Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

le bran de judas [exp]

les taches de rousseur

Origine et définition

Le 'bren' ou 'bran' désignait autrefois la partie la plus grossière du son, ce résidu de la mouture des grains de céréales et constitué en majeure partie de leur enveloppe.
Le fait qu'il s'agissait d'une matière bonne à jeter, sans aucune valeur (depuis, on lui a trouvé quelques vertus, ne serait-ce que pour le transit intestinal), a fait que ce terme considéré comme péjoratif a aussi désigné la matière fécale dès le XIIIe siècle.
D'ailleurs, à cette époque, un breneux était quelqu'un qui était sali par des excréments, et une nourrice esbrenait régulièrement le derrière potelé mais néanmoins souillé des bébés dont elle avait la charge.
L'histoire dit que Judas Iscariote (), l'homme qui trahit Jésus, était roux, ce qui peut expliquer que les roux étaient autrefois mal considérés.
Il était alors facile d'imaginer que leurs taches de rousseur infamantes n'étaient que les traces d'une aspersion de la matière fécale issue d'un traître.

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand Sommersprossen (et rien d'autre!!!!) pousses d'été
Allemand (Suisse) laubflecken taches de feuillage
Allemand sommersprossen taches d'été
Allemand sonnensprossen germes de soleil
Anglais (USA) freckles tache de rousseur
Arabe (Tunisie) ennmech tâches de rousseur
Catalan Una piga a la cara fa gràcia, dues desgràcia Une tâche de rousseur sur le visage plaît, deux déplaît
Espagnol (Espagne) pecas de judas taches de rousseur de Judas
Français (Canada) des taches de rouilles
Français (Canada) avoir des chiures de mouches sur le nez
Gallois blodau'r haul les fleurs du soleil
Hongrois szeplő / szeplőtlen hírnév taches de son / une réputation sans tache
Hébreu הוויטרינה של הארון (vytrynn chèl haaronn) le notaire du placard
Italien pomelli rossi pommettes rousses
Néerlandais sproeten tâches de rousseur
Néerlandais zomersproeten les petites germes de l'été
Portugais (Brésil) sardas taches de rousseur
Roumain pistrui éclaboussuures/taches
Wallon (Belgique) des spitures de cabinet
Wallon (Belgique) liège : dès tètches du Djudas des taches de Judas
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « le bran de judas » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.


Commentaires sur l'expression « le bran de judas » Commentaires

  • <inconnu>
    14/10/2006 à 22:50*
    • En réponse à <inconnu> #99 le 14/10/2006 à 22:31 :
    • « "La bonne foi est une vertu essentiellement laïque, que remplace la foi tout court" Cotentine (desecndante directe des Vikings donc de pilla... »
    Ben, mon bon père Yannou, les p’tits Bruxellois (et les grands ôssi, zelle !), y savent plus seulement de qui y descendent. Les Vikings, tu dis ?
    Des hidalgos ? Des fransqulilons ? Des keïskoppen ? Des Ôstruche-chiens en culotte de peau ? Des z’Hongrois ? Tu vois, on en a vu passer tellement... et on est toujours là, potverdoeme ! Santeï !
  • <inconnu>
    14/10/2006 à 22:54
    • En réponse à <inconnu> #101 le 14/10/2006 à 22:50* :
    • « Ben, mon bon père Yannou, les p’tits Bruxellois (et les grands ôssi, zelle !), y savent plus seulement de qui y descendent. Les Vikings, tu... »
    Vous êtes une énigme en Europe ! On vous garde quand même.
  • <inconnu>
    24/10/2006 à 15:52
    • En réponse à SyntaxTerror #22 le 13/10/2006 à 10:11 :
    • « Commentaire d’un nouveau qui découvre cet excellent site :
      Il est vrai qu’en Picardie le mot "brain" est toujours utilisé pour désigner les... »
    Je confirme ce sens du mot "brain". Dans ma famille maternelle, issue du Pas de Calais, on utilise l’expression élégante "c’est du brain tout fait" pour désigner les plats pré-machés, du style purée ou compote.
  • <inconnu>
    25/10/2006 à 16:00
    • En réponse à <inconnu> #103 le 24/10/2006 à 15:52 :
    • « Je confirme ce sens du mot "brain". Dans ma famille maternelle, issue du Pas de Calais, on utilise l’expression élégante "c’est du brain tou... »
    Dans ma famille, on écrirais plutôt "brun de Judas" ...
  • psychoreve
    11/11/2010 à 05:19
    Quand le roux pète : "leurs taches de rousseur infamantes n’étaient que les traces d’une aspersion de la matière fécale issue d’un traître"
  • PHILO_LOGIS
    11/11/2010 à 07:06
    • En réponse à God #2 le 13/10/2006 à 07:23 :
    • « Ça s’dit tu qu’en Wallonnie?
      Si la question veut bien dire "est-ce que ça ne se dit qu’en Wallonie ?", je tiens à préciser que ce n’est pas... »
    (mais quand on me les demande, je les traite)

    Oui, surtout si elles sont blanches, c’est ça? T’as pas honte?
  • <inconnu>
    11/11/2010 à 08:26*
    Une belle irlandaise a des tâches de son… Son amoureux, lui fait la cour en brayant comme un âne… pour avoir du son (tout en lui faisant des yeux de merlan frit…), car la belle est fort désirable…
  • <inconnu>
    11/11/2010 à 08:28*
    • En réponse à <inconnu> #101 le 14/10/2006 à 22:50* :
    • « Ben, mon bon père Yannou, les p’tits Bruxellois (et les grands ôssi, zelle !), y savent plus seulement de qui y descendent. Les Vikings, tu... »
    nota: les vikings, au sens originel du terme, principalement chez les peuples originaires de Norvège, désignait la caste des guerriers… qui n’étaient les plus souvent que de vulgaires pirates allant faire leurs commissions comme de bonnes ménagères ! Avec quelques massacres et quelques viols au passage, certes…
  • <inconnu>
    11/11/2010 à 09:12
    • En réponse à psychoreve #105 le 11/11/2010 à 05:19 :
    • « Quand le roux pète : "leurs taches de rousseur infamantes n’étaient que les traces d’une aspersion de la matière fécale issue d’un traître"... »
    et chez le coiffeur, le roux se tond !… 😄
  • mitzi50
    11/11/2010 à 09:22*
    • En réponse à <inconnu> #108 le 11/11/2010 à 08:28* :
    • « nota: les vikings, au sens originel du terme, principalement chez les peuples originaires de Norvège, désignait la caste des guerriers… qui... »
    Pas tout à fait. Les "vikings" (de vik = baie) étaient des aventuriers qui sortaient de leurs baies scandinaves ou germaniques pour s’ en aller chercher fortune ailleurs. Ce n’ étaient pas des enfants de choeur, certes mais ils venaient en célibataires, s’ acculturaient facilement, épousaient des filles de la région où ils s’ établissaient, et on n’ entendait généralement plus parler d’ eux. Sauf par les noms des villages normands : Barneville est le domaine de Bjarne, Tourlaville celui de Thor, etc... Bien sûr, il y avait des têtes brûlées dans le lot, et c’ est ce qu’ on retient le plus... Mais rares étaient les pillards qui retournaient chez eux, une fois la razzia faite. Crois-en la "fille de Judas" que je suis peut-être, mais pas Iscariote, ni Is-cairote, ce serait plutôt Is-Alexandrine... (maintenant j’ ai les cheveux gris mais ils furent "auburn" foncé, et je suis couverte de taches de rousseur). Mais du bran de Judas, je n’ avais jamais entendu parler....
  • LeboDan_Ubbleu
    11/11/2010 à 10:00*
    • En réponse à chirstian #98 le 14/10/2006 à 22:28 :
    • « eh ma Cotentine, je ne cherchais ni à critiquer, ni à donner une leçon : aucun de nous n’a à le faire ici ! J’étais seulement intrigué par t... »
    Le pire (?) est sans doute l’habitude actuelle de "mettre des guillemets" à l’oral, en faisant le signe "guillemets" afin d’exprimer avec les mains, la nuance que l’on ne sait plus rendre avec du verbal ou paraverbal !

    C’est vrai que certains préfèrent s’exprimer avec les mains qu’avec leur langue... ! 😕
    Mais est-ce pour le pire ou pour le meilleur ?
  • GenteGouyat24
    11/11/2010 à 10:26
    Le mot brèn est toujours utilisé dans la langue occitane.
    Il désigne bien le son résultant de la mouture du blé et, loin d’être un produit jetable, il servait à la nourriture du bétail comme complément céréalier.
    Voici un extrait d’une gauloiserie qui se racontait pendant les repas mariages.
    La grammaire et l’orthographe occitanes sont incertaines mais la traduction est juste à quelques mots près. (bussine = pet).
    Nous faü ün palissou de brèn, Il nous faut un panier de son,
    Méïlangea dé méïta farino, Mélangé de moitié farine,
    E peï, ün cop qué siro plein, Et puis, une fois qu’il sera plein,
    Foutrèn chacün uno bussino. On foutra chacun une bussine
    Fouro buffa per notré quïü, Il faudra souffler par notre cul
    E peï veïrint, à la surtido. Et puis on verra, à la sortie,
    Lou caüro faï saüta pu louï Celui qui aura fait sauter le plus loin
    Siro patroun dé la partido. Sera patron de la partie.
    Villenoel
  • mitzi50
    11/11/2010 à 10:51
    • En réponse à GenteGouyat24 #112 le 11/11/2010 à 10:26 :
    • « Le mot brèn est toujours utilisé dans la langue occitane.
      Il désigne bien le son résultant de la mouture du blé et, loin d’être un produit j... »
    Au prix où sont les céréales, cela devient une distraction onéreuse... Mais j’ ai été ravie de lire ce texte, je trouve que les parlers régionaux sont trop rarement utilisés. Conséquence de l’ école républicaine pour tous, sans doute (nécessaire, bien sûr : il fallait bien que tous les enfants de France puissent se comprendre une fois adultes; bretons, basques ou marseillais) mais lorsqu’ on voit actuellement certains jeunes dont le vocabulaire n’ excède pas cent mots, je regrette qu’ ils n’ aient pas en mémoire une langue plus riche, fut-elle régionale ! Et il semble que le bran, brèn, brain ou même brin soient largement répandus en France et dans certains pays francophones, bien que peu présents dans les conversations courantes. Ici, en Basse-Normandie, les taches de rousseur se disent "pannettes". Toujours l’ idée du pain !
  • chirstian
    11/11/2010 à 10:53
    l’automne serait donc la saison du bran de Judas ? La forêt était superbe la semaine dernière,(cette page) mais depuis lundi il pleut, et les feuilles partent à vau l’eau. Jacques, tu vois, je n’ai pas oublié : les feuilles mortes se ramassent à la pelle, les souvenirs et les expressions aussi...
  • Gilbiere
    11/11/2010 à 10:55
    Nouveau venu parmi vous, je découvre cet échange culturel. J’ajoute ma contribution Ch’ti (une de plus) en vous proposant l’expression suivante :
    Du brain, ch’est d’l’argint !
    ... allusion à la fumure utilisée dans une autre culture.
  • mitzi50
    11/11/2010 à 11:06
    • En réponse à chirstian #114 le 11/11/2010 à 10:53 :
    • « l’automne serait donc la saison du bran de Judas ? La forêt était superbe la semaine dernière,(cette page) mais depuis lundi il pleut, et le... »
    Merci pour cet instant de poésie et de douceur. En automne, le gingko se couvre de pépites d’ or. Il est bien plus beau que durant l’ été (non que j’ oublie les autres arbres...)
  • LeboDan_Ubbleu
    11/11/2010 à 11:27
    Il y a aussi cette céréale qui se nomme All Bran cette page, et qui est justement à base de son de blé
  • momolala
    11/11/2010 à 11:56
    Ce que j’aimerais bien savoir, c’est comment le mot "merde" s’est substitué à celui de bran, ou bren, qui était cependant d’un usage courant. Peut-être comme aujourd’hui le mot "déchets" se substitue à celui d’"ordures", la raison invoquée étant que le déchet peut avoir une seconde vie, sauf à être ultime. Cependant nous savons bien que c’est la même chose. Triée. Pas comme les rats. Mes petites recherches montrent que si le bren est d’origine celte, comme nos Gaulois, son synonyme n’a pas d’origine avérée avant son emploi dans le Roman de Renart au XIIème siècle. L’un comme l’autre était employés comme injure ou juron. Donc, God, la porte des toilettes reste entrouverte à de nouvelles explications.
  • momolala
    11/11/2010 à 12:04
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #117 le 11/11/2010 à 11:27 :
    • « Il y a aussi cette céréale qui se nomme All Bran cette page, et qui est justement à base de son de blé »
    Toi, t’as pas tout lu : flagra*t délit ! Va donc lire notre Cotentine là-haut, en _35 ! Vous prenez le même petit déjeuner.
    Cela dit, je ne connaissais pas cette expression, mais j’aime bien la rousseur de Jonayla. Les tavelures qui nous poussent par tout le corps l’âge venant seraient bien, à mes yeux, ce maudit bran de Judas ! Quoique le mot "tavelures" ne soit qu’un à peu près, lui aussi, de notre langue métaphorique.
  • <inconnu>
    11/11/2010 à 12:14*
    • En réponse à mitzi50 #116 le 11/11/2010 à 11:06 :
    • « Merci pour cet instant de poésie et de douceur. En automne, le gingko se couvre de pépites d’ or. Il est bien plus beau que durant l’ été (n... »
    gingko, une vérification des plus instructive !
    Gingko: cette page est une espèce:
    Panchronique (ou relicte): cette page
    Il y a aussi, Welwitschia mirabilis : cette page
    ainsi que Wollemia nobilis: cette page
    Merci, cela me permet un intermède cul-turel, je serais moins idiot ce soir en me couchant…;🙂