Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

avoir du vent dans les voiles [v]

se sentir décidé ; être ivre ; ne pas marcher droit ; être saoul

Origine et définition

Le deuxième sens proposé est le plus commun, et les liens qu'on peut trouver entre le vent qui pousse le bateau et une marche très incertaine due à l'abus d'alcool, vient soit du fait que, lorsqu'il veut avancer face au vent, le bateau est obligé de "tirer des bords" ou de louvoyer (d'où l'association avec la personne ivre qui louvoie également), soit du fait qu'un voilier dans le vent avance penché, comme peut avancer une personne ivre.
Mais Gaston Esnault affirme que le deuxième sens (qui daterait de 1883) est abusif, alors que le premier, datant de 1835, serait beaucoup plus logique, la personne soudain très décidée (car plus très apte à peser les risques de ce qu'elle entreprend) étant aussi 'gonflée', au sens argotique, que peut l'être une voile un jour de bon vent.

Exemples

« Aussi ne retournent-ils à leurs navires que
bord sur bord, ayant souvent, comme on dit, du vent dans les voiles,
mais pas de ce vent qui accélère la marche d'une embarcation. »
M.F. Lacointa - Revue de Toulouse et du midi de la France - Tome XXI

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand zu tief ins Glas geschaut / geguckt haben avoir regardé trop profondément dans le verre
Anglais to be three sheets to the wind avoir trois écoutes [de voile] [lâchées] au vent
Anglais to be half-seas over être à moitié parti
Anglais to be three sheets in the wind être trois feuilles dans le vent
Anglais to be tiddly être pompette
Arabe (Algérie) ما راهش اضوي (marahch idhawi) il ne peut plus raisonner
Espagnol (Argentine) encontrase entre San Juan y Mendoza se trouver entre San Juan et Mendoza
Espagnol (Espagne) anar de tort marcher tordu
Espagnol (Espagne) andar haciendo eses marcher en faisant des s
Espéranto ppro ebrio boardi tirer des bordées par ébriété
Français (Canada) être pompette être pompette
Hongrois pityòkàs il est gris
Hébreu שיכור כלוט (chikor keloth) saoul comme Loth
Italien andare a gonfie vele aller à voiles gonflées
Italien essere ubriaco fradicio être ivre trempé
Néerlandais (Belgique) in de wind zijn être dans le vent
Néerlandais (Belgique) te diep in het glas gekeken hebben avoir regardé trop profondément dans le verre
Néerlandais boven zijn theewater zijn être au-dessus de son eau pour le thé
Néerlandais de wind in de zeilen hebben avoir le vent dans les voiles
Néerlandais dronken zijn als een kanon / tor / dragonder être ivre comme un canon / coléoptère / dragon
Néerlandais zich moed indrinken boire jusqu'à en obtenir du courage
Portugais (Brésil) trançar as pernas tresser les jambes
Portugais (Portugal) ter um grão na asa avoir une graine dans l'aile
Roumain beat turtă ivre tourte
Suédois titta för djupt i glaset regarder trop profondément dans le verre
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « avoir du vent dans les voiles » Commentaires

  • Paracas
    16/05/2017 à 09:43*
    • En réponse à DiwanC #114 le 16/05/2017 à 07:12 :
    • « Les copains d'abord... tu as raison, c'est sans doute une des plus connues... mais ce n'est sans doute pas la meilleure. 😐 »
    Certes ce n'est pas ma préférée non plus mais tout dépend le contexte dans lequel on se trouve.
    Lors d'une troisième mi-temps quand on a du vent dans les voiles* elle fait partie des meilleures...
    (C'est du vécu !)
    * Wasaaaaaaaaaaa !!!...🙂
  • Utilisateur supprimé
    16/05/2017 à 09:50
    Voici une représentation du premier sous-marin atomique à voile. On le voit ici au vent arrière.
  • Utilisateur supprimé
    16/05/2017 à 09:51
    • En réponse à Utilisateur supprimé #122 le 16/05/2017 à 09:50 :
    • « Voici une représentation du premier sous-marin atomique à voile. On le voit ici au vent arrière. »
    L'ami Mintaka, il a du vent dans les voiles !
  • DiwanC
    16/05/2017 à 10:32
    • En réponse à Utilisateur supprimé #123 le 16/05/2017 à 09:51 :
    • « L'ami Mintaka, il a du vent dans les voiles ! »
    À 10 h du matin ? Eh bé...
  • gonalzako
    16/05/2017 à 10:36
    • En réponse à Utilisateur supprimé #106 le 22/01/2012 à 01:51 :
    • « Tu peux trouver la prononciation de surgeon anglais et surgeon français si ça t’intéresse à: cette page 🙂 »
    Bravo à DiwanC qui "est allée écouter la prononciation..." (# 107) : moi, je n'ai pas été foutu de comprendre comment fonctionne ce foutu site Forvo
    🙁
  • DiwanC
    16/05/2017 à 10:37*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #122 le 16/05/2017 à 09:50 :
    • « Voici une représentation du premier sous-marin atomique à voile. On le voit ici au vent arrière. »
    On le voit ici au vent arrière.

    Au pays des menhirs, il arrive qu'on navigue au vent... et parfois sans les voiles.
    😉
  • DiwanC
    16/05/2017 à 10:47
    • En réponse à Paracas #121 le 16/05/2017 à 09:43* :
    • « Certes ce n'est pas ma préférée non plus mais tout dépend le contexte dans lequel on se trouve.
      Lors d'une troisième mi-temps quand on a du... »
    (C'est du vécu !)

    Alors, je ne discute pas !... 🙂
  • mickeylange
    16/05/2017 à 10:48
    • En réponse à DiwanC #126 le 16/05/2017 à 10:37* :
    • « On le voit ici au vent arrière.
      Au pays des menhirs, il arrive qu'on navigue au vent... et parfois sans les voiles.
      😉 »
    Tu t'es acheté des sabots neufs ?
  • DiwanC
    16/05/2017 à 11:04*
    • En réponse à mickeylange #128 le 16/05/2017 à 10:48 :
    • « Tu t'es acheté des sabots neufs ? »
    Vouiii ! Ça fait chic non ?!
    Et pis j'ai appris une chanson... genre folklorique !
  • mickeylange
    16/05/2017 à 11:29
    Malgré les élucubrations des voisins du dessus pour faire croire que cette expression vient de la marine, je me dois de rétablir la vérité.
    Bien avant que les hommes du bord de mer inventent les bateaux, les bergers dans la montagne gardaient les chèvres et les moutons. Les bergers communiquaient entre eux avec un langage sifflé (ce qui nous rapproche du bistrot où l'on siffle) le silbo. Un message important pour la sécurité était de prévenir les copains de la présence du loup. En silbo ils disaient "loup voyez", (car contrairement aux expressionautes les bergers se vouvoyaient, car ils n'avaient pas gardé les cochons ensemble. Plusieurs navigateurs de l'antiquité ont rapporté que le silbo des Canaries, permettait de communiquer de vallée en vallée sur plusieurs kilomètres. Le silbo est classé au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO en 2009. Les navigateurs de l'antiquité comparèrent les vallées et les collines de la Gomera (une îles des Canaries) à la mer et à ses vagues. Ils se mirent à sifflé "loup voyez" pour prévenir les autres bateaux que la mer était mauvaise et qu'il fallait aller un coup à gauche et un coup à droite pour éviter les plus grosses vagues scélérates. C'est de cette coutume que vient le terme de louvoyer. Louvoyer à l'origine c'était pour protéder Blanquette du moup. Hic !
    Et pis c'est tout.
    Marceeel !
    (cinquième tentative)
  • le gone
    16/05/2017 à 11:57
  • joseta
    16/05/2017 à 12:36
    • En réponse à le gone #131 le 16/05/2017 à 11:57 :
    • « Le silbo gomero aux Canaries »
    Le 'silbo' de la Gomera, 'le maire le siffle'...
  • Paracas
    16/05/2017 à 15:59
    • En réponse à DiwanC #127 le 16/05/2017 à 10:47 :
    • « (C'est du vécu !)
      Alors, je ne discute pas !... 🙂 »
    Oh ça remonte à loin...du temps où j'étais pilier dans l'équipe de Rugby du patelin...
    Maintenant je pourrais faire la troisième mi temps mais je ne me vois plus rentrer en mélée ni courir après la baballe....
  • Paracas
    16/05/2017 à 16:07*
    • En réponse à mickeylange #130 le 16/05/2017 à 11:29 :
    • « Malgré les élucubrations des voisins du dessus pour faire croire que cette expression vient de la marine, je me dois de rétablir la vérité.... »
    Malgré les élucubrations des voisins du dessus pour faire croire que cette expression vient de la marine, je me dois de rétablir la vérité.
    Bien avant que les hommes du bord de mer inventent les bateaux, les bergers dans la montagne gardaient les chèvres et les moutons. Les bergers communiquaient entre eux avec un langage sifflé (ce qui nous rapproche du bistrot où l'on siffle) le silbo. Un message important pour la sécurité était de prévenir les copains de la présence du loup.
    Un jour un berger voulut siffler pour avertir de l'arrivée de la bête mais il avait oublié son ratelier et aucun son ne sortit de sa bouche..
    Il était bien embêté mais poussa un soupir de soulagement en voyant arriver son apprenti brandissant le dentier et criant:
    -"J'ai vos dents !"

    En silbo ils disaient "loup voyez", (car contrairement aux expressionautes les bergers se vouvoyaient, car ils n'avaient pas gardé les cochons ensemble. Plusieurs navigateurs de l'antiquité ont rapporté que le silbo des Canaries, permettait de communiquer de vallée en vallée sur plusieurs kilomètres. Le silbo est classé au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO en 2009. Les navigateurs de l'antiquité comparèrent les vallées et les collines de la Gomera (une îles des Canaries) à la mer et à ses vagues. Ils se mirent à sifflé "loup voyez" pour prévenir les autres bateaux que la mer était mauvaise et qu'il fallait aller un coup à gauche et un coup à droite pour éviter les plus grosses vagues scélérates. C'est de cette coutume que vient le terme de louvoyer. Louvoyer à l'origine c'était pour protéder Blanquette du moup. Hic !
    Et pis c'est tout.
    Pardon cette immixtion dans ton oeuvre.....😕
  • mickeylange
    16/05/2017 à 17:06*
    • En réponse à Paracas #134 le 16/05/2017 à 16:07* :
    • « Malgré les élucubrations des voisins du dessus pour faire croire que cette expression vient de la marine, je me dois de rétablir la vérité.... »
    Pardon cette immixtion dans ton oeuvre...

    Tu es pardonné, mais je suis un peu chagriné qu'au milieu d'un texte sérieux, documenté, historique, de vulgarisation de l'histoire de la langue, et de recherches sérieuses comme les faisaient Syanne, et Chirstian, tu introduises le Gevaudan qui n'est pas aux Canaries.
    Tu aurais dit que les Canaries s'appellent comme ça parce que les bergers sifflent comme les piafs du même nom, tu aurais apporté ta pierre à la vérité historique.
    C'est un peu dommage, sur un site aussi sérieux !
    😉
  • joseta
    16/05/2017 à 17:23*
    Vous ne le saviez peut-être pas, mais Bernard Hinault, après avoir laissé de côté le vélo, s'est mis à travailler dans la vente d'animaux pour laboratoires.
    J'ai eu l'occasion d'entendre ce court dialogue:
    - Hé, l'Hinault vends-tu rats ?
    - ah, non, monsieur, vous vous méprenez, je ne suis pas l'acteur, moi...
    P.S. Ce n'est pas tout-à-fait hors-sujet, y'a 'vent' (vends) dans le texte. 🙂
    Bon, okay, je mets les voiles...
  • deLassus
    31/01/2021 à 18:49*
    Respect de la Parole de God ?

    Le chapitre Origine et définition est, à quelques menus détails près, conforme à ce qu'on trouve dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français" (2011).

    L'exemple, lui, est identique.

    Bravo Reverso, pour n'avoir touché à rien !
  • SyntaxTerror
    28/05/2022 à 09:18*
    • En réponse à deLassus #137 le 31/01/2021 à 18:49* :
    • « Respect de la Parole de God ?

      Le chapitre Origine et définition est, à quelques menus détails près, conforme à ce qu'on trouve dans le li... »
    Je vais t'éviter d'user ton clavier : voici le texte du Livre :


    1. Se sentir décidé, après avoir bu.
    2. Être ivre, ne pas marcher droit.

    Le second sens proposé est le plus commun, et les liens qu’on peut trouver entre le vent qui pousse le bateau et une marche très incertaine due à l’abus d’alcool peuvent venir du fait qu’un voilier dans le vent avance penché comme peut avancer une personne ivre.
    Mais on peut aussi comparer l’avancement pédestre du poivrot à celui du bateau, qu’il ait le vent de face ou le vent en poupe. En effet, dans le premier cas, comme le voilier ne peut avancer directement face au vent, il est obligé de « tirer des bords » ou de louvoyer, comme la personne soûle. Dans le second cas, avec le vent arrière, comme ce dernier est rarement parfaitement stable en direction, le marin doit constamment adapter le cap du bateau pour éviter un empannage * brutal qui peut être fatal à un équipier ou au mât ; cette correction constante du cap pouvant être comparée à la direction très hésitante du marcheur ivre.
    Mais Gaston Esnault affirme que le second sens (qui daterait de 1883) est abusif, alors que le premier, datant de1835, serait beaucoup plus logique, la personne soudain très décidée – et plus très apte à peser les risques de ce qu’elle entreprend –, étant aussi « gonflée », au sens argotique, que peut l’être une voile un jour de bon vent.

    * L’empannage, c’est lorsque la grand-voile passe d’un côté à l’autre du voilier. S’il n’est pas voulu et maîtrisé, la bôme, cette barre horizontale, rattachée au mât et qui maintient la grand-voile, traverse brutalement l’arrière du bateau, pouvant faucher un équipier debout et faire des dégâts au mât.
  • SyntaxTerror
    28/05/2022 à 09:42
    • En réponse à SyntaxTerror #138 le 28/05/2022 à 09:18* :
    • « Je vais t'éviter d'user ton clavier : voici le texte du Livre :


      1. Se sentir décidé, après avoir bu. »
    On peut s'apercevoir que God s'est inspiré des compléments donnés par l'Amiral des Rillettes en 52.
    Bien que profondément terrien, j'avais l'intuition qu'il n'y a qu'une chance sur des milliards que le vent arrière souffle précisément dans la direction souhaitée, sans compter qu'il peut changer de direction sans prévenir.
  • Ratanak
    28/05/2022 à 09:43
    Un bon coup de vent pour dissiper les odeurs d'hier, c'est farpait !