Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

rabattre le caquet à [v]

rabaisser le caquet ; faire taire quelqu'un ; forcer une personne à être moins insolente ; remettre quelqu'un à sa place ; obliger à se taire ; faire baisser le ton à

Origine et définition

Au commencement, au début du XIVe siècle, était la 'caqueteresse' ou la "femme bavarde"[1].
Au milieu du XVe, le verbe 'caqueter' voulait dire 'bavarder' et le déverbal 'caquet' désignait à la fois un "bavardage indiscret, importun" humain et le cri de certains animaux (comme le gloussement de la poule qui vient de pondre son oeuf, par exemple).
Au même moment apparaît rabattre[2] le caquet (de quelqu'un) qui veut dire "faire cesser le bavardage " dérangeant de cette personne, donc la faire taire.
C'est au début du siècle suivant qu'on utilisera aussi le verbe 'rabaisser', époque à laquelle on trouvera également les versions avec les verbe 'abattre' et 'abaisser', sans que ceux-ci aient survécu jusqu'à notre époque.
Souvent utilisée en désignant des personnes insolentes ou imbues d'elles-mêmes, on a tendance à lui préfèrer maintenant clouer le bec.
[1] Pléonasme, diront certaines mauvaises langues.
[2] Avec son sens de "faire redescendre, remettre à un niveau plus bas, faire retomber avec force ou vivacité"

Exemples

« Au reste, je suis fort aise que l'évêque du Puy ait un peu rabattu le caquet du Duc de Roquelaure ; j'en ai ri ici avec M. de Montel, Syndic de la Province du Languedoc, qui m'a conté que l'évêque du Puy avait trouvé à qui parler à son tour dans ce pays-ci, et que feu M. de Cons, Évêque de Nîmes, lui avait donné son reste dans l'assemblée des états. »
Du Noyer (Anne Marguerite Petit) - Lettres historiques et galantes - 1790

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand jemandem das Maul stopfen bourrer la gueule à quelqu'un
Anglais to cut the cackle couper le caquet
Espagnol (Argentine) cerrarle el pico a alguien / Bajarle los humos a alguien fermer le bec à quelqu'un / Baisser les fumées à quelqu'un
Espagnol (Espagne) bajarle los humos a alguien baisser les fumées à quelqu'un
Espagnol (Espagne) cerrar el pico -bajarle los humos clouer le bec -calmer ou rabattre le mauvais humeur ou l´orgueil de qqn
Français (Canada) lui fermer le clapet le faire taire
Hébreu החזיר אותו לממדיו הטבעיים (hèkhèzir oto limemadav hativiyim) ramenez-le à ses dimensions naturelles
Italien fare abbassare la cresta faire rabaisser la crête
Néerlandais iemand zijn snater laten houden lui fermer son coin-coin
Néerlandais iemand zijn waffel laten houden lui fermer la gaufre
Néerlandais iemand een toontje lager laten zingen faire chanter quelqu'un un petit ton plus bas
Néerlandais iemand op zijn nummer zetten mettre quelqu'un sur son numéro
Néerlandais iemand de mond snoeren attacher la bouche de quelqu' un
Portugais (Brésil) baixar a crista baisser la crête
Portugais (Portugal) baixar a bola de abaisser la balle de
Roumain a închide pliscul cuiva fermer le bec à quelqu'un
Roumain a-i pune lacăt la gură lui mettre un cadenas à la bouche
Roumain a-i tăia macaroana lui couper le macaroni
Slovaque zrazit komu hrebienok faire tomber la crête
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « rabattre le caquet à » Commentaires

  • #41
    SyntaxTerror
    09/03/2010 à 16:10
    le gloussement de la poule

    La poule cagnette, caquette (quand elle pond), claquette (avant la ponte), cloque (quand elle parle à ses poussins), clousse (quand elle couve), cocaille, coclore, codèque (après la ponte), coucasse, crételle (après la ponte, aussi) mais à ma connaissance, c’est le dindon qui glousse ou glougloute.
  • #42
    DiwanC
    09/03/2010 à 16:12*
    • En réponse à PHILO_LOGIS #38 le 09/03/2010 à 13:55 :
    • « Suis de plus en plus coite
      J’y décèle une faute d’orthographe, là.
      Le problème, c’est que je ne sais pas laquelle: »
    J’y décèle une faute d’orthographe

    , Je fais la lumière :
    - Pas de sudation* excessive en ce qui me concerne, à ce moment-là tout au moins ! Donc, certitude, je n’étais pas moite ! (Du calme dans les rangs !).
    - Certes, coite, (relevé en 1798), féminin de coi, est quasiment inusité de nos jours. Mais est-ce une raison pour ne pas le dépoussiérer ? Maintenant, si vous voulez rester cois entre garçons, "mains moites et pieds poites"**, à votre aise !...
    *sudation : c’est déjà transpiration abondante, je sais. Alors "sudation excessive" risque de te heurter..
    ** Je connais vos références...
    ou bien tu a mis un "e"

    Y aurait-y pas comme une fôte dans c’qu’est écrit là ?
  • #43
    SyntaxTerror
    09/03/2010 à 16:18*
    faire redescendre, remettre à un niveau plus bas

    On dit ça aussi pour une taille sévère :
    J’avais une haie d’érables qui ressemblaient à des manches à balais, je les ai rabattus à un mètre, ça leur a fait tout drôle, mais maintenant, ils font des feuilles en bas.
  • #44
    SyntaxTerror
    09/03/2010 à 17:05
    • En réponse à DiwanC #42 le 09/03/2010 à 16:12* :
    • « J’y décèle une faute d’orthographe
      , Je fais la lumière :
      - Pas de sudation* excessive en ce qui me concerne, à ce moment-là tout au moins... »
    Je connais vos références...

    Je n’ose croire que tu connais la fin de l’expression et que tu n’as pas osé l’écrire ...
  • #45
    DiwanC
    09/03/2010 à 17:17
    • En réponse à SyntaxTerror #44 le 09/03/2010 à 17:05 :
    • « Je connais vos références...
      Je n’ose croire que tu connais la fin de l’expression et que tu n’as pas osé l’écrire ... »
    C’est vrai, je ne connais pas la fin de l’expression... Et ta réaction me laisse supposer que je n’aurais pas dû l’employer... Voilà qui va me rabaisser le caquet... Est-ce à ce point épouvantable ? Je vais compulser le grand livre de M. Google et tenter de savoir...
  • #46
    horizondelle
    09/03/2010 à 17:22*
    • En réponse à mickeylange #22 le 09/03/2010 à 11:33* :
    • « Pourquoi est-on moins nombreux & beaucoup plus discrets aujourd’hui?
      C’est qu’hier c’était la journée de la femme. Aujourd’hui seulement 3... »
    Tu comptes comment ? Il y en a 5 sur 22 ( Dadiche, BeeBee,Momo et 2x moi). Alors, ça te rabat le caquet, spa ? 😛
  • #47
    PHILO_LOGIS
    09/03/2010 à 17:23
    • En réponse à DiwanC #42 le 09/03/2010 à 16:12* :
    • « J’y décèle une faute d’orthographe
      , Je fais la lumière :
      - Pas de sudation* excessive en ce qui me concerne, à ce moment-là tout au moins... »
    Nan, nan, nan, yapa de fôte dans ce que j’ai écrit, et je crois que la terreur de l’orthographe, de la grammaire et de la syntaxe réunies a bien tout compris...
    Bon, sûrement qu’il y faurait un tréma, pour le trémolo...
  • #48
    SyntaxTerror
    09/03/2010 à 17:29
    • En réponse à DiwanC #45 le 09/03/2010 à 17:17 :
    • « C’est vrai, je ne connais pas la fin de l’expression... Et ta réaction me laisse supposer que je n’aurais pas dû l’employer... Voilà qui va... »
    Ben, les mains moites, les pieds poites et la qu.. coite !
  • #49
    horizondelle
    09/03/2010 à 17:31*
    • En réponse à DiwanC #42 le 09/03/2010 à 16:12* :
    • « J’y décèle une faute d’orthographe
      , Je fais la lumière :
      - Pas de sudation* excessive en ce qui me concerne, à ce moment-là tout au moins... »
    ou bien tu a mis un "e"
    Y aurait-y pas comme une fôte dans c’qu’est écrit là ?

    M’est avis que non. Il voulait juste dire coite sans "e", mais probablement avec les points sur les "i" 😉
    Pardon filo, pas eu le temps de voir ta réponse.
  • #50
    Elpepe
    09/03/2010 à 17:45
    • En réponse à DiwanC #39 le 09/03/2010 à 15:51* :
    • « avec un bon tire-lait...
      Savais bien que ça allait déraper... Jamais je n’aurais dû employer cette expression ! J’aurais dû m’écouter ! Tro... »
    Je ne vois pas de quolibets dans mes écrits, que les tiens... simplement pris au pied de la lettre ! Ça arrive très souvent, ici, mon lapin : tu es entourée de VIL, tu sais ? Bon, je te laisse, c’est l’heure de notre biberon, avec Mickey, notre nourrice Marcel nous attend ! :’-))
  • #51
    Elpepe
    09/03/2010 à 17:49
    • En réponse à SyntaxTerror #41 le 09/03/2010 à 16:10 :
    • « le gloussement de la poule
      La poule cagnette, caquette (quand elle pond), claquette (avant la ponte), cloque (quand elle parle à ses poussi... »
    à ma connaissance, c’est le dindon qui glousse

    Euh... Ici aussi, y en a qui gloussent. D’aise, de satisfaction, voire de joie. J’ai les noms !
  • #52
    DiwanC
    09/03/2010 à 17:50
    • En réponse à SyntaxTerror #48 le 09/03/2010 à 17:29 :
    • « Ben, les mains moites, les pieds poites et la qu.. coite ! »
    Merci... car M. Google est resté coi face à mes interrogations.
  • #53
    DiwanC
    09/03/2010 à 17:52*
    • En réponse à Elpepe #50 le 09/03/2010 à 17:45 :
    • « Je ne vois pas de quolibets dans mes écrits, que les tiens... simplement pris au pied de la lettre ! Ça arrive très souvent, ici, mon lapin... »
    Je vous l’avais dit les filles qu’il y aurait des représailles... à mon intervention 39
  • #54
    chirstian
    09/03/2010 à 17:54
    rabaisser le caquet se dit pour la poule. Rabaisser le coquet se dit pour le poulet. En fait, pour rabaisser un poulet coquet, on le traite de coq-laid.
    Aujourd’hui les jeunes veulent toujours avoir le dernier mot. On essaye de leur rabattre le caquet, et eux rabattent la casquette. C’est leur façon d’illustrer le proverbe : il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas voir.
  • #55
    Elpepe
    09/03/2010 à 17:55
    • En réponse à DiwanC #42 le 09/03/2010 à 16:12* :
    • « J’y décèle une faute d’orthographe
      , Je fais la lumière :
      - Pas de sudation* excessive en ce qui me concerne, à ce moment-là tout au moins... »
    Du calme dans les rangs

    C’est typiquement une injonction paradoxale (cette page), comme qui dirait un pousse-au-crime...
  • #56
    chirstian
    09/03/2010 à 17:57
    comment se fait-ce ? God parle de pléonasme pour l’oxymore "femme bavarde", et aucune de vous ne rectifie ? Syanne où es-tu ?
  • #57
    DiwanC
    09/03/2010 à 17:58*
    • En réponse à Elpepe #55 le 09/03/2010 à 17:55 :
    • « Du calme dans les rangs
      C’est typiquement une injonction paradoxale (cette page), comme qui dirait un pousse-au-crime... »
    Et ça continue, les filles, ça continue...
  • #58
    chirstian
    09/03/2010 à 17:59
    • En réponse à Elpepe #55 le 09/03/2010 à 17:55 :
    • « Du calme dans les rangs
      C’est typiquement une injonction paradoxale (cette page), comme qui dirait un pousse-au-crime... »
    pour moi une injonction paradorsale c’est quand je demande à mon dos de se plier et qu’il me répond : qui, moi ?
  • #59
    Elpepe
    09/03/2010 à 18:04
    • En réponse à DiwanC #53 le 09/03/2010 à 17:52* :
    • « Je vous l’avais dit les filles qu’il y aurait des représailles... à mon intervention 39 »
    Meuh non, c’est pas des représailles, mon lapin, juste de la répartie. Mais tu n’en manques pas non plus, hmmm ? Tiens, laissons passer une page de publicité.
    RÉCLAME

    Sur Expressio, tous les marins ont droit au phare
  • #60
    chirstian
    09/03/2010 à 18:07
    comme le gloussement de la poule qui vient de pondre son oeuf, par exemple
    curieux cette nécessité pour la poule de prévenir la terre entière qu’elle vient de pondre, non ? Résultat de cette publicité intempestive : la durée de vie de l’oeuf est des plus courtes !
    Que ne prend-elle modèle sur le cygne ? La maman cygne ne signale pas sa ponte : résultat, vous avez déjà mangé un oeuf de cygne ? Même discrétion chez la lapine qui pousse la discrétion jusqu’à couvrir ses oeufs avec ses oreilles pendant qu’elle les couve. Résultat : on ne voit jamais les oeufs de lapins avant qu’ils n’éclosent.
    Sauf à Pâques, parce qu’ils fument du chocolat, et que cela leur redresse le caquet.