Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

Treize à la douzaine

Un grand nombre, beaucoup.

Origine

Maintenant souvent employée avec un sens péjoratif signifiant "beaucoup trop" ou même "à ne pas savoir qu'en faire".
Cette expression, attestée en 1750, vient d'une époque révolue où les commerçants, à la fois peu regardants et qui avaient le sourire et le sens du commerce, n'hésitaient pas à rajouter, sans vous la faire payer, une treizième merguez quand vous en demandiez seulement douze (vous pouvez librement remplacer les merguez par des tomates, des soutiens-gorge ou des enclumes).
Maintenant, pour la même quantité demandée, ils ont plutôt tendance à vous en mettre quatorze et vous faire payer le prix de seize[1].
Aujourd'hui, si après avoir été pris en flagrant délit, vous risquez douze ans de prison et qu'on vous en colle treize, vous pourrez dire que le magistrat vous en a mis treize à la douzaine.
[1] Il ne faut pas généraliser, bien sûr ! Il existe encore des commerçants sympathiques, honnêtes et qui donnent envie de retourner chez eux. C'est vrai, j'en ai rencontré un. Il y a à peine six ans.

Compléments

Vous êtes commerçant ? Vous m'avez lu jusqu'au bout ? Vous êtes fâché ? Il ne faut pas, c'est une plaisanterie au treizième degré. Je voulais me limiter à douze mais je n'ai pas pu m'empêcher d'en rajouter un gratuit pour faire bon poids.

Ailleurs

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Liban Arabe Tabshet el mizan Faire pencher la balance
Allemagne Allemand Im Dutzend billiger Meilleur marché par douzaine
Angleterre Anglais A baker's dozen La douzaine du boulanger
Angleterre Anglais A baker's dozen Une douzaine de boulanger
Espagne Espagnol Ciento y la madre Une centaine...et la mère
Espagne Espagnol El ciento y la madre La centaine plus la mère (= Une flopée, Une ribambelle, Une cohue, Une foule...)
Espagne Espagnol La docena del fraile La douzaine du moine
Italie Italien 'N munzèddu Une petite montagne
Pays-Bas Néerlandais Dertien in een dozijn Treize en une douzaine
Brésil Portugais A dar com um pau À frapper avec un bout de bois
Roumanie Roumain Cu duiumul/ Cu toptanul En grande quantité
Roumanie Roumain Cu duzina Avec la douzaine
Roumanie Roumain Cu vârf ?i îndesat Comblé et bien tassé
Roumanie Roumain De enspe mii de ori N mille fois
Russie Russe Vagon i malen'kaya telejka Un wagon plus un petit chariot
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Commentaires sur l'expression « Treize à la douzaine » Commentaires

  • #1
    • <inconnu>
    • 08/01/2006 à 09:29
    Plutôt que de parler d’enclumes, parlons d’oeufs. Treize à la douzaine s’appliquait à ce produit plus spécifiquement.
  • #2
    • amapola
    • 08/01/2006 à 10:28
    Il ne faudrait pas faire croire que les merguez étaient vendues en France en 1750 ! Ceci dit je ris souvent en lisant vos commentaires farfelus.
  • #3
    • papytunnel
    • 08/01/2006 à 11:34
    Deux produits faisaient essentiellement l’objet de cette expression: les oeufs, comme le dit papounet, mais aussi les huiîtres. Si elles étaient achetées non ouvertes, il pouvait y en avoir une gâtée. On payait donc douze huîtres mais en recevait treize. Et avec un peu de chance, elles étaient toutes mangeables.
  • #4
    • michonnet
    • 08/01/2006 à 12:42
    La vente d’huîtres à Arcachon se fait toujours suivant la formule 13 à la douzaine. Et il est très rare qu’on en trouve une mauvaise. Et en insistant un peu, on reçoit parfois 1/2 citron. Et si la vendeuse est jolie ....
  • #5
    • God
    • 08/01/2006 à 13:34
    • En réponse à <inconnu> #1 le 08/01/2006 à 09:29 :
    • « Plutôt que de parler d’enclumes, parlons d’oeufs. Treize à la douzaine s’appliquait à ce produit plus spécifiquement. »
    C’est vrai que pour faire une bonne omelette, mieux vaut avoir 13 oeufs que 13 enclumes !
  • #6
    • God
    • 08/01/2006 à 13:41
    • En réponse à michonnet #4 le 08/01/2006 à 12:42 :
    • « La vente d’huîtres à Arcachon se fait toujours suivant la formule 13 à la douzaine. Et il est très rare qu’on en trouve une mauvaise. Et e... »
    Il existe effectivement encore des cas où le véritable treize à la douzaine est appliqué, au grand plaisir de l’acheteur (surtout si la vendeuse est jolie et souriante).
    Mais cela n’enlève pas que l’expression, isolée du contexte d’une vente, a pris aujourd’hui un sens souvent péjoratif qui n’est ni justifié ni expliqué.
  • #7
    • God
    • 08/01/2006 à 13:42
    • En réponse à amapola #2 le 08/01/2006 à 10:28 :
    • « Il ne faudrait pas faire croire que les merguez étaient vendues en France en 1750 ! Ceci dit je ris souvent en lisant vos commentaires farf... »
    J’aurais dû écrire ’révolue, mais encore récente’ pour que les merguez soient mieux digérées.
  • #8
    • Elpepe
    • 14/06/2008 à 00:09
    IL EST HORS DE QUESTION DE TRANSFORMER LA CLÉ DE 12 EN CLÉ DE 13.
    Vu ?
  • #9
    • AnimalDan
    • 14/06/2008 à 03:20*
    • En réponse à papytunnel #3 le 08/01/2006 à 11:34 :
    • « Deux produits faisaient essentiellement l’objet de cette expression: les oeufs, comme le dit papounet, mais aussi les huiîtres. Si elles éta... »
    Ah bin oui, j’allais bondir un minimum, là... Comment-t’est-ce-qu’il-se-fit-il que les huîtres n’aient pas servi d’exemple de référence lors de la première parution de c’t’expressio..?!
    La fameuse (?) "douzaine treizée"...
    Si elles étaient achetées non ouvertes

    (Je suis pas amateur de ces froides et gluantes bestioles*, mais...) ça me semble conseillé, ça... Pas comme les oeufs par exemple..! cette page
    *sauf gratinées, auquel cas elles ne sont plus ni froides ni gluantes...
  • #10
    • AnimalDan
    • 14/06/2008 à 03:36*
    • En réponse à God #7 le 08/01/2006 à 13:42 :
    • « J’aurais dû écrire ’révolue, mais encore récente’ pour que les merguez soient mieux digérées. »
    Ce mets d’origine exotique qui, en tant que tel et consommé "sur place", devait bien en valoir un autre, à condition d’être amateur de viande, s’est transformé chez nous, sous la patte rapace des tripes-à-touilleurs locaux, en l’une des plus malsaines productions qui se puissent imaginer. Un max d’épices pour couvrir la "saveur" d’un hachis de rognures faisandées. Si vous tenez à vous emboucaner de barbecues carcinogènes cet été, excluez-en au moins cet immondice, et tenez-en vos enfants prévenus... "Très malade ou zen" en quelque sorte...
    Tous "salade très zen"..! 😉
  • #11
    • momolala
    • 14/06/2008 à 07:28
    Très "ah là ! doux, zen" : c’est tout moi ! un petit peu "trop" en tout...😄 Belle journée à tous !
  • #12
    • OSCARELLI
    • 14/06/2008 à 08:22*
    Surprenant, comme le hasard fait les choses: c’est le lendemain d’un vendredi 13 qui restera de sinistre mémoire dans les mémoires hexagonales pendant très longtemps que cette expression réapparait sur ce site [slurp] ô combien mêêêêêrveilleux [/slurp].
    Hier soir, nous avons pu assister en direct à lexplication de la signification de cette expression: les bleus ont encaissé les buts treize à la douzaine! C’est normal, en fait, ils n’étaient ni treize, ni gay sur le terrain...
    Le foot? C’est foutu!
  • #13
    • <inconnu>
    • 14/06/2008 à 08:25
    Il n’y a pas que les oeufs et les huîtres...vous ne me voyez pas venr avec mes gros sabots !
    L’expression « Treize à la douzaine » viendrait du fait que le sabotier livrait par botte de sabots, c’est-à-dire douze paires plus une. Ceci au cas une paire serait défectueuse.
    D’après le Musée du Sabot de Porcheresse, cèlèbre village ardennais !

    .
  • #14
    • OSCARELLI
    • 14/06/2008 à 08:27
    • En réponse à <inconnu> #13 le 14/06/2008 à 08:25 :
    • « Il n’y a pas que les oeufs et les huîtres...vous ne me voyez pas venr avec mes gros sabots !
      L’expression « Treize à la douzaine » viendrai... »
    Treize sabots? Que l’unijambiste se dénonce! Quel pied? Quel pied!
  • #15
    • chirstian
    • 14/06/2008 à 08:48
    l’origine de l’expression est chrétienne : avec 12 apôtres on vous mettait un Christ en prime.
  • #16
    • chirstian
    • 14/06/2008 à 08:51
    • En réponse à <inconnu> #13 le 14/06/2008 à 08:25 :
    • « Il n’y a pas que les oeufs et les huîtres...vous ne me voyez pas venr avec mes gros sabots !
      L’expression « Treize à la douzaine » viendrai... »
    le sabotier livrait par botte de sabots, c’est-à-dire douze paires plus une. Ceci au cas une paire serait défectueuse.
    bref, pour remédier au sabotage ? Ça me botte comme explication, je trouve ça beau.
    Mais je crois quand même que l’expression vient initialement de produits et de pratiques plus courantes : œufs et huitres ont, ma préférence !
  • #17
    • Muscat
    • 14/06/2008 à 09:06
    • En réponse à AnimalDan #10 le 14/06/2008 à 03:36* :
    • « Ce mets d’origine exotique qui, en tant que tel et consommé "sur place", devait bien en valoir un autre, à condition d’être amateur de viand... »
    Oui c’est la faute à God si la France est battue...Il aurait dû mettre cette expression hier plutôt qu’aujourd’hui...On aurait été moins streizés en fin de journée...
    God,je te file un bisou quand même car nous,on ne sait même plus accéder à rien!Les Diables Rouges seraient battus par une équipe de débutants! Ah ! si on avait encore notre sorcier,notre Raymond-la-science,il nous aurait tirés de ce mauvais pas...
  • #18
    • chirstian
    • 14/06/2008 à 09:07
    vous pouvez librement remplacer les merguez par des tomates, des soutiens-gorge ou des enclumes
    bon appétit ! 😐
    #2 : les merguez n’existaient peut être pas en France en 1750, sous ce nom, mais chaque boucher ou charcutier (celui qui vendait la chair cuite ("char cute") avait sa recette de saucisses, et certaines devaient bien y ressembler. D’après le TLFI, le mot viendrait de l’arabe mergaz (IXs), mais on trouverait une forme espagnole dès le XIII :mirkās ou merkās «saucisse» ,ainsi qu’une merquze «saucisse» (1505).
  • #19
    • OSCARELLI
    • 14/06/2008 à 09:10*
    • En réponse à Muscat #17 le 14/06/2008 à 09:06 :
    • « Oui c’est la faute à God si la France est battue...Il aurait dû mettre cette expression hier plutôt qu’aujourd’hui...On aurait été moins str... »
    C’est pour cela qu’il s’appelait Raymond GODhals!
    Et le gardien génial de notre enfance et du Standard réunis: Jean Nicolai... hein?
    Et Popol Van Himst, d’Anderlecht qui fut aussi le modèle de Johann Cruyf, qui n’était quand même pas n’importe qui, quand même, même s’il était du mauvais côté...
    hein? Les beaux, les grands, les géniaux...
  • #20
    • OSCARELLI
    • 14/06/2008 à 09:11*
    • En réponse à chirstian #18 le 14/06/2008 à 09:07 :
    • « vous pouvez librement remplacer les merguez par des tomates, des soutiens-gorge ou des enclumes
      bon appétit ! 😐
      #2 : les merguez n’existaie... »
    Ce mot a d’ailleurs continué d’évoluer: marquise... dans certains cas, une belle saucisse aussi. Certaines eurent d’ailleurs encore de beaux abats appats, pardon...