Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

La semaine des quatre jeudis

Jamais.

Origine

Cette expression existait dès la fin du XVe siècle, sous la forme 'la semaine à deux (à trois) jeudis'.
Au XVIe, elle est devenue 'la semaine des trois jeudis' avant de prendre la forme d'aujourd'hui au XIXe.
Elle fait allusion à une semaine, aussi impossible ou inexistante que la Saint-Glinglin, qui contiendrait deux, trois ou quatre jours identiques.
Pendant la période où les enfants avaient leur jour de repos scolaire le jeudi, on y a aussi attaché le sens d'une semaine utopique, car pleine de jours de loisirs.

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Tunisie Arabe Hatta inahhak el b'him fel b'har Quand l'âne braira dans la mer
Allemagne Allemand Wenn Ostern und Pfingten auf einen Tag fallen Quand Pâques et Pentecôte tombent le même jour
Angleterre Anglais A month of sundays Un mois de dimanches
Angleterre Anglais When pigs might fly Quand les cochons pourront voler
États-Unis Anglais When hell freezes over Lorsque l'enfer sera recouvert de glace
Argentine Espagnol El año verde L'année verte
Argentine Espagnol El día del arquero Pour la fête du gardien de but
Espagne Espagnol Cuando las gallines meen Quand les poules pisseront
Espagne Espagnol Cuando las ranas crien pelos Quand les grenouilles auront des poils
Espagne Espagnol Nunca jamás ! Jamais, au grand jamais!
Canada Français Quand les poules auront des dents Quand les poules auront des dents
Canada Français Un bon samedi sur semaine Un bon samedi dans la semaine
France Français Bloavezh an erc'h du (en breton) L'année de la neige noire
Italie Italien Il giorno del mai Le jour du jamais
Italie Italien Quando gli asini voleranno Quand les ânes voleront
Pays-Bas Néerlandais Als Pasen en Pinksteren op één dag vallen Si Pâques et Pentecôte tombent sur un jour
Pays-Bas Néerlandais Met Sint Juttemis À la Saint-Glinglin
Pays-Bas Néerlandais Wanneer de kalveren op ijs dansen Quand les veaux danseront sur la glace
Pologne Polonais Tu mi kaktus wyrosnie (en montrant la paume) Le cactus me poussera (sous-entendu si ça arrive)
Brésil Portugais O dia de São Nunca Le jour de Saint Jamais
Portugal Portugais A semana dos nove dias La semaine des neuf jours
Roumanie Roumain Când o face plopul pere si răchita micşunele Quand le peuplier fera des poires et le saule des giroflées
Roumanie Roumain Când o zbura porcul Quand le cochon volera
Roumanie Roumain La Paştele cailor À la Pâque des chevaux
Roumanie Roumain La Sfântul Aşteaptă À la Saint Attend
Russie Russe ????? ???????? ? ??????? - posle dozhditchka v chetverg En jeudi apres la petite pluie
Albanie Albanais Kur të bjerë borë në muajin gusht Quand il neigera au mois d'août
Belgique Wallon Li samaine âx treus jûdis La semaine aux trois jeudis
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Commentaires sur l'expression « La semaine des quatre jeudis » Commentaires

  • #1
    • cotentine
    • 24/02/2007 à 00:43
    quand j’étais môme, c’était en effet utopique ... mais en retraite ... c’est toutes les semaines celle des 4 jeudis ! ... puisque j’ai le loisir de faire ce que je veux, quand je veux ! et au moins 5 jours sur 7 ...c’est donc pour quelques-uns la semaine des 4, 5 , 6 ou 7 jeudis. Na na nanère ! elle existe même plus sûrement que la Saint Glinglin ! 😛
  • #2
    • <inconnu>
    • 24/02/2007 à 00:45
    Je suis assez tenté par la suggestion selon laquelle les "jeudis" seraient un jeu de mots sur "je-dis" - c’est la semaine où je vous ferai croire n’importe quoi. Calembour appuyé sur la prétendue référence au calendrier, comme d’ailleurs dans le cas de la saint Glinglin.
  • #3
    • eureka
    • 24/02/2007 à 01:35
    On dit aussi "La semaine des quatre jeudis et des trois dimanches" pour donner un accent (grave) à l’utopie. C’est l’équivalent de "aux calendes grecques et "à Paques ou à la Trinité ou "quand les poules auront des dents" également, mais comme on le sait, ces dernières pouvant avoir des dents maintenant, ce n’est plus du domaine de l’impossible. Que la semaine des quatre jeudis, ou le reste, existe dans un certain futur, mais pas certain peut-être, faut s’étonner de rien !
    Le mot jeudi vient du latin jovis dies qui désigne le "jour de Jupiter". Mais n’a rien à voir avec l’origine de l’expression. En effet, "la semaine des quatre jeudis" existe depuis le XVe siècle. A cette époque le jeudi était, comme le dimanche, un jour gras, c’est à dire un jour faste où l’on pouvait manger à volonté en prévision du lendemain, le vendredi, qui était, lui, un jour maigre, un jour de jeûne où l’on ne mangeait pas d’aliment gras. Il est évident que l’on préférait les jours de fête aux jours de privation et qu’une semaine "à deux jeudis" aurait été très appréciée.
    Au XVIe siècle, par pur esprit d’exagération et pour renforcer le caractère impossible de la chose, la "semaine des deux jeudis" cède la place à "la semaine des trois jeudis". On retrouve d’autre part la trace d’une semaine "des trois jeudis" dans Pantagruel de Rabelais.
    Au XIXe siècle "la semaine des trois jeudis" devient celle "des quatre jeudis", puis les enfants s’approprient cette expression quand le jeudi devient leur jour de repos scolaire (de 1945 à 1972) pour parler d’une semaine idéale mais imaginaire où l’on ne travaillerait que 2 jours (4 jeudis + 1 dimanche pour se reposer, ce qui donnait déjà la semaine des 5 jeudis). Effectivement jusqu’en 1972, dans la scolarité française, le jeudi est jour de congé tandis que le mercredi est travaillé. l’abandon progressif du samedi après-midi comme période de travail amena à rééquilibrer la semaine en basculant le repos du jeudi au mercredi en septembre 1972 (arrêté du 12 mai 1972).
    Mais on est pas là pour faire un cours d’histoire, et de toutes les façons, nos pédagogues en connaissent un rayon.
  • #4
    • momolala
    • 24/02/2007 à 08:05
    Et voilà : cette semaine pour moi était celle des deux samedis ! Variante de l’expression du jour !
    @Eureka
    Et qu’est-ce qu’on va bien pouvoir dire, et aussi bien que toi, maintenant, hein ? Sais-tu que tu as ici-même au moins deux monuments historiques qui ont enseigné le samedi après-midi et le mercredi, avec le jeudi presque au milieu de la semaine avant de participer à la modernité que tu évoques fort justement ? Le samedi après-midi a disparu à la rentrée 1969, si j’ai bonne mémoire.
  • #5
    • borikito
    • 24/02/2007 à 09:12
    • En réponse à momolala #4 le 24/02/2007 à 08:05 :
    • « Et voilà : cette semaine pour moi était celle des deux samedis ! Variante de l’expression du jour !
      @Eureka
      Et qu’est-ce qu’on va bien pouvo... »
    "Sais-tu que tu as ici-même au moins deux monuments historiques"
    Ca se visite, ça ?
    Non, surtout ne me renvoie pas à la semaine des quatre jeudis...
  • #6
    • chirstian
    • 24/02/2007 à 09:15
    • En réponse à eureka #3 le 24/02/2007 à 01:35 :
    • « On dit aussi "La semaine des quatre jeudis et des trois dimanches" pour donner un accent (grave) à l’utopie. C’est l’équivalent de "aux ca... »
    très complet, et en plus 5 expressions étrangères ! chapeau bas...
    Le passage de Pantagruel c’est dans la chapitre 1, et il est intéressant parce qu’il rappelle que la semaine des 3 jeudis a pu exister, ce qui n’est pas le cas de celle de 4 :
    "Cette année là on trouva des calendes dans les bréviaires des Grecs. Le mois de Mars ne tomba pas en carême, et la mi-août eut lieu en mai. Au mois d’octobre, il me semble, ou de septembre peut-être (pour éviter toute erreur, ce dont je tiens à me garder soigneusement), eut lieu la semaine, si renommée dans les annales, que l’on nomme la semaine des trois jeudis (car il y en eut trois, pour cause d’anomalies bissextile)..."
    Avec Patrick Topaloff nous sommes par contre dans un autre registre :
    "Pour la semaine des quatre jeudis,
    Pour la semaine des quatre jeudis,
    Ecoliers de tous pays,
    Inscrivez-vous au parti
    De "la semaine des quatre jeudis".
    Il y a trop longtemps qu’on nous a promis
    Notre semaine des quatre jeudis,
    Mais, tous enfin réunis
    Dans le clan des tout-petits,
    Nous n’accepterons plus de compromis."
  • #7
    • <inconnu>
    • 24/02/2007 à 09:24
    Mais non, c’est pas comme ça qu’on l’écrit !
    C’est : "La semaine des 4 Jedis"
    Luke SkyWalker
  • #8
    • chirstian
    • 24/02/2007 à 09:46
    ne pas confondre
    "je gérais les jeudis"
    et
    "je les digérais"
  • #9
    • santygaby
    • 24/02/2007 à 09:52
    J ai parfois entendu l’expression populaire:"Quand les poules auront des dents ",dont le sens est à peu près similaire.
  • #10
    • momolala
    • 24/02/2007 à 10:04*
    • En réponse à santygaby #9 le 24/02/2007 à 09:52 :
    • « J ai parfois entendu l’expression populaire:"Quand les poules auront des dents ",dont le sens est à peu près similaire. »
    En fin de compte, oui, mais on voit bien, gamin, que tu n’es pas allé à l’école au temps où le jeudi était LE jeudi, où on ne nous programmait pas une papardelle d’activités, où on nous laissait nous ennuyer et rêver ! Là, tu mettrais plein d’autres choses derrière tes quatre jeudis !
    Je te renvoie à la liste des "dernières" et tu verras que nous avons longuement disserté sur les dents des poules qui commenceraient d’ailleurs à en avoir (05/02/2007).
  • #11
    • momolala
    • 24/02/2007 à 10:04
    • En réponse à borikito #5 le 24/02/2007 à 09:12 :
    • « "Sais-tu que tu as ici-même au moins deux monuments historiques"
      Ca se visite, ça ?
      Non, surtout ne me renvoie pas à la semaine des quatre j... »
    Ne ferais-tu pas un peu partie du "au moins" toi-même ?
  • #12
    • <inconnu>
    • 24/02/2007 à 10:36
    Patience ! Avec la réduction progresive du temps de trail en France on y arrivera; on y est presque 🙂
  • #13
    • chirstian
    • 24/02/2007 à 11:09
    • En réponse à <inconnu> #12 le 24/02/2007 à 10:36 :
    • « Patience ! Avec la réduction progresive du temps de trail en France on y arrivera; on y est presque 🙂 »
    la réduction progresive du temps de trail
    les étapes suivantes sont faciles à prévoir :
    rédction du temps de trai
    réduction du temps de tr
    reduction du temps de -
    🙂
  • #14
    • borikito
    • 24/02/2007 à 11:16
    • En réponse à chirstian #13 le 24/02/2007 à 11:09 :
    • « la réduction progresive du temps de trail
      les étapes suivantes sont faciles à prévoir :
      rédction du temps de trai
      réduction du temps de tr... »
    Ca devient du travail de Jivaro ? (cette page)
    @Momo/11. J’étais hélas un très mauvais enseigné, aucune prétention donc à l’enseignement...
  • #15
    • chirstian
    • 24/02/2007 à 11:21
    • En réponse à momolala #10 le 24/02/2007 à 10:04* :
    • « En fin de compte, oui, mais on voit bien, gamin, que tu n’es pas allé à l’école au temps où le jeudi était LE jeudi, où on ne nous programma... »
    le changement pour nous, gamins, n’avait pas été d’obtenir le mercredi à la place du jeudi , ou du moins cela ne m’a pas marqué ! Le changement c’était la liberté du samedi (dont avait résulté ce changement) !
    Et le plus important dans un jour de congé, c’était le matin : ne pas avoir à se lever, ça c’était le pied absolu, et c’est ça qui tranchait avec une matinée d’école. Une après-midi de liberté : la différence était moins marquée : une fois debout, il fallait bien faire quelque chose, et retrouver les copains , même au prix d’un ou deux cours avait ses bons côtés ... J’ai adoré les récréations durant toute ma scolarité (et j’y étais très bon)!
  • #16
    • syanne
    • 24/02/2007 à 12:01
    En vérité je vous le dis
    Rien n’vaut le jeu, vaut le jeu, dis !
    Que l’on soit deux ou trois ou quatre
    Je dis : mardi ou mercredi
    Le jeu, ça m’va, le jeu, ça m’dit.
    (bon samedi !)
  • #17
    • cotentine
    • 24/02/2007 à 12:37*
    • En réponse à syanne #16 le 24/02/2007 à 12:01 :
    • « En vérité je vous le dis
      Rien n’vaut le jeu, vaut le jeu, dis !
      Que l’on soit deux ou trois ou quatre
      Je dis : mardi ou mercredi
      Le jeu, ça... »
    et je dis ... le jeu, dis donc ce n’est pas toujours simple ! Faut être doué , essaie donc ce jeu dit d’adresse oculo-manuelle : cette page tu vas sûrement pester plusieurs fois avant de faire un bon score ! à moins que tu ne saches te servir de main (1) et tes (2) cerveaux en dissociation ...
    @ chirstian : moi aussi, en qualité d’instit. j’ai adoré les récré ... avec mes petiots ! et ma scolarité a duré plus de 50 ans 😉 (depuis ma 1ère rentrée scolaire à 4 ans)
  • #18
    • HoubaHOBBES
    • 24/02/2007 à 12:55
    • En réponse à momolala #10 le 24/02/2007 à 10:04* :
    • « En fin de compte, oui, mais on voit bien, gamin, que tu n’es pas allé à l’école au temps où le jeudi était LE jeudi, où on ne nous programma... »
    Hééélà, tu traites Sainte Gaby de gamin, au lieu de lui souhaiter la bienvenue pour commencer (ou alors, j’ai raté des épizôotes ?) ; où est donc notre bonne vieille coutoisie d’Expressionautes avertis ?
    Donc, salut à toi, et bienvenue à bord Santygaby, et n’oublie pas que le patron ici, c’est notre Godadoré (sluurp) : il a toujours raison (en fait pasque c’est lui qui détient la zapette !).
    Essuie-toi les pieds, mets les patins et sens-toi à l’aise !
    Welcome-Hobbes
  • #19
    • <inconnu>
    • 24/02/2007 à 12:56*
    Peut-on se poser la question du pourquoi, par jeu ou par vice (c’est un peu fort sans doute), l’humain éprouve le besoin de tenter de faire perdre une notion du temps à un autre humain ? Ce qui ne peut au final être profitable qu’à celui qui « joue » avec dates et calendrier liturgique, peut-être cette option si l’expression est aussi vieille qu’annoncée. A creuser.
    Au-delà de se moquer de quelqu’un avec pareille réponse, on lui signifie un non ferme ! Donc, ce serait répondre et en même temps se moquer ainsi que de dérouter quelque peu ? Ce qu’on peut faire avec des représentants agaçants et allant en porte à porte vendre camelote.
    @ Eurêka : bien aimé ton travail.
  • #20
    • Marcek
    • 24/02/2007 à 13:05
    • En réponse à <inconnu> #19 le 24/02/2007 à 12:56* :
    • « Peut-on se poser la question du pourquoi, par jeu ou par vice (c’est un peu fort sans doute), l’humain éprouve le besoin de tenter de faire... »
    Quoi que l’on fasse et que l’on dise, qu’on se le dise, qu’on le chante (v’là le bon temps, v’là le joli temps, v’là l’ bon temps, ma mie m’appelle...) ou qu’on en médise, le Temps nous talonne et nous tient bien serrés au creux de sa main:
    Haletants
    Notre place
    Sur la Terre
    Est petite,
    Assurément .
    Nous avons
    Bien du mérite
    A nous agiter
    Autant !
    Et nous courons :
    Vite, vite,
    Il faut rattraper
    Le Temps !
    Croyez-vous
    Qu’il nous précède ?
    Vous vous leurrez
    Braves gens.
    Nous courons
    A notre perte
    A ce rythme
    Haletant,
    Car c’est lui
    Qui nous talonne
    Jusqu’à nos derniers moments.
    AH ! LE TEMPS !
    MARCEK (Tous droits réservés)