Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

en toucher deux mots [v]

en toucher un mot ; parler brièvement de quelque chose

Origine et définition

Cette expression date du milieu du XVIe siècle. Son origine est plutôt facile à comprendre.
Quand vous parlez à quelqu'un, vous employez en général de nombreux mots. Si vous n'en utilisez qu'un ou deux, c'est que, mieux que Pépin, vous êtes très bref ().
Bien sûr, il ne faut pas prendre 'un' ou 'deux' au mot. Il s'agit simplement d'une exagération classique servant à indiquer la brièveté de ce que vous avez à dire. D'ailleurs, pour confirmer la chose, on sait bien que dans Le Cid de Corneille[1], quand Rodrigue dit au Comte "À moi, comte, deux mots !", il n'a pas du tout l'intention de lui dire simplement deux mots.
Mais pourquoi 'toucher', me direz-vous ?
Eh bien ici on doit lui comprendre le sens peu usuel de "mentionner brièvement" ou de "signaler".
[1] Et non pas le Cidre de Cornouailles, comme je l'ai déjà entendu dire !

Exemples

« Saluer les trois dames, s'avancer vers elles, leur faire quelques compliments, juger à leur voix du degré d'indignation qui les tient, toucher un mot de la vive affection qu'on porte à la jeune demoiselle, témoigner des sentiments honnêtes et purs, reconduire les dames jusque chez elles, demander la faveur d'être reçu dans la maison... »
Champfleury - Souvenirs des funambules
« Tous les soirs, il s'empare de mon journal (...). Je t'avoue que ça me prive; et, si tu pouvais lui en toucher un mot... sans que cela ait l'air de venir de moi ! »
Eugène Labiche - Deux timides

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand kurz gesagt brièvement dit
Anglais to touch on/​upon [something] toucher sur [quelque chose]
Anglais to have a word avoir un mot
Anglais to say a word or two dire un mot ou deux
Anglais (USA) to add one's two cents ajouter ses deux cents
Arabe (Tunisie) qallil oudallel sois concis et précis
Autre fer-ne cinc cèntims en faire cinq centimes
Catalan fer dos quartos faire deux sous
Espagnol (Argentine) en dos palabras en deux mots
Espagnol (Équateur) anda al grano, por favor. Vaya al grano, por favor marche au grain, s'il te plaît.- Venez -en au fait, s.v.p
Espagnol (Espagne) Dar un toque (a alguien) Donner une touche (à quelqu'un) (= En toucher deux mots à quelqu'un, l'avertir, le prévenir brièvement)
Espagnol (Espagne) decir dos palabras dire deux mots
Français (Canada) en souffler un mot en souffler un mot
Grec ψιθυριζω δυο φωνηεντα chuchoter deux voyelles
Hongrois lesz hozzá egy-két szava y avoir un ou deux paroles
Italien far parola di qualcosa a qualcuno faire parole de quelque chose à quelqu'un
Latin duo verba Deux verbes
Néerlandais ....in een paar woorden ... en quelques mots / en deux mots
Néerlandais bondig zijn (être concis) être bref, succint
Néerlandais (Belgique) het met iemand hebben over l'avoir avec quelqu'un sur
Néerlandais iets aanstippen pointiller quelque chose
Néerlandais ook een woordje zeggen dire un mot
Néerlandais .... het er even over hebben ... en parler avec quelques mots
Polonais szepnąć słówko / dwa słówka chuchoter un mot / deux mots
Polonais w dwóch słowach en deux mots
Portugais (Brésil) dar dois dedos de prose donner deux doigts de prose
Portugais (Brésil) dar um toque donner / faire un touche
Portugais (Brésil) trocar duas palavras com alguém échanger deux mots avec quelqu'un
Portugais (Portugal) falar com parler à
Roumain a schimba (vreo) două vorbe échanger (quelque) deux paroles
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Commentaires sur l'expression « en toucher deux mots » Commentaires

  • #41
    Elpepe
    23/09/2008 à 14:06
    • En réponse à <inconnu> #35 le 23/09/2008 à 13:03 :
    • « quand Rodrigue dit au Comte "À moi, comte, deux mots !"
      Ah ben j’ai toujours cru qu’il disait "A moi, comte de Meaux" ! Comme quoi je ne su... »
    Le vers original était : "passe-moi le Brie, Comte Robert". Mais il y avait trop de pieds, et, sans en faire tout un fromage, le corbeau, en fin renard, a pratiqué l’ellipse métaphorique et la catachrèse paradoxale réunies. Mais Syanne t’expliquera ça mieux que moi... 😄
  • #42
    <inconnu>
    23/09/2008 à 15:04*
    • En réponse à cotentine #39 le 23/09/2008 à 13:55* :
    • « tu as raison, les mots ont un pouvoir effrayant ou magique !
      le mot qui tue, celui qui te déprime ou te casse et le bon qui te fait rire ,... »
    cette page
    où Victor Hugo exprime parfaitement le pouvoir des mots.
  • #43
    <inconnu>
    23/09/2008 à 15:13
    • En réponse à Elpepe #41 le 23/09/2008 à 14:06 :
    • « Le vers original était : "passe-moi le Brie, Comte Robert". Mais il y avait trop de pieds, et, sans en faire tout un fromage, le corbeau, en... »
    Je ne vois pas le rapport entre le brie de Meaux et le cacatoès paradoxal, même avec une hélice.
  • #44
    Elpepe
    23/09/2008 à 15:21
    • En réponse à <inconnu> #42 le 23/09/2008 à 15:04* :
    • « cette page
      où Victor Hugo exprime parfaitement le pouvoir des mots. »
    En quatre mots : Totor tartine au kilomètre.
  • #45
    Elpepe
    23/09/2008 à 15:21
    • En réponse à <inconnu> #43 le 23/09/2008 à 15:13 :
    • « Je ne vois pas le rapport entre le brie de Meaux et le cacatoès paradoxal, même avec une hélice. »
    Moi non plus, pourquoi ?
  • #46
    SyntaxTerror
    23/09/2008 à 15:47
    • En réponse à <inconnu> #42 le 23/09/2008 à 15:04* :
    • « cette page
      où Victor Hugo exprime parfaitement le pouvoir des mots. »
    Pas tout à fait dans le même registre, il existe le "téléphone" de Péchin : Est-ce que je peux toucher votre fille ?
  • #47
    <inconnu>
    23/09/2008 à 16:08
    pour en toucher un mot correctement, il parait qu’il suffit de l’embrasser comme du bon pain !
    Tiens voilà une expression non traitée par God !
  • #48
    momolala
    23/09/2008 à 16:26*
    • En réponse à chirstian #17 le 23/09/2008 à 08:45 :
    • « j’ai noté deux touches de mon piano pour lui en toucher deux notes . Ca l’a beaucoup touché. Il ne trouvait plus ses mots, preuve qu’il avai... »
    Moi, je rouve ton accord parfait, surtout le dernier.
    Réflexion faite, je te trouve hardi de toucher à clavier.
  • #49
    momolala
    23/09/2008 à 16:31
    • En réponse à <inconnu> #42 le 23/09/2008 à 15:04* :
    • « cette page
      où Victor Hugo exprime parfaitement le pouvoir des mots. »
    En un mot comme en deux, chut !
  • #50
    Elpepe
    23/09/2008 à 16:32
    • En réponse à <inconnu> #47 le 23/09/2008 à 16:08 :
    • « pour en toucher un mot correctement, il parait qu’il suffit de l’embrasser comme du bon pain !
      Tiens voilà une expression non traitée par Go... »
    Bonjour, nouveau ? Bon, pour proposer une nouvelle expression à God, tu vas dans "contact", tout là-haut à gauche, et en deux mots tu lui fourgues tes cinq. Et tu lui en serres autant, que tu lui colles du boulot en rab, qu’il faut qu’il fasse des recherches avec sa baguette de sourcier de 12, tu mords ?
    Bien le caresser dans le sens du poil, que sinon il bâcle le blot en le traitant par dessus la jambe, genre "vous avez déjà embrassé du bon pain, vous ?" On le connaît...
    Mais d’abord, tu vérifies dans "recherche" que l’expression qui te vient à l’esprit n’a pas déjà été traitée, sinon il te colle un pain, et samedi. L’est comme ça, God.
  • #51
    <inconnu>
    23/09/2008 à 16:57
    • En réponse à cotentine #39 le 23/09/2008 à 13:55* :
    • « tu as raison, les mots ont un pouvoir effrayant ou magique !
      le mot qui tue, celui qui te déprime ou te casse et le bon qui te fait rire ,... »
    Merci Cotentine!
  • #52
    <inconnu>
    23/09/2008 à 17:54
    • En réponse à momolala #49 le 23/09/2008 à 16:31 :
    • « En un mot comme en deux, chut ! »
    Pour une bavarde comme moi c’est mission impossible. Pourtant, je fais quand même attention à ce que je dis. A la sortie de l’école tout à l’heure c’était pas chut!
    Quel joyeux brouhaba, surtout quand on a pas à les supporter toute la journée.🙂
  • #53
    Elpepe
    23/09/2008 à 18:06
    Bon, les gosses : je pars toucher deux mots à BB de notre invitation en ville de tout à l’heure, que le temps qu’elle se prépare, se pare, se compare, se sépare de sa tenue pour un paréo et tout le bataclan, on finirait bien par être en retard !
    Allez, au lit, etc...
  • #54
    mickeylange
    23/09/2008 à 19:16*
    Les mots peuvent parfois se résumer à des lettres comme ce petit poème qui date de l’occupation.
    La nation ABC
    La gloire FAC
    Les provinces CD
    Le peuple EBT
    Les lois LUD
    La justice AI
    La liberté FMR
    Les prix LV
    La ruine HV
    La honte VQ
    Mais l’espoir RST
  • #55
    AnimalDan
    23/09/2008 à 19:20
    • En réponse à Elpepe #53 le 23/09/2008 à 18:06 :
    • « Bon, les gosses : je pars toucher deux mots à BB de notre invitation en ville de tout à l’heure, que le temps qu’elle se prépare, se pare, s... »
    T’as toujours l’air d’avoir peur que le plafond tombe si tu le lâches. Mais va, va... On sait ce que c’est, nous aussi on a une vie..! :’-))
  • #56
    AnimalDan
    23/09/2008 à 19:27*
    • En réponse à <inconnu> #42 le 23/09/2008 à 15:04* :
    • « cette page
      où Victor Hugo exprime parfaitement le pouvoir des mots. »
    Ce mot que vous croyez que l’on n’a pas entendu,

    Ce que je vois là, moi, en deux mots, c’est un vers boiteux.
    Et ça m’étonnerait que le père Hugo ait laissé passer ça.
    Même considérant le singulier (!) "en pantoufle"...
    PS: J’ajoute que le "que vous croyez qu’on n’a pas entendu" lu ailleurs est si affreux, tant du point de vue de la syntaxe que de celui de la phonétique, que j’ai du mal à y croire.
    "... que, croyez-vous, on n’a pas entendu..." par exemple, est une tournure qui ne saurait avoir échappé au Maître... Si..??!
    Perplexe...
  • #57
    AnimalDan
    23/09/2008 à 19:44
    • En réponse à Elpepe #44 le 23/09/2008 à 15:21 :
    • « En quatre mots : Totor tartine au kilomètre. »
    On en connait d’autres...
    La différence, c’est juste le génie.
  • #58
    AnimalDan
    23/09/2008 à 19:54
    • En réponse à <inconnu> #52 le 23/09/2008 à 17:54 :
    • « Pour une bavarde comme moi c’est mission impossible. Pourtant, je fais quand même attention à ce que je dis. A la sortie de l’école tout à l... »
    Quel joyeux brouhaba

    "Brouuuu..! A bas l’école.!!"..?? :’-))
  • #59
    syanne
    23/09/2008 à 20:27
    • En réponse à AnimalDan #56 le 23/09/2008 à 19:27* :
    • « Ce mot que vous croyez que l’on n’a pas entendu,
      Ce que je vois là, moi, en deux mots, c’est un vers boiteux.
      Et ça m’étonnerait que le pèr... »
    J’ajoute que le "que vous croyez qu’on n’a pas entendu" lu ailleurs est si affreux, tant du point de vue de la syntaxe que de celui de la phonétique, que j’ai du mal à y croire.

    Le vrai vers est pourtant bien : Ce mot que vous croyez qu’on n’a pas entendu, ! (Toute la lyre, « Les sept cordes », III [La pensée], XXI, vers 12)
    Ce n’est pas le seul vers cacophonique de Victor (méchamment parodié pour ses accumulations de sons chaotiques par l’un de ses contemporains dont – help, amis hugoliens ! – je ne parviens pas à me rappeler le nom). On pardonne à ce grand homme qui fut par ailleurs si magnifiquement prolixe.
  • #60
    subbuteo
    24/09/2008 à 06:31*
    • En réponse à syanne #59 le 23/09/2008 à 20:27 :
    • « J’ajoute que le "que vous croyez qu’on n’a pas entendu" lu ailleurs est si affreux, tant du point de vue de la syntaxe que de celui de la ph... »
    je ne parviens pas à me rappeler le nom

    Bonjour Syanne, je pense à Charles Baudelaire.