Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

à tu et à toi [adj]

très lié ; très familier ; très intime ; être copains comme cochons ; être cul et chemise

Origine et définition

Voilà une expression qui, à la fin du XVIIIe siècle, se disait "être de tu à toi" et dont l'origine s'explique aisément.
Avec une personne avec laquelle vous n'êtes pas familier, vous utilisez le vouvoiement. Par contre, avec un ami, vous le tutoyez et vous lui donnez du 'toi' à tout-va.
De là, on comprend aisément qu'on puisse être à tu et à toi avec une connaissance avec laquelle le tutoiement est naturel, donc avec quelqu'un de familier.

Exemples

« Pendant ce temps-là, ma petite se débrouillait, il fallait voir ! À tu et à toi avec des célébrités et disant "mon cher" au directeur.»
Colette - L'envers du music-hall

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand per du mit jemandem sein être à toi avec quelqu'un
Allemand auf du und du stehen être à tu et à toi
Anglais to be like two peas in a pod être comme deux pois dans une cosse
Anglais (UK) We go back a long way (a long time) Nous revenons de loin
Anglais on first name terms sur les termes du prénom
Anglais to be on first name terms être en termes d'utiliser des prénoms
Anglais (USA) to be thick as thieves être intime comme des voleurs
Anglais (USA) to be on a first-name basis être sur une base prénoms
Arabe (Tunisie) mtayhine hit el yajour ils ont démoli le mur de briques
Espagnol (Espagne) ser como uña y carne être comme ongle et chair
Espagnol (Espagne) tutearse se tutoyer
Espagnol (Espagne) Ser uña y carne Être ongle et chair (= Être cul et chemise / Être comme des larrons en foire)
Espagnol (Argentine) carne y uña chair et ongle
Espagnol (Espagne) estar de tú a tú être de tu à toi
Espagnol (Espagne) estar a partir piñones être à casser des pignons
Espagnol (Espagne) Entenderse a las mil maravillas S'entendre aux mille merveilles (= S'entendre merveilleusement bien)
Espagnol (Argentine) como chanchos commme des cochons
Français (Canada) être ben, ben chums être très, très amis
Hongrois pertuban lenni vkvel être à toi avec quelqu’un
Hongrois puszipajtások ils sont des copains à se faire la bise
Italien essere pane e cacio être pain et fromage
Italien essere pappa e ciccia s'entendre omme larrons en foire
Italien essere un tutt'uno s'entendre très bien
Italien a quattr'occhi à quatre yeux
Néerlandais jijen en jouwen met vrienden s'adresser en tu et toi aux amis
Néerlandais twee handen op één buik zijn être deux mains sur une ventre
Néerlandais jijen en jouwen, jijen en jouen - met `jij´ en `jou´ aanspreken tu-er et toi-er
Néerlandais dief en diefjesmaat zijn ... être voleur et copain-voleur
Néerlandais als twee billen in één broek ... comme deux fesses dans un pantalon
Néerlandais als twee stalbroeders zijn être comme deux frères, dans une écurie (Expr. d'origine du 16e Siècle)
Portugais (Brésil) être à tu et à toi avec quelqu'un ser unha e carne com alguém
Roumain a fi per tu être à tu et à toi
Roumain a se bate pe burtă se frapper (réciproquement) sur le ventre
Roumain a se trage de sireturi se tirer les lacets
Russe быть на ты être à tu
Serbe oni su na ti ils sont à tu
Turc senli benli olmak être à toi et à moi
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Commentaires sur l'expression « à tu et à toi » Commentaires

  • #41
    tytoalba
    25/06/2007 à 17:49
    • En réponse à <inconnu> #21 le 25/06/2007 à 14:11 :
    • « Donner la main, tytoalba, est une pratique condamnée par l’OMS. Par le contact des mains se transmettent de nombreuses maladies. Quelqu’un... »
    ben tiens avec la bise, les microbes circulent plus vite. On s’approche de la joue de l’autre et il en profite pour tousser. Quand on connait la vitesse d’un éternuement il y a de quoi rester distant aussi.
    @ rikske : bravo pour ta défense des bactéries, de tout coeur avec toi. A bas les fromages, bières et j’en passe qu’on voudrait aseptiser. Cela vaut bien une bonne gueuze à condition qu’elle soit au bouchon et nature.
    @ petulaperrot : on ne travaillerait pas dans le milieu hospitalier ? On croirait entendre le discours des infirmiers ou infirmières qui prennent les patients pour des débiles. Ceci étant dit, bravo quand même pour leur travail.
  • #42
    <inconnu>
    25/06/2007 à 18:13
    • En réponse à tytoalba #41 le 25/06/2007 à 17:49 :
    • « ben tiens avec la bise, les microbes circulent plus vite. On s’approche de la joue de l’autre et il en profite pour tousser. Quand on connai... »
    non, non, je suis comme qui dirait une desesperate houswife, mais, dans le cadre de mes obligations quotidiennes, il y a le tour des commerçants qui raffolent de ce type de formule.
    Pour ce qui est de s’adresser aux patients comme s’ils étaient tous neuneus, c’est plutôt le rôle du médecin chef ou du chir, non ? (voir à ce propos l’excellent sketch des Inconnus: " l’hopital")
  • #43
    chirstian
    25/06/2007 à 18:19
    • En réponse à <inconnu> #18 le 25/06/2007 à 11:27* :
    • « On se dit "tu" ou on se dit "vous", on se "tutute" ou on se "vouvoute" ?
      Tout ceci est d’un compliqué ! Adoptons tous "l’iloiment" !
      - "il m... »
    Adoptons tous "l’iloiment"
    nous l’avons adopté depuis longtemps, puisque c’est là l’origine de la langue d’oïl
    A la question "untel fait-il telle chose ?" la réponse était "cela , il (le fait) " , un peu à la manière du "he does" anglais. Donc "o il " (o pour la contraction de "hoc" ). Et cette façon d’approuver a donné le oïl , ancêtre de notre oui (en l’emportant sur le oc ).
    On entend encore souvent des questions du style : "Et qu’est ce qu’il veut le monsieur" chez des commerçants agés, étape intermédiaire entre le "et pour monsieur, ce sera ?" et le "et pour vous, monsieur ?"
  • #44
    syanne
    25/06/2007 à 18:26
    • En réponse à <inconnu> #42 le 25/06/2007 à 18:13 :
    • « non, non, je suis comme qui dirait une desesperate houswife, mais, dans le cadre de mes obligations quotidiennes, il y a le tour des commerç... »
    Pour ce qui est de s’adresser aux patients comme s’ils étaient tous neuneus, c’est plutôt le rôle du médecin chef ou du chir, non ?

    Je confirme. Pour les pontes qui passent ( quatre en quatre jours, lors de mon dernier séjour), on se sent devenir métonymique (la partie pour le tout, l’organe pour la fonction...) On n’est pas vraiment à tu et à toi. On serait plutôt à jambe ou à foie... Le p’tit personnel, en revanche, sait vous la tenir, la jambe, et même vous prendre la main, quitte à être débordé, ou à déborder son horaire... Nous prennent pas pour des débiles, non.
    PS. Quelle tendance, la desperate housewife ? Pas Bree, je pense...
  • #45
    Elpepe
    25/06/2007 à 18:40
    • En réponse à chirstian #43 le 25/06/2007 à 18:19 :
    • « Adoptons tous "l’iloiment"
      nous l’avons adopté depuis longtemps, puisque c’est là l’origine de la langue d’oïl
      A la question "untel fait... »
    D’où, vestige moderne de ce temps que les moins de cent lustres ne peuvent point connaître : le gas oil.
    Seychelles que j’aime !
    L’Amiral
  • #46
    chirstian
    25/06/2007 à 18:41
    on comprend aisément qu’on puisse être à tu et à toi avec une connaissance
    on le comprend d’autant mieux que "connaître" avait autrefois le sens de : "Avoir avec elle, avec lui des relations sexuelles" ce qui peut justifier certaines libertés de langage.
    Mais il n’empêche qu’une phrase comme " oh quel pied, la putain de toi !" n’aura jamais la classe d’un " ah, j’adore la façon dont vous me pompâtes ! "
  • #47
    <inconnu>
    25/06/2007 à 18:41*
    • En réponse à syanne #44 le 25/06/2007 à 18:26 :
    • « Pour ce qui est de s’adresser aux patients comme s’ils étaient tous neuneus, c’est plutôt le rôle du médecin chef ou du chir, non ?
      Je con... »
    PS. Quelle tendance, la desperate housewife ? Pas Bree, je pense...
    Physiquement, j’aimerai bien, pour le comportement, ce sera plutot Suzan...
  • #48
    syanne
    25/06/2007 à 18:47*
    • En réponse à chirstian #43 le 25/06/2007 à 18:19 :
    • « Adoptons tous "l’iloiment"
      nous l’avons adopté depuis longtemps, puisque c’est là l’origine de la langue d’oïl
      A la question "untel fait... »
    Donc "o il " (o pour la contraction de "hoc" ). Et cette façon d’approuver a donné le oïl , ancêtre de notre oui (en l’emportant sur le oc ).

    C’est vrai aussi pour la négation : en ancien français, dans une réponse négative, on supprimait souvent le sujet, (non ferai = non, je ne le ferai pas) mais il arrivait aussi que l’on supprime le verbe, (je non), d’où la forme moderne de la réponse négative, qui est non tout court.
    Le non est d’ailleurs déjà employé tout seul en anc. Fr., surtout sur un ton interrogatif : non ?. Mais on préfère en général la forme composée nenil (= nen il, non il).
    PS Dit-on encore "nenni" ? Que nenni, crois-je.
  • #49
    cotentine
    25/06/2007 à 19:12
    • En réponse à syanne #44 le 25/06/2007 à 18:26 :
    • « Pour ce qui est de s’adresser aux patients comme s’ils étaient tous neuneus, c’est plutôt le rôle du médecin chef ou du chir, non ?
      Je con... »
    pourquoi Bree plus particulièrement ?
    pourquoi pas Lynette, ex-carriériste, qui s’occupe de ses petits "monstres" ... ou la blonde Edie qui sait ce qu’elle veut (mais n’a rien de la "blonde" des jokes) ... ça ne peut pas être Susan qui est plutôt Miss "Poisse" ... et pourquoi pas Gabrielle ? (ça m’amuse car toutes les copines de ma fille la surnomment Gabrielle, autant pour le physique que pour le moral)
    en tous cas ces "desesperate housewives" sont copines comme cochon(ne)s, elles sont "à tu et à toi", bref comme ’cul et chemise’ !!! 😄
  • #50
    syanne
    25/06/2007 à 19:28
    J’ai connu un larron qui était à tu et à toi avec son cochon Kissendédy. Il lui fut particulièrement difficile de l’emmener à la foire – où pourtant ils s’entendaient comme vous savez – car il savait qu’il lui faudrait le vendre, Kissendédy, au premier charcutier venu, qu’il ne connaîtrait ni des lèvres ni des dents, mais qui lui dirait « V’là trente piastres pour ton verrat, et tu verras, sitôt sous mon toit, je le tue, cochon qui s’en dédie ».
  • #51
    Elpepe
    25/06/2007 à 19:28
    • En réponse à cotentine #49 le 25/06/2007 à 19:12 :
    • « pourquoi Bree plus particulièrement ?
      pourquoi pas Lynette, ex-carriériste, qui s’occupe de ses petits "monstres" ... ou la blonde Edie qui... »
    Quelle cuture, les filles ! Arrêtez, je me sens tout barbouillé, je vais aller au refile si vous continuez... Hugues !
    Euh... Marceeeeeeeeeeel ! Elles prennent quoi, les dames ?
  • #52
    Elpepe
    25/06/2007 à 19:30
    • En réponse à syanne #50 le 25/06/2007 à 19:28 :
    • « J’ai connu un larron qui était à tu et à toi avec son cochon Kissendédy. Il lui fut particulièrement difficile de l’emmener à la foire – où... »
    Cauchon qui s’en dédit.
    Jehanne
  • #53
    <inconnu>
    25/06/2007 à 20:03
    • En réponse à cotentine #49 le 25/06/2007 à 19:12 :
    • « pourquoi Bree plus particulièrement ?
      pourquoi pas Lynette, ex-carriériste, qui s’occupe de ses petits "monstres" ... ou la blonde Edie qui... »
    Tu as donc intérêt à l’enfermer à double tourta fille, comme on disait chez nous "il doit y en avoir des matous qui viennent pisser le long de la porte !"
  • #54
    Elpepe
    25/06/2007 à 20:04*
    Dubois, lui, tout en gobant ses marennes, m’expliquait en détails la gastro-entérite de sa femme de ménage… C’est vous dire si la plus totale harmonie régnait dans la salle à manger de ces bons amis !
    Et soudain, au moment pile où la mère Dubois se la radinait, portant triomphalement une gigantesque marmite recelant le cassoulet : vlan ! Ou plutôt « dring ! » le bignou s’est mis à carillonner…

    Ainsi est résumé le début du polar, en quatrième de couverture, du regretté San A : A tue et à toi.
    La fin, ça fait comme ça :
    - Je me souviendrai longtemps de la chaleur de ta peau, Anne-Marie… Et du goût de tes lèvres. Le poids de ton regard va me manquer… Le soir, surtout, j’en ai peur… Je me rappellerai nos crépuscules, là-bas… nos étreintes dans les rochers… Et peut-être, dans le fond, ce que je regretterai le plus, ce seront ces vaisselles que nous faisions ensemble. Elles m’avaient doucement amené au seuil d’une vie nouvelle… Une vie qui me faisait un peu peur parce que, dans le fond, je n’étais pas fait pour elle… Et parce que je n’étais pas fait pour elle, elle m’attirait, c’est humain…
    Je m’arrête, la voix nouée. J’avale un grand coup de chagrin, et je dis :
    - Cette valise, j’ignore son contenu. Et si je le connaissais, je t’arrêterais… Peut-être pourrais-tu la porter dans une consigne de gare en prenant soin de camoufler ton aspect ? Et peut-être pourrais-tu envoyer le récépissé au commissaire Mignon, Police judiciaire, Paris ?
    Je me dirige vers la porte.
    - Peut-être peux-tu la garder, je ne sais pas…
    Je franchis le seuil sans ajouter un mot. Je crois avoir entendu le mot « adieu » dans mon dos, mais faible, comme un écho que vous apporte la brise du soir…
    Dans la rue, la nuit tombe. Paris s’illumine… C’est chaque soir la même kermesse…
    Je rejoins ma voiture et m’installe au volant… Machinalement, je mets en route… Je tourne une rue, une autre… Je déclenche l’essuie-glace, mais ma vue reste brouillée…
    Y a maldonne, les mecs… Ça n’est pas sur le pare-brise qu’il pleut !

    Entre les deux : z’avez qu’à lire, ou relire. C’est un conseil de l’Amirauté.
  • #55
    mident
    25/06/2007 à 20:21
    • En réponse à Rikske #33 le 25/06/2007 à 16:23 :
    • « D’abord, marin de mon coeur, une triple Westmalle, ça ne se consomme pas sur le zinc, mais bien confortablement assis dans un établissement... »
    Quand on passe à Bruxelles, c’est vrai qu’une petite halte au Cirio s’impose mais, personnellement, je préfère un Halvenhalf. J’ai des goûts de luxe !!!
    Tu peux y aller franchement Elpepe, tu ne le regretteras pas.
  • #56
    Rikske
    25/06/2007 à 20:56
    • En réponse à chirstian #46 le 25/06/2007 à 18:41 :
    • « on comprend aisément qu’on puisse être à tu et à toi avec une connaissance
      on le comprend d’autant mieux que "connaître" avait autrefois l... »
    Qu’en termes choisis ces choses là furent dites ! Acré bon gu !
  • #57
    Rikske
    25/06/2007 à 20:59
    • En réponse à <inconnu> #42 le 25/06/2007 à 18:13 :
    • « non, non, je suis comme qui dirait une desesperate houswife, mais, dans le cadre de mes obligations quotidiennes, il y a le tour des commerç... »
    Sequoia, ça, une desperate house wife ? Ménagère déprimée ? Pas autant que mon 50 %, zelle !
  • #58
    Rikske
    25/06/2007 à 21:07
    • En réponse à mident #55 le 25/06/2007 à 20:21 :
    • « Quand on passe à Bruxelles, c’est vrai qu’une petite halte au Cirio s’impose mais, personnellement, je préfère un Halvenhalf. J’ai des goûts... »
    Bon pour un half en half, meeke ! Tu peux ôssi venir, tu sé ! En été, tous les touristes japonocouilles sont sur la terrasse, alors que le plus beau est à l’intérieur ! Ceci dit, si jamais tu passes quand je suis pas là (ça arrive souvent, pas que tu passes, mais que je suis pas là, newô), demande à Monsieur Luciano (tu le reconnaîtras, il fredonne tout le temps), ou à Monsieur Rico (lui, il chante pas, mais il a le gabarit de Pavarotti, sans la barbe) de te servir ton half en half. Ca est des cracs pour ça !
  • #59
    Elpepe
    25/06/2007 à 21:47
    • En réponse à mident #55 le 25/06/2007 à 20:21 :
    • « Quand on passe à Bruxelles, c’est vrai qu’une petite halte au Cirio s’impose mais, personnellement, je préfère un Halvenhalf. J’ai des goûts... »
    Avec Rikske, aucun risque. Sauf, éventuellement, pour le foie, j’ai foi en lui, une fois ! 😄
  • #60
    Rikske
    25/06/2007 à 22:07*
    • En réponse à Elpepe #59 le 25/06/2007 à 21:47 :
    • « Avec Rikske, aucun risque. Sauf, éventuellement, pour le foie, j’ai foi en lui, une fois ! 😄 »
    Les souris ont la peau tendre... ou bien confondé-je-t-il avec "Mes hommages à la donzelle" ? Voire avec "Du mouron à se faire" ? "Descendez-le à la prochaine" ?Allez, bonne nuit les gosses, et surtout... les mains DESSOUS les couvertures... avec Bobonne, bien sûr ! Du piano à quatre mains, quand la partition est belle, ça fait du bien à l’âme... A elle ! A moi ! A nous !