espagnol sin pestañear sans cligner les yeux
Français (Canada) Sans niaiser
Français (Canada) Sans têter
Hongrois habozás nélkül sans hésiter
Hongrois tétovàzàs nélkül sans hésiter
Néerlandais lik op stuk krijgen avoir/obtenir une réaction immédiate, sans perdre une seconde
Néerlandais zonder aarzelen sans hésiter
Néerlandais zonder dralen sans traîner
Portugais (Brésil) sem pensar duas vezes sans penser deux fois
Portugais (Brésil) sem pestanejar sans hésiter
Roumain fără târguială sans barguigner
Roumain pe loc sur place
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Commentaires sur l'expression « sans barguigner » Commentaires

  • #41
    <inconnu>
    16/02/2009 à 17:28
    • En réponse à HoubaHOBBES #1 le 16/02/2009 à 05:58 :
    • « Le lien paraît facile avec le mot anglais "bargain" (affaire, occasion): serait-ce un de ces mots anglais venus du français à l’époque (comm... »
    Selon le Grand Larousse Universel (édition 1982), le mot "barguigner" pourrait avoir pour origine le mot francique "warbanjan", issu du mot "warb" signifiant affaire, métier. Plus probablement, il vient du latin médiéval "barcaniare" = faire du commerce. Il a deux significations : d’abord : marchander longuement, qui s’est, semble-t-il, avec le temps, transformé en : hésiter longtemps et visiblement avant de se décider.
    Selon le Littré, qui fait toujours référence, le mot aurait été utilisé à partir du XIIIème siècle dans ce dernier sens et au XIVème dans celui de marchander.
    Aujourd’hui, l’expression "sans barguiner" est encore utilisée, mais peu. Tel n’était pas le cas dans ma jeunesse (avant la 2ème guerre mondiale) où elle était encore d’usage courant, du moins dans l’orléannais.
    Je recommande chaudement la lecture du Littré, très documenté sur l’usage de ce mot au cours des siècles. Mais je n’ai pas consulté Google, ni Yahoo, qui ont peut-être un avis autorisé sur ce mot.
    JCH
    P.S. J’ai lu tout à l’heure quelques âneries relatives à l’usage du pronom relatif "dont", qui, grammaticalement, équivaut à "de qui, de quoi, duquel, de laquelle, desquels, desquelles". L’auteur des "expressions" l’a très correctement utilisé, n’en déplaise aux partisans de "que" qui sont totalement dans l’erreur. Respectons notre langue et sa grammaire, SVP.
  • #42
    jcabbe
    16/02/2009 à 17:46
    Au régistre des citations : "A quoi bon barguigner et tant tourner autour du pot", Molière
  • #43
    mickeylange
    16/02/2009 à 18:24
    • En réponse à SyntaxTerror #27 le 16/02/2009 à 15:42 :
    • « Mon dictionnaire étymologique outre celle de Larousse, cite une autre hypothèse : le mot français viendrait de barque (qui fait des va et vi... »
    Si la barque est barrée par un As, devient elle alors une barque-As ?
  • #44
    Elpepe
    16/02/2009 à 18:27*
    • En réponse à <inconnu> #41 le 16/02/2009 à 17:28 :
    • « Selon le Grand Larousse Universel (édition 1982), le mot "barguigner" pourrait avoir pour origine le mot francique "warbanjan", issu du mot... »
    Bienvenue au phare, Jeannot le chat, la belette et le petit lapin. C’est dont au sujet de quoi qu’est-ce, ton truc ? Le Cosaque du dont ? 😄
    Tu verras, ici, on rit de tout. Enfin, on essaie, en tout cas. Même si l’on est en mesure d’écrire un langage châtré châtié, on fait plein de petits à notre langue chérie, car elle est prédisposée à nos exercices de haute voltige (de 12). Y a que Chirstian pour ne pas accepter un petit de ma chienne sans barguigner, le cuistre ! 🙁
  • #45
    Elpepe
    16/02/2009 à 18:35
    • En réponse à chirstian #40 le 16/02/2009 à 17:19 :
    • « si tu guignes malt à propos, je refuse de garder un chien de ta chienne. »
    Ah, chiot alors ! Justement, j’en avais un cosmonaute, prêt à te suivre dans ton pré lunaire, en remuant la queue sans barguigner comme moyen de propulsion...
  • #46
    Lovendric
    16/02/2009 à 18:45*
    Le lieu où se voyaient jadis chez nous, peuple du royaume de Jérusalem, les plus rudes barguignages, c’était sans vous mentir Place du Change, à Jérusalem, avant que la Cité sainte ne fût prise par les Sarrazins, l’an maudit 1187. Là se pressaient en foule des gens issus de pays forains et de peuples sauvages. Sur les étals des changeurs et des orfèvres se pressaient des Allemands aux barbes teintes en rouge à la mode sarrazine, des Anglais, des Espagnols, des Danois géants au poil blond, des Arméniens en robe grise et chaperon de camelin noir, une croix d’argent ou d’ivoire pendue à leur col. Entre les estropiats à la jambe de bois qui quêtaient l’aumône erraient de riches marchands de Pise, de Gênes ou de Venise tout cousus de soie, se donnant le semblant de seigneurs bien qu’ils ne fussent que bourgeois, des Grecs habiles à rapiner par-ci par-là une chose ou l’autre, des Abyssins et des Maures, des Indous et des Nubiens, dont certains portaient le "halqah", l’anneau d’oreille des esclaves. Sur la Place du Change vous croisiez de pauvres pèlerins d’Occident, jadis peut-être hauts barons en leur contrée, qui brandissaient leur palme de Jéricho, preuve absolue qu’ils avaient accompli leur pèlerinage, et vous heurtiez à des Géorgiens gaillards, grands buveurs, grands joueurs et fameux défouleurs de femmes ! Des chevaliers du Temple, venus là changer diverses monnaies, vous frôlaient au passage, tandis que traversaient la place en braillant dix ou vingt chevaliers de l’Hôpital, qui charriaient les morts, et que devant vous bourgeoises et putains, affublées avec une magnificence de seigneuresses, barguignaient perles et joyaux..…
    Tout un monde perdu aujourd’hui, en l’an 1204, et qui ne vit plus que dans nos mémoires.
  • #47
    mickeylange
    16/02/2009 à 18:45
    Le guigner est l’arbre qui donne des guignes. Le bar guigner est un bistrot où on va se refaire la cerise, quand on a la guigne.
  • #48
    Elpepe
    16/02/2009 à 20:42*
    • En réponse à Lovendric #46 le 16/02/2009 à 18:45* :
    • « Le lieu où se voyaient jadis chez nous, peuple du royaume de Jérusalem, les plus rudes barguignages, c’était sans vous mentir Place du Chang... »
    des Grecs habiles à rapiner


    RÉBUS


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  • #49
    Elpepe
    16/02/2009 à 20:47
    • En réponse à mickeylange #47 le 16/02/2009 à 18:45 :
    • « Le guigner est l’arbre qui donne des guignes. Le bar guigner est un bistrot où on va se refaire la cerise, quand on a la guigne. »
    Avec un guignolet-kirsch.
  • #50
    HoubaHOBBES
    17/02/2009 à 05:52
    • En réponse à Elpepe #48 le 16/02/2009 à 20:42* :
    • « des Grecs habiles à rapiner
      RÉBUS »
    1 soudard ne vit que de rapines !
    Solu-Hobbes
  • #51
    Elpepe
    17/02/2009 à 08:11
    • En réponse à HoubaHOBBES #50 le 17/02/2009 à 05:52 :
    • « 1 soudard ne vit que de rapines !
      Solu-Hobbes »
    Bravo, moussaillon ! Je vois que, dans les Conventions.be, tu suis... Tiens, tu gagnes la trirème du jour ! 😄
  • #52
    horizondelle
    17/02/2009 à 11:05
    • En réponse à Elpepe #35 le 16/02/2009 à 16:36 :
    • « Et je vois que tu ne les as jamais écoutés ! :’-)) »
    Qui c’est que tu traitais de cuistre? :’-))
  • #53
    horizondelle
    17/02/2009 à 11:08
    • En réponse à chirstian #37 le 16/02/2009 à 16:53* :
    • « qui cherche à emprunter prête à rire. C’est ce que m’a répondu mon banquier. Mais je voyais bien qu’il en était gêné. Je lui ai dit : je vou... »
    J’adore quand tu nous racontes ce genre d’histoires. 😄 😄
  • #54
    horizondelle
    17/02/2009 à 11:13
    • En réponse à HoubaHOBBES #50 le 17/02/2009 à 05:52 :
    • « 1 soudard ne vit que de rapines !
      Solu-Hobbes »
    Oh là là... Toi tu la connaissais, spa? Car c’est un peu tiré par....heu non, j’ai rien dit 😕
  • #55
    PtiPat
    18/02/2009 à 15:19
    • En réponse à HoubaHOBBES #50 le 17/02/2009 à 05:52 :
    • « 1 soudard ne vit que de rapines !
      Solu-Hobbes »
    Tu ne vas pas me dire queue tu ne la connaissais pas ?
  • #56
    jean1938
    20/02/2009 à 01:05
    • En réponse à PtiPat #55 le 18/02/2009 à 15:19 :
    • « Tu ne vas pas me dire queue tu ne la connaissais pas ? »
    Tu ne vas pas me dire queue tu ne la connaissais pas ?

    Moi, si! -Je ne la con-naissait pas!
    J*
  • #57
    jean1938
    20/02/2009 à 01:09*
    • En réponse à HoubaHOBBES #1 le 16/02/2009 à 05:58 :
    • « Le lien paraît facile avec le mot anglais "bargain" (affaire, occasion): serait-ce un de ces mots anglais venus du français à l’époque (comm... »
    Le lien paraît facile avec le mot anglais "bargain" (affaire, occasion): serait-ce un de ces mots anglais venus du français à l’époque (comme bougette qui a donné budget ou encore tarjette qui a donné target) ?

    Ici au Kébek, on utilise "BARGUINER" dans le sens de marchander!
    Je croyais que c’était un anglicisme de "bargain".
    Alors, une même source commune?
    J*
  • #58
    jean1938
    20/02/2009 à 01:21
    • En réponse à horizondelle #31 le 16/02/2009 à 16:06* :
    • « Mes parents me disaient ça quand, petite, je cherchais la p’tite bête: "Arrête d’ergoter" »
    Mes parents me disait ça quand, petite, je cherchais la p’tite bête: "Arrête d’ergoter"

    Horizon d’ailes,
    Je crois plutôt que vos parents vous disaient ça! 😉
    J*
  • #59
    horizondelle
    20/02/2009 à 10:23
    • En réponse à jean1938 #58 le 20/02/2009 à 01:21 :
    • « Mes parents me disait ça quand, petite, je cherchais la p’tite bête: "Arrête d’ergoter"
      Horizon d’ailes,
      Je crois plutôt que vos parents vo... »
    J’ai pas compris 🙁 Pourquoi tu me dis "vous" ?
  • #60
    horizondelle
    20/02/2009 à 10:25
    • En réponse à jean1938 #56 le 20/02/2009 à 01:05 :
    • « Tu ne vas pas me dire queue tu ne la connaissais pas ?
      Moi, si! -Je ne la con-naissait pas!
      J* »
    Moi non plus je ne la connaissais pas, d’où mon commentaire en #54. 😉