Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

se piquer la ruche [v]

s'enivrer ; se saouler ; picoler au-delà du raisonnable

Origine et définition

Cette expression apparue en 1982 serait due à Pierre Perret, notre chanteur espiègle mais aussi grand amateur d'argot (et de bonne cuisine, ce qui n'est pas du tout incompatible).
En argot toujours, et depuis la fin du XIXe siècle, la 'ruche' désigne le nez[1].
Or, il se trouve que depuis la moitié du XIXe, il existe l'expression "se piquer le nez" qui, comme par hasard, voulait aussi dire "s'enivrer".
Son origine viendrait soit du fait que celui qui boit beaucoup a toujours le nez 'piqué' dans son verre, soit du fait que l'alcoolique dans un état d'ébriété très avancé finit par piquer du nez dans sa chope.
Ensuite, compte tenu de la signification argotique de 'ruche', le remplacement du 'nez' a pu se faire tout naturellement.
On dit aussi 'se péter la ruche'.
[1] Ce serait une métaphore venant du fait que le nez d'un enrhumé produit la goutte comme l'abeille produit le miel. Oui, je sais, c'est un peu capillotracté, mais je n'y suis vraiment pour rien. Si, si !

Compléments

Bien sûr, il ne faut pas confondre "se piquer la ruche" avec "piquer dans la ruche" au risque de se faire piquer devant la ruche par les abeilles trèzzzzzzz énervées.

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand sich einen hinter die Binde gießen en jeter une derrière la cravate
Allemand sich betrinken, sich besaufen s'enivrer
Anglais (USA) to get a snootful s'en mettre plein le pif
Arabe (Tunisie) yeblaa / Yessker il avale / Il se saoule
Espagnol (Argentine) mamarse se sucer
Espagnol (Espagne) agarrarse un pedo s'accrocher un pet
Espagnol (Espagne) Coger una pea Se saouler
Français (Canada) virer une brosse
Français (France) s'empéguer
Français (Canada) virer une baloune
Français (Canada) Prendre une brosse
Français (Canada) prendre un coup
Français (Canada) Partir sur une balloune
Grec γίνομαι λιώμα se réduire en pulpe
Hongrois becsíp se piquer (la ruche)
Italien alzare il gomito lever le coude
Néerlandais (Belgique) een stuk in uw botten drinken boire un bout dans ces bottes / ça squelette
Néerlandais zich zat zuipen boire jusqu'a être soûl
Néerlandais (Belgique) zich poepeloere zat zuipen se lamper poupeloure
Néerlandais (Belgique) zich Lazarus drinken se boire Lazarre
Néerlandais (Belgique) te diep in het glas kijken regarder trop profond dans le verre
Néerlandais (Belgique) een stuk in uw kraag drinken boire un bout dans son colle
Néerlandais (Belgique) een stuk in uw kloten drinken se boire un bout dans ces couilles
Néerlandais zich te barsten zuipen se saouler jusqu'on s'éclate
Néerlandais (Belgique) een stuk in je voeten drinken boire un bout dans ces pieds
Néerlandais (Belgique) de keel natmaken mouiller la gorge
Néerlandais (Belgique) boven uw theewater zijn être au dessus de son eau de thé
Néerlandais (Belgique) binnen kappen en verser
Néerlandais tierelierelazarus zijn être saoul a en perdre la raison
Néerlandais straalbezopen zijn être complètement ivre
Néerlandais hardstikke sjikker (of sikker). Uit Hebreuws/Yiddish: shikkor complètement ivre
Portugais (Brésil) encher a cara se bourrer la gueule
Portugais (Brésil) ficar de porre prendre une cuite
Roumain a suge ca o sugativă sucer comme du papier buvard
Roumain a trage la măsea tirer au molaire
Roumain beat turtă ivre tourte
Roumain mut de beat ivre muet
Slovaque da? si do nosa s'en mettre dans le nez
Wallon (Belgique) avoir une pièce dans ses bottes
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « se piquer la ruche » Commentaires

  • #41
    borikito
    25/10/2006 à 11:32
    • En réponse à <inconnu> #39 le 25/10/2006 à 11:31 :
    • « C’est un repas de policier ça ! Commisaire Magret va se joindre à vous. »
    On traduira ça plus tard pour le breton, n’est-ce pas ?
  • #42
    <inconnu>
    25/10/2006 à 11:36
    • En réponse à borikito #41 le 25/10/2006 à 11:32 :
    • « On traduira ça plus tard pour le breton, n’est-ce pas ? »
    Mé, j’ai pigé la dépravation... quand même !
  • #43
    Elpepe
    25/10/2006 à 11:38
    • En réponse à borikito #41 le 25/10/2006 à 11:32 :
    • « On traduira ça plus tard pour le breton, n’est-ce pas ? »
    Un vrai Breton, marin dans l’âme par essence (ceux de l’Ar Mor, pas ceux de l’Ar Gouat, ni ceux de l’Ar douaz, ni ceux de l’Ar Abesc’h, ni ceux de l’Ar Menhir...) ne se pîque pas la ruche, jamais ! Il prend des bittures, sur le gaillard d’avant, c’est tout.
  • #44
    borikito
    25/10/2006 à 11:42
    • En réponse à <inconnu> #42 le 25/10/2006 à 11:36 :
    • « Mé, j’ai pigé la dépravation... quand même ! »
    Dépravation ? Qué dépravation ?
    Mon cher Yannou, puisqu’il faut tout t’expliquer : les "demoiselles", par ici, ce sont les carcasses de canards ou d’oies après retrait des magrets et autres viandes...
    On les fait griller. Bon il n’a pas grand chose à grignoter, c’est sûr, mais c’est délicieux. Et puis ça donne une fois de plus l’occasion d’être ensemble et rigoler un tantinet, à l’ombre de quelques verres de rouge.....
  • #45
    borikito
    25/10/2006 à 11:43
    • En réponse à Elpepe #43 le 25/10/2006 à 11:38 :
    • « Un vrai Breton, marin dans l’âme par essence (ceux de l’Ar Mor, pas ceux de l’Ar Gouat, ni ceux de l’Ar douaz, ni ceux de l’Ar Abesc’h, ni c... »
    Et ce "gaillard" d’avant, il est consentant ?
  • #46
    chirstian
    25/10/2006 à 11:44*
    • En réponse à God #25 le 25/10/2006 à 10:58 :
    • « Ah, chirstian est NRV, aujourd’hui...
      1. Je trouve étonnant que tu dises une fois que Google ne peut surtout pas être une référence et que t... »
    Je trouve étonnant que tu dises une fois que Google ne peut surtout pas être une référence et que tu t’en serves comme tel une autre fois
    je reconnais à Google sa légitimité "quantitative" : l’expression existe-t-elle, combien de fois est-elle citée ? Je lui nie toute valeur "qualitative" : un mot mal orthographié peut être cité à 100.000 exemplaires, cela ne change pas la règle d’orthographe.
    Je note que Google passe à 138 entrées en étendant la recherche ! Effectivement ça change tout !
    Pour le reste : j’adore Pierre Perret (ou San Antonio...) et je trouve que notre langue doit vivre, et donc créer sans cesse de nouvelles images. Je pense que le forum en produit d’ailleurs de fort belles, quand nous sommes en forme!
    A titre comparatif "karchériser" fait 758 entrées. S’agit-il d’une expression ? Oui, puisqu’elle "exprime" quelque chose. Est-elle traitable par tes sources ? Oui : on peut retrouver sa date de naissance, son contexte etc...
    Alors qu’est ce qui me défrise ? Sans doute l’omission du facteur temps : c’est lui qui fixe la limite entre mode et tradition , entre secte et religion ... Comme tu le dis, les expressions "du XIe, du XIVe ou du XVIIIe (siècle, pas arrondissement de Paris), ont été jeunes et peu répandues peu après leur naissance " mais nous ne nous y intéressons que parce qu’elles ont franchi les siècles : les chansonniers de l’époque en ont créé des milliers d’autres qui n’ont pas résisté à la mode. Or la mode est certes très intéressante à observer, mais en rappelant qu’elle est une mode.
    Si nous mettons sur le même plan des idées, des mots, des croyances , des choses de nature trop différente, il me semble que nous y perdons.
    @Yannou : s’il y a localement - à Tulle ou ailleurs - une expression ancienne que Pierre Perret n’a fait que reprendre, c’est effectivement elle qu’il serait intéressant de chercher , mais je n’en vois pas trace dans l’origine du jour : le contraste entre sa création par PP - trop précise- et ses origines - trop floues - me gêne Eugène !
  • #47
    <inconnu>
    25/10/2006 à 11:45
    • En réponse à borikito #44 le 25/10/2006 à 11:42 :
    • « Dépravation ? Qué dépravation ?
      Mon cher Yannou, puisqu’il faut tout t’expliquer : les "demoiselles", par ici, ce sont les carcasses de cana... »
    Effectivement, je ne savais pas cela. Je pensais à des bouteilles de vins de plus grandes dimensions.
    @ Elpepe > je ne prends pas de bitures et ne pars plus en "Jabadao", c’est bon, j’ai donné plus jeune.
  • #48
    <inconnu>
    25/10/2006 à 11:49
    • En réponse à borikito #45 le 25/10/2006 à 11:43 :
    • « Et ce "gaillard" d’avant, il est consentant ? »
    Un gaillard, un luron, ça prend les devants… ça n’attend pas que midi passe sans lui ! 😛
  • #49
    borikito
    25/10/2006 à 11:51
    Mais qu’entend-je ?
    A taaaable !
  • #50
    Elpepe
    25/10/2006 à 11:55*
    • En réponse à <inconnu> #47 le 25/10/2006 à 11:45 :
    • « Effectivement, je ne savais pas cela. Je pensais à des bouteilles de vins de plus grandes dimensions.
      @ Elpepe > je ne prends pas de biture... »
    Eh bien, moi qui ne suis pas Breton (donc a fortiori pas Bigouden), je prends régulièrement des bittures*, arrivé à la côte. Quant au Jabadao, c’est une partouze à huit, crois-je savoir ?
    * Bon, God, il va falloir traiter AUSSI "prendre des bittures", non ?
  • #51
    <inconnu>
    25/10/2006 à 12:03*
    • En réponse à Elpepe #50 le 25/10/2006 à 11:55* :
    • « Eh bien, moi qui ne suis pas Breton (donc a fortiori pas Bigouden), je prends régulièrement des bittures*, arrivé à la côte. Quant au Jabad... »
    Le ou là "Jabadao", c’est Peinard_best qui pourrait en parler le mieux car il soit être bretonnant le gars, est une danse folklo-machin et détourné, le mot signifie qu’on part en "piste" ce qui encore en décodé veut dire qu’on part faire la tournée des bistrots, des dancings et autres lieux de vie. Bref, bobonne sait que son mari va rentrer bourré, contestataire et critique, ce qui finira en tapage nocturne !
    Quant aux partouzes bretonnes, tout est possible, chacun faisant de son derrière et de ses instruments ce qu’il entend pour son épanouissement personnel.
    Oui biture avec un seul T à ma connaissance god.
  • #52
    God
    25/10/2006 à 12:03*
    • En réponse à Elpepe #50 le 25/10/2006 à 11:55* :
    • « Eh bien, moi qui ne suis pas Breton (donc a fortiori pas Bigouden), je prends régulièrement des bittures*, arrivé à la côte. Quant au Jabad... »
    Mon dico me dit que ’biture’ ne prend qu’un t, même si ça vient de ’bitte’.
    Par ailleurs, faut d’abord que je demande à Chirstian si 1842, date de naissance de l’expression, c’est assez loin dans le temps, et si 506 résultats dans Google, c’est suffisant, pour la traiter. 😄
  • #53
    Elpepe
    25/10/2006 à 12:22*
    • En réponse à God #52 le 25/10/2006 à 12:03* :
    • « Mon dico me dit que ’biture’ ne prend qu’un t, même si ça vient de ’bitte’.
      Par ailleurs, faut d’abord que je demande à Chirstian si 1842, d... »
    Bitture ou biture, les deux se dit ou se disent, mais la forme première en prend effectivement deux. Source : "Le Parler Marin", Gérard Janichon, Ed. Voiles & Voiliers. Les dictionnaires généralistes ne connaissent que la forme popularisée par l’image de l’expression "prendre UNE biture", alors que les marins, nécessairement, prennent DES bittures (définition par God un de ces jours). CQFD.
    Voir, par exemple, cette page :
    Bitture. n.f. (1) Longueur de chaîne ou de câblot nécessaire entre la bitte et l’ancre pour mouiller, que l’on étale en segments de longueurs identiques sur le pont afin de préparer la longueur voulue, ce qui se dit prendre la bitture. (2) Lorsque le capitaine ou le patron d’un navire ordonnait de prendre une bonne bitture, cela signifiait que l’on allait rester mouillé au moins une marée, ce qui pouvait laisser à l’équipage le temps d’aller à terre et d’absorber une quantité pas toujours modérée de vin ou d’alcool. Ce serait l’une des origines possibles du sens familier de l’expression prendre une bonne bitture, se soûler. On passe en quelque sorte de la rade de mouillage aux rades du port...

    De quoi se pîquer la ruche, hein, lapins !
  • #54
    <inconnu>
    25/10/2006 à 13:33
    Tiens, Ô god, encore une: pourquoi dit-on "en avoir un coup dans l’aile" quand on s’est piqué la ruche ?
  • #55
    Elpepe
    25/10/2006 à 13:55
    • En réponse à <inconnu> #54 le 25/10/2006 à 13:33 :
    • « Tiens, Ô god, encore une: pourquoi dit-on "en avoir un coup dans l’aile" quand on s’est piqué la ruche ? »
    L’expression "un coup dans l’aile" me rappelle trois films : un coup dans l’aile, l’aile ou la cuisse, on a volé la cuisse de Jupiter.
    My God ! J’ai dû forcer sur le Madiran, je vais faire une petite sieste, tiens !
  • #56
    chirstian
    25/10/2006 à 14:05*
    • En réponse à God #52 le 25/10/2006 à 12:03* :
    • « Mon dico me dit que ’biture’ ne prend qu’un t, même si ça vient de ’bitte’.
      Par ailleurs, faut d’abord que je demande à Chirstian si 1842, d... »
    faut d’abord que je demande à Chirstian si 1842, date de naissance de l’expression, c’est assez loin dans le temps,
    j’aurais tendance à dire que oui, mais peux tu me préciser la date exacte (jour/mois) ? L’heure précise serait souhaitable, mais pas obligatoire. Veux tu que je mette au point un formulaire simple (200 à 300 questions pertinentes) que tu ferais remplir à chaque suggestion , avant de le soumettre à la commission de validation ?
    (la réglementation pourrait être la même que pour les monuments historiques : on peut trouver une baraque récente très intéressante sans pour autant pouvoir l’inscrire au Patrimoine !)
  • #57
    chirstian
    25/10/2006 à 14:14
    est on certain que "se piquer la ruche " est bien un terme à picole ?
  • #58
    <inconnu>
    25/10/2006 à 14:25*
    • En réponse à chirstian #57 le 25/10/2006 à 14:14 :
    • « est on certain que "se piquer la ruche " est bien un terme à picole ? »
    Wâââouw ! Beau ! Fallait l’trouver ! Tu veux une aspirine, pour calmer tes maux de tête ? Faut pas appeler les pompiers ? On voit de la fumée sortir de tes oreilles, c’est inquiètant, tu sais ! 😉
  • #59
    <inconnu>
    25/10/2006 à 15:12*
    • En réponse à Elpepe #55 le 25/10/2006 à 13:55 :
    • « L’expression "un coup dans l’aile" me rappelle trois films : un coup dans l’aile, l’aile ou la cuisse, on a volé la cuisse de Jupiter.
      My Go... »
    Les zèles ont la vie dure Avions-nous observé hélice était le fuselage de ma voisine. T’as remarqué me dit mon frère ? (Tarmac)
    Bien mieux que l’eau testée (hôtesse) par moi juste quelques instants auparavant. Sous l’oeil averti du com. en dent de scie, rivé (e) sur son manche à balai, plein de poils et de poussières diverses qui s’écria :
    « Viol en vol sur Violette ? Evita ment Peron ne me dit jamais rien à moi ! ».
    La soute étant pleine, un mouvement de grève du zèle se déclencha aussitôt. La bataille des Zerlouchs (airs louches) venait de commencer.
    Tout ça, à cause d’un casse-quéquette inopiné.
    Ceci était un communiqué d’Américan Airlines.
  • #60
    Elpepe
    25/10/2006 à 15:38
    • En réponse à <inconnu> #59 le 25/10/2006 à 15:12* :
    • « Les zèles ont la vie dure Avions-nous observé hélice était le fuselage de ma voisine. T’as remarqué me dit mon frère ? (Tarmac)
      Bien mieux q... »
    Un p’tit coup de Madiran, camarade ?