Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

une main devant une main derrière [exp]

les bras ballants ; sans rien ; sans aucune possession ; les mains vides ; sans situation stable ; complètement démuni ; ayant tout perdu

Origine et définition

Voilà une expression qui date des années 1960 et qui est d'origine spécifiquement masculine car, comme on va le voir incessamment sous peu les deux mains d'une femme seraient en partie ailleurs.
Quand on y réfléchit un peu, on comprend vite la genèse de l'expression.
En effet, lorsque vous êtes si démuni de tout, que vous n'avez même pas les moyens de vous acheter ou vous fabriquer des vêtements, il ne vous reste plus qu'à errer nu comme un ver (auquel l'expression ne peut s'appliquer, bien sûr).
Or, un réflexe masculin habituel dans nos sociétés où la nudité dans la rue n'est pas vraiment la norme, est de placer ses mains de manière à cacher à la fois ses parties génitales et son arrière-train[1], donc de se trouver avec une main devant et une main derrière, là où une femme aura plutôt tendance à mettre sa deuxième main devant ses seins, soit deux mains devant.
[1] Et lorsque deux personnes se suivent ainsi, on peut affirmer, de conserve avec la SNCF, qu'un arrière-train peut en cacher un autre.

Exemples

« (...) arrivés en Métropole, les pieds-noirs, eux, conserveraient leur citoyenneté et les fonctionnaires dont, ironie du sort, je faisais partie, regagneraient leur poste d'affectation dans un département de l'Hexagone ; une minorité, disposant de moyens financiers suffisants, se réinstallerait sans problèmes ; enfin, si la plupart s'en allaient une main devant, une main derrière, n'emportant en tout et pour tout qu'une valise, tous seraient chez eux en France. »
Miguel Martínez López - Casbah d'oubli - 2005

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand mit leeren Händen aux mains vides
Anglais (USA) to be wearing a barrel être vêtu d'un tonneau
Anglais (USA) to not even have a pot to piss in n'avoir même pas un pot de chambre pour y pisser
Arabe yed wara yed godam se retrouver une main derrière,une main devant
Espagnol (Argentine) estar con una mano atrás y otra adelante être avec une main derrière et l'autre devant
Espagnol (Espagne) quedarse con / estar / tener una mano delante y otra detras rester avec / être / avoir une main devant, une main derriere
Français (Canada) être cassé comme un clou ne plus avoir un rond
Français (Canada) se retrouver tout nu dans la rue
Hongrois ádámkosztüm en costume d'Adam
Hébreu מעיל מסורבל (meil messourbal) une momie est encombrante
Italien ritrovarsi con una mano davanti e l'altra dietro se retrouver une main devant, une main derrière
Néerlandais helemaal uitgekleed zijn être complètement déshabillé
Néerlandais op zwart zaad zitten être assis sur semence noire
Néerlandais geen rooie duit/cent meer hebben ne plus avoir un centime ; donc être démuni)
Néerlandais geen cent te makken hebben être complètement demuni
Néerlandais (Belgique) in adamskostuum en costume d'Adam
Néerlandais (Belgique) geen nagel meer hebben om in zijn gat te krabben ne pas avoir un clou pour gratter son cul
Portugais (Brésil) estar com uma mão na frente e outra atrás être une main devant, une main derrière
Portugais (Brésil) pelado, nu com a mão no bolso À poil, nu, les mains dans les poches
Portugais (Portugal) com uma mão à frente e outra atrás avec une main devant et l'autre derrière
Roumain în curul gol le cul nu
Slovaque ocitnúť sa (odísť) s holým zadkom se retrouver (partir) les fesses à l'air
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « une main devant une main derrière » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.

Voir aussi


Commentaires sur l'expression « une main devant une main derrière » Commentaires

  • #21
    chirstian
    01/07/2009 à 12:43
    • En réponse à Bigmammy #19 le 01/07/2009 à 12:15 :
    • « Pourquoi dire que cette expression date des années 1960 ? J’ai toujours entendue ma mère la prononcer - et elle était née en 1913....Cela si... »
    l’expression ne semble pas répandue en France avant les années 60. Aurait-elle une origine italienne qui serait passée ainsi parmi les pieds noirs avant de traverser la méditerranée ? Ce serait intéressant de le vérifier.
  • #22
    PHILO_LOGIS
    01/07/2009 à 13:40
    • En réponse à Bigmammy #19 le 01/07/2009 à 12:15 :
    • « Pourquoi dire que cette expression date des années 1960 ? J’ai toujours entendue ma mère la prononcer - et elle était née en 1913....Cela si... »
    J’ai toujours entendue ma mère la prononcer - et elle était née en 1913

    est intéressant, ce que tu écris là. Aurais-tu été près de to maman lors de sa naissance, ou pendant son enfance? Ben oui, quoi, tout peut arriver, non?
  • #23
    PHILO_LOGIS
    01/07/2009 à 13:42
    • En réponse à mickeylange #12 le 01/07/2009 à 10:24 :
    • « A tous ces censeurs qui savent communiquer, je dis tranquillement «Uh ! Mains : les miennes je les mets ou je veux !»
      Non, tu ne les mets p... »
    comme Filo sur la quai de la gare du Mans

    Comment tu sais ca, toi? L’amiral va encore te remonter les bretelles...
    Enfin, facon de parler hein, parce que si tu as vraiment le falzar sur les talons, hein, ’y a intérêt à garder tes mains devant/derrière...
  • #24
    SagesseFolie
    01/07/2009 à 13:46
    Il s’était retrouvé une main devant, une main derriére.
    Il était homosexuel. Ça ne rapporte rien, mais ça bouche toujours un trou.
    Il n’avait pas de liaison. Sinon avec sa main droite . . . et parfois avec la gauche, quand il commetait l’adultère.
    L’amour tout seul à deux mains : on s’enlace...
    F. DARD.
  • #25
    <inconnu>
    01/07/2009 à 13:54
    • En réponse à Bigmammy #19 le 01/07/2009 à 12:15 :
    • « Pourquoi dire que cette expression date des années 1960 ? J’ai toujours entendue ma mère la prononcer - et elle était née en 1913....Cela si... »
    Je n’ai entendu cette expression que depuis l ’arrivée des pieds-noirs en Provence. Pourtant, mes beaux-parents, eux aussi immigrés d’Italie, avec moins que rien, ne l’ont jamais employée pas plus que d’autres, très nombreux ici. Il faut dire que passant par les montagnes pour arriver en France ils ne pouvaient se permettre, aux risques de tomber, d’avoir une main devant, une main derrière. J’ai également connu des immigrés arrivant d’Espagne à cause de la révolution ils ne l’employaient pas non plus. C’est peut-être à ta mère que l’on doit cette expression ou alors elle s’employait dans la région où elle est arrivée.
  • #26
    chirstian
    01/07/2009 à 14:15*
    ayons une pensée émue pour la Vénus de Milo, qui s’est retrouvée à 20 ans une main devant, une main derrière.
    Très loin devant et très loin derrière.
    C’est un cas rare qui ne saurait nous laisser de marbre. 😐
  • #27
    chirstian
    01/07/2009 à 14:19
    et une pensée aussi pour ce malheureux capitaine qui s’est retrouvé une main devant, un crochet derrière -à moins que ce ne fût l’inverse.
  • #28
    SyntaxTerror
    01/07/2009 à 15:39
    • En réponse à <inconnu> #1 le 01/07/2009 à 01:30 :
    • « et lorsque deux personnes se suivent ainsi, on peut affirmer, de conserve avec la SNCF, qu’un arrière-train peut en cacher un autre
      cette... »
    Je n’avais pas encore vu ce film.
    Bravo pour avoir signalé l’immense et francophone Nanarland.com !
  • #29
    SyntaxTerror
    01/07/2009 à 15:44
    • En réponse à <inconnu> #25 le 01/07/2009 à 13:54 :
    • « Je n’ai entendu cette expression que depuis l ’arrivée des pieds-noirs en Provence. Pourtant, mes beaux-parents, eux aussi immigrés d’Itali... »
    Je n’ai entendu cette expression que depuis l ’arrivée des pieds-noirs en Provence

    et en ïle de France ...
    Et pourtant dans ma Picardie, on en a accueilli des Belges, des Polonais, des Portugais, ils devaient tous avoir leur valise en carton ...
  • #30
    <inconnu>
    01/07/2009 à 15:56
    • En réponse à SyntaxTerror #29 le 01/07/2009 à 15:44 :
    • « Je n’ai entendu cette expression que depuis l ’arrivée des pieds-noirs en Provence
      et en ïle de France ...
      Et pourtant dans ma Picardie, on... »
    Je suis un peu bête. Tu l’avais déjà entendue cette expression? J’ai pas compris.
    des belges avec une valise en carton ? Ici, dans le Var il y en a beaucoup. Ils sont tous très gentils, serviables (plus que nous) mais leur valise n’est pas en carton. 😉
  • #31
    SyntaxTerror
    01/07/2009 à 16:01
    • En réponse à chirstian #27 le 01/07/2009 à 14:19 :
    • « et une pensée aussi pour ce malheureux capitaine qui s’est retrouvé une main devant, un crochet derrière -à moins que ce ne fût l’inverse.... »
    Une pensée aussi pour celui qui est définitivement guéri du syndrome de Peter Pan et qui a trouvé son Neverland.
  • #32
    SyntaxTerror
    01/07/2009 à 16:06
    • En réponse à <inconnu> #30 le 01/07/2009 à 15:56 :
    • « Je suis un peu bête. Tu l’avais déjà entendue cette expression? J’ai pas compris.
      des belges avec une valise en carton ? Ici, dans le Var il... »
    Comme toi, je n’ai entendu cette expression que depuis les années 60.
    Et pourtant, Monteiro, Van de Kerkove, Wroblewski sont devenus des noms picards et leurs ancêtres n’ont jamais utilisé cette expression. A croire que seuls les méditerranéens portent la misère du monde ...
  • #33
    PHILO_LOGIS
    01/07/2009 à 16:18
    • En réponse à <inconnu> #30 le 01/07/2009 à 15:56 :
    • « Je suis un peu bête. Tu l’avais déjà entendue cette expression? J’ai pas compris.
      des belges avec une valise en carton ? Ici, dans le Var il... »
    Dans le Bar, ave une balise en cartong?
    Tu ne les aurais pas un peu ensablées, tes portugaises? Je m’adresse ici en fait à SyntaxTerror...
  • #34
    SyntaxTerror
    01/07/2009 à 16:53
    • En réponse à PHILO_LOGIS #33 le 01/07/2009 à 16:18 :
    • « Dans le Bar, ave une balise en cartong?
      Tu ne les aurais pas un peu ensablées, tes portugaises? Je m’adresse ici en fait à SyntaxTerror...... »
    Tiens, quelqu’un saurait-il où trouver les paroles de "la Portugaise" d’Yvan Dautin, musique de Julien Clerc ?
  • #35
    <inconnu>
    01/07/2009 à 16:58
    • En réponse à SyntaxTerror #32 le 01/07/2009 à 16:06 :
    • « Comme toi, je n’ai entendu cette expression que depuis les années 60.
      Et pourtant, Monteiro, Van de Kerkove, Wroblewski sont devenus des nom... »
    Il est toujours triste d’être déraciné, aussi bien celui qui quitte son pays que celui qui perd sa maison, soit sans une catastrophe naturelle soit par la volonté des hommes, comme par exemple, dans le Verdon lorsque le village des Salles a été inondé pour construire le barage. J’y suis passée quelque jours avant et n’oublierais jamais le regard de ces vieux, assis sur un banc devant l’église. Ils sont allés dans un village tout neuf qui ressemble à un lotissement. Par temps de sécheresse on peut voir émerger le clocher de l’église.
    J’ai toujours pensé que les pieds-noirs employaient cette expression parce qu’ils avaient laissé tous leurs bien là-bas. Les beaux parents de mon frère qui n’avaient presque rien ne l’emploient jamais, d’où ma déduction.
  • #36
    SyntaxTerror
    01/07/2009 à 17:15
    • En réponse à <inconnu> #35 le 01/07/2009 à 16:58 :
    • « Il est toujours triste d’être déraciné, aussi bien celui qui quitte son pays que celui qui perd sa maison, soit sans une catastrophe naturel... »
    Je n’ai pas connu, ça me rappelle le film "Délivrance" (Deliverance) où on assiste au déménagement de l’église en bois.
    Une des dernières paroles du sherrif, qui soupçonne un truc louche, est :
    Par pitié, laissez ce village mourir en paix.
  • #37
    mickeylange
    01/07/2009 à 17:48*
    • En réponse à <inconnu> #25 le 01/07/2009 à 13:54 :
    • « Je n’ai entendu cette expression que depuis l ’arrivée des pieds-noirs en Provence. Pourtant, mes beaux-parents, eux aussi immigrés d’Itali... »
    Je n’ai entendu cette expression que depuis l ’arrivée des pieds-noirs en Provence.

    Les rapatriés se servaient des mesures anglaises (le pied fait 30,48 cm) mais comme ils parlaient un peu comme les Marseillais avé les mains (une à gauche une à droite, ça change un peu) et en exagérant, les Provencaux eux mêmes ont compris très vite, que leurs "pieds" valaient deux pieds anglais.
    Pour faire la différence avec le pied anglais, ils l’ont baptisé pied-noir (noir à cause de l’Afrique*)
    C’est de là que vient le surnom de pied-noirs des rapatriés
    C’est comme le mille marin et le mile anglais qui ont des longueurs différentes.
    Si l’amiral était là au lieu de traîner sur les quais (attention Filo) il nous dirait que le mille nautique fait 1852 m (une minute d’angle de je sais pas quoi) alors que le mile anglais ne fait que 1609,344 m because les perfides font rien qu’à nous embêter.
    S.F. (ancien pied-noir et ancien prof de math en Provence)
    * ils avaient pensé au début l’appelé estal car il était plus grand que l’autre et plus bot
  • #38
    <inconnu>
    01/07/2009 à 18:27*
    Mon Beau Père était rentré d’Algérie une main devant, qui portait triomphalement Coco, le perroquet chéri, l’enfant de la famille à qui le ministre de l’Agriculture du moment, avait fait DEUX laisser-passer!( Après une lettre très émouvante du beau père : Coco , c’est mon Fils! ).
    L’autre main? Je ne sais pas. Je suppose sur la valise . Oui je pense.
    :-l sèrieux! Pas neutre!!!
  • #39
    PHILO_LOGIS
    01/07/2009 à 18:49
    • En réponse à SyntaxTerror #36 le 01/07/2009 à 17:15 :
    • « Je n’ai pas connu, ça me rappelle le film "Délivrance" (Deliverance) où on assiste au déménagement de l’église en bois.
      Une des dernières pa... »
    Je connais un lac artificiel, en Tchéquie, le long de la frontière Autrichienne, qui a également submergé un village. Là-bas, cependant, la petite église "a eu de la chance". Comme elle etait située sur un colline, elle est maintenant sur une "île", qui est maintenant - suivant les avis - un lieu de pélérinage vers les souvenirs d’antan, ou un lieu de visite touristique en barque le dimanche après-midi.
    C’est fou ce que "la civilisation " arrive à faire d’elle-même!
  • #40
    PHILO_LOGIS
    01/07/2009 à 18:50*
    • En réponse à mickeylange #37 le 01/07/2009 à 17:48* :
    • « Je n’ai entendu cette expression que depuis l ’arrivée des pieds-noirs en Provence.
      Les rapatriés se servaient des mesures anglaises (le pi... »
    Dis-moi, Capitaine, t’es comme Dagobert, là. T’as mis ton crochet à l’envers... Que va dire Clochette?