Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

faire du gringue [v]

faire une cour pressante ; draguer ; flirter

Origine et définition

Au milieu du XVIe siècle, le 'grignon', dérivé de 'grigner' qui a donné 'grignoter', désignait régionalement un morceau de pain (tout comme 'quignon' qui est étymologiquement lié).
Et du 'gringue', mot dérivé de 'grignon', c'était du pain, au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle.
C'est au tout début du XXe, chez Aristide Bruant, qu'on trouve le mot 'gringue' dans faire du gringue avec le sens de "chercher à plaire" qui a évolué vers "faire la cour, généralement de manière pressante" dix ans plus tard.
Tout esprit un tant soit peu peu éveillé se demandera in petto comment on a pu ainsi passer du pain à la cour.
D'autres esprits, éveillés également, se sont déjà posé la question, et la seule réponse, apportée par Gaston Esnault, mais hélas sans aucune certitude, viendrait d'un rapprochement avec l'ancienne locution "faire des petits pains pour quelqu'un" qui a d'abord voulu dire "faire l'aimable pour appâter" puis par extension, "faire la cour".

Compléments

Alphonse Allais disait : « C'est quand on serre une femme de trop près qu'elle trouve qu'on va trop loin. »
C'est qu'il aimait faire du gringue, Allais !

Exemples

« Ce qui s'est vu aussi, c'est qu'une fille de vingt ans soit obligée de faire du gringue à un vieux bonhomme pour attirer l'attention d'un jeune demeuré qui ne la regarde même pas. »
René Bragard - La montagne du condor: sangs de fiel - 1992

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand süßholz raspeln râper de la réglisse
Anglais (USA) to hit on frapper sur
Anglais (USA) to make out faire hors
Espagnol (Espagne) hacer la corte faire la cour
Espagnol (Espagne) Ligar Draguer
Espagnol (Espagne) tirar los tejos a alguien jeter les palets
Français (Canada) chanter la pomme
Français (Canada) cruiser quelqu'un draguer
Français (Canada) Thrôler quelqu'un draguer
Hongrois Csapja a szelet (tchapya a sèlète) frapper le vent à quelqu'un
Hongrois udvarol egy nőnek conter fleurette à une femme / faire du gringue à qqn
Italien fare il filo/fare la corte faire le fil/faire la cour
Néerlandais (Belgique) zoete broodjes bakken faire cuire des petits pains sucrés
Néerlandais iemand om zijn vinger proberen te winden chercher à bobiner quelqu'un autour de son doigt
Néerlandais iemand versieren draguer quelqu'un
Portugais (Portugal) arrastar a asa trainer l'aile
Portugais (Portugal) dar uma cantada chanter
Roumain a agăţa accrocher
Roumain a face curte faire la cour
Roumain a face ochi dulci faire des yeux doux
Roumain a se ţine după fusta cuiva courir la jupe de qqn
Roumain a se da la cineva se donner à quelqu'un/une
Russe oukhajivat za nei prendre soin d'elle
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « faire du gringue » Commentaires

  • #61
    Elpepe
    05/01/2010 à 13:49
    • En réponse à syanne #55 le 05/01/2010 à 13:32 :
    • « Le sens d’expression figée est tout simple : c’est une expression, ou une locution, dont on ne peut séparer les termes : c’est l’association... »
    Ah ben oualà : ça manquait de rhétorique, depuis un moment. Merci ! Je vais faire le coup de l’expression figée à BB, voir si elle en aime le sens global. 😄
  • #62
    syanne
    05/01/2010 à 14:21
    • En réponse à Elpepe #61 le 05/01/2010 à 13:49 :
    • « Ah ben oualà : ça manquait de rhétorique, depuis un moment. Merci ! Je vais faire le coup de l’expression figée à BB, voir si elle en aime l... »
    Ah ! merci à toi, cap’tain, pour ce gentil petit coup de gringue ! La rhétorique salue bien bas la marine... même si nul marotisme, antanaclase, polysyndète, épanorthose, homéotéleute ou métalepse* ne m’a encore permis de faire le lien entre l’expressio du jour - aussi figée soit-elle- et la mer, pour ainsi pouvoir prétendre à la trirème du jour, autrefois appelée, si mes souvenirs expressionautiques sont bons, la MMM (is that correct ?).
    L’ai-je bien gringuisé ?
    *Là t’en prends pour une bonne quinzaine !
    Bises.
  • #63
    <inconnu>
    05/01/2010 à 14:25
    • En réponse à <inconnu> #27 le 05/01/2010 à 10:39 :
    • « Suggestion: cela se fait, certes, mais apparemment de manière embryonnaire... Pourquoi pas un concours de déconnade ? Avec des points mais a... »
    Depuis hier me trotte une rime en "o".
    Apres avoir lu ....libidineux...(allez encore cette sacré libido...),
    je chantonnais: mambo...manbo...."la libido..oh! "
    Aucun lien avec la pensée du jour!!! mais je te sens tellement conciliant avec les bécassons, les rimailleurs et les imbécilots, que j’ose!
    Tant pis si je repars avec une plume au...troufinus!
    Juste envie de dèc.!🙂
  • #64
    horizondelle
    05/01/2010 à 14:39
    • En réponse à Elpepe #29 le 05/01/2010 à 10:40 :
    • « T’es de plus en plus feignant, alors, God ? Bon, les filles : faut lui faire du gringue, lui remonter le... moral, que si ça continue on n’a... »
    Et faut-il aussi lui faire du gringue pour recevoir l’expressio du jour ? Voilà 3 jours que je reprend la même pour vous rejoindre, et rien dans mon courrier du matin (ni dans les spams, j’ai vérifié) Snif 🙁
  • #65
    DiwanC
    05/01/2010 à 15:04
    • En réponse à <inconnu> #25 le 05/01/2010 à 10:36* :
    • « gringue ? et gringo ? est-ce la même racine latine ? Un linguiste, de préférence distingué, peut-il répondre ? »
    Suis pas du tout linguiste… quant à la distinction, faut voir ! Mais curieuse et friande des mots, ça oui ! Aussi, ai-je cherché et j’ai trouvé ceci : Gringo : terme intraduisible. Le gringo était autrefois, pour les Mexicains, un peu ce qu’était le yankee (l’Américain du Nord) pour les Américains du Sud après la guerre de Sécession. De nos jours, c’est une façon commode de désigner les gens vivant au nord du Rio Grande.
    A l’intérieur d’une même couche sociale, gringo et gringa sonnent avec la même nuance de cordiale amitié que chez nous le « mon vieux » dont on use entre familiers. A l’origine, le terme n’avait rien que de rationnel et que d’honorable, puisqu’il dérive du griego espagnol qui signifie « grec ».
    On trouve également d’autres définitions du « gringo » : à l’époque de la guerre entre le Mexique et les Etats Unis de 1846-1848, en référence à l’uniforme vert des soldats américains, on utilisait le terme « green go home ! » ; à la même époque, cette appellation fait référence à une chanson de l’armée américaine : « Green grow the rushes, O »
    .
    Rien trouvé de plus que le déjà dit ici pour gringue.
  • #66
    chirstian
    05/01/2010 à 15:08
    • En réponse à <inconnu> #25 le 05/01/2010 à 10:36* :
    • « gringue ? et gringo ? est-ce la même racine latine ? Un linguiste, de préférence distingué, peut-il répondre ? »
    juste pour compléter l’info de DiwanC : l’origine de Gringo serait la "Déformation possible de l’espagnol griego (« grec ») dans le sens de « langage incompréhensible ». Utilisé au XVIIe siècle à Malagá (Andalousie) pour désigner des étrangers parlant avec un accent et à Madrid pour les Irlandais." (Wikipedia, confirmé par d’autres sources)
    Donc pas de croisement possible avec la racine latine de gringue. Ceci dit, rien n’empêche un gringo de faire du gringue : cela devient une histoire d’O ...
  • #67
    Elpepe
    05/01/2010 à 15:08
    • En réponse à syanne #62 le 05/01/2010 à 14:21 :
    • « Ah ! merci à toi, cap’tain, pour ce gentil petit coup de gringue ! La rhétorique salue bien bas la marine... même si nul marotisme, antanacl... »
    Je fais voile de ce pas, par le marotisme de Panama, faire de l’antanaclase de neige et des polysyndètes de jeu. Car j’ai beau zoner tes termes barbares et foncer sur Wiki mater leur sens, je suis infoutu de retenir ce dernier plus de douze secondes. A croire que je m’en fous un peu, hein ? J’ai appris ma langue maternelle avec le Larousse encyclopédique paternel, mais aussi l’almanach Vermot d’un grand-père et Le Hérisson de l’autre. Ça laisse des traces, forcément !
    Bon, tu la gringuignes, la trirème du jour ? Dois-je te rappeler que tu l’as obtenue à vie, il y a lulure ? Mais, pour t’être agréable, je passe commande à mon sous-traitant à Saint-Raphaël (un pays émergent), pour un exemplaire spécial en peau de raie torique.
  • #68
    clavieretstyle
    05/01/2010 à 15:11
    Le passage du pain à l’amitié (ou à l’amour) n’est pas si étonnant.
    Ne dit-on pas un compagnon (c’est-à-dire celui avec qui on partage le pain), mot dont le sens actuel est parfois quasiment un mari ?
    Avec tous mes voeux pour la nouvelle année.
  • #69
    Elpepe
    05/01/2010 à 15:17
    • En réponse à <inconnu> #63 le 05/01/2010 à 14:25 :
    • « Depuis hier me trotte une rime en "o".
      Apres avoir lu ....libidineux...(allez encore cette sacré libido...),
      je chantonnais: mambo...manbo..... »
    Mambo bouleau, roi des coteaux, que j’aime ton beau poteau*...
    Tiens, c’est marrant : moi, ce sont des musiques qui me trottent le plus souvent par la tête, en lisant les couenneries des autres.
    * sur l’air du beau sapin
  • #70
    chirstian
    05/01/2010 à 15:20
    • En réponse à <inconnu> #27 le 05/01/2010 à 10:39 :
    • « Suggestion: cela se fait, certes, mais apparemment de manière embryonnaire... Pourquoi pas un concours de déconnade ? Avec des points mais a... »
    Quant au classement ? mois, trimestre, année ?
    eh bien je ne serais pas aussi sévère que celles qui ont réagi négativement à ta proposition. Je trouve même que c’est une excellente idée, et je propose qu’il s’agisse d’un classement journalier (parce que à l’heure ce serait trop lourd). Les critères peuvent être aussi nombreux que nous le souhaitons, l’essentiel étant le résultat.
    Le seul acceptable à mon avis, c’est que tous les participants soient systématiquement premiers ex-aequo.
    Nous avons bien noté que tu offrais de payer les prix , et bien que cela nous gêne un peu, nous acceptons avec gratitude. J’espère qu’ils seront suffisamment motivants ! On commence quand ?
  • #71
    syanne
    05/01/2010 à 15:21
    • En réponse à Elpepe #67 le 05/01/2010 à 15:08 :
    • « Je fais voile de ce pas, par le marotisme de Panama, faire de l’antanaclase de neige et des polysyndètes de jeu. Car j’ai beau zoner tes ter... »
    Je te rassure tout de suite, moi aussi si parfois je vogue, souvent je nage et galère dans la mer* étrange de ces noms savants ! J’en maîtrise certes quelques-uns, mais connais (méconnais ?) souvent les figures sans pouvoir les nommer. Cela dit, il en va de la rhétorique comme de toutes les spécialités** : elle a son lexique... et parfois son jargon.
    *du gringue au marin, au passage
    ** je précise que je ne me donne pas pour spécialiste, je ne saurais affronter la levée de boucliers que ce mot déclenche !
  • #72
    deLassus
    05/01/2010 à 15:25
    • En réponse à <inconnu> #63 le 05/01/2010 à 14:25 :
    • « Depuis hier me trotte une rime en "o".
      Apres avoir lu ....libidineux...(allez encore cette sacré libido...),
      je chantonnais: mambo...manbo..... »
    Si je ne me trompe, c’est cette chanson qui te trotte dans la tête ?
    cette page
    J’ai beau lire et relire, je ne vois pas "libido" dans les rimes. Ni ailleurs dans le texte...
    La libido, elle n’est que dans ta tête !
  • #73
    Elpepe
    05/01/2010 à 15:28*
    • En réponse à horizondelle #64 le 05/01/2010 à 14:39 :
    • « Et faut-il aussi lui faire du gringue pour recevoir l’expressio du jour ? Voilà 3 jours que je reprend la même pour vous rejoindre, et rien... »
    Bon, c’est simple : troisième petite ligne à partir du bas, dans n’importe quel mot doux ancien de God, tu as ton adresse perso, du type :
    https://www.expressio.fr/newsletter?id=ABCD123E

    Tu zones cette adresse, tu la colles dans la barre d’adresses de ton navigateur internet préféré, tu valides et tu la ranges dans tes favoris. Tu n’auras qu’à cliquer dessus n’importe quand pour appeler la page en cours d’Expressio, en t’affranchissant des aléas qui jactent à l’Est.
    Jules
  • #74
    syanne
    05/01/2010 à 15:29
    "Si le gringue ne meurt, je vous ferai entendre le gringue de la voix", dit Barthes à Gide.
  • #75
    Elpepe
    05/01/2010 à 15:45
    • En réponse à chirstian #70 le 05/01/2010 à 15:20 :
    • « Quant au classement ? mois, trimestre, année ?
      eh bien je ne serais pas aussi sévère que celles qui ont réagi négativement à ta propositio... »
    Attention, Jacques_27, c’est un piège ! Chirstian va vouloir un scooter rose comme prix, avec Louisann comme copilote. Moi, je me contenterai d’un modeste voilier de 40 pieds, sans demander la Lune.
  • #76
    chirstian
    05/01/2010 à 15:49
    • En réponse à clavieretstyle #68 le 05/01/2010 à 15:11 :
    • « Le passage du pain à l’amitié (ou à l’amour) n’est pas si étonnant.
      Ne dit-on pas un compagnon (c’est-à-dire celui avec qui on partage le p... »
    Ne dit-on pas un compagnon (c’est-à-dire celui avec qui on partage le pain), mot dont le sens actuel est parfois quasiment un mari ?
    cum pano, effectivement, et son évolution moderne en "copain". Tu as raison de remarquer que le terme désigne maintenant le "compagnon de vie" , mais c’est une évolution très récente, due à l’apparition des couples "illégitimes", pour remplacer le peu poétique "concubin".
  • #77
    Elpepe
    05/01/2010 à 16:05
    • En réponse à syanne #71 le 05/01/2010 à 15:21 :
    • « Je te rassure tout de suite, moi aussi si parfois je vogue, souvent je nage et galère dans la mer* étrange de ces noms savants ! J’en maîtr... »
    Allons, allons... trop de modestie tue la modestie. Tu es bien notre rhétoricienne de garde, l’experte du métalangage de bois, la fine fleur de l’analyse oratoire (de chèvre, mêêêê oui !), quand nous utilisons le zeugme, la syllepse ou la diaphore sans le savoir. Mickey, lui, a une préférence pour l’amphore. De rosé.
  • #78
    Elpepe
    05/01/2010 à 16:10
    • En réponse à chirstian #76 le 05/01/2010 à 15:49 :
    • « Ne dit-on pas un compagnon (c’est-à-dire celui avec qui on partage le pain), mot dont le sens actuel est parfois quasiment un mari ?
      cum p... »
    Et celle dont on partage le pagne, c’est la compagne. C’est quand même bien foutu, la langue, hein ?
  • #79
    mident
    05/01/2010 à 17:50*
    • En réponse à Elpepe #77 le 05/01/2010 à 16:05 :
    • « Allons, allons... trop de modestie tue la modestie. Tu es bien notre rhétoricienne de garde, l’experte du métalangage de bois, la fine fleur... »
    Oulàààà ! que de mots barbares. Merci vous deux. Je vais devoir me taper une soirée dico. 😢
  • #80
    Elpepe
    05/01/2010 à 17:59
    • En réponse à mident #79 le 05/01/2010 à 17:50* :
    • « Oulàààà ! que de mots barbares. Merci vous deux. Je vais devoir me taper une soirée dico. 😢 »
    Tu crois vraiment que ça peut servir, dans une conversation de salon, quelle qu’en soit la couleur ? Bon, eh bien... bon courage ! Mais si tu comptes faire du gringue avec ça, tu vas tirer de drôles de numéros, je prédis !