Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

jeter de l'huile sur le feu [v]

envenimer une querelle ; inciter à la dispute ; aggraver une situation ; attiser ; envenimer

Origine et définition

Datant du XVIIe siècle, cette expression n'est qu'une image reprenant l'amplification immédiate du feu et donc le résultat désastreux qu'obtiendrait quelqu'un en y jetant de l'huile pour tenter de l'éteindre.
Employée par Mme de Sévigné, elle figure dans plusieurs dictionnaires anciens dont celui de Furetière.

Exemples

[Vous avez jeté de l'huile sur le feu].
[Tu jettes de l'huile sur le feu] depuis 3 jours, un vrai bébé.
Cela revient à [jeter de l'huile sur le feu].
Même si vous vous sentez calme et en possession de vos moyens, [vous jetez de l'huile sur le feu].
C'est [jeter de l'huile sur le feu].

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand öl aufs Feuer gießen verser de l'huile sur le feu
Allemand öl ins Feuer gießen verser de l'huile dans le feu
Anglais (USA) to fan the flames souffler les flammes
Anglais (USA) to pour gasoline on the fire verser de l'essence sur le feu
Anglais add fuel to fire ajouter du carburant au feu
Anglais to add fuel to the fire/flames rajouter de l'essence sur le feu/les flammes
Arabe يزيد الطين بلة (yzid at-tin ballé) rendre l'argile plus humide
Arabe yassub alzait alaa alnar jeter de l'huile sur le feu
Bulgare да налееш масло в огъня verser de l'huile sur le feu
Chinois 火上浇油 verser l’huile sur le feu
Espagnol (Espagne) echar leña al fuego jeter du bois au feu
Espagnol (Espagne) echar más leña al fuego jeter davantage de bois dans le feu
Espagnol (Espagne) Meter el palo en candela Mettre le bâton dans le feu
Espagnol (Espagne) afegir llenya al foc ajouter du bois sur le feu
Gallois rhoi mawn ar y tân jeter de la tourbe sur le feu
Grec rihno ladi sti fotia jeter de l'huile sur le feu
Hongrois olajat önt a tüzre verser de l'huile sur le feu
Hébreu נתן עצים על האש il a donné des arbres sur le feu
Italien gettare olio sul fuoco jeter l'huile sur le feu
Italien gettare l'olio sopra le fiamme jeter de l'huile sur les flammes
Italien gettare benzina sul fuoco jeter de l'essence sur le feu
Italien aggiungere legne al uoco ajouter du bois au feu
Japonais abura o hi ni sosogu jeter de l'huile sur le feu
Latin irritare crabrones irriter les frelons
Néerlandais olie op het vuur gooien jeter de l'huile sur le feu
Néerlandais een/de discussie aanwakkeren attiser/alimenter/ inciter à une discussion
Polonais dolewać oliwy do ognia mettre de l'huile sur le feu
Portugais (Brésil) botar lenha na fogueira mettre du bois dans le bûcher
Portugais (Brésil) jogar merda no ventilador jeter de la merde sur le ventilateur
Portugais (Portugal) colocar gasolina no fogo mettre de l’essence au feu
Portugais (Portugal) pôr lenha na fogueira mettre du bois sur le feu
Portugais (Portugal) jogar gasolina no fogo jeter de l’essence dans le feu
Roumain a pune gaz pe foc mettre du pétrole lampant (kérosène) sur le feu
Roumain a pune paie pe foc mettre des pailles sur le feu
Russe подливать масла в огонь verser de l'huile sur le feu
Serbe dolivati ulje na vatru verser de l'huile sur le feu
Turc yangına körükle gitmek aller à l'incendie avec un soufflet
Wallon (Belgique) taper d´lôle so l´feu jeter de l'huile sur le feu
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « jeter de l'huile sur le feu » Commentaires

  • #1
    PHILO_LOGIS
    03/11/2007 à 06:35*
    Que pasa, El Condor? Encore personne debout, à c’t’heure?
    Serais-je donc le premier?
    Sans vouloir jeter de l’huile sur le feu, vous êtes une bande de fainéants, spa...
  • #2
    PHILO_LOGIS
    03/11/2007 à 06:39*
    Ce sont les Grecs, et peut-être aussi les Phéniciens, qui dans l’Antiquité, versaient de l’huile sur la mer et l’enflammaient, afin de brûler les vaisseaux (et donc des trirèmes également, spa?) ennemis. Donc, en fait, ils versaient de l’huile sur l’eau...
  • #3
    momolala
    03/11/2007 à 07:11
    Jeter de l’huile sur le feu : oindre le défunt ? Là, c’est sans rikske aucun. Bonjour de ce très beau jour !
  • #4
    <inconnu>
    03/11/2007 à 07:14
    • En réponse à PHILO_LOGIS #2 le 03/11/2007 à 06:39* :
    • « Ce sont les Grecs, et peut-être aussi les Phéniciens, qui dans l’Antiquité, versaient de l’huile sur la mer et l’enflammaient, afin de brûle... »
    et avec un peu d’huile de coude, tout baigne (dans l’huile bien sûr !)
  • #5
    momolala
    03/11/2007 à 07:22
    Dans cette expression, comme dans l’expression familière donnée par Eureka (Brésil), on voit bien que le danger est grand aussi pour celui qui agit. Les Brésiliens seraient moins définitivement inconséquents : ils n’ont pas de châteaux-forts à faire visiter et donc pas de mâchicoulis à commenter. Ca, c’est notre "culture" !
  • #6
    momolala
    03/11/2007 à 07:25
    Au prix où est le baril, les Anglais vont chercher une autre expression sinon celle-ci risque de prendre un tout autre sens !
  • #7
    syanne
    03/11/2007 à 07:33
    C’est Vallès, L’Insurgé tout feu tout flammes, qui écrivait : « Le Capital mourrait si, tous les matins, on ne graissait pas les rouages de ses machines avec de l’huile d’homme. »
    La mer est d’huile, ce matin, mais le soleil n’y a pas encore jeté ses feux.
    Bonjour à tous !
  • #8
    syanne
    03/11/2007 à 07:40
    • En réponse à momolala #6 le 03/11/2007 à 07:25 :
    • « Au prix où est le baril, les Anglais vont chercher une autre expression sinon celle-ci risque de prendre un tout autre sens ! »
    Ce baril qui flambe risque bien à terme de mettre le feu aux poudres. Saurons-nous, à temps, mettre de l’huile dans les rouages de la diplomatie, et pour de plus doux motifs garder nos flammes ?
  • #9
    syanne
    03/11/2007 à 07:45*
  • #10
    momolala
    03/11/2007 à 08:20
    • En réponse à syanne #9 le 03/11/2007 à 07:45* :
    • « Et voici les feux de l’amour, version XVIIe »
    Je ne connaissais pas ce poème qui bat comme le rythme du flux ou celui du coeur. Si l’Amiral ne pouponnait pas, mission ô combien essentielle*, il te décernerait la trirème du jour sans aucun doute. J’invente, en son absence et pour cette occasion, la lyre nautique.
    *Je ne me moque pas : tous les grands-parents de ce merveilleux site seront d’accord avec moi, j’en suis certaine.
  • #11
    <inconnu>
    03/11/2007 à 08:26
    • En réponse à momolala #3 le 03/11/2007 à 07:11 :
    • « Jeter de l’huile sur le feu : oindre le défunt ? Là, c’est sans rikske aucun. Bonjour de ce très beau jour ! »
    Jeter de l’huile sur le feu : oindre le défunt ? Là, c’est sans rikske aucun.
    Cela dépend du défunt :
    le pharaon Toutencarton est mort sans avoir le temps de lancer les invitations d’usage pour sa succession, alors que les prêtres s’apprêtent à s’occuper de sa dépouille, en y jetant les huiles coutumières, un prophète qui n’est pas du pays s’exclame :
    Ne jetez pas de l’huile sur le feu ! vous allez déclencher une querelle d’ex-père, et ce sera pire - ami - de l’histoire !
  • #12
    <inconnu>
    03/11/2007 à 08:41
    • En réponse à <inconnu> #11 le 03/11/2007 à 08:26 :
    • « Jeter de l’huile sur le feu : oindre le défunt ? Là, c’est sans rikske aucun.
      Cela dépend du défunt :
      le pharaon Toutencarton est mort sans... »
    et là, on nage en plein dans le saint chrême !
  • #13
    tytoalba
    03/11/2007 à 08:49
    • En réponse à PHILO_LOGIS #1 le 03/11/2007 à 06:35* :
    • « Que pasa, El Condor? Encore personne debout, à c’t’heure?
      Serais-je donc le premier?
      Sans vouloir jeter de l’huile sur le feu, vous êtes une... »
    Bonjour de la Fée Gnante ainsi que de la deal et tante. 🙂 La question que tu aurais pu poser est : mais que fait donc Cotentine, elle qui veille souvent pour être la première à causer. A-t-elle organisé une convention personnelle et s’est elle égarée ? Ou s’est-elle endormie sur le clavier et nous la retrouverons tatouée de lettres sur la joue. Peut-être lisait-elle "L’huile sur le feu" d’Hervé Bazin lorsque Morphée lui a ouvert les bras.
    Quoi qu’il en soit, bonne journée à tous et toutes.
  • #14
    chirstian
    03/11/2007 à 10:01
    si "mettre de l’huile dans les rouages" c’est faire oeuvre pacificatrice
    et "mettre de l’huile sur le feu" c’est inciter à la dispute
    il faut en conclure que mettre les rouages au feu annulerait tout effet de l’huile.
    (oui, je sais, un samedi matin, il faut s’y prendre à deux fois , hein ? 😄 )
  • #15
    cotentine
    03/11/2007 à 11:16
    • En réponse à tytoalba #13 le 03/11/2007 à 08:49 :
    • « Bonjour de la Fée Gnante ainsi que de la deal et tante. 🙂 La question que tu aurais pu poser est : mais que fait donc Cotentine, elle qui ve... »
    suis comme LPP, je prends mon rôle de Mamie très au sérieux avec mon petit-fils Paul et sa cousine Lilou ! et la seule huile que j’ai mise sur le feu de bon matin est d’olive, dans la poêle ... Avec tous mes enfants (ou presque) en Cotentin ... pas le temps de venir en votre revigorante compagnie ! 😉
  • #16
    PHILO_LOGIS
    03/11/2007 à 11:19
    • En réponse à cotentine #15 le 03/11/2007 à 11:16 :
    • « suis comme LPP, je prends mon rôle de Mamie très au sérieux avec mon petit-fils Paul et sa cousine Lilou ! et la seule huile que j’ai mise s... »
    Paul et Lilou, un peu contractés, ca ferait pas un peu Pilou, non?
  • #17
    <inconnu>
    03/11/2007 à 11:51
    • En réponse à cotentine #15 le 03/11/2007 à 11:16 :
    • « suis comme LPP, je prends mon rôle de Mamie très au sérieux avec mon petit-fils Paul et sa cousine Lilou ! et la seule huile que j’ai mise s... »
    Moi aussi, moi aussi. Il me faut de l’huile de coude pour recevoir mes petits de 20 mois à 12 ans : Cloé - Laura - Alexia - Jimmy, le plus petits. Que du bonheur!
    Bonne journée à notre Pépé et aux mamies gâteaux. Bon dimanche à tous. Je garde la plus grande quelques jours. Cours de perfectionnement d’ordinateur prévus. 😄
  • #18
    <inconnu>
    03/11/2007 à 12:37*
    • En réponse à syanne #8 le 03/11/2007 à 07:40 :
    • « Ce baril qui flambe risque bien à terme de mettre le feu aux poudres. Saurons-nous, à temps, mettre de l’huile dans les rouages de la diplom... »
    Ce baril qui flambe risque bien à terme de mettre le feu aux poudres. Saurons-nous, à temps, mettre de l’huile dans les rouages de la diplomatie...

    Il faudrait que les Huiles de notre gouvernement se jettent dans le feu de l’action, mais laquelle ?
  • #19
    PHILO_LOGIS
    03/11/2007 à 12:46
    • En réponse à <inconnu> #18 le 03/11/2007 à 12:37* :
    • « Ce baril qui flambe risque bien à terme de mettre le feu aux poudres. Saurons-nous, à temps, mettre de l’huile dans les rouages de la diplom... »
    QUOI!? Tu veux y jeter la bonne aussi?
    Mais on en a encore besoin, de la bonne... C’est qu’elle nous a à la bonne, quand elle s’abonne. Faut la garder.
    Par contre, en Belle Gique, faudrait y mettre un terme, aux Huiles du Gouvernement, qui ne font que se graisser la patte en affaires courantes, puisqu’elles ne peuvent rien faire d’autre.
    Le terme, le terme, pense-t-il à y mettre le holà?
  • #20
    syanne
    03/11/2007 à 12:52*
    L’expression du jour m’évoque un phénomène orthographique spécifique de notre langue.
    Aux temps lointains où l’on commence à transcrire la langue vulgaire (entre le IXe et le XIIIe – ce qu’on a appelé « l’époque des jongleurs »), alors que le manuscrit est essentiellement un instrument de reconnaissance (une sorte d’aide-mémoire), l’alphabet latin est bien insuffisant pour rendre compte de tous les sons dont la langue s’est enrichie pendant la période gallo-romaine. (Si d’ailleurs notre orthographe est aujourd’hui extrêmement compliquée, c’est en grande partie parce que nous sommes restés prisonniers de l’alphabet latin, alors qu’il aurait fallu introduire des graphèmes nouveaux pour transcrire les nouveaux phonèmes…)
    Bref, les premiers copistes doivent trouver pour transcrire les nouveaux sons des solutions de fortune, mais ils vont aussi aller au plus simple : transcrire, le plus fidèlement possible, leur propre prononciation, sans se soucier des ambiguïtés que cela peut provoquer. Ainsi, « huile » et « ville » s’écriront uniformément vile, puisque u et v ne sont pas deux lettres différentes, mais ont seulement des valeurs de position : v à l’initiale et u à l’intérieur.
    Lorsqu’à partir du XIIIe les centres intellectuels se déplacent des seuls monastères vers les universités, les manuscrits se multiplient et l’on voit apparaître des copistes professionnels, qui vont former la corporation de la Basoche. Ces praticiens sont confrontés à la double nécessité d’écrire vite et clairement, sans risque de confusion, puisque la langue vulgaire est désormais employée dans les textes officiels. Parmi les solutions trouvées, l’ajout d’un h à l’initiale de uile permit simplement de distinguer « huile » de « ville ». Ce h n’avait donc rien d’étymologique (l’étymon ŏlӗum, se retrouve en revanche sans h dans « oléagineux » ou encore « oil », par exemple).
    Un phénomène analogue existe pour « feue »… mais je sens bien que j’abuse de votre patience et il est d’ailleurs grand temps d’aller mettre l’huile dans la poêle et la poêle sur le feu.
    Bon appétit !