Les expressions françaises décortiquées
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être chocolat [v]

être attrapé ; être dupé ; être trompé ; s'être fait avoir

Origine et définition

Pourquoi, en argot, 'chocolat' est-il synonyme de 'dupé' ?
Eh bien il y a trois explications à cette bizarrerie, et je m'en vais vous les donner de la plus douteuse à la plus probable.
La première viendrait de la boxe où, lorsqu'un joueur était sonné, donc avait pris un 'choc', on disait qu'il était 'chocolat' ou KO.
Selon Albert Dauzat, l'auteur de cette thèse dans 'Les Argots', cela viendrait de déformations phoniques successives de 'knock-out' (KO), prononcé 'nokahout', qui se serait transformé en 'moka' et, par dérivation, en 'chocolat'.
La seconde serait due, à la toute fin du XIXe siècle, aux clowns Footit et Chocolat (), le deuxième ayant le surnom de Chocolat parce qu'il était de race noire, d'origine cubaine (le terme 'chocolat' désignait déjà les noirs avant 1880). Comme, dans leurs sketches, il se faisait très souvent mener en bateau par son compère, à chaque fois qu'il se rendait compte avoir été dupé, il disait "je suis chocolat".
S'il est probable que ce spectacle a contribué à populariser l'expression, son origine est plutôt celle ci-après, placée un peu avant dans l'ordre chronologique.
La troisième, donc, vient des joueurs de bonneteau (), cet attrape-nigaud, jeu de trois cartes que le bonneteur mélange après les avoir retournées, le joueur devant deviner où se trouve une de ces cartes (il en existe aussi la variante où un objet est caché sous un gobelet retourné parmi trois que le bonneteur mélange).
C'est grâce à un compère du bonneteur qui 'gagnait' régulièrement, que les joueurs étaient incités à tenter leur chance et à se faire plumer.
Le rôle de ce compère était de "faire le chocolat", c'est-à-dire de jouer l'appât, la 'sucrerie' qui attire le nigaud. Par extension, "le chocolat" était le joueur ainsi pris dans la nasse et trompé par les tricheurs.

Exemples

« Elle vient se faire régler une petite note, voilà tout. Et elle a peur de repartir chocolat »
Paul Bourget - Nos actes nous suivent

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand der Dumme sein être le dindon de la farce
Anglais to be taken for a ride être pris/emmené faire un tour
Anglais to fall right into it tomber droit dedans
Anglais (USA) being screwed être vissé Etre dans une situation impossible a régler
Anglais (USA) get hosed Get fleeced Get shafter Be had être arroser être voler faire avoir faire avoir
Anglais (USA) to be fucked être baisé
Anglais (USA) to be taken to the cleaners être emmené au pressing
Espagnol (Espagne) ser estafado se faire arnaquer
Espagnol (Espagne) darsela con queso la lui donner avec du fromage
Espagnol (Espagne) Caer en un engaño / Caer en el engaño se faire duper
Espagnol (Argentine) que le vendan un buzon qu'on lui vend une boite a lettre
Français être le dindon de la farce
Français (Belgique) être chocolat bleu pâle être chocolat
Français (Canada) se faire fourrer se faire avoir
Français (Canada) se faire organiser
Français (Canada) se faire passer un sapin
Français être marron duper
Hébreu נפל בפח כמו פתי (nafal bapakh kmo pèti) il est tombé dans un échiquier comme un pent
Italien essere fritto être cuit
Italien essere fottuto être foutu
Italien aver toppato s'être planté
Néerlandais de klos zijn être la bobine/canette
Néerlandais het haasje zijn être le petit lièvre
Néerlandais erin genaaid worden sE faire coudre dedans
Néerlandais de pisang zijn être la banane
Néerlandais de sigaar zijn être le cigare
Néerlandais (Belgique) in het ootje genomen worden être pris dans la cible
Néerlandais (Belgique) gejost zijn être pelé
Néerlandais (Belgique) de pineut zijn être le pigeon ; pas très probable que ca vient de peanut
Néerlandais (Belgique) de dupe zijn être le dupé
Néerlandais genaaid zijn être cousu ( ou vulgairement: être baisé)
Néerlandais de lul zijn être la bite/queue
Portugais (Brésil) cair como um patinho tomber comme un petit canard
Portugais (Brésil) ser um pato être un canard
Roumain a cădea de prost tomber de sot
Roumain a fi / a cădea de fazan être / tomber de faisan
Roumain a fi dus de nas être mené par le nez
Roumain a fi fript être brûlé / frit
Roumain a fi tras pe sfoară être enfilé
Roumain a fi tras pe sfoara s'être fait tirer par une ficelle
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « être chocolat » Commentaires

  • atheofv
    19/10/2024 à 16:59
    • En réponse à joseta #179 le 19/10/2024 à 16:00 :
    • « JE SUIS
      https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/9b/GiacomoPuccini.jpg/440px-GiacomoPuccini.jpg
      Giacomo PUCCINI
      Lucques (Gr... »
    Je ne l'ai pas trouvé, ne l'ayant pas cherché...

    J'avais une réunion de CA de mon association (de malfaiteurs) dans la Meuse profonde.
  • atheofv
    19/10/2024 à 17:02*
    • En réponse à SyntaxTerror #178 le 19/10/2024 à 14:54 :
    • « Jesus Christ Superstar
      En France, les termes "comédie musicale ou "opérette" sont devenus péjoratifs, on parle d' "opéra-rock". No comment.... »
    "comédie musicale ou "opérette"

    C'est vrai que ça fait un peu... Enfin tu vois...

    De toute façon je n'aime ni l'un ni l'autre...

    Entendre des gens brailler pour demander le sel ou dire qu'ils sont fort malheureux ou sévèrement amoureux, très peu pour moi.
  • joseta
    19/10/2024 à 17:27
    • En réponse à lalibellule #180 le 19/10/2024 à 16:56* :
    • « Une moustache qui me fait penser aux brosses du Fuller Brush man … un marchand péripatéticien (porte à porte) de brosses pour le ménager …... »
    Ce marchand, on l'appelait Warner, parce que: Warner brosses.
    Pffff...o.k. je retourne au foot...
  • atheofv
    19/10/2024 à 17:49
    Roumain a fi tras pe sfoară être enfilé

    Tout en poésie...
  • lalibellule
    19/10/2024 à 17:50*
    • En réponse à joseta #183 le 19/10/2024 à 17:27 :
    • « Ce marchand, on l'appelait Warner, parce que: Warner brosses.
      Pffff...o.k. je retourne au foot... »
    Mais j’ai ri …😺 … la vache 🐄
  • SyntaxTerror
    19/10/2024 à 18:18
    • En réponse à atheofv #184 le 19/10/2024 à 17:49 :
    • « Roumain a fi tras pe sfoară être enfilé

      Tout en poésie... »
    La dernière fois que j'ai entendu ce verbe, c'était à l'armée quand on nous a fait chanter le délicat refrain du 18ème bataillon de chasseurs : Encore un Arbi d'enfilé, rompez. Encore un Arbi d'enfilé !
  • SyntaxTerror
    19/10/2024 à 18:19
    • En réponse à lalibellule #185 le 19/10/2024 à 17:50* :
    • « Mais j’ai ri …😺 … la vache 🐄 »
    Image externe
  • atheofv
    19/10/2024 à 19:39
    • En réponse à SyntaxTerror #187 le 19/10/2024 à 18:19 :
    • « https://tse2.mm.bing.net/th?id=OIP.gPahUci5sKM1j-mSdaHHWwHaIG&pid=Api »
    La vache qui rit.

    Et on sait toujours pas pourquoi...
  • lalibellule
    19/10/2024 à 19:58*
    • En réponse à atheofv #188 le 19/10/2024 à 19:39 :
    • « La vache qui rit.

      Et on sait toujours pas pourquoi... »
    Si, parce qu’une vache qui rit vend plus de produits qu’une vache maussade…
    Elementary, my dear Watson !😁 toi qui apprécies tant la pub. 🤪
  • atheofv
    19/10/2024 à 20:02
    • En réponse à lalibellule #189 le 19/10/2024 à 19:58* :
    • « Si, parce qu’une vache qui rit vend plus de produits qu’une vache maussade…
      Elementary, my dear Watson !😁 toi qui apprécies tant la pub. 🤪... »
    Tu as raison.

    C'est quand même mieux qu'une vache qui rue.
  • SyntaxTerror
    19/10/2024 à 21:26*
    La Vache sérieuse a perdu le procès en contrefaçon intenté par La vache qui rit en 1955, et doit changer de nom en 1959. Elle s'appellera La Vache Grosjean jusqu'à sa disparition.
  • lalibellule
    19/10/2024 à 22:09*
    • En réponse à SyntaxTerror #191 le 19/10/2024 à 21:26* :
    • « La Vache sérieuse a perdu le procès en contrefaçon intenté par La vache qui rit en 1955, et doit changer de nom en 1959. Elle s'appellera La... »
    Le marketing pour La Vache Sérieuse était assez malin … étant donné que les vaches ne rient pas, le rire étant le propre de l’homme. Mais évidemment cette idée ne veut rien dire sans La Vache qui rit.

    Je trouve cette phrase étonnante … Selon son fabricant le groupe Bel, 125 portions de vache qui rit sont consommées à chaque seconde dans le monde.
  • deLassus
    14/11/2024 à 00:29*
    REMBOURSEZ !
  • atheofv
    14/11/2024 à 06:22
    • En réponse à deLassus #193 le 14/11/2024 à 00:29* :
    • « REMBOURSEZ ! »
    Je ne te le fais pas dire...
  • atheofv
    14/11/2024 à 06:55
    Là ils vont trop loin !

    aller trop loin

    Expression non commentée, même pas par M. Delassus !
  • joseta
    14/11/2024 à 07:55
    QUI SUIS-JE ? nº402

    Je suis un compositeur et pianiste français
    - style: musique de la période moderne (opéra, mélodie française, musique de ballet, musique sacrée
    - ma mère m’apprend le piano alors que je n’ai que 5 ans. À partir de 1915, je me perfectionne auprès du pianiste espagnol Ricardo Viñas, qui me fait rencontrer notamment Erik Satie, Claude Debussy et Maurice Ravel
    - après une scolarité au lycée Condorcet, je connais à 18 ans, une première réussite lors d’un concert de musique «d’avant-garde» donné au théâtre du Vieux-Colombier
    - ma mélodie de 1917 me ferme la porte du Conservatoire de Paris, mais attire l’attention du compositeur Igor Stravinski, dont l’appui me permet de faire publier mes premières oeuvres aux éditions britanniques Chester
    - je fréquente, en compagnie de mon ami Georges Auric (mon «frère jumeau»), la Maison des amis des livres, tenue par Adrienne Monnier. J’y fais la connaissance des poètes d’avant-garde, tels que Jean Cocteau, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Paul Éluard dont je mettrai de nombreux textes en musique
    - en 1918 je compose un cycle de mélodies reprenant des poèmes de l’oeuvre éponyme de Guillaume Apollinaire. C’est à cette époque que se crée sous l’impulsion de Jean Cocteau et d’Erik Satie, un collectif de jeunes compositeurs que le critique Henri Collet surnomme «le groupe des six» (en référence au groupe des 5 russes)
    - ce groupe se veut une réaction contre le romantisme et le ‘wagnérisme’, mais aussi, dans une certaine mesure, contre le courant impressionniste, incarné notamment par Claude Debussy. Le groupe des six ne créera pourtant que 2 oeuvres collectives (un recueil pour le piano, et un ballet)
    - de 1921 à 1925, j’étudie la composition avec Charles Koechlin
    - la première d’un de mes ballets, donné par la compagnie Les Ballets Russes de Serge de Diaghilev, a lieu en 1924
    - en 1926, je rencontre le baryton Pierre Bernac, à qui je demande d’interprèter une série de 8 mélodies...Il deviendra mon interprète fétiche. Je l’accompagne au piano à partir de 1935 (et jusqu’en 1959) durant des récitals de musique française à travers le monde entier
    - en 1928 j’écris pour la célèbre claveciniste Wanda Landowska un concert pour clavecin et orchestre. L’oeuvre est dédiée à mon amant, un peintre français
    - la mort de plusieurs amis et celle du compositeur et critique Pierre-Octave Ferroud, puis un pèlerinage à Rocamadour en 1935, me ramènent vers la foi catholique dont je m’étais détourné depuis la mort de mon père. Même si je continue à composer des mélodies légères, certaines de mes oeuvres se font plus sombres et austères
    - pendant la Seconde Guerre mondiale, j’écris texte et musique d’un ballet plein d’humour créé à l’Opéra de Paris en 1942. La même année je compose la musique pour un film de Jacques de Baroncelli
    - ma cantate sur des textes de Paul Éluard est créée en 1945 et dédiée à Picasso, que j’admire
    - en 1946, je crée à la radio un conte musical pour piano, et récitant d’après le personnage créé par Jean de Brunhoff
    - je continue à alterner mélodies, choeurs profanes ou religieux, pièces orchestrales de chambre ou pour piano...
    - en 1948 je donne mon premier récital (avec Pierre Bernac) aux États-Unis
    - en 1956, je crée à Milan et en italien, un opéra d’après un texte inédit de Georges Bernanos, puis l’année suivante dans la version française originale à l’Opéra de Paris. La première aux États-Unis a lieu en septembre de la même année au San Francisco Opera
    - en 1958, je compose une tragédie lyrique d’après Cocteau
    - en 1960-61, je suis aux États-Unis pour plusieurs créations
    - hommages: Je suis nommé Officier de la Légion d’honneur; la Poste a émis un timbre à mon effigie; plusieurs rues portent mon nom ainsi qu’une place et un square à Paris
    - un astéroïde de la ceinture principale porte également mon nom.
  • joseta
    14/11/2024 à 08:27*
    Gosses...
    - Je sors du supermarché...je voulais chiper un peu chocolat, et au dernier moment j'ai vu un garde qui surveillait...
    - t'as eu chaud Colas !
    - ben non, j'en ai pas eu, j' te dis qu'il était surveillé !
  • atheofv
    14/11/2024 à 08:39
    • En réponse à joseta #196 le 14/11/2024 à 07:55 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº402

      Je suis un compositeur et pianiste français
      - style: musique de la période moderne (opéra, mélodie française, musiqu... »
    Trouvé.

    Je ne le connaissais pas...
  • SyntaxTerror
    14/11/2024 à 09:38*
    • En réponse à deLassus #193 le 14/11/2024 à 00:29* :
    • « REMBOURSEZ ! »
    En effet !

    A la lecture des VDD, j'avais eu une impression de fausse mémoire, comme disent les anglophones, de déjà-vous ...
  • SyntaxTerror
    14/11/2024 à 09:48
    • En réponse à joseta #196 le 14/11/2024 à 07:55 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº402

      Je suis un compositeur et pianiste français
      - style: musique de la période moderne (opéra, mélodie française, musiqu... »
    Trouvé grâce à son jumeau.