Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

être en bisbille [v]

être en conflit pour des raisons futiles ; avoir un léger différend

Origine et définition

En français, la 'bisbille' est une querelle, une brouille entre personnes, généralement pour une raison futile.

Le mot, qui, chez nous, date du début du XVIIe siècle, nous vient de l'italien 'bisbiglio' qui, au XIVe, avait d'abord le sens de murmure ou chuchotement et qui, par extension, a aussi désigné ces discussions à voix très basse, porteuses de méfiance, de désapprobation ou de médisance.

Malheureusement, les lexicographes ne proposent pas d'explication claire sur le glissement de sens du chuchotement vers la querelle.
On peut toutefois imaginer que la personne un peu paranoïaque qui en voit une autre discuter à voix très basse avec une troisième, s'imagine qu'on dit du mal d'elle et, du coup, se met à en vouloir à l'un ou à l'autre des interlocuteurs, et ce pour une raison futile, puisqu'en fait il n'était pas du tout question d'elle dans la discussion, vous pensez bien ! Mais ce n'est qu'une hypothèse possible.

Exemples

«Associés depuis 1993, Wadia et Danone ont transformé Britannia en acteur dominant du marché local du biscuit, grâce à la marque Tiger et à son icône, un tigre musclé et souriant.
Mais le couple est en bisbille depuis plusieurs années. Wadia reproche à son partenaire d'avoir déposé la marque Tiger dans 70 pays sans son accord, et d'utiliser le fameux tigre pour vendre des biscuits en Indonésie, au Pakistan et en Égypte. »
Le Figaro - Article du 7 avril 2009

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand mit jemandem schmollen faire la tête / gueule à quelqu'un
Allemand mit jemandem Zirkus haben avoir du cirque avec quelqu'un
Anglais to be at sixes and sevens with someone être aux six et septs avec quelqu'un
Anglais to bicker with someone se chamailler
Anglais to quibble over something ergoter
Espagnol (Espagne) discutir por un quítame allá esas pajas se disputer pour qu'on m'enlève ces pailles là-bas
Espagnol (Espagne) Estar de Uñas En être aux ongles/griffes
Espagnol (Espagne) estar mosqueado Mosqueado vient de mouche, mosca comme une vache peut être dérangée par l'impértinance d'une mouche
Français (Canada) être en chicane être en désaccord
Hongrois marakodik vkvel être en bisbille avec qqn
Italien essere in rotta être en rupture
Néerlandais met iemand in de clinch liggen avoir un conflit avec quelqu'un
Néerlandais met iemand niet door één deur kunnen ne pas pouvoir passer, avec une autre personne, par une seule porte
Portugais (Brésil) estar de mal être en mal
Portugais (Brésil) fazer rusgas
Roumain a fi în gâlceavă être en conflit
Roumain a fi în șucăr être en conflit
Roumain a fi în zâzanie être en zizanie
Roumain a se hârâi se gronder
Wallon (Belgique) être en bisbrouille avec quelqu'un
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « être en bisbille » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.


Commentaires sur l'expression « être en bisbille » Commentaires

  • le gone
    14/06/2018 à 10:20
    Faire un carreau c'est se faire embrasser deux billes ! Mais qui joue encore aux billes à part certains politiques ?
  • mickeylange
    14/06/2018 à 10:42*
    Cette expression vient de la marine.
    Au XVe siècle les marins pour passer le temps jouaient aux billes sur le pont des bateaux en attendant les alizés pour aller en Amérique.
    Comment croyez-vous que Gérard* Christophe Colomb s'est retrouvé là-bas si ce n'est parce que les alizés l'ont poussé.
    Donc quand il y avait de la bise, on naviguait et on ne pouvait pas jouer aux billes, d'autant plus que le bateau penchant sur le côté les billes...
    Le proverbe était à cette époque quand il y a de la bise, pas de billes. Ce qui c'est transformé en bise-bille dans un premier temps pour devenir bisbille par contraction.
    Et pis c'est tout.
    * Gérard, lui n'a pas été poussé à l'intérieur par les alizés mais par Macron.
  • SyntaxTerror
    14/06/2018 à 10:47*
    • En réponse à le gone #161 le 14/06/2018 à 10:20 :
    • « Faire un carreau c'est se faire embrasser deux billes ! Mais qui joue encore aux billes à part certains politiques ? »
    Mais qui joue encore aux billes à part certains politiques ?
    Un coiffeur proche de la Gare de l'Est, Paris 10ème.
  • le gone
    14/06/2018 à 11:01
    • En réponse à DiwanC #152 le 14/06/2018 à 01:44* :
    • « Être en bisbille avec quelqu'un... Tout ce que je déteste... N'ai aucune disposition pour la querelle, la dispute ou la chicane... 🙁
      Comme s... »
    Même chose pour moi. Les conflits ridicules qui virent à des trucs genre mauvaises histoires de familles ou autres trucs....
    Ici on se chahute un peu parfois on insiste et on peut s'y mettre à plusieurs et puis le lendemain on y pense plus 🙂
  • le gone
    14/06/2018 à 11:03
    • En réponse à SyntaxTerror #163 le 14/06/2018 à 10:47* :
    • « Mais qui joue encore aux billes à part certains politiques ?
      Un coiffeur proche de la Gare de l'Est, Paris 10ème. »
    Heu... je pige pas la photo du salon de coiffure... Y a des jours la comprenette est moins facile que d'autres...
  • deLassus
    14/06/2018 à 11:07*
    • En réponse à le gone #165 le 14/06/2018 à 11:03 :
    • « Heu... je pige pas la photo du salon de coiffure... Y a des jours la comprenette est moins facile que d'autres... »
    Voir cette page, (enfin c'est ce que j'ai cru comprendre...)
  • Utilisateur supprimé
    14/06/2018 à 11:55
    • En réponse à deLassus #166 le 14/06/2018 à 11:07* :
    • « Voir cette page, (enfin c'est ce que j'ai cru comprendre...) »
    Merci, fallait le savoir ! Sacré Syntax...
  • le gone
    14/06/2018 à 12:03
    • En réponse à deLassus #166 le 14/06/2018 à 11:07* :
    • « Voir cette page, (enfin c'est ce que j'ai cru comprendre...) »
    Merci ! je connaissais pas...
  • SyntaxTerror
    14/06/2018 à 12:24
    On dirait qu'il faut être Francilien pour savoir que Joseph Joffo a ouvert des salons de coiffure à Paris. J'en connais un deuxième, proche de la Gare Saint-Lazare.
  • DiwanC
    14/06/2018 à 12:30*
    • En réponse à le gone #168 le 14/06/2018 à 12:03 :
    • « Merci ! je connaissais pas... »
    Un joli p'tit succès de librairie à sa sortie... Sans larmoyer, Joffo raconte son histoire d'enfant juif, son errance au cours de la Seconde Guerre mondiale... Un joli p'tit moment de lecture auquel la plume de Patrick Cauvin n'est semble-t-il pas étrangère.
    Mince ! Je m'aperçois que je fais du bis repetita avec ce que dit M'sieur Wiki... Ça suffit pour qu'ici on me cherche noise bisbille.
  • DiwanC
    14/06/2018 à 12:44*
    • En réponse à le gone #164 le 14/06/2018 à 11:01 :
    • « Même chose pour moi. Les conflits ridicules qui virent à des trucs genre mauvaises histoires de familles ou autres trucs....
      Ici on se chah... »
    et puis le lendemain on y pense plus.

    Pas sûr... Les bisbilles d'ici laissent parfois des p'tites griffures parce qu'on ne les attendait pas, en tout cas pas du côté où elles sont venues... des p'tites égratignures... Il reste des traces, même si ce ne sont que p'tites traces... 😐
  • DiwanC
    14/06/2018 à 12:54*
    • En réponse à mickeylange #162 le 14/06/2018 à 10:42* :
    • « Cette expression vient de la marine.
      Au XVe siècle les marins pour passer le temps jouaient aux billes sur le pont des bateaux en attendant... »
    Et quand la bise fut venue, telles des cigales fontainières, les marins de Colomb ne touchèrent plus leurs billes...

    - Ho matelot ! Hisse et haut !
    - Peu pas hisser plus haut que j'ai l' guindeau !
    - Continue comme ça ! Tu vas virer de mon bateau !

    Dame*... Fallait pas le chercher le Christophe... Paraît qu'il n'avait pas une patience de Lange... 😛
    * de nage, 'videmment !
  • le gone
    14/06/2018 à 13:47
    • En réponse à DiwanC #170 le 14/06/2018 à 12:30* :
    • « Un joli p'tit succès de librairie à sa sortie... Sans larmoyer, Joffo raconte son histoire d'enfant juif, son errance au cours de la Seconde... »
    Ah ! Si Patrick Cauvin est dans le coup évidemment qu'à la sortie se soit un succès. Fut un temps ou je le lisais bien. Il a commis des bouquins sympathiques et drôles et puis il est devenu un peu trop sérieux. Ou alors je l'ai oublié et préféré d'autres auteurs...
  • mickeylange
    14/06/2018 à 18:08*
    • En réponse à DiwanC #172 le 14/06/2018 à 12:54* :
    • « Et quand la bise fut venue, telles des cigales fontainières, les marins de Colomb ne touchèrent plus leurs billes...
      - Ho matelot ! Hisse e... »
    Et quand la bise fut venue, telles des cigales fontainières, les marins de Colomb ne touchèrent plus leurs billes...

    Christophe Colomb un compatriote né à Gênes. Il n'est pas le premier à découvrir l'Amérique puisque les viking, les basques et les bretons connaissaient déjà.
    Avant de travailler pour les espagnols il a commandé un navire du roi René l'angevin.
    Comme le professeur Tournesol et les bretons il pensait que l'avenir était un peu plus à l'ouest. Comme il savait que le terre était ronde comme un chapeau breton il a imaginé de faire le tour pour trouver un raccourci pour aller aux Indes. (le con)
    Les portugais ayant refusé de financer son voyage il alla voir sur les conseil de Joseta la reine Isabelle.
    Le 3 août 1492 avec deux caravelles, la Pinta et la Niña et une caraque la Blanquetta, qui transportait les chèvres, il prend le large.
    Le 12 octobre la terre est en vue en réalité l'île de San Salvador. Il se fait nommer vice-roi. Le 28 octobre il appareil pour une île du continent asiatique que les "indiens" lui indique et il découvre Cuba et les cigares. Puis c'est Hipaniola (Saint Domingue) où il laisse une quarantaine de marins avant de repartir pour l'Espagne. Ce n'est que pendant son troisième voyage en 1498 qu'il met les pied au Venezuela et découvre enfin l'Amérique. Son barde Joe en fait une chanson :
    L'Amérique, l'Amérique je veux l'avoir et je l'aurai
    L'Amérique, l'Amérique, si c'est un rêve, je le saurai
    Je reviendrai je ne sais pas quand cousu* d'or et brodé d'argent
    Toutes les sirènes des bateaux
    M'ont chanté cent fois la chanson de l'Eldorado
    Vous avouerez que c'est autre chose que du Brassens la découverte de L'Amérique !
    * parole plagiées par Pierre Perret dans Tonton Cristobal.
  • SyntaxTerror
    14/06/2018 à 18:17
    • En réponse à mickeylange #174 le 14/06/2018 à 18:08* :
    • « Et quand la bise fut venue, telles des cigales fontainières, les marins de Colomb ne touchèrent plus leurs billes...
      Christophe Colomb un c... »
    Il n'est pas le premier à découvrir l'Amérique puisque les viking, les basques et les bretons connaissaient déjà.
    ... les Amérindiens connaissaient bien, eux aussi !
  • mickeylange
    14/06/2018 à 19:59
    • En réponse à SyntaxTerror #175 le 14/06/2018 à 18:17 :
    • « Il n'est pas le premier à découvrir l'Amérique puisque les viking, les basques et les bretons connaissaient déjà.
      ... les Amérindiens conn... »
    Sauf que même s'ils étaient amer ils n'étaient pas encore indiens !
  • SyntaxTerror
    14/06/2018 à 20:04
    • En réponse à mickeylange #174 le 14/06/2018 à 18:08* :
    • « Et quand la bise fut venue, telles des cigales fontainières, les marins de Colomb ne touchèrent plus leurs billes...
      Christophe Colomb un c... »
    paroles plagiées par Pierre Perret dans Tonton Cristobal.
    Quel homme, ce Perret ! Il a réussi à plagier en 1967 une chanson dont l'original anglais est sorti en 1970 !
  • deLassus
    02/02/2021 à 19:15
    Respect de la Parole de God ?

    Cette expression n'a pas été reprise dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français" (2011).

    L'exemple me semble de style tout à fait godesque.

    Bravo Reverso pour n'avoir touché à rien !!!
  • Utilisateur supprimé
    15/04/2021 à 00:10
    Aujourd'hui nous fêtons la Saint-Paterne. Saint Paterne de Vannes est le premier évêque attesté du diocèse de Vannes au Ve siècle. Décédé entre 490 et 511, ce gallo-romain est considéré comme étant un des sept saints fondateurs de la Bretagne. (Wiki)

    En un mot Paterne était brillant. Brillant peut-être, mais pas joyeux, le Paterne austère.
  • deLassus
    15/04/2021 à 00:27*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #179 le 15/04/2021 à 00:10 :
    • « Aujourd'hui nous fêtons la Saint-Paterne. Saint Paterne de Vannes est le premier évêque attesté du diocèse de Vannes au Ve siècle. Décédé en... »
    Décédé entre 490 et 511

    On disait de lui, à l'époque : "Il n'en finit pas de mourir"...

    PS Bravo pour le Paterne austère !