Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

ruer dans les brancards [v]

se révolter ; se rebiffer ; refuser de continuer un travail ; protester ; regimber ; récalcitrer

Origine et définition

Quand on vous parle 'brancard', vous imaginez tout de suite des infirmiers qui transportent un malade dont on se demande quelle mouche l'a piqué pour qu'il s'agite comme un forcéné sur son brancard au point d'en chuter et d'aggraver son mal, au lieu d'attendre calmement d'être amené jusqu'au lieu où il sera soigné.
Mais c'est oublier qu'au XVe siècle, avant de prendre le sens qu'on leur connaît aujourd'hui, les brancards étaient deux longs bouts de bois prolongeant vers l'avant la caisse d'une voiture, et entre lesquels était placé l'équidé chargé de déplacer la charge que son maître devait transporter d'un endroit à un autre ou les passagers que le chariot contenait [1].
Et lorsque l'animal en avait assez d'être exploité, qu'il ne voulait plus faire le job, qu'il réclamait sa pitance, il décochait des ruades, se cabrait ou ruait entre / dans ses brancards.
C'est donc simplement de cette ancienne réalité que notre expression provient, et non du brancard des infirmiers.
[1] Et avant cela, le mot désignait le chariot lui-même.

Exemples

« (…) non pas un âne pétulant, un de ces ânes qui (…) cabriolent sur les talus, qui ruent dans les brancards, lèvent la croupe et braient comme douze trompettes dès qu'ils reniflent l'odeur enivrante de l'âne (…) »
Henri Bosco - l'âne Culotte - 1937
« La crise de Palestine connaît depuis les frappes une évolution assez brutale. Après avoir cédé en grinçant des dents aux pressions de Washington, Tel-Aviv est en train de ruer dans les brancards. M. Sharon a fait savoir le 4 octobre que les États-Unis ne calmeraient pas les arabes aux dépens d'Israël. »
Pierre-Henri Bunel - Menaces islamistes : ces terroristes qui dévoient l'Islam - 2001

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand rebellisch werden devenir insurgé
Anglais to kick over the traces donner des coups de pieds sur les attelages
Espagnol (Espagne) echar las patas por alto jetter les pattes en haut
Espagnol (Espagne) patalear taper des pieds
Espagnol (Espagne) rondinar ronchonner
Espagnol (Espagne) sublevarse se révolter
Espéranto kalcitri se rebeller
Français (Canada) chier sur le bacul
Hongrois kapálódzik vmi ellen gigoter contre qqch
Hébreu בעט במרוּת (baatt bemaroutt) refusait d’accepter encore plus
Hébreu סירב לקבל מרות (sèrav lekabèl marott) il a donné un coup de pied à la convention
Hébreu עלה על בריקאדות (ala al vrykdvtt) oam contre le courant
Hébreu שחה נגד הזרם
Hébreu בעט במוסכמות go on a rigor
Italien ricalcitrare se rebiffer
Néerlandais zijn kont tegen de krib gooien jeter son cul contre la mangeoire
Néerlandais tegenstribbelen refuser sa tâche en rouspetant
Néerlandais het bijltje erbij neerleggen / neergooien jeter la hachette par terre
Néerlandais op je achterste benen gaan staan se mettre sur ses jambes arrière - cabrer
Néerlandais er de brui aan geven ) abandonner complètement
Néerlandais een dwarsligger zijn être un rebelle, révolté
Portugais (Brésil) chutar o balde botter le seau
Portugais (Brésil) estar em estado de graça être en état de grace
Roumain a încrucişa mâinile la piept croiser les bras à la poitrine
Turc ayaklanmak / Baş kaldırmak se révolter
Turc kazan kaldırmak lever l'étendard de la révolte
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « ruer dans les brancards » Commentaires

  • charmagnac
    24/05/2012 à 12:16
    • En réponse à DiwanC #120 le 24/05/2012 à 12:12* :
    • « C’est dans un char à bœufs, s’il faut parler bien franc
      Tiré par les amis, poussé par les parents
      Que les vieux amoureux firent leurs épousa... »
    Il t’a manqué un crochet. Un mauvais coup de ta main gauche ? Vois ma réponse d’hier.
  • SyntaxTerror
    24/05/2012 à 12:16
    Quand on vous parle ’brancard’, vous imaginez tout de suite des infirmiers qui transportent un malade

    Jusque là, ça va.
    Mais pourquoi imaginer que c’est le malade qui rue "dans les brancards" alors qu’il est dessus.
    Les seuls qui pourraient le faire sont les infirmiers.
  • DiwanC
    24/05/2012 à 12:18*
    Dans les villes, bien souvent, un homme ou une femme remplaçait le cheval, l’âne ou le bœuf. Il s’agissaitt alors d’une charrette à bras ; y ruer était assez vain mais n’empêchait pas la révolte...
  • DiwanC
    24/05/2012 à 12:41*
    • En réponse à charmagnac #121 le 24/05/2012 à 12:16 :
    • « Il t’a manqué un crochet. Un mauvais coup de ta main gauche ? Vois ma réponse d’hier. »
    Euh... la main gauche* – dont que c’est qu’on causait hier – était celle d’Agronome... Est–il droitier ou gaucher, je ne sais !
    :’-))
    *Lorsque, dans 50 ou 60 ans, les foules voudront relire ces échanges anthologiques (!), ils pourront pour ce cas précis se reporter à l’expression perdre le nord.
  • Claudine
    24/05/2012 à 13:04
    Très bon anniversaire Jonayla.
  • patchouli
    24/05/2012 à 13:27
    «Ruer dans les brancards»
    Exactement ce qui se passe ici présentement, ça rue dans les brancards comme jamais, vive le printemps québécois !!
    Un peuple uni jamais ne sera vaincu !!
  • charmagnac
    24/05/2012 à 13:31
    • En réponse à SyntaxTerror #122 le 24/05/2012 à 12:16 :
    • « Quand on vous parle ’brancard’, vous imaginez tout de suite des infirmiers qui transportent un malade
      Jusque là, ça va.
      Mais pourquoi imag... »
    Et de plus "brancards" est au pluriel. S’il s’agit des "deux longs bouts de bois" que cite God, ça se comprend. Mais pour les infirmiers, si deux infirmiers portent UN brancard, alors il faut imaginer plusieurs équipes de deux infirmiers portant chacune un brancard et ruant toutes ensemble "dans les brancards". Etonnant, non ?
    Chirstian, je te rends une nouvelle fois tes mouches.
  • chirstian
    24/05/2012 à 14:03
    • En réponse à DiwanC #108 le 24/05/2012 à 08:07* :
    • « Si brancard a été décortiqué par les voisins du d’ssus, ceux–ci n’ont pas dit grand-chose concernant ruer.
      Et pourtant, on trouve quelques... »
    Vers 1180, le sens se modifie : jeter avec impétuosité,
    il s’employait en parlant de l’eau qui se jetait avec impétuosité dans les rues : on disait alors le ru rue dans la rue.
    En effet, faute d’égouts , l’eau coulait dans la rue, et plus précisément en son point le plus bas : le ru coulait dans le couleur, équipement obligatoire dont nul n’aurait discuté l’intérêt : d’où le dicton : d’égout et des couleurs, on ne discute pas.
    Et cela explique pourquoi nous fêtons l’anniversaire de Jonayla, non avec une bouteille d’eau, mais avec une coupe de champagne.
  • SyntaxTerror
    24/05/2012 à 14:27
    • En réponse à charmagnac #127 le 24/05/2012 à 13:31 :
    • « Et de plus "brancards" est au pluriel. S’il s’agit des "deux longs bouts de bois" que cite God, ça se comprend. Mais pour les infirmiers, si... »
    "Brancards" est au pluriel, comme "pantalon" est au singulier.
    Il faut une paire de brancards pour transporter un patient et l’instrument s’est appelé "un brancard".
    Quand j’étais (beaucoup) plus jeune, on mettait toujours les pantalons par paire et maintenant on parle d’ "un pantalon", mais on achète toujours "une paire de djinns" !
  • ergosum
    24/05/2012 à 14:46
    • En réponse à <inconnu> #111 le 24/05/2012 à 09:39 :
    • « Certaines races de chevals (un travail, des travails, un cheval, des chevals) sont utilisées pour la pêche à la crevette : cette page
      D’autr... »
    un glavial, des glavials ?
    cogito...
    que vous vous leurrez ! On dit un glavial, des glaviots
  • ergosum
    24/05/2012 à 14:52
    • En réponse à PHILO_LOGIS #113 le 24/05/2012 à 10:50 :
    • « Quand, dans la marine - parce que notre expressio.fr du jour vient bien de la marine, n’est-ce pas - je disais donc, quand dans la marine, d... »
    cogito...
    Dans le jargon maritime italien, branle-bas de combat se dit "panica totale".
    Par contre, "con bas", je ne saurais traduire, mes connaissances linguistiques étant par trop bien éducaillées !
  • ergosum
    24/05/2012 à 14:54
    • En réponse à charmagnac #121 le 24/05/2012 à 12:16 :
    • « Il t’a manqué un crochet. Un mauvais coup de ta main gauche ? Vois ma réponse d’hier. »
    cogito...
    La main gauche n’est-elle pas réservée au contact des choses impures ?
  • SyntaxTerror
    24/05/2012 à 15:01
    • En réponse à ergosum #132 le 24/05/2012 à 14:54 :
    • « cogito...
      La main gauche n’est-elle pas réservée au contact des choses impures ? »
    Je ne saurais dire.
    Il me semble que dans le roman de Barrie, il ne reste que la main gauche au Capitaine Crochet.
  • joseta
    24/05/2012 à 15:45
    J’avais du linge à laver; soudain, j’ai trébuché et j’ai rué dans lessive hier...😐
  • <inconnu>
    24/05/2012 à 15:47
    • En réponse à ergosum #130 le 24/05/2012 à 14:46 :
    • « un glavial, des glavials ?
      cogito...
      que vous vous leurrez ! On dit un glavial, des glaviots »
    @ coïto ergo sum : Vos sources sont incorrectes (notamment You Tube), il s’agit bien de gavials.
  • chirstian
    24/05/2012 à 16:38
    le brancard d’hier sert au brancardier. Le brancard d’avant hier ... ne sert plus.
  • DiwanC
    24/05/2012 à 17:09*
    • En réponse à SyntaxTerror #122 le 24/05/2012 à 12:16 :
    • « Quand on vous parle ’brancard’, vous imaginez tout de suite des infirmiers qui transportent un malade
      Jusque là, ça va.
      Mais pourquoi imag... »
    Certes...
    Mais le malade, allongé sur le brancard, est également entre les « deux longs bouts de bois ». Et qu’essss qui l’empêche de se rebiffer le malade ? Hmmm ? Surtout s’il venait simplement faire signer sa feuille de maladie, et que deux infirmiers – taillés comme forts des halles mais un rien distraits – l’ont empoigné vigoureusement, l’informant juste qu’ils l’emmenaient en salle d’op. pour une amputation immédiate autant qu’urgente.
    – Allez, M’ieur Macheprot, calmez–vous, soyez raisonnable.!
    – Mais, je ne m’appelle pas Macheprot !
    – Y disent tous ça ! Vous inquiétez pas, M’sieur Macheprot, ça va bien se passer !
    Eh bien, si cet homme rue dans les brancards, nul n’a le droit de mal le juger moi j’dis ! 😄
  • Lovendric
    24/05/2012 à 17:16
    Maints d’entre nous, ma belle amie Jon, ont encore ton rire dans les oreilles, même si onques ne l’avons-nous vraiment ouï, hormis Filou, ce peut-être, Louisann et Houba Hobbes. Si comme je pense, il va tinter, en ce jour de ta nativité, plus haut que les cloches de nos moustiers. Bon et bel anniversaille à toi, et reviens souventes fois rire avec nous au royaume d’Expressio !
  • charmagnac
    24/05/2012 à 17:20
    • En réponse à SyntaxTerror #129 le 24/05/2012 à 14:27 :
    • « "Brancards" est au pluriel, comme "pantalon" est au singulier.
      Il faut une paire de brancards pour transporter un patient et l’instrument s’... »
    Si je t’ai bien compris, il est donc possible que deux infirmiers ruent dans les brancards du brancard ? Etonnant, non ? Et le malade ou blessé transporté, qui pensait qu’ils se seraient rués à l’hôpital...
  • charmagnac
    24/05/2012 à 17:31
    • En réponse à ergosum #132 le 24/05/2012 à 14:54 :
    • « cogito...
      La main gauche n’est-elle pas réservée au contact des choses impures ? »
    Oui, dans des pays que les catalogues des voyagistes nous présentent comme exotiques (ça ne fait pas peur aux clients !).
    C’est ausi dans ces mêmes pays cette main qui est utilisée dans les W.C. où il n’y a pas habituellement de papier toilette. Mais dans les hôtels pour touristes, cette habitude locale leur est épargnée. Ouf !