Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

A l'article de la mort

A l'agonie, près de mourir.

Origine

En général, on ne trouve dans le journal un article sur un mort que postérieurement à son décès.
Or, l'article de la mort se situe en général juste avant le décès. Comment cela se peut-il ? Comment se fait-ce ?
Eh bien parce que cet article-là ne désigne ni celui d'un journal, ni celui qui précède un mot.
Cette expression qui date du XVIe siècle vient du latin "in articulo mortis" où 'articulo' vient de 'articulus' qui, dans cette locution, désigne une division du temps, donc un 'moment'. "in articulo mortis" peut ainsi se traduire par "au moment de la mort".
Pour ceux qui aiment le latin (moi je préfère les latines, mais c'est chacun selon ses goûts), il est intéressant de savoir que "in extremis" voulait dire littéralement "dans les derniers moments" ce qui peut aussi se dire "à l'article de la mort".
Son utilisation a depuis été détournée pour devenir quelque chose comme "au tout dernier moment" mais avec le sens "de justesse". Ainsi, on peut dire "il a pris le train in extremis" ; sauf que s'il a pris le train en pleine face, sur la voie, on retrouve plutôt le sens d'origine...

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Tunisie Arabe Bech iqattroulou On va lui donner la goutte (d'eau)
Tunisie Arabe Sek fel kbar ou sek elbarra Un pied dans la tombe et un pied dehors
Allemagne Allemand Im Sterben liegen Être mourant
Grèce Grec [me to ena podi ston tafo] Ayant un pied dans la tombe
États-Unis Anglais At death's door A la porte de la mort
États-Unis Anglais To have one foot in the grave (and the other on a banana peel) Avoir un pied dans la tombe (et l'autre sur une peau de banane)
Argentine Espagnol Estar en las últimas Être dans les dernières
Espagne Espagnol Con un pie en la tumba Avec un pied dans la tombe
Espagne Espagnol Estar en las ùltimas Être dans les dernières
Espagne Espagnol Estar más allá que acá Être plus près de là-bàs que d'ici
Iran Persan Pâsh labé gouré Il a le pied au bord de la tombe
Iran Persan Roo be ghebleh Celui qui est en train de mourir
France Français Être rapé
Italie Italien Cchiù ddà bànna ca ccà bbànna Plus de l'autre côté que de ce côté
Italie Italien In articulo mortis À l'article de la mort
Pays-Bas Néerlandais In doodsstrijd zijn Etre à la lutte avec la mort
Pays-Bas Néerlandais Met één been in het graf staan Avoir un pied dans la tombe
Pologne Polonais By? jedn? nog? w grobie Être une jambe dans la tombe
Brésil Portugais À beira da morte Au bord de la mort
Roumanie Roumain C-un picior în groap? Avec un pied dans la tombe
Roumanie Roumain Îi hârcâie/horc?ie coliva-n piept Lui râle la coliva (pâtisserie traditionnelle roumaine cuisinée exclusivement pour enterrements ou rituels mortuaires) dans la poitrine
Roumanie Roumain Pe patul de moarte Sur le lit de la mort
Russie Russe Na smertnom odre Sur le lit [mot du slavon d'église] de mort
Slovénie Slovène Na smrtni postelji Sur lit de mort
Belgique Wallon Ecrâhî les bottes Graisser les bottes
Belgique Wallon N'avu qu'ses mains à jonde N'avoir que ses mains à joindre
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Commentaires sur l'expression « A l'article de la mort » Commentaires

  • #1
    • chirstian
    • 10/04/2006 à 09:47
    Vous savez que le fossoyeur était chargé de vérifier le décès en croquant le gros orteil du mort : si le mort ne l’était pas , il réagissait et évitait un enterrement prématuré. D’où son nom de "croque-mort".
    Or un jour un croque-mort eu à résoudre un cas particulier : le mort avait été amputé de deux jambes. Que croquer ? A tout hasard il prit son sexe dans la bouche , le retira, pris d’un doute, il le reprit, le retira , etc... Les "pompes funèbres" étaient nées.
    christian
  • #2
    • <inconnu>
    • 17/02/2008 à 07:03
    tous les expressionautes sont-ils à l’article de la mort en ce dimanche matin ? il n’y a âme qui vive ! Bonne journée
  • #3
    • <inconnu>
    • 17/02/2008 à 08:46*
    ..."l’article de la vie" se situerait donc juste après le décès ?
    Toute sa vie, inlassablement, il pris des trains sans les manquer. Sauf le dernier. Ce qui lui sauva la vie... in extremis ! Cela donna l’occasion aux journalistes de décrire "un article de la mort qui tue", référence faite aux réactions des lecteurs - morts de rire !
    😛
  • #4
    • tytoalba
    • 17/02/2008 à 09:12
    Faire l’article, c’est vanter les mérites de quelque chose ou quelqu’un. Comment faire l’article de la mort ? Voir cette page ou cette page
  • #5
    • OSCARELLI
    • 17/02/2008 à 09:13
    En complément, j’aimerais ajouter à côté du terme d’action adverbiale un qualificatif qui modifierait cette proposition relative de facon très sujette à caution.
    Cela deviendra donc:
    A l’article SINGULIER de la mort
    Vous en mettrez deux grammes à Tical, cela le soignera!
  • #6
    • chirstian
    • 17/02/2008 à 09:24
    le problème de la mort n’est-il pas que son article soit indéfini ?
  • #7
    • syanne
    • 17/02/2008 à 09:37*
    Quand arrive l’échéance, celle dont Aragon disait en substance que c’est à la fois l’expérience la mieux partagée et la plus solitaire, de quel article parlons-nous vraiment ? quelle part de libre arbitre nous reste-t-il ?
    Le grammairien a-t-il le choix entre un article défini ou indéfini de la mort ? La ménagère de moins de cinquante ans entre un article démarqué ou en solde ? Le juriste entre un article 952 alinéa 3 ou un article 27 par. 2 ? Le journaliste entre un éditorial ou une tribune libre ? Le comptable entre une créance ou une dette ?
    Excusez-moi de m’en tenir aux questions. Vous savez bien, quoi qu’en disent les dogmatiques, que la mort est un grand mystère… Point de réponse, donc : je n’ai pas (encore) cet article en magasin.
    Oups ! Chirstian... je n’avais point lu ton article avant de publier le mien. Conjonction grammaticale sur l’indéfini, entre nous ce matin !
  • #8
    • chirstian
    • 17/02/2008 à 09:46
    • En réponse à syanne #7 le 17/02/2008 à 09:37* :
    • « Quand arrive l’échéance, celle dont Aragon disait en substance que c’est à la fois l’expérience la mieux partagée et la plus solitaire, de q... »
    les grands esprits se rejoignent où ils peuvent ! 🙂
    et à propos d’esprit, ce mot de Woody Allen : "ce n’est pas que j’aie peur de la mort , mais je ne veux pas être là quand ça m’arrivera"
  • #9
    • syanne
    • 17/02/2008 à 10:04
    • En réponse à chirstian #8 le 17/02/2008 à 09:46 :
    • « les grands esprits se rejoignent où ils peuvent ! 🙂
      et à propos d’esprit, ce mot de Woody Allen : "ce n’est pas que j’aie peur de la mort ,... »
    ...Et d’ajouter, ce qui jusitifie amplement la peur de l’après : "L’éternité, c’est long, surtout vers la fin".
  • #10
    • chirstian
    • 17/02/2008 à 10:48*
    vient du latin "in articulo mortis" où ’articulo’ vient de ’articulus’

    lorsque le mourant chuchotait dans un dernier soupir* : "je meurs" , ses proches qui ne le comprenaient pas, lui intimaient : "articule !"
    Certains y voient un passage du latin "J’articule dans la mort" au raccourci : "croque mort" , mais je m’en tiens à mon intervention de 2006!
    • Quand la veuve évoque "le dernier râle" de feu son mari, on sent qu’elle pense très fort : décidément, il aura râlé jusqu’au bout ! ...
    Je préconise " dernier soupir ", plus neutre, et donc plus respectueux, et souhaiterais que vous vous en souvinssiez lors de mon épitaphe . 😐
    (cette règle ne s’applique pas aux lapines qui pourront parler , pour évoquer leur cher disparu, de son dernier râble, ou de lapine (la sienne), sans crainte de choquer les civets.)
  • #11
    • God
    • 17/02/2008 à 11:13
    • En réponse à syanne #9 le 17/02/2008 à 10:04 :
    • « ...Et d’ajouter, ce qui jusitifie amplement la peur de l’après : "L’éternité, c’est long, surtout vers la fin". »
    Pourquoi en avoir peur, puisqu’il n’y plus d’après (cette page) ?
  • #12
    • syanne
    • 17/02/2008 à 11:35
    • En réponse à God #11 le 17/02/2008 à 11:13 :
    • « Pourquoi en avoir peur, puisqu’il n’y plus d’après (cette page) ? »
    C’est vrai !
    Avant, il y avait un après, pour lequel on se tenait prêt quand on en était près. C’était pas toujours facile, d’ailleurs, quand on partait pendant l’Avent. Faire les apprêts pour l’après à l’Avent, avouez que c’était un peu raide, qu’il y avait de quoi s’emmêler. Vous me direz on n’avait qu’à pas s’en mêler, oui, mais quand on était du même sang que celui qui s’apprêtait à partir pour l’après à l’Avent les pieds devant, on se sentait concerné, quand même.
    Finalement, qu’il n’y ait plus d’après, ça nous simplifie les choses. Cela dit, avec ou sans apprêt, avant ou après l’Avent, on est raide, de toute façon.
  • #13
    • <inconnu>
    • 17/02/2008 à 11:40
    • En réponse à chirstian #10 le 17/02/2008 à 10:48* :
    • « vient du latin "in articulo mortis" où ’articulo’ vient de ’articulus’
      lorsque le mourant chuchotait dans un dernier soupir* : "je meurs" ,... »
    d’ailleurs Jean Valjean aussi les aimait bien, et c’était un joueur invétéré. Ne dit-on pas qu’il les misait râbles !
  • #14
    • cotentine
    • 17/02/2008 à 11:41
    • En réponse à God #11 le 17/02/2008 à 11:13 :
    • « Pourquoi en avoir peur, puisqu’il n’y plus d’après (cette page) ? »
    à cette page mais je préfère la voix de Guy Béart 😉
  • #15
    • cotentine
    • 17/02/2008 à 11:53
    à l’article de la mort, entend t-on les sirènes ?
    non, pas celle de l’ambulance des pompiers, mais le chant des sirènes, ces créatures mi-femmes mi-oiseaux, qui --dans la mythologie grecque puis romaine -- envoûtent les marins par leur chant et leur beauté et provoquent leur mort.
  • #16
    • tytoalba
    • 17/02/2008 à 12:05
    • En réponse à cotentine #15 le 17/02/2008 à 11:53 :
    • « à l’article de la mort, entend t-on les sirènes ?
      non, pas celle de l’ambulance des pompiers, mais le chant des sirènes, ces créatures mi-fe... »
    la siréne sonne du gong ? cette page
  • #17
    • perledejade
    • 17/02/2008 à 12:18
    • En réponse à syanne #12 le 17/02/2008 à 11:35 :
    • « C’est vrai !
      Avant, il y avait un après, pour lequel on se tenait prêt quand on en était près. C’était pas toujours facile, d’ailleurs, quan... »
    Que de jolis jeux de mots d’esprit saint, ça tombe bien, si prés de la tombe, ça ressemble à du devos!!!:)
  • #18
    • Emeu29
    • 17/02/2008 à 12:32*
    Nan ! Nan! Nan !Je m’inscris en faux !
    À... l’article de la mort ! Mais vous n’y pas du tout ! À est une préposition et l’article de la mort (que l’on nomme désormais déterminant) est LA, généralement placé devant le nom auquel, il se rapporte, parfois séparé de lui par un ou des adjectifs.
  • #19
    • syanne
    • 17/02/2008 à 13:23
    • En réponse à perledejade #17 le 17/02/2008 à 12:18 :
    • « Que de jolis jeux de mots d’esprit saint, ça tombe bien, si prés de la tombe, ça ressemble à du devos!!!:) »
    Merci Perledejade (joli pseudo vert, qui me fait penser au nom d’un village corrézien : Peyrelevade).
    J’étais la semaine dernière bien près d’une tombe, hélas, et dans les larmes, alors il faut sourire, maintenant. Car il faut vivre avec les vivants...
    Deux poèmes pour nous toutes, jolies femmes qui aimons la vie...
    cette page
    et
    cette page
  • #20
    • <inconnu>
    • 17/02/2008 à 13:35
    Bonjour à tous et toutes,
    Je vais être plus pudique qu’hier car il m’est arrivé une fois et je ne précise pas les circonstances, d’avoir été déclaré mort, décédé, out ! Aujourd’hui plus qu’hier, mon humble témoignage sur ce moment-là (NDE pour les connaisseurs) reste le même. En une phrase, le miracle ne serait pas de revenir à la vie, mais bien de l’aimer de manière constante.
    Je m’empresse de dire que je respecte tous les points de vue sur un sujet qui ne peut être que très personnel. Donc, point de polémique et vive la vie. 🙂