Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

avoir les côtes en long [v]

être paresseux ; avoir un poil dans la main

Origine et définition

Comment justifier qu'un paresseux puisse avoir les côtes en long, sachant qu'on ne parle pas ici du paresseux de l'ordre des xénarthres (), comme l'aï, mais du paresseux homo sapionce ?
Selon Rey & Chantreau, les seuls à s'être penchés dessus, cette expression est attestée en 1863, mais son origine reste incertaine.
Pour l'expliquer, ils citent une locution utilisée en 1900 dans les Hautes-Pyrénées, "auéras costas al loune" qui voulait dire "avoir les côtes au long" utilisée pour désigner quelqu'un qui ne voulait pas se courber, se ployer pour travailler (la terre). Un vrai paresseux, donc, dont le corps restait debout étiré dans toute sa longueur.
Et l'image du flemmard allongé de tout son long, entamant sa douzième sieste de la journée, n'est certainement pas étrangère non plus à la naissance de cette expression.

Exemples

« Les côtes en long ! La queue en l'air !... Voilà le programme de la jeunesse! »
Louis-Ferdinand Céline - Mort à crédit

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand Alle viere von sich strecken Étendre tous ses quatre
Allemand auf der faulen Haut liegen être couché sur le peau paresseux
Allemand auf der faulen Haut liegen être couché sur la peau paresseuse
Allemand die Arbeit nicht erfunden haben ne pas avoir inventé le travail
Anglais (USA) lazybones os paresseux
Espagnol (Espagne) ser màs flojo que un muelle de guita être plus paresseux qu'un ressort de ficelle
Espagnol (Espagne) ser mas vago que la chaqueta de un guardia être plus paresseux que la casaque d'un surveillant
Espagnol (Espagne) ser mas vago que los chicharros être plus paresseux que les chinchards
Français (Canada) être lâche comme un âne
Français (Canada) avoir les côtes sur le long
Hongrois lusta, mint a disznó il/Elle est paresseux/paresseuse comme un cochon
Hébreu יושב בחיבוק ידיים (yochève behibouk yadyim) assis les brais croisés
Hébreu מחמם את הכיסא (méhamème et hakisé) réchauffe la chaise
Italien essere un scansafatiche être un esquive-fatigues
Italien essere uno sfaticato être un fainéant
Italien starsene con le mani in tasca ne rien faire
Néerlandais zo lui als een varken zijn être paresseux comme un cochon
Néerlandais aartslui zijn être extrêmement paresseux
Néerlandais liever lui dan moe zijn préférer d'être paresseux plutôt que fatigué
Néerlandais te lui zijn om brand te roepen être trop paresseux pour crier 'au feu
Néerlandais te lui zijn om uit je ogen te kijken être trop paresseux pour ouvrir ses yeux
Roumain a avea oase-n burt? avoir des os dans le ventre
Tchèque válet si šunky se rouler des jambons
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « avoir les côtes en long » Commentaires

  • SyntaxTerror
    20/03/2014 à 09:58
    • En réponse à chirstian #17 le 07/09/2006 à 11:27* :
    • « je ne connaissais que le sens indiqué par God (mais j’ajoute que c’est une expression que je n’utilise jamais et que je lis très rarement)
      P... »
    Vrai ?
    On n’a plus le droit de prendre pour des ploucs ceux qui disent "courbaturé" ?
    Tout fout le camp !
  • joseta
    20/03/2014 à 10:05
    DEVINETTE
    Pourquoi on a la flemme de prononcer: sept, sucre, sel, sardine, soudure...?
    - c’est des mots ’par S’.
  • deLassus
    20/03/2014 à 10:05*
    • En réponse à SyntaxTerror #101 le 20/03/2014 à 09:58 :
    • « Vrai ?
      On n’a plus le droit de prendre pour des ploucs ceux qui disent "courbaturé" ?
      Tout fout le camp ! »
    "Après d’interminables débats" : cette page
    Cliquer dans participe passé et adjectif.
  • SyntaxTerror
    20/03/2014 à 10:09
    • En réponse à Paracas #93 le 20/03/2014 à 06:56* :
    • « La fortune sourit à ceux qui se lèvent tôt dit le proverbe....J’ignore ce qu’est la grasse matinée mais j’attends toujours la fortune !........ »
    Inutile de pousser jusqu’au Vatican, la fortune ne sourit pas aux pèlerins.
    Soit le dieu des catholiques n’existe pas, soit il avait un compte à la Société Générale.
  • <inconnu>
    20/03/2014 à 10:22
    • En réponse à joseta #102 le 20/03/2014 à 10:05 :
    • « DEVINETTE
      Pourquoi on a la flemme de prononcer: sept, sucre, sel, sardine, soudure...?
      - c’est des mots ’par S’. »
    Des mots par esse.
  • deLassus
    20/03/2014 à 10:30*
    Selon Rey & Chantreau, les seuls à s’être penchés dessus, cette expression est attestée en 1863

    Rey et Chantreau l'on trouvée chez Littré : cette page.

    On trouve même cette expression un peu plus tôt, dans le parler genevois : cette page, glossaire de 1852.
  • SyntaxTerror
    20/03/2014 à 10:37
    • En réponse à deLassus #106 le 20/03/2014 à 10:30* :
    • « Selon Rey & Chantreau, les seuls à s’être penchés dessus, cette expression est attestée en 1863

      Rey et Chantreau l'on trouvée chez Littré... »
    Il est écrit : locution provençale.
    Comme le suggère Bouba, les Provençaux sont plus experts en paresse et les Genevois en fortune qui vient en dormant.
  • SyntaxTerror
    20/03/2014 à 10:39
    • En réponse à deLassus #103 le 20/03/2014 à 10:05* :
    • « "Après d’interminables débats" : cette page
      Cliquer dans participe passé et adjectif. »
    Les débats interminables se sont terminés en 1970 ?
  • deLassus
    20/03/2014 à 10:45
    • En réponse à SyntaxTerror #108 le 20/03/2014 à 10:39 :
    • « Les débats interminables se sont terminés en 1970 ? »
    S’agissant d’académiciens, je n’ose dire que c’étaient des débats inter-minables...
  • <inconnu>
    20/03/2014 à 11:18
    • En réponse à deLassus #106 le 20/03/2014 à 10:30* :
    • « Selon Rey & Chantreau, les seuls à s’être penchés dessus, cette expression est attestée en 1863

      Rey et Chantreau l'on trouvée chez Littré... »
    Nous disons figurément et facétieusement d’un homme bizarre, original, capricieux, qui ne fait rien comme les autres et ne peut se plier ni aux goûts ni aux désirs de personne : il a des côtes en long.

    Cette explication me semble être la bonne ; en effet ce n’est pas conventionnel d’avoir les côtes en long alors que tout le monde les a dans un plan transversal. D’autre part, je ne comprends absolument rien à l’explication concernant la paresse.
  • DiwanC
    20/03/2014 à 11:37*
    • En réponse à SyntaxTerror #101 le 20/03/2014 à 09:58 :
    • « Vrai ?
      On n’a plus le droit de prendre pour des ploucs ceux qui disent "courbaturé" ?
      Tout fout le camp ! »
    Saperlipopette ! Quelle nouvelle ! Comme toi, comme chirstian (et surtout ses prof. !), sans doute comme beaucoup d’entre nous, j’étais persuadée qu’il convenait de dire "courbatu" et non "courbaturé".

    Imitant deLassus - qui a plus d’un dictionnaire dans son sac - suis allée prendre conseil près de M’sieur Littré.
    Eh ben, y dit tout pareil !!! "Courbatu" conviendrait aux personnes atteintes d’une grande lassitude et non à celles souffrant de courbatures : cette page.
    Mais alors, que comment définit-il "courbature" ? Chez l’homme, indisposition caractérisée par une sensation de brisement ou de contusion des muscles et des membres et une extrême lassitude. Il écrit "lassitude" dans les deux cas... et nous, faut qu’on s’ débrouille !
  • deLassus
    20/03/2014 à 11:37
    • En réponse à <inconnu> #110 le 20/03/2014 à 11:18 :
    • « Nous disons figurément et facétieusement d’un homme bizarre, original, capricieux, qui ne fait rien comme les autres et ne peut se plier ni... »
    je ne comprends absolument rien à l’explication concernant la paresse.

    Et moi pas grand chose.
    Mais cette page m’aide un peu.
  • joseta
    20/03/2014 à 11:38
    Rappel: cette page
    - Tu fais orner tous tes paniers de fleurs et de rubans ?
    - oui, avec une meilleure apparence, ils se vendent mieux...
    - et pourquoi c’est ta vendeuse la plus fainéante qui s’en charge ?
    - justement ! c’est la pare resse !
  • joseta
    20/03/2014 à 11:45
    Mon cousin n’est pas si fainéant, bien qu’il le...paraîsse ! 😐
  • DiwanC
    20/03/2014 à 11:47
    • En réponse à Paracas #91 le 20/03/2014 à 06:00* :
    • « Il plaît aux gens du Nord ( au dessus de Montélimar ) de considérer le Méridional comme étant un fainéant ......
      Apportons de l’eau à leur m... »
    M. Daudet, vous n’êtes pas concerné en tant que pur produit de la capitale...

    Yeeesss ! Maintenant, je pourrai affirmer que l’Alphonse n’est pas un Provençal puisqu’un Varois en est convaincu !
    :’-))
  • joseta
    20/03/2014 à 12:38
    Être paresseux, c’est traîner en ’langueur’. 😐
  • SyntaxTerror
    20/03/2014 à 12:38
    • En réponse à deLassus #112 le 20/03/2014 à 11:37 :
    • « je ne comprends absolument rien à l’explication concernant la paresse.
      Et moi pas grand chose.
      Mais cette page m’aide un peu. »
    Ca semble clair : dans un temps où le travail était essentiellement agricole, prétendre avoir les côtes en long empêchait de se courber vers le sol.
    Ma grand’mère (encore elle) disait : "avoir les pouces à la retourne", ce qui empêche de tenir un outil.
  • Paracas
    20/03/2014 à 12:59
    • En réponse à lafeepolaire #94 le 20/03/2014 à 07:13 :
    • « S’ills ne décrochent pas la fortune, au moins ils ont déjà abattu pas mal de travail au moment aux ceux qui ont fait la grasse matinée émerg... »
    Aujourd’hui rando dans les roches rouges de l’Esterel.....il m’est arrivé de marcher au bord de mer et de suivre la côte en long par le sentier du douanier......🙂
  • Paracas
    20/03/2014 à 13:00
    • En réponse à <inconnu> #95 le 20/03/2014 à 08:04 :
    • « La fortune sourit à ceux qui se lèvent tôt
      Demande aux éboueurs... »
    Comme quoi les dictons de la sagesse populaire racontent parfois des bêtises...
  • DiwanC
    20/03/2014 à 13:01
    • En réponse à SyntaxTerror #117 le 20/03/2014 à 12:38 :
    • « Ca semble clair : dans un temps où le travail était essentiellement agricole, prétendre avoir les côtes en long empêchait de se courber vers... »
    ... et un de mes grands-pères nous invitait à "mettre les ongles en-dessous" lorsqu’il s’agissait de donner un coup de main !
    Merveilleux grands-parents !