Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

défrayer la chronique [v]

être au centre des conversations ; faire beaucoup parler de soi ; faire les gros titres ; faire la une des journaux ; être l'objet de cancans ; faire beaucoup de battage ; faire beaucoup de bruit ; occuper le centre des propos ; occuper le centre des conversations ; constituer le sujet de toutes les conversations

Origine et définition

Aujourd'hui, quand on vous parle de chronique, vous pensez soit au qualificatif d'une maladie répétitive, soit à un article dans un journal ou à une émission de radio ou de télévision, sens que le mot n'a pris qu'au début du XIXe siècle ; mais à partir du XIIIe, une chronique était un recueil de faits historiques racontés dans l'ordre chronologique.
C'est à la fin du XVIIe qu'il a également désigné, selon le Grand Robert, « un ensemble de nouvelles qui circulent sur les personnes », de ces choses qu'on appellerait aujourd'hui des potins, mais aussi plus péjorativement des ragots lorsque le contenu déborde de médisance.

Quant à défrayer, dans son sens propre, il est lié aux frais, aux dépenses, puisqu'aujourd'hui, il signifie « payer les frais » ou « indemniser ».
Alors quel lien peut-il bien avoir avec des potins, me direz-vous ?

Eh bien vous avez sûrement à l'esprit cette expression « faire les frais (de quelque chose) » qui nous permet de retrouver cette notion de « frais ».
Au figuré, défrayer, dans le contexte de notre expression, veut dire « alimenter » ou « faire les frais de ».
Autrement dit, celui qui défraie la chronique est celui dont les nouvelles alimentent la conversation ou qui fait les frais des ragots qui s'échangent.

Autrefois, on a utilisé « défrayer la conversation », remplacé par notre expression, mais aussi « défrayer la compagnie (de bon mots) » qui, cette fois, signifiait « amuser ou faire rire l'entourage par des plaisanteries ».

Exemples

« [Michael Jackson] s'est porté acquéreur des restes d'Elephant Man, passe ses nuits dans un caisson à oxygène. Son mariage en mai 1994 avec Lisa Marie Presley, dont il divorçait un an et demi plus tard, avait déjà défrayé la chronique. Ainsi que sa nouvelle union avec une infirmière, jamais vue enceinte mais qui lui a donné un enfant. »
Le Monde - Article du 31 mars 2004

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand anlass zum Gerede geben donner une raison / un motif pour potins
Allemand in den Schlagzeilen stehen être dans les gros titres
Anglais to be in the news être dans les nouvelles
Anglais to get tongues wagging faire marcher les langues
Anglais (USA) to be the talk of the town être la conversation / le racontar de la ville
Anglais (USA) to make the scene se faire remarquer dans la scène [d'une pièce de théâtre]
Arabe أصبح حديث العام و الخاص (asbaha hadith El3am wel khaç) être le sujet de conversation de tout le monde
Arabe (Tunisie) ness lkol tqalqel âlih tous le monde jase sur son compte
Catalan És més conegut que en Boira Il est plus connu que Brouillard
Catalan fer xerrar faire papoter
Catalan més conegut que es mal diner plus connu que le mauvais argent
Catalan tenir més anomenada que en Xarau avoir plus renommée que Xarau (lignage)
Chinois 街谈巷议 (jiētán-xiàngyì) discussions dans rues et ruelles
Chinois 满城风雨 (mǎnchéng-fēngyǔ) vent et pluie balaient la ville
Chinois 闲言碎语 (xiányán-suìyǔ) potins sans pertinence
Espagnol (Espagne) ser la comidilla être la petite nourriture
Espagnol (Espagne) saltar a los titulares sauter vers les gros titres
Espagnol (Argentine) dar la nota donner la note
Espagnol (Espagne) Estar en boca de todos Être dans la bouche de tous / Être sur toutes les lèvres
Français (Canada) jouer à la vedette être le point d'attraction
Hongrois a szóbeszéd tárgya être le sujet du qu’en-dira-t-on
Hébreu leakim seara soulever une tempête
Hébreu היה מרכז ההתעניינות (haya mèrkaz hahitanyenoutt) être le centre d’intérêt
Néerlandais in het middelpunt van de belangstelling staan être au centre de l’intérèt
Néerlandais de tongen in beweging brengen faire bouger les langues
Néerlandais alle ogen zijn gericht op Kwatta tous les yeux sont rivés sur "Kwatta" (publicité hollandaise années '60 archi-connue pour des barres de chocolat Kwatta)
Portugais (Brésil) ser a bola da vez être le ballon de la fois
Portugais (Brésil) ser o centro das atenções être le centre des attentions
Portugais (Brésil) ser o assunto do dia être le sujet du jour
Roumain a ajunge subiect de bârfă devenir sujet de ragots
Roumain a fi pe buzele tuturor être sur les lèvres de tous
Roumain a intra în gura satului/mahalalei entrer dans la bouche du village/de la banlieue
Roumain a fi în centrul atenției être au centre de l'attention
Roumain a intra în gura lumii entrer dans la bouche du monde
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Commentaires sur l'expression « défrayer la chronique » Commentaires

  • Enkidou
    29/06/2013 à 18:45
    • En réponse à DiwanC #99 le 29/06/2013 à 18:17* :
    • « Résultat, c’est la panique !
      Ça pétarade dans tous les coins ; les sensibles se réfugient derrière les balises ; les courageux fuient chez... »
    Marcel qui range toutes ses tasses dans le placard (on ne sait jamais)

    Le lancer de tasses est un jeu qui se joue à trois. Non pas Troyes en Champagne, etc.
    Le premier prend la tasse et la lance. Le second prend l’anse et la tasse. Et que fait le troisième ?
    Voilà une énigme qui n’en finit pas de défrayer la chronique ...
  • charmagnac
    29/06/2013 à 19:03
    • En réponse à DiwanC #87 le 29/06/2013 à 14:41 :
    • « À ce moment précis de l’après-midi, le sérieux doit revenir sur ce mêêêrveilleux site car l’heure est grave.
      Rikske-Potverdoume, on a besoin... »
    Je suis fidèle à la Chimay bleue, ou à la Kasteel. Brune de préférence (les brunes ne comptent pas pour des prunes - Lio)
    cette page
  • charmagnac
    29/06/2013 à 19:04
    • En réponse à mickeylange #94 le 29/06/2013 à 16:17* :
    • « J’avais une tasse avec une anse à gauche. Comme je suis droitier j’ai enlevé l’anse parce qu’elle n’était pas du bon côté.
      J’avais moi auss... »
    Puissamment raisonné ! 😉
  • charmagnac
    29/06/2013 à 19:06
    • En réponse à Enkidou #101 le 29/06/2013 à 18:45 :
    • « Marcel qui range toutes ses tasses dans le placard (on ne sait jamais)
      Le lancer de tasses est un jeu qui se joue à trois. Non pas Troyes e... »
    Non pas Troyes en Champagne

    ni à Troie en Asie mineure...
  • Paracas
    29/06/2013 à 19:10
    • En réponse à charmagnac #102 le 29/06/2013 à 19:03 :
    • « Je suis fidèle à la Chimay bleue, ou à la Kasteel. Brune de préférence (les brunes ne comptent pas pour des prunes - Lio)
      cette page »
    Pour moi ce sera une Leffe........🙂
  • joseta
    29/06/2013 à 19:18
    • En réponse à Enkidou #101 le 29/06/2013 à 18:45 :
    • « Marcel qui range toutes ses tasses dans le placard (on ne sait jamais)
      Le lancer de tasses est un jeu qui se joue à trois. Non pas Troyes e... »
    Moi, je me tasse...
  • Paracas
    29/06/2013 à 19:27
    • En réponse à Enkidou #101 le 29/06/2013 à 18:45 :
    • « Marcel qui range toutes ses tasses dans le placard (on ne sait jamais)
      Le lancer de tasses est un jeu qui se joue à trois. Non pas Troyes e... »
    Voilà une énigme qui n’en finit pas de défrayer la chronique

    En effet, le troisième lança la tasse ET la soucoupe avec une telle force qu’un certain Kenneth Arnold (1915-1984) failli prendre l’objet dans le pare brise de son Piper-Club.
    Dès qu’il atterrit il contacta les autorités pour leur signaler la présence de "flying saucers" dans le ciel des Zuhéssa.
    la chronique se défraya aussitôt......
    Sur le moment les autorités Etazuniennes s’alarmèrent croyant à une attaque aérienne mais elles se rassurèrent aussitôt, Ben Laden n’était pas encore né....
    Un journaliste imaginatif auquel il ne put apporter plus de précisions inventa alors l’expression U.F.O (Unintificated flying objets) qui devinrent des O.V.N.I (Objets Volants Non Identifiés) en français.
    Plus récemment on appela O.V.N.I (Objet Volant Nettement Invendable) d’abord le Concorde puis le Rafale de Dassault qui a couté un bras au contribuable mais dont on n’a encore jamais vendu la moindre pièce.
    Même pas le cendrier.......
    mais ceci est une autre histoire qui défraye la chronique encore régulièrement....
  • Enkidou
    29/06/2013 à 20:00
    • En réponse à Paracas #107 le 29/06/2013 à 19:27 :
    • « Voilà une énigme qui n’en finit pas de défrayer la chronique
      En effet, le troisième lança la tasse ET la soucoupe avec une telle force qu’u... »
    le troisième lança la tasse ET la soucoupe

    Et pour le lancer de soucoupe, je te recommande cette page.
  • PHILO_LOGIS
    29/06/2013 à 20:14
    • En réponse à Paracas #92 le 29/06/2013 à 14:52* :
    • « Brasfort.......heu.........Armstrong ? »
    oui, mais ... l’autre, pas lui...
  • PHILO_LOGIS
    29/06/2013 à 20:20*
    • En réponse à Paracas #107 le 29/06/2013 à 19:27 :
    • « Voilà une énigme qui n’en finit pas de défrayer la chronique
      En effet, le troisième lança la tasse ET la soucoupe avec une telle force qu’u... »
    qui devinrent des O.V.N.I (Objets Volants Non Identifiés) en français.

    Nan, nan, t’as rien compris! Mais rien de rein*!
    Un O.V.N.I. (te diront les Belges de naissance dans la région des charbonnages mosans) est un truc dont tout le monde parle mais que personne n’a jamais vu: un Ouvrier Volontaire de Nationalie Italienne...
    * orthographe volontaire
  • Paracas
    29/06/2013 à 20:40
    • En réponse à Enkidou #108 le 29/06/2013 à 20:00 :
    • « le troisième lança la tasse ET la soucoupe
      Et pour le lancer de soucoupe, je te recommande cette page. »
    Ah oui ! je me souviens l’avoir vu à la télé.......mais çà ne date pas d’hier!
    Pauvre diable, mais dans le fond il est heureux, il est dans son monde.....
    "Beati pauperes spiritu quoniam ipsorum est regnum caelorum".........comme on dit vulgairement
  • Paracas
    29/06/2013 à 20:43
    • En réponse à PHILO_LOGIS #109 le 29/06/2013 à 20:14 :
    • « oui, mais ... l’autre, pas lui... »
    Attends, y en a eu trois:
    - Lance la pédale
    - Neil le sélénite
    - Louis le souffleur
    Duquel tu parles ?..........
  • Paracas
    29/06/2013 à 20:46
    • En réponse à PHILO_LOGIS #110 le 29/06/2013 à 20:20* :
    • « qui devinrent des O.V.N.I (Objets Volants Non Identifiés) en français.
      Nan, nan, t’as rien compris! Mais rien de rein*!
      Un O.V.N.I. (te dir... »
    Pourquoi y a pas de Ritals qui charbonnent chez toi ?
    Et au fait, pourquoi t’as écrit "rien de rein*".......volontairement ?
    Scuze ces questions mais à la fin de la journée j’ai mon neurone qui fait de la colle........
  • DiwanC
    07/12/2018 à 01:34*
    Ce mois de juin-là, tôt le matin, je vous avais proposé de lire La légende de la nonne qu'avait écrite M'sieur Hugo. (@33)
    Manquait la musique du cher Georges... La voici ! 😄
  • DiwanC
    07/12/2018 à 01:38
  • Tricholome
    07/12/2018 à 03:29
    Hrmmm, du kawa, oui, c'est certain.
    Oui, oui dans son époque un peu médiévale. La main plus rude que le gant.
    Quel poète chansonnier.
    Quel héraut de notre belle langue.
  • Tricholome
    07/12/2018 à 03:38*
    Il a même défrayé la chronique ici dans des émissions ou il conseillait avec beaucoup de réticences des auteurs québécois complètement minables. C'était un pudique qui n'avait pas peur des mots, mais qui n'osait pas choquer. Il se cachait derrière la poésie. J'irai à Sète, je le jure, avec moins de costume, pour défrayer sa chronique sur sa tombe, en vacances.
  • Tricholome
    07/12/2018 à 04:31*
    Je le redécouvre et l'admire. Il était un peu avant son temps et pudique, Brassens. Imaginez un gilet jaune comme Brassens, s'il osait.
  • Tricholome
    07/12/2018 à 04:51
    Et puis il aimait les femmes!
  • DiwanC
    07/12/2018 à 06:08*
    Avec les cinq dernières : Un fesse-mathieu - Avoir (quelqu'un) à la caille - Soûl comme un Polonais - Un capitaine d'industrie - Avoir une marotte
    Mais z'êtes pas obligés de lire ! 😄
    Après la touffeur du jour, il fait bon s’attarder sur la place... Le soleil s’est enfin caché derrière la colline, l’air est plus léger. Des enfants jouent sur le terrain de boules ce qui fait bougonner deux pétanqueux attablés à la terrasse de l’unique café du village...
    - De mon temps, à c’te heure-là, les gamins étaient couchés !
    - Qu’est-ce tu veux... aujourd’hui, y sont les rois ! Tout ça, c’est de la graine de délinquants...
    - Tiens ! R’garde donc qui v’là !
    - Ah ! J’ préfère point voir ! Elle et ses greffiers, j’ les ai à la caille !

    Elle, c’est Madame Louise, la vieille institutrice. Chaque soir, elle va déposer près du lavoir un peu de nourriture pour les chats errants, quasi sauvages ; c’est sa marotte, une manie qui lui est venue quand son fils est parti pour Paris.
    - Son fils ! Elle en a plein la bouche de son fils ! Et mon fils par-ci et mon fils par-là !
    - C’est vrai qu’il a réussi... Faut dire qu’il a fait les grandes écoles...
    - Ouais ! il est capitaine d’industrie. Et alors ? C’est pas ça qui le rend généreux... un vrai fesse-mathieu, comme sa mère !
    - Si y avait que ça ! On dit qu’à la capitale, il fait la fête tous les soirs... Visky et vodka... À c’ qui paraît qu’il est souvent saoul comme un Polonais !

    Mais de parler comme ça, ça donne soif...
    - Marceeel ! Tu nous sers deux pastagas !
    - Ah non les Anciens... Moi, je ferme... Allez... à demain !

    Et demain, ils referont le monde à grands coups de
    - Moi, si j’étais au gouvernement, ça se passerait pas comme ça ! Crois-moi !

    Ils seront là, assis à la même table... et lentement leur soirée s'écoulera.