Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

secouer comme un prunier [v]

secouer les prunes ; secouer fortement ; rabrouer sévèrement ; faire de vifs reproches ; secouer vigoureusement ; faire de très vifs reproches

Origine et définition

Si le sens de "secouer fortement" coule de source, celui de "rabrouer" est un peu moins évident. Mais il s'agit simplement du sens au figuré, considérant qu'une personne qui a eu droit à de sévères remontrances en est toute retournée, comme si on l'avait secouée pour lui enlever la pulpe du fond. Sans oublier qu'au XVe siècle, le verbe avait aussi le sens de 'rudoyer'.
Et puis pourquoi "comme un prunier" au lieu d'un "abricotier" ou un "pêcher", par exemple ?
Il est d'usage et facile de secouer un arbre fruitier pour en faire tomber quelques fruits mûrs (pour certaines cultures, le secouage est même la technique de ramassage de prédilection).
Mais attention quand même ! Si recevoir une pomme sur la tête ne fait pas grand mal (s'il vivait encore, Newton aurait pu nous le confirmer ), il n'en est pas de même pour une noix de coco.
Donc, si nombreux sont les arbres susceptibles de se faire secouer, pourquoi est-ce le prunier qui a eu l'heur d'être choisi pour notre expression apparue à la fin du XIXe siècle ?
Cela vient probablement et tout simplement d'anciens emplois figurés de la 'prune' qui, depuis le XIVe siècle, désignait un coup, une blessure.
Secouer les prunes est une autre forme abrégée de l'expression dans laquelle l'arbre est remplacé par ses fruits.

Compléments

Notez que "se secouer les prunes" peut aussi vouloir dire "sortir de sa léthargie, de son apathie pour s'activer enfin à quelque chose". Ou, autrement dit, s'auto-secouer.

Exemples

« Eh ! secouez-la comme un prunier et, au besoin, dégradez-y le portrait ! criait le vieux Chaudrut »
Joris-Karl Huysmans - Les sœurs Vatard

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand jemanden schütteln secouer qn. [physiquement]
Anglais (USA) to give someone what for donner le pouquoi à quelqu'un
Anglais to give someone the dickens donner les dickens à quelqu'un
Espagnol (Argentine) lavarle la cabeza a alguien laver la tête à quelqu'un
Espagnol (Espagne) Bronquear Engueuler / Réprimander
Espagnol (Espagne) echar el perro a alguien jeter le chien à quelqu'un
Espagnol (Espagne) Echar una bronca Jeter une réprimande
Espagnol (Espagne) poner verde mettre vert
Français (Canada) brasser la cage réprimander et parfois rudoyer
Français (Canada) se secouer le cul
Français (Canada) secouer les puces
Hébreu נענע אותו כמו לולב secouer comme une branche de palmier
Italien sballottare come un sacco di patate ballotter comme un sac de patates
Néerlandais iemand een uitschijter geven passer un bon commentaire/ou une bonne reoroche merdique à quelqu'un
Néerlandais iemand op zijn lazer/donder geven fortement réprimander quelqu'un
Néerlandais iemand flink de waarheid zeggen fortement dire la vérité à qqn
Néerlandais (Belgique) een uitbrander geven donner une incendie
Néerlandais iemand de les lezen apprendre la leçon/une leçon à quelqu'un
Néerlandais iemand behoorlijk door elkaar schudden fortement secouer quelqu'un
Néerlandais (Belgique) iemand de les spellen épeler la leçon à quelqu'un
Portugais (Brésil) esculachar réprimander
Portugais (Brésil) esculhambar houspiller
Portugais (Brésil) ficar chupando dedo rester à sucer le doigt
Portugais (Brésil) rodar a baiana sacudir como uma ameixieira/ sacudir as ameixas
Roumain a i-o spune verde-n față la lui dire vert en face
Roumain a-l scutura bine bien le secouer
Russe трясьти как грушу secouer comme un poirier
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Commentaires sur l'expression « secouer comme un prunier » Commentaires

  • #1
    Elpepe
    09/01/2007 à 00:44
    A l’origine, dans la Marine, on disait : secouer comme un hunier. Si vous aviez été gabiers dans la Royale, vous auriez compris pourquoi...
    Voili voilou ! Allez, bonne nuit, les gosses. Pépé va s’atteler à... la tâche !
  • #2
    cotentine
    09/01/2007 à 00:55
    Notez que "se secouer les prunes" peut aussi vouloir dire "sortir de sa léthargie, de son apathie pour s’activer enfin à quelque chose". Ou, autrement dit, s’auto-secouer.

    ben moi, je vous paie des prunes si vous arrivez à me "secouer les prunes" et aboutissez à un quelconque résultat ! Depuis de nombreux mois, je subis le symptôme de ’procrastination’ et pas grand’chose à faire pour y remédier !
  • #3
    <inconnu>
    09/01/2007 à 06:07
    Et si XIV ième siècle la prune figurait la blessure, au XXI ième c’est devenu un PV qui est au choix:
    -Soit une blessure à son amour propre d’avoir commis une faute ( quoique l’amour propre pour un tel motif, hein ? bon ! )
    -Soit, raison plus évidente vu les tarifs appliqués par la maréchaussée, une blessure au portefeuille.
    Allez, m’en vais bosser, j’espère que ce sera une bonne journée, parceque aller au taf pour des prunes et risquer une prune sur la route, j’aurai vraiment l’impression d’être pris pour une poire.
    salut à tous, et très bonne journée............
  • #4
    PHILO_LOGIS
    09/01/2007 à 07:14*
    • En réponse à Elpepe #1 le 09/01/2007 à 00:44 :
    • « A l’origine, dans la Marine, on disait : secouer comme un hunier. Si vous aviez été gabiers dans la Royale, vous auriez compris pourquoi...... »
    Elpepe dans son lit, laisse BB lui secouer les prunes.
    Pour ce faire, bien sûr, elle a mis sa perruque brune,
    Et lui, de toute sa grandeur, est redescendu de la hune.
    Et où font-ils cela? Pardi: à Roquebrune!
    Oui, exactement, au pied de la dune!
    Non, je ne suis pas jaloux de sa bonne fortune.
    Cette idée vraiment ne m’importune
    Et, Pépé, je te dis "sans rancune"
    Toi qui visites très souvent Neptune...
    Ca y est! J’ai réussi à en faire une histoire ... "marune"
  • #5
    Elpepe
    09/01/2007 à 07:42
    • En réponse à PHILO_LOGIS #4 le 09/01/2007 à 07:14* :
    • « Elpepe dans son lit, laisse BB lui secouer les prunes.
      Pour ce faire, bien sûr, elle a mis sa perruque brune,
      Et lui, de toute sa grandeur,... »
    Ah, ben alors là, moi, je dis : bravo. Une question de botanique, cependant, me turlupine (d’habitude, ce rôle est dévolu à BB...) : quelle peut bien être l’histoire maritime de la prune ? Car il y en a forcément une...
    Mais les féru(e)s de botanique (derrière le comptoir), je le sens, vont, au clair de la Lune, chausser leurs cothurnes et nous casser les burnes noyaux de brunes, pour en tirer la ligueur de la Gonnaissanze...
    Allez, à vos alambics ! Pépé a soif... de savoir.
  • #6
    God
    09/01/2007 à 07:44
    • En réponse à PHILO_LOGIS #4 le 09/01/2007 à 07:14* :
    • « Elpepe dans son lit, laisse BB lui secouer les prunes.
      Pour ce faire, bien sûr, elle a mis sa perruque brune,
      Et lui, de toute sa grandeur,... »
    Une dune à Roquebrune ? Elle est aussi bien cachée que les grottes de Rocamadour, alors...
  • #7
    <inconnu>
    09/01/2007 à 08:11
    • En réponse à PHILO_LOGIS #4 le 09/01/2007 à 07:14* :
    • « Elpepe dans son lit, laisse BB lui secouer les prunes.
      Pour ce faire, bien sûr, elle a mis sa perruque brune,
      Et lui, de toute sa grandeur,... »
    Roquebrune ? lequel ? Parceque c’est le Roquebrune d’où je suis originaire, il y a un rocher célèbre pour son ermite mais de dune, point !
  • #8
    momolala
    09/01/2007 à 08:12
    Je connaissais "secouer les puces" mais pas les prunes même si j’en ai quelquefois secoué quelques uns "comme des pruniers" parce que l’expression le dit. Je ne sais pas comment on cueille les prunes ; il me semble qu’on les gaule, comme les olives !
    @Filo et God :
    J’ai laissé à Filo le bénéfice du doute sur "Roquebrune" ; il est vrai que ni à Roquebrune sur Argens ni à Roquebrune sur Mer on ne rencontrera de dune. Roc-brune semble l’exclure, mais Filo est un grand voyageur et peut-être dans le plat pays ou ailleurs ... Et puis on peut être indulgent pour la rime à l’aube !
    @Pépé
    J’ai cherché, mais n’ai rien trouvé. La journée n’est pas finie. D’autres auront peut-être plus de succès ou d’imagination !
  • #9
    HoubaHOBBES
    09/01/2007 à 09:05
    • En réponse à Elpepe #5 le 09/01/2007 à 07:42 :
    • « Ah, ben alors là, moi, je dis : bravo. Une question de botanique, cependant, me turlupine (d’habitude, ce rôle est dévolu à BB...) : quelle... »
    Mais, bon sang de bois, souviens-toi de cette contraction qui a servi à qualifier la plate forme fixée sur le -très- bas mât de la proue et qui sert à divers usages; "proue" et "hune" qui a donné la "prune".
    Et quand on secoue les prunes, c’est qu’il y a tempête !
    C’était pourtant simple, mais ... tu en étais encore sans doute au "love me tender" avec ta 1004 ?
    Hissez-Hobbes
  • #10
    HoubaHOBBES
    09/01/2007 à 09:06
    • En réponse à momolala #8 le 09/01/2007 à 08:12 :
    • « Je connaissais "secouer les puces" mais pas les prunes même si j’en ai quelquefois secoué quelques uns "comme des pruniers" parce que l’expr... »
    "Je connaissais "secouer les puces"
    Tu me rappelles la chaîne préférée des chiens : canal puces !
    Cab-Hobbes
  • #11
    <inconnu>
    09/01/2007 à 10:52
    Parfois, il est nécessaire voire vital de secouer une personne se laissant un peu trop aller… à la paresse par exemple. Cette expression à vocation spirituelle 🙂 nous permet de comprendre qu’une petite violence peut être un grand électrochoc salvateur. En effet, l’intérêt spirituel ici, réside dans le fait que porter assistance à son prochain, peut se faire avec un objectif de réactions en chaîne. Prenons un exemple et précisément cette histoire :
    Un homme chagriné par le mauvais temps persistant se laissait aller à engourdir son âme. Celle-ci se sentant délaissée par son locataire décida elle aussi à se laisser aller. Vint très vite une maladie dégénérative qui commença à s’installer chez notre homme fatigué. L’affaire se compliquait !
    Un ami qui lui voulait du bien comprit la situation dans toute son ampleur. Il décida d’aller le voir pour lui secouer l’esprit, lui rappelant ses devoirs de dignité. Principalement celui qui consiste à rester vigilant et lucide en toutes circonstances. Pour ce faire, il lui inculqua l’adage suivant : « Tout ce que tu tireras de la prune sera eau de vie et tout ce qui est eau de vie te redonnera la pêche. Le tonus est d’abord à piocher dans l’esprit et si tu pioches mon ami, pour sur, tu trouveras une source rafraîchissante. Tout est dans le minéral mon ami. » Ainsi il fut dit.
    Notre homme neurasthénique suivit les conseils, but un peu d’eau de vie à base de prune et requinqué s’en alla piocher au gré du hasard sur ses terres. Une source ne tarda pas à jaillir dont l’homme se revendiqua le propriétaire, suscitant des jalousies de voisinage. Devant l’ampleur et la qualité de la source, notre homme se décida à commercialiser en bouteilles sa géniale trouvaille. Bien lui en pris, les commandes succédaient aux commandes et il ne cessa d’embaucher à son entreprise. L’homme tel le phénix vivait une renaissance. Jamais il n’avait eu autant le moral. Il remercia son ami sans qui, il n’aurait jamais pensé à piocher ; sans qui, il n’aurait jamais eu la force de piocher.
    Quelle belle histoire qui prouve que dans la vie, il est parfois nécessaire de se faire rabrouer pour susciter une réaction positive gagnante. Un vieil homme, (le pépé) ancien marin, affirme lui que si son bateau n’avait pas été un jour, secoué par une giga tempête, jamais, il n’aurait compris le sens de sa vie. Eh oui, un marin aussi doit savoir piocher dans ses réserves de thon pour comprendre le sens du mot abnégation. « Qui se fait secouer les prunes, un jour se grattera les burnes au soleil » dit l’adage.
    Et les textes l’affirment, les femmes doivent êtres volontaires pour donner un p’tit coup de main. De là naquit l’onanisme* partagé. Pas de honte, les textes nous disent plus loin : « Tout ce qui est jus, est fruit d’amour ». Ca baigne donc même pour les marins ! La vie, ça tient à peu de chose, il suffirait donc d’être entre deux bonnes… mains. Waouh !
    *Onanisme > Onan > personnage Biblique !
  • #12
    chirstian
    09/01/2007 à 11:26
    pourquoi les prunes, demande God ?
    Tout simplement parce que l’expression initiale était "secouer les prudes" . Il y avait la grande secousse ou la petite secousse - dont je vous passe le détail , pour ne choquer personne (l’expression a toujours cours en Afrique).
  • #13
    borikito
    09/01/2007 à 11:30
    • En réponse à momolala #8 le 09/01/2007 à 08:12 :
    • « Je connaissais "secouer les puces" mais pas les prunes même si j’en ai quelquefois secoué quelques uns "comme des pruniers" parce que l’expr... »
    Je ne sais pas comment on cueille les prunes ; il me semble qu’on les gaule, comme les olives !

    1°- la méthode dite "corse" : on s’allonge sous le prunier et on attend que le vent les fasse tomber. Naturellement les années sans vent la récolte n’est pas bonne.
    2°- on .. secoue le prunier.. ce qui se fait maintenant très souvent mécaniquement au moyen d’un tracteur muni d’un bras vibrant dont l’extrémité est équipée d’une grosse pince qui étreint le tronc et le secoue.
    (voir cette page)
  • #14
    HoubaHOBBES
    09/01/2007 à 11:39
    • En réponse à borikito #13 le 09/01/2007 à 11:30 :
    • « Je ne sais pas comment on cueille les prunes ; il me semble qu’on les gaule, comme les olives !
      1°- la méthode dite "corse" : on s’allonge... »
    "(voir cette page)"
    Belle page sur le pruneau d’Agen !
    Et si les agents sont de braves gens, que dire des pruneaux d’Agen ? Qu’ils sont de braves pruneaux, pardi !
    Et hop-Hobbes
  • #15
    chirstian
    09/01/2007 à 11:47
    je reste sur un sens sexuel : d’ailleurs la définition de "secouer" c’est : "Troubler, ébranler..." (TLFI)
    Or qu’est ce qui trouble et branle mieux qu’une jolie femme ? Hein , hein ? Secouer les prunes à la belle , est-ce tellement différent de secouer les burnes à la pelle ?
  • #16
    <inconnu>
    09/01/2007 à 11:49*
    • En réponse à chirstian #12 le 09/01/2007 à 11:26 :
    • « pourquoi les prunes, demande God ?
      Tout simplement parce que l’expression initiale était "secouer les prudes" . Il y avait la grande secous... »
    Il y a même une chanson à ce propos : "Saga Africa".
    Ca veut dire quoi "TLFI" ?
  • #17
    eureka
    09/01/2007 à 11:50
    "pourquoi est-ce le prunier qui a eu l’heur d’être choisi pour notre expression"
    Pruna serait le pluriel d’un nom neutre prunum qui a été pris pour un féminin singulier comme dans le cas de pomum, poma. Ce mot se rapportait à différents arbres fruitiers. Prune veut bien dire aussi nèfle ou guigne s’pas ?
    une petite prune hein qu’est l’eau de vie et avoir sa prune, c’est être bourré !
    on secoue comme un prunier quelqu’un qui "a sa prune"
    Par métaphore, le mot désigne en apposition une couleur. Une variété de cette couleur peut être d’un violet tirant sur le bordeaux lorsqu’elle se nomme prune de Monsieur. Au pluriel c’est les prunes de Monsieur, on comprend aisément pourquoi on dit d’une spécialiste qui secoue les prunes une "saute-aux-prunes".
  • #18
    chirstian
    09/01/2007 à 11:54
    (pour certaines cultures, le secouage est même la technique de ramassage de prédilection).
    comme c’est vrai , et pas seulement dans le cas du fraisier !
    Mais ceci amène donc à modifier la devise d’Expression : " expressio.fr devrait être immédiatement déclaré d’utilité publique, parce que la culture, avant de prétendre l’étaler, il faut l’acquérir !"
    qui pourrait devenir :
    "...parce que, pour être cultivé, il faut se secouer !"
  • #19
    eureka
    09/01/2007 à 11:56
    • En réponse à <inconnu> #11 le 09/01/2007 à 10:52 :
    • « Parfois, il est nécessaire voire vital de secouer une personne se laissant un peu trop aller… à la paresse par exemple. Cette expression à v... »
    Ah les belles paroles !!
    Tu dirais Prune de Monsieur qui secoue les prunes par ce beau sermon !
  • #20
    <inconnu>
    09/01/2007 à 12:04
    • En réponse à eureka #19 le 09/01/2007 à 11:56 :
    • « Ah les belles paroles !!
      Tu dirais Prune de Monsieur qui secoue les prunes par ce beau sermon ! »
    Oui, souvent on dit « mais qu’est-ce que tu branles ? » pour en fait secouer, forcer quelqu’un à réagir. Ton explication n’est pas mal non plus : ton « saute-aux-prunes"est très excitant. Quand il y a foule de dames au portillon de nos prunes, obligation d’embaucher de la sécurité pour écarter les gêneuses. L’avenir serait donc dans notre slip… ?
    Vive les Kangourous dans ce cas.