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avoir la poisse [v]

être malchanceux ; attirer les ennuis

Origine et définition

On sait tous très bien qu'un excellent moyen pour supprimer la poisse est de liquider tous les chats noirs, de supprimer les échelles et les miroirs, et de multiplier les marins en uniforme dans les rues.
Mais d'où vient donc ce terme argotique ?
La poix était une sorte de colle visqueuse fabriquée à partir de résine de pin, de résine de sapin ou de goudron de bois[1].
C'est de cette substance qu'est né le verbe 'poisser' (enduire de poix) au XVIe siècle et de ce verbe que la 'poisse' a été tirée avec, dans son sens figuré de 'malchance' (au début du XXe siècle), une allusion à cette matière dont on n'arrive à pas à se défaire, comme on n'arrive pas à se dépéguer (comme ils disent en Provence) d'une malchance tenace.
D'après Gaston Esnault, cette locution serait d'abord apparue dans l'argot des coureurs cyclistes.
[1] Au Moyen-Âge, lors des assauts des châteaux, les assaillants avaient l'immense plaisir de recevoir sur eux de la poix brûlante. Comme cette mixture leur collait après, ils ne pouvaient pas s'en débarrasser aisément et ils ne pouvaient que subir atrocement les brûlures infligées par cette poix à très haute température.

Exemples

« Quand on a la poisse de s'offrir une grande attaque boche le jour marqué pour la relève, qu'est-ce que tout le reste peut bien vous foutre ! »
Jules Romains - Les hommes de bonne volonté

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand ein Pechvogel sein être un oiseau de guignon
Allemand pech haben avoir la poisse
Anglais to be jinxed / To have a jinx on / To put a jinx on avoir / porter un mauvais sort
Anglais to have rotten luck avoir une chance pourrie
Arabe (Algérie) منحوس (menhous) malchanceux
Espagnol (Argentine) estar meado por los perros être pissé par les chiens
Espagnol (Argentine) ser yeta, tener yeta porter en soi de la mauvaise chance
Espagnol (Argentine) tener mala leche avoir du mauvais lait
Espagnol (Espagne) mirarle a uno un tuerto avoir été regardé par un borgne
Espagnol (Espagne) ser un gafe être un gaffeur, un balourd
Espagnol (Espagne) tener la cigua. Estar ciguado avoir le mauvais oeil. Être regardé du mauvais oeil
Espagnol (Espagne) tener la negra avoir la noire
Espagnol (Espagne) tener mal fario avoir la poisse
Espagnol (Espagne) tener mala pata avoir mauvaise patte
Espagnol (Espagne) tener mala suerte avoir mauvaise chance
Français (Canada) le diable a chié sur lui
Italien avere iella avoir la guigne
Italien avere la sfiga avoir la poisse
Italien essere disgraziato être malheureux
Italien essere scarognato avoir la malchance
Italien essere sfigato être perdant
Néerlandais als je voor een dubbeltje geboren bent, word je nooit een kwartje si tu es né pour 10 centimes, jamais tu ne seras 25 centimes
Néerlandais een pechvogel zijn être un oiseau malchanceux
Néerlandais een schlamassel zijn ête un malchanceux
Néerlandais een schlemiel zijn être un malchanceux
Polonais co za pech ! quelle poisse !
Portugais (Brésil) ser pé frio ! être pied froid
Portugais (Portugal) ser pé frio être pied froid
Slovaque mat smolu avoir la poisse
Wallon (Belgique) tot toûne à cul d' pouion tout tourne à cul de poulet
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « avoir la poisse » Commentaires

  • DiwanC
    16/01/2012 à 13:35
    Au fil des heures, on s’englue dans la poisse et l’angoisse croisse... 😛
  • PHILO_LOGIS
    16/01/2012 à 14:04
    • En réponse à joseta #119 le 16/01/2012 à 13:25 :
    • « Étant superstitieux, y’a une route que je n’emprunte jamais. Y’a deux grands panneaux de Schell suspendus au-dessus de cette route, et, pass... »
    passer sous les Schell, ça porte malheur!

    A l’inverse, laisser Shell porte bonheur!
  • joseta
    16/01/2012 à 14:15
    • En réponse à PHILO_LOGIS #122 le 16/01/2012 à 14:04 :
    • « passer sous les Schell, ça porte malheur!
      A l’inverse, laisser Shell porte bonheur! »
    J’ai parlé de ces ìles à ma femme, mais en géo. elle sèche, elle.
  • <inconnu>
    16/01/2012 à 14:20
    • En réponse à joseta #123 le 16/01/2012 à 14:15 :
    • « J’ai parlé de ces ìles à ma femme, mais en géo. elle sèche, elle. »
    – Regarde comme la mer est bien bleue sur le dépliant de vacances.
    – Oui, c’est magnifique, c’est le même bleu que sur l’atlas de géographie !
  • charmagnac
    16/01/2012 à 15:12
    • En réponse à DiwanC #121 le 16/01/2012 à 13:35 :
    • « Au fil des heures, on s’englue dans la poisse et l’angoisse croisse... 😛 »
    Tandis que les corbeaux croassent
    Jusqu’à ce que tu criasses
    Du fond de la crevasse
  • charmagnac
    16/01/2012 à 15:13
    Et être dans la poisse c’est comme être dans la mélasse, ajouta-t-il d’une voix de mélécasse
  • Rikske
    16/01/2012 à 15:17
    • En réponse à charmagnac #112 le 16/01/2012 à 12:33 :
    • « Le commandant du Costa Concordia a eu la poisse. Les passagers aussi. »
    Il a pas eu la poisse, mais il a commis une grossière erreur de navigation ou de manoeuvre !
  • charmagnac
    16/01/2012 à 16:10
    • En réponse à Rikske #127 le 16/01/2012 à 15:17 :
    • « Il a pas eu la poisse, mais il a commis une grossière erreur de navigation ou de manoeuvre ! »
    Ça c’est sûr, mais s’il n’a pas eu la poisse [gras]il est dans la poisse[gras], d’autant plus qu’il s’est empressé - à ce qu’on dit - de quitter le navire bien avant les passagers.
  • charmagnac
    16/01/2012 à 16:11
    J’ai dû oublier le slach il est dans la poisse
  • charmagnac
    16/01/2012 à 16:12
    Chouette. Ça a marché !
  • SyntaxTerror
    16/01/2012 à 16:20
    • En réponse à Rikske #127 le 16/01/2012 à 15:17 :
    • « Il a pas eu la poisse, mais il a commis une grossière erreur de navigation ou de manoeuvre ! »
    Comment ça ?
    Des rochers qui ne sont même pas sur la carte sont venus se jeter sur la coque comme des sauvages. Et c’est pas d’la poisse ?
    D’ailleurs, les passagers avaient attiré le mauvais sort en chantant :
    Jonas dans sa balei-ei-ne
    était bien fatigué ohé ohé
    il respirait à pei-ei-ne
    quand y s’mit’à chanter ohé ohé
    La itou la chaleur m’agace
    La itou j’enlèv’ mon chapeau
    La itou j’voudrais bien ki passe
    La itou le marchand d’coco
  • SyntaxTerror
    16/01/2012 à 16:26
    • En réponse à <inconnu> #124 le 16/01/2012 à 14:20 :
    • « – Regarde comme la mer est bien bleue sur le dépliant de vacances.
      – Oui, c’est magnifique, c’est le même bleu que sur l’atlas de géographie... »
    Ca c’est d’la poisse! Ils ont mis du Canard-WC sur la carte de géo.
    Pour les Picards et les Ch’tis, la couleur de la mer c’est gris-marron !
    Demandez à Danny Boon.
  • DiwanC
    16/01/2012 à 16:44
    • En réponse à charmagnac #130 le 16/01/2012 à 16:12 :
    • « Chouette. Ça a marché ! »
    Va lire le « Mode d’emploi » (voir ligne sous « Vos commentaires ») : page 2, Sa Divinité y explique patiemment la manière d’utiliser les p’tits boutons, et notamment le troisième.
    Cela va te faciliter la vie ! 🙂
  • SyntaxTerror
    16/01/2012 à 16:44
    • En réponse à PHILO_LOGIS #122 le 16/01/2012 à 14:04 :
    • « passer sous les Schell, ça porte malheur!
      A l’inverse, laisser Shell porte bonheur! »
    Pour un goéland, il faut aussi laisser BP, laisser Total, sans oublier les autres, mais y a pas de jeux de mots.
  • <inconnu>
    16/01/2012 à 17:03
    • En réponse à SyntaxTerror #134 le 16/01/2012 à 16:44 :
    • « Pour un goéland, il faut aussi laisser BP, laisser Total, sans oublier les autres, mais y a pas de jeux de mots. »
    J’ai lu quelque part : une mouette couverte de carburant n’avance pas plus vite.
  • PHILO_LOGIS
    16/01/2012 à 17:17
    • En réponse à SyntaxTerror #134 le 16/01/2012 à 16:44 :
    • « Pour un goéland, il faut aussi laisser BP, laisser Total, sans oublier les autres, mais y a pas de jeux de mots. »
    Esso, est-ce normal de l’oublier?
  • charmagnac
    16/01/2012 à 17:41
    • En réponse à DiwanC #133 le 16/01/2012 à 16:44 :
    • « Va lire le « Mode d’emploi » (voir ligne sous « Vos commentaires ») : page 2, Sa Divinité y explique patiemment la manière d’utiliser les p... »
    Merci 🙂 pour ton [barré]tuyau[/barrré] conseil . C’est effectivement là que j’ai trouvé l’explication. Je sens que je vais m’amuser quand j’aurai un peu de temps,
  • charmagnac
    16/01/2012 à 17:43
    • En réponse à DiwanC #133 le 16/01/2012 à 16:44 :
    • « Va lire le « Mode d’emploi » (voir ligne sous « Vos commentaires ») : page 2, Sa Divinité y explique patiemment la manière d’utiliser les p... »
    Flûte ! J’ai mis un "r" en trop pour "barré".Ça devait donner [barré]tuyau[/barré]
  • charmagnac
    16/01/2012 à 17:46
    • En réponse à DiwanC #133 le 16/01/2012 à 16:44 :
    • « Va lire le « Mode d’emploi » (voir ligne sous « Vos commentaires ») : page 2, Sa Divinité y explique patiemment la manière d’utiliser les p... »
    Non. Pas encore. J’ai mis l’accent sur le "e". tuyau. Übung macht den Meister (c’est en forgeant...), traduction libre.
  • DiwanC
    16/01/2012 à 17:50*
    • En réponse à SyntaxTerror #131 le 16/01/2012 à 16:20 :
    • « Comment ça ?
      Des rochers qui ne sont même pas sur la carte sont venus se jeter sur la coque comme des sauvages. Et c’est pas d’la poisse ?
      D... »
    La itou la chaleur m’agace
    La itou j’enlèv’ mon chapeau
    La itou j’voudrais bien ki passe
    La itou le marchand d’coco

    Arrêtons–nous un instant sur ce refrain montrant la force de caractère de Jonas : voilà un homme qui – bien que dans la mouise la plus totale, il faut bien le reconnaître, et malgré la chaleur lourde, humide, poisseuse enfin, dans laquelle il survit – trouve encore l’énergie d’enlever son chapeau.
    Il y a dans « ...j’voudrais bien ki passe – La itou le marchand d’coco », tout l’espoir d’un être que grandit l’adversité.
    Mesdames et Messieurs, par ces quatre « La itou » là, nos auteurs français valent le respect... moi j’dis ! :’-))