Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

laver son linge sale en famille [v]

régler les fâcheuses affaires au sein du groupe concerné et non en public ; régler les affaires discrètement et sans témoins ; régler une mésentente en privé ; régler ses différends entre soi

Origine et définition

Aujourd'hui, pour laver votre linge sale, il vous suffit d'ouvrir le hublot de votre machine à laver, d'entasser le linge dans le tambour, d'ajouter un peu de lessive et d'appuyer sur le bouton de démarrage.
Ce faisant, vous êtes sûr que rien ne sortira de la maison.
Mais autrefois, le linge se lavait au lavoir, en compagnie des autres femmes du voisinage et les commérages allaient bon train. L'endroit, dont le rôle social était extrêmement important, était parfait pour se tenir au courant des potins locaux et même des nouvelles du monde, lorsqu'elles arrivaient dans le coin.
Il permettait aussi aux femmes présentes de parler de leurs différends familiaux et donc de les ébruiter très largement, un secret n'étant bien gardé que lorsque tous ceux qui le connaissent sont décédés.
L'image que contient l'expression est donc simple à comprendre : n'allons pas au lavoir ébruiter nos problèmes et dissensions familiaux (le linge sale) ; lavons (réglons) tout ça chez nous, en famille (au sein du groupe), et nos affaires resteront secrètes.
La naissance de l'expression est souvent attribuée à Voltaire, au XVIIIe siècle. Mais si l'auteur emploie bien "linge sale à blanchir", c'est pour désigner les poèmes que lui envoie pour correction le roi Frédéric II de Prusse, pas pour parler d'affaires ou de problèmes particuliers.
Par contre, elle aurait été utilisée au cours du même siècle par Casanova, et reprise en plusieurs occasions par Napoléon.

Exemples

« Si vous vous permettez de petites infamies, que ce soit entre quatre murs. (...) Napoléon, appelle cela : laver son linge sale en famille »
Honoré de Balzac - Les illusions perdues
« Après avoir lavé notre linge [avec Gide] nous eûmes toujours des rapports agréables »
Jean Cocteau - Poésie et critique

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais don't wash your dirty linen in public ne lave pas ton linge sale en public
Anglais (USA) to not air / hang out its dirty laundry ne pas aérer / étendre son linge sale
Arabe (Algérie) زيتنا في بيتنا (zitna fi bitna) notre huile reste à notre maison
Arabe (Maroc) amine essare garder le secret
Bulgare не си показвай кирливите ризи ne montre pas tes chemises crasseuses
Espagnol (Argentine) la ropa sucia se lava en casa les linges sales, on les nettoie a la maison
Espagnol (Espagne) lavar los trapos sucios en casa laver le linge sale à la maisson
Espagnol (Espagne) rentar els draps bruts de la familia laver les draps sales de la famille
Espagnol (Mexique) los trapos sucios se lavan en casa les chiffons sales se lavent à la maison
Espéranto balaaĵon el korto eksteren ne elportu ne portez pas au dehors les balayures de la cour
Hongrois nem fogom kiteregeti a szennyest ne pas pendre le linge sale
Italien lavare i panni sporchi in famiglia laver le linge sale en famille
Néerlandais (Belgique) de vuile was niet buiten hangen ne pas pendre le linge sale dehors
Néerlandais de vuile was niet buiten de deur hangen pas mettre le linge sale au dehors
Néerlandais problemen binnenskamers houden tenir ses problèmes à l'intérieur de l'espace
Polonais swoje brudy trzeba prać w domu laver son linge sale chez soi
Portugais (Brésil) roupa suja se lava em casa on lave le linge sale à la maison
Portugais (Portugal) lavar a roupa suja em família laver le linge sale en famille
Roumain a-şi spăla rufele murdare în familie laver son linge sale en famille
Roumain a-şi spăla rufele în familie laver son linge en famille
Russe не выносить сора из избы ne pas sortir des balayures de l'isba
Turc kol kırılır yen içinde on casse le bras dans la manche
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Commentaires sur l'expression « laver son linge sale en famille » Commentaires

  • le gone
    24/02/2017 à 11:18
    Au bistrot certains lavent ce linge avec leurs potes, leur "famille" du café ou ils ont leurs habitudes.
  • le gone
    24/02/2017 à 11:19
    Et le blanchiment de l'argent sale ? C'est une certaine famille qui s'en occupe...
  • DiwanC
    24/02/2017 à 11:23*
    • En réponse à Paracas #198 le 24/02/2017 à 10:46 :
    • « Y a pas à dire tu es plus douée que moi pour conter...🙂 »
    C'est faux ! Mais alors là, plus faux que faux !
    Je l'ai bien aimé ce petit garçon porteur d'eau...
    Je l'ai bien aimé lui qui, dans la belle innocence de l'enfance, se demande comment M'dame Unetelle pourrait être en sainte, sans porter robe bleue et voile blanc ! Délicieux !
    Il m'a fait penser à Marcel, celui de la bastide et des bartavelles, celui qui se demandait comment les bébés viennent au mode, celui qui était tout prêt à croire son copain Mangiapan qui "prétendait que les enfants sortaient du nombril de leur mère".
    Et God sait combien il y a de linge à laver lorsque l'enfant paraît.
    [Zut ! j'ai failli l'avoir !]
    [...] depuis trois mois, ma mère avait changé de forme, et elle marchait le buste penché en arrière comme le facteur de la Noël. Un soir Paul, avec un air d'inquiétude, m'avait demandé : « Qu'est-ce qu'elle a, notre Augustine, sous son tablier ? »
    Je n'avais su que lui répondre...
    Nous la retrouvâmes, souriante, mais pâle et sans force, dans le grand lit. Auprès d'elle, dans un berceau, une petite créature grimaçante poussait des cris de mirliton. L'hypothèse de Mangiapan me parut démontrée, et j'embrassai ma mère tendrement en songeant à ses souffrances au moment où il avait fallu déboutonner son nombril.
    La petite créature nous parut d'abord étrangère. De plus, notre mère lui donnait le sein, ce qui me choquait beaucoup et qui effrayait Paul. Il disait : « Elle nous la mange quatre fois par jour. » Mais quand elle se mit à tituber et à bégayer, elle nous révéla notre force et notre sagesse, et nous l'adoptâmes définitivement.

    Merci M'sieur Pagnol. 🙂
  • Paracas
    24/02/2017 à 11:23*
    • En réponse à gonalzako #199 le 24/02/2017 à 10:47 :
    • « Je ne sais plus quelle était la marque de la machine à laver de ma môman, ce dont je me souviens c'est qu'il fallait allumer le brûleur (?)... »
    Ouaip, ma moman avait la même, c'était une Laden. Mon père avait fait les vendanges pour gagner quatre sous et l'acheter à ma naissance et elle a marché jusqu'en 1975 soit 18 ans....l'obsolescence programmée n'avait pas encore été inventée par la société de consommation.
  • Paracas
    24/02/2017 à 11:27
    • En réponse à DiwanC #203 le 24/02/2017 à 11:23* :
    • « C'est faux ! Mais alors là, plus faux que faux !
      Je l'ai bien aimé ce petit garçon porteur d'eau...
      Je l'ai bien aimé lui qui, dans la bell... »
    Mais toi tu as "le chic" pour raconter, moi je me contente de narrer brut de décoffrage, toi tu fais les finitions....
    Sur le chemin du retour, le pas était plus lent... Chargée de linge mouillé, la brouette était plus lourde encore ; ça tirait dans les épaules, dans les reins cassés...
    Elles venaient de passer des heures courbées, agenouillées, à frotter, à brosser, à tordre, à fouler sur la pierre du lavoir les draps, les bleus de travail, à chasser des chemises épaisses des hommes la sueur d'une semaine de travail
  • DiwanC
    24/02/2017 à 11:38
    • En réponse à Paracas #205 le 24/02/2017 à 11:27 :
    • « Mais toi tu as "le chic" pour raconter, moi je me contente de narrer brut de décoffrage, toi tu fais les finitions....
      Sur le chemin du reto... »
    C'est facile d'ajouter quelques tuiles faîtières quand toutes les ardoises sont posées...
    Bon... on va arrêter de s'entre-congratuler sinon on va recevoir une volée de bois vert. Et va allumer le feu sous la lessiveuse avec ça !
    😄
  • joseta
    24/02/2017 à 11:59
    - Qu'est-ce que j'ai les cheveux gras, maman tu veux bien laver les taies ?
    - Fiston, je lave l'été et l'hiver !
  • joseta
    24/02/2017 à 12:01*
    - Attention ! y'a une guêpe dans le coin...oh, la sale bête ! 'la v'là'...
    - J' m'en fous si elle est sale ! j'vais tout de même pas laver une guêpe !
  • DiwanC
    24/02/2017 à 12:30*
    • En réponse à mickeylange #200 le 24/02/2017 à 11:18 :
    • « En Suisse ils ont des machines à laver l'argent sale qui sont dans les banques. En France la mafia a des pizzerias pour laver ses sous.
      Les... »
    Du temps que tu étais jeune et petit angelot à peine éclos !, il n'y avait dans les villages ni Crédit d'Épargne ni Caisse Mutuelle. Les banques des Lombard sont rares et réservées aux riches marchands.
    Dans la famille de Jérôme C., on déposait ses économies entre les plis des draps, des draps propres et parfumés par quelques sachets de lavande.
    Alors, on ne disait pas que l'argent n'a pas d'odeur, contrairement à ce que prétend Sa Divinité !
    😛
  • joseta
    24/02/2017 à 12:30
    Au couvent
    - Venez soeur...en attendant le blanchisseur, on va aller voir le clapier...y'a des lapins noirs et un tout blanc...
    - le blanc chie soeur !
    - ah, le voilà ? vais chercher les habits monastiques...
  • joseta
    24/02/2017 à 13:19
    Lingette....l'autre ramasse. 😐
  • Paracas
    24/02/2017 à 13:39
    Ça m'étonne que personne me m'ait signalé le #91.....
    Vous baissez la garde les copains....😄
  • SyntaxTerror
    24/02/2017 à 13:51*
    • En réponse à Paracas #212 le 24/02/2017 à 13:39 :
    • « Ça m'étonne que personne me m'ait signalé le #91.....
      Vous baissez la garde les copains....😄 »
    Disons que c'était un brouillon.
    Mais toi, tu files un mauvais coton si tu commences à lire les VDD.
  • SyntaxTerror
    24/02/2017 à 13:56
    • En réponse à mickeylange #200 le 24/02/2017 à 11:18 :
    • « En Suisse ils ont des machines à laver l'argent sale qui sont dans les banques. En France la mafia a des pizzerias pour laver ses sous.
      Les... »
    En Suisse ils ont des machines à laver l'argent sale qui sont dans les banques.
    Si tu avais eu l'occasion de travailler à Luxembourg, tu aurais pu remarquer que le bâtiment de Clearstream (Un agneau se désaltérait dans le courant d'une onde pure) n'est pas dégueulasse ...
  • Utilisateur supprimé
    24/02/2017 à 14:28*
    • En réponse à Paracas #198 le 24/02/2017 à 10:46 :
    • « Y a pas à dire tu es plus douée que moi pour conter...🙂 »
    Pas nécessairement, 'te laisse pas faire ! Vive les galets, à bas les menhirs !
  • syanne
    24/02/2017 à 14:34
    Je ne résiste pas à vous faire partager cette scène où l’on lave si joliment son linge en famille…
    ***
    « Minet-Chéri, tu as encore jeté une pelure de châtaigne dans la cheminée.
    - Non, maman.
    - Si, ma fille. »
    Et Sido, ma mère, brandissait au bout des pincettes, sous mon nez (« et pourquoi as-tu choisi de me ressembler par le nez, petite maladroite ?) le corps du délit.
    « Mes cendres ! Souiller mes précieuses cendres de pommier, de peuplier et d’orme ! Et la lessive, alors ? Je t’ai dit vingt fois… »
    Ce n’est pas par irrévérence que je n’écoutais pas la suite, qui m’était connue. L’attention d’un enfant obéit au plus averti de ses sens. Déjà le mien était l’odorat. Ma mère venait à peine de prononcer le mot « lessive », que je croyais respirer la douceâtre odeur des cendres, réparties sur le drap de chanvre qui couvrait le grand cuveau, dans la buanderie. À intervalles réguliers, la femme-de-lessive versait, sur le lit de cendres, un broc d’eau bouillante qu’elles filtraient dans la masse du linge… L’air obscurci, bleu de vapeur, roulait par nuées distinctes, voilait la grande chaudière ronde, son tuyau qui perçait le plafond. Énorme, cuirassée de toile, la femme-de-lessive allait flottant d’un mur à l’autre, au mépris, semblait-il, des lois de la pesanteur. Une liasse de racines d’iris, blanches comme des ossements, pendait à un clou… Lave lisse et fumante, la couche de cendres retenait quelques braisillons noirs – raisins dans le cake, truffes dans le foie gras – et je les extrayais en m’échaudant les doigts.
    « Tu avais qu’à n’y pas toucher, ma petite servante », me disait la femme-de-lessive.
    Car les plus doux noms qu’une nourrice, qu’une domestique, qu’une mère puissent donner, dans mon pays, à l’enfant qu’elles ont vu naître, c’est « ma petite servante », « ma petite compagnie ».
    « Je t’ai dit vingt fois, continuait Sido, que le tannin contenu dans les pelures de châtaignes tache en jaune le linge… Quand apprendras-tu, sinon maintenant, les choses qu’une femme doit savoir ?
    Colette, Journal à rebours, « Sido et moi »
  • DiwanC
    24/02/2017 à 15:35*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #215 le 24/02/2017 à 14:28* :
    • « Pas nécessairement, 'te laisse pas faire ! Vive les galets, à bas les menhirs ! »
    vive les galets, à bas les menhirs !
    Les Galet et les Menhir ! comme les Boulay et les Lepic* !
    Qu'est un galet sinon un menhir qui s'est baigné trop longtemps – mais vraiment très beaucoup trop longtemps ! – dans l'océan ? À force d'être ballottée, rudoyée par les vagues, la pierre levée s'est brisée en mille et mille morceaux que la mer a encore longuement grattés, râpés, polis, arrondis jusqu'à devenir boulets...galets !...
    😛
    * Personnages d'une série télévisée "Fais pas ci, fais pas ça".
  • DiwanC
    24/02/2017 à 15:40
    • En réponse à syanne #216 le 24/02/2017 à 14:34 :
    • « Je ne résiste pas à vous faire partager cette scène où l’on lave si joliment son linge en famille…
      ***
      « Minet-Chéri, tu as encore jeté une... »
    syanne en compagnie de Colette ! Quelle plus agréable visite pouvions-nous souhaiter ?
    🙂
  • Paracas
    24/02/2017 à 16:39
    • En réponse à SyntaxTerror #213 le 24/02/2017 à 13:51* :
    • « Disons que c'était un brouillon.
      Mais toi, tu files un mauvais coton si tu commences à lire les VDD. »
    .😄
  • Paracas
    24/02/2017 à 16:40
    • En réponse à Utilisateur supprimé #215 le 24/02/2017 à 14:28* :
    • « Pas nécessairement, 'te laisse pas faire ! Vive les galets, à bas les menhirs ! »
    Et les galets au moins on peut les déplacer à la pelleteuse....😛