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en rester comme deux ronds de flan [v]

être stupéfait ; être ébahi ; être surpris ; être étonné

Origine et définition

Connaissez-vous le gobage de Flanby® ? Si non, sachez que c'est un sport de haut niveau qui mériterait de devenir une épreuve des jeux olympiques. Je vous laisse donc d'abord aller vous renseigner là : , ainsi que sur les pages annexes.

Ça y est, vous êtes de retour ! Vous savez donc maintenant qu'une fois le Flanby® bien gobé, il ne doit laisser dans l'assiette qu'une simple trace qu'on peut appeler un "rond de flan".
Et deux ronds de flan côte à côte, cela peut se comparer à deux yeux complètement écarquillés par une surprise intense.
Ce qui nous permettrait de retomber sur nos pattes si cette expression était bien liée au flan, ce dont ne semblent pas convaincus Alain Rey et Sophie Chantreau les seuls à l'aborder.

Elle est relativement récente puisque citée par Esnault en 1901.
Mais à part ça, son origine n'est pas claire du tout pour ces deux auteurs.

Une première explication viendrait d'un mot du XVIe siècle, 'flaon' ou 'flan' qui signifiait 'monnaie' ou 'denier'.
Tout comme on frappe une monnaie, on peut être frappé de stupeur. On aurait donc ici un jeu de mots utilisant le double sens de 'frapper' (ce qui se dit 'polysémie', en termes académiques), les deux ronds de la monnaie correspondant aux yeux grands ouverts d'étonnement.
Mais l'écart de date, le mot n'étant plus du tout utilisé à la fin du XIXe siècle ou début du XXe, laisse planer un doute certain.

En typographie depuis la fin du XIXe siècle, le flan est un morceau de carton recouvert d'un enduit épais, destiné à recevoir en creux l'empreinte d'une composition et nécessaire pour fabriquer le cliché qui sert ensuite à la reproduction du livre.
Une autre hypothèse part de ce flan-là, mais sans expliquer vraiment pourquoi rond et pourquoi deux.

Une dernière hypothèse assez capillotractée viendrait de la perte du 'c' de 'flanc'. Les 'deux ronds de flanc' seraient alors les fesses. Celui qui serait ébahi serait alors 'sur le cul'.
De quoi en être stupéfactionné, non ?

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand perplex sein être perplexe
Allemand baff sein être baba
Anglais to be flummoxed être ébahi
Anglais To be puzzled Être perplexe / Rester perplexe
Anglais to be dumbfounded rester sans paroles, ébahi
Anglais to be gobsmacked en être baba, estomaqué
Anglais (USA) to be bug-eyed être bestiole-oeil / Avoir les yeux d'une bestiole
Espagnol (Espagne) Quedarse boquiabierto Rester bouche bée
Espagnol (Espagne) Quedarse pasmado Rester stupéfié / Rester bouche bée
Espagnol (Espagne) quedarse patidifuso rester pantois
Espagnol (Uruguay) quedar con los ojos como platos en rester avec les yeux comme deux assiettes
Français (France) En rester coi Rester sans réaction
Hongrois eláll szeme-szája en rester coi
Hongrois elképedt être épaté
Hébreu איבד את כושר הדיבור (ibèd ètt kochèr hadibour) discours perdu
Hébreu מוכה תימהון (mouké timahone) frappé de stupeur
Hébreu היה המום (haya hamoum) être stupéfait
Italien restare di stucco rester de stuc
Italien rimanere a bocca aperta rester à bouche ouverte
Japonais me-o maruku suru rendre ronds les yeux
Latin manere quasi duos circulos de flan rester comme deux ronds de flan
Néerlandais met open mond staan kijken regarder avec la bouche ouverte
Néerlandais sprakeloos staan se trouver sans paroles, bouche bée
Néerlandais met zijn oren klapperen claquer avec ses oreils
Néerlandais met stomheid geslagen ..... comme frappé par la mutité. sidéré. abasourdi
Néerlandais paf staan ..... être stupéfait
Néerlandais als door de bliksem getroffen ..... comme foudroyé(e)
Néerlandais (Belgique) aan de grond genageld staan être cloué à terre
Néerlandais verbluft // verbijsterd // verbouwereerd stupéfait
Néerlandais perplex staan être stupéfait
Néerlandais (Belgique) kijken alsof men het in Keulen hoort donderen regarder comme si l'on entend le tonnerre à Cologne
Portugais (Brésil) ficar boquiaberto rester bouche bée
Portugais (Brésil) ficar com cara de tacho en rester avec une tête de casserole
Portugais (Brésil) ficar embasbacado rester ébahi
Roumain a rămâne trăsnit rester foudroyé
Roumain a sta ca viţelul la poartă nouă rester comme le veau devant la porte neuve
Roumain uluit abasourdi
Roumain a cădea în cur en tomber sur le cul
Roumain a rămâne paf en rester baba
Roumain a rămâne mască en rester masque
Roumain a rămâne cu gura căscată en rester bouche bée
Roumain a cădea pe spate en tomber sur le dos
Slovaque čumieť ako pero z gauča zieuter comme un ressort depuis le canapé
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Commentaires sur l'expression « en rester comme deux ronds de flan » Commentaires

  • #1
    <inconnu>
    16/03/2006 à 09:20
    En métallurgie, un flan est un morceau de tôle destiné à être embouti (comme le flaon du XVIe siècle était un rond de métal destiné à être estampé pour faire une pièce de monnaie). Ce morceau peut être rond (par exemple pour faire une boîte de conserve). Cela lève le problème de l’extrème ancienneté de l’origine que vous évoquez. Et c’est donc cette origine qui pourrait être la bonne à mon avis. Peut-être une origine ouvrière au 19e siècle ?
  • #2
    chirstian
    16/03/2006 à 09:24
    l’origine est effectivement perdue dans la nuit des temps, mais les plus sérieuses seraient les suivantes :
    D’abord une expression éthiliquement nébuleuse :
    On disait autrefois " flan de coto" pour les pentes où poussaient la vigne. Et ceux qui la cultivaient s’appelaient les "vigne -ronds" , ou simplement "ronds" . L’expression rappellerait donc l’air hébété , les jours de vendange, des ronds de flan.
    Mais soyons sérieux !
    Les tailleurs utilisaient autrefois le mot "flan" , masculin peu connu de "flannelle". Un pantalon usé finissait par avoir deux ronds de flan qui provoquaient la moquerie au grand étonnement de son propriétaire qui ne pouvait en avoir la raison, puisqu’il "n’avait pas les yeux en face des trous" .
    christian
  • #3
    HoubaHOBBES
    16/03/2006 à 09:54
    Je voudrais que l’on n’oublie pas d’intégrer dans les disciplines olympiques le tir au flan (sport pâtissier s’il en est, demandez au Gloupier)
    😉
    Je reste perplexe devant les explications bien documentées de cette expression-ci : alors on pourrait carrément perdre l’origine d’une expression ? Ceci justifie à lui seul les recherches dont vous nous faites profiter! Merci pour ce beau boulot!
  • #4
    God
    16/03/2006 à 10:03
    • En réponse à <inconnu> #1 le 16/03/2006 à 09:20 :
    • « En métallurgie, un flan est un morceau de tôle destiné à être embouti (comme le flaon du XVIe siècle était un rond de métal destiné à être e... »
    Voilà une piste intéressante. Pourquoi pas ?
  • #5
    God
    16/03/2006 à 10:05
    • En réponse à chirstian #2 le 16/03/2006 à 09:24 :
    • « l’origine est effectivement perdue dans la nuit des temps, mais les plus sérieuses seraient les suivantes :
      D’abord une expression éthilique... »
    La deuxième pourrait être une piste et je veux bien y prêter attention, à la condition que vous m’indiquiez une source digne de foi où ce flan-là est cité.
    Parce que mes recherches (rapides) après lecture de votre contribution n’ont rien donné.
    Et puis j’ai aussi une question importante : dans votre ’flannelle’, pourquoi tant de ’n’ ? 😉
  • #6
    God
    16/03/2006 à 10:07*
    • En réponse à HoubaHOBBES #3 le 16/03/2006 à 09:54 :
    • « Je voudrais que l’on n’oublie pas d’intégrer dans les disciplines olympiques le tir au flan (sport pâtissier s’il en est, demandez au Gloupi... »
    Ben ouais ! Il y a même de nombreuses expressions sur lesquelles, comme pour celle-ci, on se perd en conjectures quant à l’origine.
    Si z’aviez été consciencieux et bien lu toutes les expressions déjà passées, vous le sauriez déjà... 😉
    Par contre, ce qui est quand même étonnant, c’est que l’origine soit perdue malgré la ’jeunesse’ de l’expression.
  • #7
    Elpepe
    22/11/2008 à 00:23*
    Bon, ben moi, je reste perplexe devant la page où God nous envoie. Si j’omets le mot "flan" et le remplace par le mot "schmilblick", par exemple, ça donne :
    Approche lente, il faut sentir le schmilblick contre ses lèvres.
    Raffermir la prise des lèvres autour du schmilblick.
    Positionnement des lèvres pour faire joint autour du schmilblick. L’air ne peut plus passer !
    Débuter l’aspiration.
    Sentir la déformation du schmilblick. Celui-ci ne peut plus s’échapper, il sait qu’il va y passer.
    Accentuer l’aspiration, par contraction vive du diaphragme. Le schmilblick est téléporté.
    Il va malgré tout tenter l’impossible, à savoir la rotation dans la bouche !
    Vous pensez avoir gagné. Il n’en est rien ... Le pire reste à venir, il faut rester vigilant !
    Et voilà ... Le schmilblick se casse, mais le gobeur continue son effort.
    Aspiration des bris de schmilblick
    Le slurp final ... Un joli perfect, malgré une rotation et un disloquement du schmilblick.

    On fait un petit concours, les filles ? Je veux bien me prêter au jeu... Mais attention, hein ? C’est pour la Science, à laquelle je prêterai le flanc sur ce coup-là.
  • #8
    cotentine
    22/11/2008 à 01:03
    Une première explication viendrait d’un mot du XVIe siècle, ’flaon’ ou ’flan’ qui signifiait ’monnaie’ ou ’denier’.

    n’a-t-on pas utilisé des sous percés, à une certaine époque ?
    1 sou = l1/20 ème du franc,...et la pièce de cent sous valait cinq francs ; ceci jusqu’à ce que la dernière pièce de 5 anciens centimes soit démonétisée dans les années 1940.
    Place donc 2 pièces de 1 sou sur un fond d’assiette et tu auras le dessin de 2 yeux ahuris, étonnés comme 😮
  • #9
    AnimalDan
    22/11/2008 à 01:09*
    • En réponse à cotentine #8 le 22/11/2008 à 01:03 :
    • « Une première explication viendrait d’un mot du XVIe siècle, ’flaon’ ou ’flan’ qui signifiait ’monnaie’ ou ’denier’.
      n’a-t-on pas utilisé de... »
    J’ai du mal à voir comment on peut "rester comme deux ronds"... on resterait plutôt "(avec) les yeux comme deux ronds" dans cette hypothèse, non..? J’ai toujours compris les "deux ronds" comme "deux sous", c’est à dire pas grand chose, et chez moi on disait aussi bien "comme deux ronds de nic-nac", ce qui "alimente" l’acception pâtissière du flan... 😉
  • #10
    <inconnu>
    22/11/2008 à 01:43
    • En réponse à cotentine #8 le 22/11/2008 à 01:03 :
    • « Une première explication viendrait d’un mot du XVIe siècle, ’flaon’ ou ’flan’ qui signifiait ’monnaie’ ou ’denier’.
      n’a-t-on pas utilisé de... »
    moi j’en reste comme 2 ronds de ton explcation
  • #11
    <inconnu>
    22/11/2008 à 02:47*
    • En réponse à cotentine #8 le 22/11/2008 à 01:03 :
    • « Une première explication viendrait d’un mot du XVIe siècle, ’flaon’ ou ’flan’ qui signifiait ’monnaie’ ou ’denier’.
      n’a-t-on pas utilisé de... »
    n’a-t-on pas utilisé des sous percés, à une certaine époque ?

    Cette époque tu as du la connaitre comme moi (un vieux de la vieille). Je me souviens trés bien que ma moman gardait tout les sous troués et les enfilaient sur un bout de fil de fer formé en cercle avec deux crochets. Et quand le cercle était plein, elle allait s’acheter une babiole au magasin "La ruche" a côté de chez nous.🙂cette page
  • #12
    PHILO_LOGIS
    22/11/2008 à 08:15
    Moi, j’aime bien l’origine monétaire: quand on parle saoul, c’est qu’on est rond. Et si on est vraiment rond, on voit double et on est sur le flanc.
    Mettez tout cela ensemble, centrifugez tout le bazar, ne gardez que l’existentiellement correct, on vlan: comme deux ronds de flan.
    Moi, ca m’a fatigué, là. je suis sur le flanc. Mais un seul, ici.
  • #13
    Elpepe
    22/11/2008 à 08:39
    • En réponse à PHILO_LOGIS #12 le 22/11/2008 à 08:15 :
    • « Moi, j’aime bien l’origine monétaire: quand on parle saoul, c’est qu’on est rond. Et si on est vraiment rond, on voit double et on est sur l... »
    C’est une expression à deux balles, pour les fauchés qu’ont pas un rond. T’as pas cent balles ? Qu’on aille boire un coup, et qu’on en finisse, putaing cong !
    Marceeeeeeeeel...
  • #14
    tytoalba
    22/11/2008 à 08:42
    • En réponse à <inconnu> #11 le 22/11/2008 à 02:47* :
    • « n’a-t-on pas utilisé des sous percés, à une certaine époque ?
      Cette époque tu as du la connaitre comme moi (un vieux de la vieille). Je me... »
    Nous avons connu aussi les sous percés. Pour moi, c’était les 25 et 10 centimes, peut-être aussi les 50 mais je n’en suis plus sûre. Voir cette page.
  • #15
    <inconnu>
    22/11/2008 à 08:52*
    • En réponse à <inconnu> #11 le 22/11/2008 à 02:47* :
    • « n’a-t-on pas utilisé des sous percés, à une certaine époque ?
      Cette époque tu as du la connaitre comme moi (un vieux de la vieille). Je me... »
    Dis-donc!!! "La ruche"....que de souvenirs!!!On en avait une dans mon village!
    C’était une chaîne??? une mini-chaîne alors?
    On allait acheter les rouleaux de réglise avec une grosse dragée au mileu.
    Et l’épicière avait de gros lolos. Alors, les plus petits frappaient de leur petit poing sur les lolos pour dire
    -Hep! Je suis là! En -dessous!Et je veux des bonbons!
    On avait peur quand elle coupait le jambon contre son gros sein...qu’elle s’en enlève une tranche!
    Elle coinçait le haut de la cuisse sous le menton et prenait le manche dans la main, comme si elle avait tenu un violon.
    Armée d’un couteau à lame fine et affutée...elle glissait par petites secousses jusqu’à hauteur de son nez et chlaff, elle faisait glisser la tranche sur un papier sulfurisé.
    😄 Merci! pour la ruche. Avait-elle un logo?Me souviens pas...
  • #16
    chirstian
    22/11/2008 à 09:06
    • En réponse à God #5 le 16/03/2006 à 10:05 :
    • « La deuxième pourrait être une piste et je veux bien y prêter attention, à la condition que vous m’indiquiez une source digne de foi où ce fl... »
    le 16 mars 2006, ainsi qu’en témoigne cette intervention de God, il est prouvé que :
    -God me vouvoyait avec respect,
    -ce qui ne l’empêchait pas de corriger mes photes d’orthografe,
    -et que - ne distinguant pas très bien mes inepties de mes propositions sérieuses - il poussait la conscience professionnelle jusqu’à les vérifier.
    J’en reste rétrospectivement, comme deux - que dis-je ?- comme au moins trois ronds de flan !
  • #17
    momolala
    22/11/2008 à 09:08
    • En réponse à cotentine #8 le 22/11/2008 à 01:03 :
    • « Une première explication viendrait d’un mot du XVIe siècle, ’flaon’ ou ’flan’ qui signifiait ’monnaie’ ou ’denier’.
      n’a-t-on pas utilisé de... »
    Sans même qu’ils soient percés, cette expression peut s’entendre en référence à la monnaie si on lit le TLFI qui dit que le flan est "un disque de métal destiné à la frappe d’une monnaie, d’une médaille, etc..." Deux ronds de métal vierge, on ne peut trouver moins expressif, comme le regard que tu évoques.
  • #18
    momolala
    22/11/2008 à 09:09
    • En réponse à chirstian #16 le 22/11/2008 à 09:06 :
    • « le 16 mars 2006, ainsi qu’en témoigne cette intervention de God, il est prouvé que :
      -God me vouvoyait avec respect,
      -ce qui ne l’empêchait... »
    Et tu t’appelais encore Christian. C’était avant de devenir sélénite ?
  • #19
    momolala
    22/11/2008 à 09:12*
    @God tout puissant :
    Tandis que je rédigeais ma réponse à Cotentine, une voix féminine non sollicitée m’indiquait que j’étais sur le site d’ACE et me vantait tout au long les époustouflantes opportunités de crédit que cet organisme inconnu (de moi) m’offrait. Expressio serait-il hanté par les disparus de la crise financière ?
  • #20
    Elpepe
    22/11/2008 à 09:18
    • En réponse à chirstian #16 le 22/11/2008 à 09:06 :
    • « le 16 mars 2006, ainsi qu’en témoigne cette intervention de God, il est prouvé que :
      -God me vouvoyait avec respect,
      -ce qui ne l’empêchait... »
    Tout fout le camp, hein ? Mais depuis, il faut dire qu’on a appris à te connaître un peu... 😄