Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

coûter un bras [v]

coûter très cher ; coûter trop cher ; coûter les yeux de la tête

Origine et définition

Il est incontestable que, pour un homme (et même pour une femme !), le bras est une de ces parties du corps dont on aurait beaucoup de mal à se passer, contrairement à des amygdales, un appendice ou une vésicule biliaire, par exemple.
La préciosité de la chose est donc tout aussi évidente que pour les yeux de la tête ou la peau des fesses.
Cette expression nous vient d'Amérique du Nord.
Nos cousins Canadiens francophones l'utilisent en y ajoutant éventuellement "et la moitié de l'autre". Quant aux anglophones des deux grands pays de ce continent, ils disent "coûter un bras et une jambe" (to cost an arm and a leg) d'où serait issue la version en français.
Il n'y a malheureusement aucune certitude quant à l'origine de cette expression anglaise, popularisée au début du XXe siècle.
Certains supposent qu'elle découle de la locution antérieure "to give one's right arm for something" prononcé par quelqu'un qui, pour affirmer son fort intérêt pour quelque chose, dirait qu'il serait prêt à donner son bras droit en échange.
Mais en creusant, on trouve au moins trois autres explications plus ou moins capillotractées :
- La première pourrait venir d'une expression ("if it costs a leg !") prononcé au Far-West par des cow-boys cherchant à accomplir une impitoyable vengeance, même au prix d'une jambe perdue.
- La deuxième viendrait du militaire américain qui, ayant ses galons cousus sur le haut du bras et ayant commis une faute grave, serait dégradé, perdrait un galon, donc "un bras".
- La dernière, fortement contestée, serait due aux anciens portraitistes des XVIIe et XVIIIe siècle qui ne peignaient pas les membres de la personne, sauf contre paiement supplémentaire.

Compléments

Dans des ouvrages antérieurs au XXe siècle, on trouve des utilisations proches de "ça lui a coûté un bras" ou bien "ça lui a coûté une jambe", mais elles n'ont rien à voir avec notre expression : il s'agit principalement de faits de guerre ou d'accidents de travail qui ont provoqué une amputation.
Certains font remonter l'origine de l'expression à la création de l'Homme, à travers une blague un peu misogyne :
Adam tournait en rond au jardin d'Eden, solitaire et l'air morose. Dieu, courroucé, lui demanda donc : "Que se passe-t-il encore ? Tu as donc toujours un pet de travers[1] ?"
Adam se plaignit alors de n'avoir personne avec qui parler et de s'ennuyer comme un rat mort.
Dieu lui répondit qu'il pouvait lui procurer une compagnie qui serait une femme. Et il ajouta : "Cette personne cueillera ta nourriture, te fera la cuisine et, lorsque vous découvrirez l'habillement, te le lavera. Elle sera toujours d'accord avec toutes tes décisions. Elle portera tes enfants et ne te demandera jamais de te lever au milieu de la nuit pour t'en occuper. Elle ne t'embêtera jamais, admettant toujours qu'elle a tort si vous avez des avis divergents sur un sujet. Elle ne te demandera pas tous les deux jours si tu l'aimes, si elle est belle, si elle n'est pas trop grosse, si elle te plaît toujours, si sa nouvelle coiffure lui va bien. Elle ne te demandera jamais de lui acheter des bijoux et tous les appareils ménagers que vous allez inventer. Elle n'aura jamais mal à la tête et te donnera autant d'amour et de plaisir que tu le souhaiteras."
Adam, fort intéressé et la feuille de vigne déjà soulevée, demanda : "Et cette chose que tu appelles une femme me coûterait combien ?"
Dieu répondit : "Une compagnie aussi spéciale te coûterait un bras et une jambe"
Adam dit alors : "Ah ! Je me doutais bien qu'il y aurait une contrepartie importante !"
Puis, après réflexion, il ajouta : "Et qu'est-ce que je pourrais avoir pour seulement une côte ?"
On connaît la réponse et la suite de l'histoire.
[1] Les enregistrements de l'époque étant arrivés jusqu'à nous très dégradés, il n'est pas certain qu'il s'agisse là de ses paroles exactes. Mais l'esprit (saint) y est.

Exemples

« Maman m'a offert cette trompette pour mes treize ans. Achetée chez Ron Midnight Music Store, cette Martin Committee d'occasion lui a coûté un bras. »
Stanley Péan - Le temps s'enfuit - 1966
« Mon nouveau look m'a coûté un bras, mais cela ne m'inquiétait pas. »
André Noël - Le seigneur des rutabagas - 1999

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand ein Vermögen kosten coûter une fortune
Anglais to cost and arm and a leg coûter un bras et une jambe
Anglais (USA) to cost an arm and / or a leg coûter un bras et / ou une jambe
Arabe (Algérie) tes'wa beg'ar ou bent'ha ça vaut une vache et son son veau..!
Espagnol (Mexique) costar un ojo de la cara coûter un oeil du visage
Espagnol (Argentine) costar un huevo couter un oeuf
Espagnol (Argentine) costar un huevo y medio coûter un oeuf et demi
Espagnol (Argentine) costar un ojo de la cara / Costar un huevo y la mitad del otro coûter un œil du visage / Coûter une couille et la moitié de l'autre
Espagnol (Espagne) costar un collò i part de l'altre coûter une couille et part de l'autre
Espagnol (Espagne) costar un ou coûter un oeuf
Espagnol (Espagne) costar un riñon coûter un rein
Français (France) coûter la peau des fesses coûter la peau des fesses
Français (France) coûter la peau des couilles coûter la peau des couilles
Grec στοιχίζει; κοστίζει πολύ ακριβά; μια περιουσία; το χρυσοπληρώνω, το μοσχοπληρώνω, το ακριβοπληρώνω coûteux; très coûteux; une fortune; je le paie cher
Hongrois a gatyája is rámegy y perdre sa culotte
Hébreu עלה הון תועפות (ala hon toafot) coûter une fortune
Hébreu עולה מחיר דמיוני un prix imaginaire est en hausse
Italien costare un occhio della testa coûter un oeil de la tête
Néerlandais een vermogen kosten coûter une fortune
Néerlandais hardstikke jouker très très cher
Néerlandais peperduur kosten ça coûte la peau des fesses
Néerlandais dat kost een rib uit je lijf ça coute une cote de votre corps
Néerlandais een fortuin kosten coûter une fortune
Portugais (Brésil) custar os olhos da cara coûter les yeux du visage
Roumain a costa ochii din cap coûter les yeux de la tête
Suédois kosta skjortan coûter la chemise
Turc kol gibi girmek entrer comme le bras
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « coûter un bras » Commentaires

  • #21
    horizondelle
    05/02/2010 à 09:34
    • En réponse à mickeylange #13 le 05/02/2010 à 09:20 :
    • « [c]la maladie des bras courts pour qu’ils ne puissent pas se gratter 5/c
      Abraracourcix ? »
    Je te reçois 5 sur c :’-))
  • #22
    mickeylange
    05/02/2010 à 09:36
    cela prouve une fois de plus que la vie est moins chère en France qu’en Angleterre

    Un braderie en quelque sorte !
  • #23
    horizondelle
    05/02/2010 à 09:40
    Cru bon restau (alors y alla)
    Brutus no race (bâtard alors?)
    Ta sueur bon cr* (* coefficient rhino-pharyngien)
    Ane brout sucr ( ça ne l’aide pas en orthographe !)
    Cré ta burnous (ouesque tu la pécho?)
    RB* cru soutane (*Robert Bidochon, toujours aussi crédule)
    Bu carré tonus (attention, énergie cubique!)
    Bu carton, ruse (polonaise...)
    Nue bras court (pour coller à l’expressio du jour)
    Annapludbra
  • #24
    Purdey
    05/02/2010 à 09:41
    Que voulez-vous? On leur donne ça et ils veulent ça....
  • #25
    Purdey
    05/02/2010 à 09:42
    • En réponse à MichelZim #1 le 05/02/2010 à 02:46 :
    • « Bonjour à toutes et à tous,
      Ici, comme ailleurs, on dit aussi avoir le bras long....alors si il est long, ce bras, on peut bien se faire co... »
    Mais! et si l’on est en bras de chemise?
  • #26
    mickeylange
    05/02/2010 à 09:44
    Archimède a dit
    "Tout corps plongé dans un liquide subit, de la part de celui-ci, une poussée exercée du bas vers le haut ..."
    Il a dit aussi:
    "Donnez-moi un point d’appui, et un bras de levier et je soulèverai le monde"
    Hein Eureka ! hein ?
  • #27
    Elpepe
    05/02/2010 à 09:45
    • En réponse à Rikske #6 le 05/02/2010 à 08:29 :
    • « Déja lu (ou entendu) aussi: "coûter un pont", "coûter un saladier". Je me demande quelle est l’origine de ces deux-là ? »
    Exact, moussaillon ! Ce sont des dérivés : un pont est un ouvrage d’art qui coûte bonbon au mètre franchi, et l’expression est en usage dans le milieu des décideurs de l’aménagement du Territoire, au départ. Quant au saladier, il me semble que le sens est ici figuré, et désigne un truc genre trophée, comme le "saladier" d’une coupe du Monde. J’ai la flemme, étant un VOL invétéré, d’aller vérifier.
  • #28
    Purdey
    05/02/2010 à 09:48
    Connaissez-vous celle-ci (ma préférée!): Dieu créa l’homme. Constatant que ce dernier s’ennuyait à mourir, il créa la femme. Il la regarda, puis se dit: ’Bah... elle se maquillera...’
  • #29
    Purdey
    05/02/2010 à 09:50
    • En réponse à <inconnu> #2 le 05/02/2010 à 03:10 :
    • « Dieu a donc fait Ève moins potiche qu’il ne l’avait prévu.
      Celle-ci s’est vite rendue compte que l’autre n’était qu’un bras-cassé, un fainé... »
    Abraracourcix!
  • #30
    Purdey
    05/02/2010 à 09:51
    • En réponse à JanusBozyeux #3 le 05/02/2010 à 06:37 :
    • « Ce n’est pas un bras mais les deux, que Waterloo a coûté à Napoléon.
      Il n’est resté qu’un Bonaparte manchot ! Et la clim n’était pas invent... »
    Ceci a-t-il un rapport avec le réchauffement climatique et la disparition de ces bandits?
  • #31
    Purdey
    05/02/2010 à 09:52
    • En réponse à JanusBozyeux #5 le 05/02/2010 à 07:37* :
    • « Si votre assistant part à la concurrence, cela vous coûte un bras droit.
      C’est simple si vous mettez la main sur un autre de même talent. M... »
    ou de jouer dans un film des Monty Python...
  • #32
    Purdey
    05/02/2010 à 09:53
    • En réponse à Rikske #6 le 05/02/2010 à 08:29 :
    • « Déja lu (ou entendu) aussi: "coûter un pont", "coûter un saladier". Je me demande quelle est l’origine de ces deux-là ? »
    ’Coûter un rein’, aussi. Origine? What about le traffic d’organes?
  • #33
    PHILO_LOGIS
    05/02/2010 à 09:55
    • En réponse à momolala #12 le 05/02/2010 à 09:20 :
    • « S’il est comblé ton bras de mer ne sert plus à grand chose mon Filo ! »
    A mon humble avis - mais je peux me tromper, bien sûr, Elpépé pourrait mieux te répondre - il a d’autres objectifs à combler qu’un bras de mer... Pas vrai, BeeBee? 😛
  • #34
    Purdey
    05/02/2010 à 09:56
    • En réponse à chirstian #14 le 05/02/2010 à 09:20 :
    • « la bataille de Santa Cruz coûta un bras à Nelson, comme celle de Lepante en coûta un à Cervantes. »
    Nelson, le diablotin orange?
  • #35
    Purdey
    05/02/2010 à 09:57
    • En réponse à PHILO_LOGIS #33 le 05/02/2010 à 09:55 :
    • « A mon humble avis - mais je peux me tromper, bien sûr, Elpépé pourrait mieux te répondre - il a d’autres objectifs à combler qu’un bras de m... »
    Penses-tu au trou de la couche d’ozone? petit chenapan...
  • #36
    mickeylange
    05/02/2010 à 09:58
    • En réponse à Purdey #29 le 05/02/2010 à 09:50 :
    • « Abraracourcix! »
    Copieuse ! 😉
  • #37
    Purdey
    05/02/2010 à 10:00
    • En réponse à horizondelle #23 le 05/02/2010 à 09:40 :
    • « Cru bon restau (alors y alla)
      Brutus no race (bâtard alors?)
      Ta sueur bon cr* (* coefficient rhino-pharyngien)
      Ane brout sucr ( ça ne l’aid... »
    Anna Conda s’est perdue en route...
  • #38
    Purdey
    05/02/2010 à 10:00
    • En réponse à mickeylange #36 le 05/02/2010 à 09:58 :
    • « Copieuse ! 😉 »
    Oui, je viens de voir ça! Les grands esprits se rencontrent. Que veux-tu, je suis tombée dedant toute petite...
  • #39
    Elpepe
    05/02/2010 à 10:02
    • En réponse à PHILO_LOGIS #9 le 05/02/2010 à 09:09 :
    • « Couter un bras... de mer, le comble pour un marin, pas vrai, Amiral? »
    L’expression viendrait de la Marine perfide, alors ? Remarque, c’est logique, au fond : les perfidies de Nelson lui avaient coûté un bras, avant de lui faire avaler son bulletin de naissance.
  • #40
    <inconnu>
    05/02/2010 à 10:08*
    • En réponse à JanusBozyeux #3 le 05/02/2010 à 06:37 :
    • « Ce n’est pas un bras mais les deux, que Waterloo a coûté à Napoléon.
      Il n’est resté qu’un Bonaparte manchot ! Et la clim n’était pas invent... »
    Ca me rappelle ce que me racontait mon grand-père. Un concours était organisé par un journal; il fallait, pour gagner un bon appartement chaud, dire combien de lentilles il y avaient dans un kilo. Toute la famille se met à compter les lentilles. Bravo ! Ils ont gagné.... On leur a envoyé une statuette représentant un Bonaparte manchot.
    Et Delassus qu’est-ce qu’il fait ? Il est pourtant pas manchot pour cliquer sur la souris. Et Kim ? Bonjour à tous les deux.