Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

planche de salut [n]

bouée de sauvetage ; sauveur ; trouver son salut dans ; le dernier moyen ; trouver un moyen d'échapper à un très grave ennui ; utiliser un moyen d'échapper à une catastrophe ; solution de toute dernière extrémité ; dernier moyen pour se sauver ; ultime ressource dans une situation désespérée

Origine et définition

Il paraît évident, en première lecture, que notre 'salut' n'a (presque) rien à voir avec celui du gladiateur dans l'arène face à César ou à celui du militaire face à son supérieur.
Si je dis 'presque', c'est parce que le salut ainsi cité dérive quand même du salut qui nous intéresse. Restez à à l'écoute !
En effet, le mot 'salut' nous vient du latin 'salutem', accusatif de 'salus' ou 'salutis', qui désignait quelque chose en bon état, en bonne santé, entier. Il a aussi signifié 'vie', par opposition à 'mort'.
Le 'salut' correspond donc d'abord à ce qui permet de conserver le bon état, l'intégrité de quelque chose ou de quelqu'un, ou, indirectement, de le sauver.
Ce qui nous permet de comprendre que, une planche de salut, c'est en premier lieu une planche qui permet à quelqu'un de rester en vie.
Et des planches comme ça, si ça ne court pas les rues, on les trouve aisément en mer, lorsqu'un naufragé sauve sa vie en s'accrochant à une des planches venues de la structure de son bateau qui vient de couler.
C'est bien de cette image du naufragé que nous vient la première expression, au début du XIXe siècle, à la suite du mot 'planche' tout seul qui, depuis le XVIe siècle, avait le même sens figuré.
Par extension, une planche de salut, c'est plus généralement un moyen d'échapper à une catastrophe et de rester en vie.
Et quand on n'est pas en mer et qu'on n'a pas de planche à portée de main, il existe des situations où il est quand même très utile de trouver un moyen d'échapper à la mort, donc de trouver son salut, que ce soit face un animal agressif (auquel cas, on peut trouver son salut dans la fuite) ou, acculé à un mur, face à un jeune sauvageon armé d'un couteau (auquel cas on peut tenter de trouver son salut dans l'attaque surprise).
Maintenant que l'origine des deux expressions est limpide, revenons un court moment à notre autre acception du mot salut.
Vous ne le saviez peut-être pas, mais, au vu de l'origine du mot, lorsque vous saluez quelqu'un, vous lui souhaitez en fait de rester en vie ou de garder une bonne santé.
Mais ce sens initial étant généralement oublié, le salut est simplement vu comme une marque de politesse, de respect ou de déférence, telle qu'on la retrouve dans le salut militaire.

Exemples

« Pendant que les diplomates du monde entier continuaient à s'accrocher comme à une ultime planche de salut au plan de paix saoudien pour le Proche-Orient, les combats s'intensifiaient en Cisjordanie où au moins 12 Palestiniens et un Israélien ont été tués hier et plus d'une centaine de Palestiniens blessés. »
Libération - Article du 01/03/2002
« Ciba trouve son salut dans le giron du numéro un mondial de la chimie, BASF. Le groupe suisse a beaucoup souffert de la hausse des cours des matières premières et du prix de l'énergie au premier semestre 2008. Résultat, il affiche une perte nette de 326 millions d'euros et il a annoncé des mesures de restructuration qui auraient pu éventuellement aboutir à la cession de certaines activités. C'est finalement tout le groupe qui se vend à BASF pour 3,8 milliards d'euros. »
Le Figaro - Article du 16/09/2008

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand rettungsanker ancre de sauvetage
Anglais a lifeline une bouée de sauvetage
Arabe وجد ضالته في il a trouvé ce qu'il cherchait dans
Chinois rescue
Espagnol (Espagne) tabla de salvación planche de salut
Espagnol (Espagne) una tabla de salvación une planche de salut
Espagnol (Espagne) agarrarse a un clavo ardiendo s'accrocher à un clou brûlant
Hébreu גַלגל הצלה (galgal hatsala) sauvetage
Italien ancora di salvezza une ancre de salut
Néerlandais (Belgique) redplank planche de salut
Néerlandais een reddende engel un ange sauveteur
Néerlandais zich vastklampen aan de laatste strohalm se raccrocher au dernier brin de paille
Néerlandais reddingsboei bouée de sauvetage
Polonais ostatnia deska ratunku une dernière planche de salut
Portugais (Brésil) tábua de salvação planche de salut
Portugais (Portugal) tábua de salvação bouée de sauvetage
Roumain un colac de salvare une bouée de sauvetage
Russe спасательный круг bouée de sauvetage
Slovène resilna bilka brin de salut
Suédois räddningsplanka planche de salut
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « planche de salut » Commentaires

  • #81
    <inconnu>
    18/01/2010 à 20:03*
    • En réponse à mickeylange #76 le 18/01/2010 à 19:33 :
    • « Comment des reproches !
      File dans ta chambre, et les mains... »
    Oh, il est possible de faire mieux: découper de fines lanières de peau, et saler les parties découvertes, pointes de bambous durcies au feu, insérées sous les ongles... Ou comme le faisait certaines tribus amazoniennes (encore dans la première partie du 20e siècle, si mes souvenirs de lectures ne me trahissent pas trop...), suspendre le type à bonne hauteur au-dessus d’un nid de fourmis carnivores... Tant que le type est en forme il peut relever les jambes, mais avec la fatigue, ses jambes touchent la fourmilière... et les petites bêtes montent, montent... en boulottant petit à petit le bonhomme. Même le squellette en prend un petit coup au passage... Maintenant, il y a mieux, avec certaines drogues... soit le type voit son système nerveux détruit lentement, soit cela le fait tenir plus longtemps à disposition du bourreau... Il y aussi ce que faisait certaines tribus apaches: attacher, à l’aide quatre pieux, un type au soleil après lui avoir coupé les paupières, ou encore verser un traînée de miel jusqu’à une fourmilière...
    Charmant, n’est-ce pas ?
  • #82
    Elpepe
    18/01/2010 à 20:22
    Si tu veux trouver ton salut, c’est à cette page.
  • #83
    <inconnu>
    18/01/2010 à 20:33*
    • En réponse à Elpepe #82 le 18/01/2010 à 20:22 :
    • « Si tu veux trouver ton salut, c’est à cette page. »
    Ne oublier... l’armée du salut 🙂
    Heu, j’ai failli oublier: pour la planche, mieux vaut que le bois n’en soit pas pourri...
  • #84
    mickeylange
    18/01/2010 à 20:46
    • En réponse à <inconnu> #81 le 18/01/2010 à 20:03* :
    • « Oh, il est possible de faire mieux: découper de fines lanières de peau, et saler les parties découvertes, pointes de bambous durcies au feu,... »
    Oh oui !Oh oui ! C’est quand qu’on fait ça à L’amiral ? J’aime pas l’amiral.
    A Entrecasteaux je l’ai vu pisser sur la voiture de God et le lendemain matin sur celle de Momo.
    Faut lui saler les parties découvertes, ça fera des vacançes à BB ! :’-))
  • #85
    <inconnu>
    18/01/2010 à 20:53*
    • En réponse à mickeylange #84 le 18/01/2010 à 20:46 :
    • « Oh oui !Oh oui ! C’est quand qu’on fait ça à L’amiral ? J’aime pas l’amiral.
      A Entrecasteaux je l’ai vu pisser sur la voiture de God et le... »
    Oh, on peut faire dans la torture morale à l’ancienne: 600, 800 lignee, recopier un livre en écriture manuscrite, des conjugaisons. ou encore de simples "pompes", mettons, 50, 60 pompes en lui faisant dire: «c’est la vie de château, pourvu que ça dure !» 🙂
    Ou la méthode, disons "légionnaire": sac-à-dos de 30 kg de cailloux et 30 à 40 km en plein cagnard... du gendre 40/45 à l’ombre... Et nonobstant le voyage, on a le choix: Sahara, Namib, Kalahari (Afrique), Gobi (Mongolie/Chine), ou l’Altacama (Chili), ou carrément l’Antarctique... mais là il faut se dépêcher avant que ça fonde à cause du réchauffement du climat... Mais il y a aussi des déserts intéressants au Mexique et aux USA... 😉
  • #86
    <inconnu>
    18/01/2010 à 21:57
    • En réponse à mickeylange #67 le 18/01/2010 à 17:33 :
    • « "C’est à l’époque de la marine à voile marchande et de guerre que le sifflet de marine devint le moyen de transmission des ordres le plus pe... »
    merci
    j’ai tout compris et vais me coucher moins bête qu’en me levant ce matin
  • #87
    HoubaHOBBES
    18/01/2010 à 22:32
    • En réponse à Elpepe #58 le 18/01/2010 à 15:40 :
    • « Tulas-trop ec, raséC, ésarcé port sa’l ut.
      Ça te va mieux, là ? »
    Oh, moi tu sais, j’avais compris !
    C’est pour les autres blonds-belges que je le disais....
    Blanc-bleu-Hobbes
  • #88
    pfloche
    19/01/2010 à 00:30
    Et l’Armée du Salut alors, une armée sociale et religieuse chrétienne qui enrôle pour batailler la misère et - comment dire - le Mal …
    Le salut, ici c’est plutôt salvatore, salvation, le sauvetage quoi et au nom de qui ? du Sauveur bien sur. Et même si leurs troupes ramènent les égarées « à bon port », je n’y ai jamais rencontré d’amiral, mais bien un général, enfin Le général car il n’y en a qu’un à la fois.
  • #89
    slovenka
    23/01/2010 à 18:53
    Salut à tous
    le sens du mot "salut" par lequel l’on souhaite à quelq’un de rester en vie donc sain et sauf est bien conservé dans les langues slaves car ZDRAVIE = vie et l’espression ZDRAVIt veut dire saluer quelq’un (à quelques voyelles près c’est pareil en Russe, Tchèque, Slovaque...)
    Slovenka
  • #90
    <inconnu>
    29/12/2012 à 03:00
    Les marins trouvent parfois le salut dans un port et ont donné tout naturellement le nom de Port-Salut* à leur fromage préféré. Il n’y a donc aucun doute possible : notre expression…
    * « Tu l’as trop écrasé, César, ce Port-Salut ! » est un alexandrin et palindrome attribué à Victor Hugo.
  • #91
    ergosum
    29/12/2012 à 06:16
    • En réponse à mickeylange #30 le 18/01/2010 à 11:37 :
    • « La glu est à la mouche, ce que le tiroir de la commode est au canard de Cholon. »
    N’oubliez pas de lui couper les ongles, au canard !
    Pour la mouche, ce sera un peu plus difficile...
  • #92
    DiwanC
    29/12/2012 à 06:30*
    Il y a en au moins deux qui, ici, remettent sans cesse les chansons de Georges (l’autre !) sur les platines. À défaut de planche de salut, ils ont leur planche à repasser…
    Le poème de Francis James Prière à Marie, mis en musique par Brassens devient Je vous salue Marie
    Par la mère apprenant que son fils est guéri
    Par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid
    Par l’herbe qui a soif et recueille l’ondée
    Par le baiser perdu par l’amour redonné
    Et par le mendiant retrouvant sa monnaie
    Je vous salue, Marie
    .
    Sur la même mélodie, Brassens met en musique le poème d’Aragon Il n’y a pas d’amour heureux
    Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure
    Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
    Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
    Répétant après moi ces mots que j’ai tressés
    Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
    Il n’y a pas d’amour heureux.
  • #93
    ergosum
    29/12/2012 à 06:38
    • En réponse à mickeylange #67 le 18/01/2010 à 17:33 :
    • « "C’est à l’époque de la marine à voile marchande et de guerre que le sifflet de marine devint le moyen de transmission des ordres le plus pe... »
    Lorsqu’un officier monte à bord d’un bâtiment, on peut entendre un coup de sifflet si cet officier est subalterne, deux pour un officier supérieur, trois pour un officier amiral. Cette tradition vient de l’époque où l’on hissait les officiers à bord, à l ‘aide d’une petite passerelle.
    Si un officier subalterne était jeune et mince, et pouvait être hissé rapidement durant un coup de sifflet, il n’en était pas de même pour un officier supérieur et encore moins pour un amiral, avec qui on prenait plus de précautions compte-tenu de leur âge et de leur embonpoint. Aussi, deux et trois coups de sifflets étaient-ils nécessaire pour le temps du hissage.
    Mes ficelles panachées me donnent droit à deux coups de sifflet. Mais compte-tenu de mon embonpoint (pour aurant que je réussisse à rentrer dans mon uniforme), le bosco, super-fayot, me gratifiera de deux coups de sifflet prolongés
  • #94
    DiwanC
    29/12/2012 à 07:08*
    En vrac :
    - Une toute petite anagramme apparemment oubliée par les maîtres du genre : avec « salut », on fait « talus ».
    - Les voisins du dessus ont longuement évoqué les traditions maritimes.
    Chez les archers d’aujourd’hui, le salut est à la fois tradition et première règle de sécurité. Avant de libérer sa première flèche, celui qui va tirer prononce fort « Mesdames, messieurs, je vous salue ! » ; les autres archers présents répondent « Salut ! ». Chacun est ainsi averti du danger potentiel.

    À tout bientôt. Et comme on disait au siècle dernier [Années 60, Europe 1, vers 17 h] :
    Salut les copains !
  • #95
    <inconnu>
    29/12/2012 à 07:27*
    • En réponse à DiwanC #94 le 29/12/2012 à 07:08* :
    • « En vrac :
      - Une toute petite anagramme apparemment oubliée par les maîtres du genre : avec « salut », on fait « talus ».
      - Les voisins du d... »
    Une planche de salut –> la dune penche, talus. T’as bien lu ? 😄
  • #96
    <inconnu>
    29/12/2012 à 07:34*
    On parle indifféremment de planche de salut et de planche à repasser ou de planche de salut et de planche à voile.
    On peut donc écrire sans risque de se fourvoyer les équations suivantes :
    (1) planche de salut = planche à repasser
    (2) planche de salut = planche à voile
    (3) de = à
    En simplifiant par "planche de/à", on obtient :
    (1) salut = repasser
    (2) salut = voile
    De (1) et (2), on déduit (3) : repasser = voile
    c.q.f.d.
    Et voilà la démonstration éclatante d’une vérité historique transcendantale, et ce sans même faire appel au concept de boson de Higgs !
    Le domaine d’application de cette équation universelle est tellement vaste qu’il nous semble d’une prétention inconvenante de vouloir en énumérer toutes les facettes.
    N.B. : Les planches à pain peuvent être en pin ou en perlimpinpin pon, pimpon…
    P.-S. : Bonjour à Alnilam ! (AILLEURS)
  • #97
    Paracas
    29/12/2012 à 08:06*
    • En réponse à DiwanC #92 le 29/12/2012 à 06:30* :
    • « Il y a en au moins deux qui, ici, remettent sans cesse les chansons de Georges (l’autre !) sur les platines. À défaut de planche de salut, i... »
    Et allez donc........l’est encore tombée du lit !
    Mais tu ne dors donc jamais ?
    Bon, ben @+
    Shalom........puisque c’est ainsi qu’on dit "salut" à Sion
  • #98
    joseta
    29/12/2012 à 08:29
    • En réponse à memphis #48 le 18/01/2010 à 13:36 :
    • « Que j’aimerais avoir une planche à billets ! ! ! »
    Que j’aimerais avoir une planche à billets ! ! !

    Tous les pauvres aimeraient sortir avec Jane Birkin:
    ils rêvent d’une planche habillée!
  • #99
    Paracas
    29/12/2012 à 08:31
    Dans la marine, lorsqu’un bateau vire de bord il gite. On dit alors qu’il salue........mais bon, on n’est pas obligé de faire des excès de zèle........cette page
  • PHILO_LOGIS
    29/12/2012 à 08:31
    • En réponse à slovenka #89 le 23/01/2010 à 18:53 :
    • « Salut à tous
      le sens du mot "salut" par lequel l’on souhaite à quelq’un de rester en vie donc sain et sauf est bien conservé dans les langu... »
    NA ZDRAVIE, alors!
    (le toast "à votre santé" avant de s’en jeter un derrière la cravate)
    Savez-vous que le mot "cravate" veut en fait dire "croate" (HRVASKA où l’on retrouve le "v"). La cravate était en fait l’ornement vestimentaire porté par les Croates et les francophones l’ont appelée ainsi en référence à sa provenance.
    Alors, on se retrouve à midi au Bar du Phare, pour se souhaiter es tas de bonnes choses et s’entraîner pour le réveillon. On s’en dira beaucoup, des NA ZRDAVIE, PROST, SALUD, SKOL, SALUTE, A LA TIENNE ETIENNE, GEZONDHIJD, TCHIN TCHIN, etc...