Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

se faire remonter les bretelles [v]

se faire rappeler à l'ordre vivement ; se faire appeler Arthur ; se faire réprimander ; subir une vive remontrance ; se faire gronder

Origine et définition

Les bretelles, ces bandes de tissu élastique qui servent à maintenir le pantalon des hommes, sont apparues au XVIIIe siècle à une époque où un simple cordon noué à la ceinture était souvent utilisé pour empêcher le pantalon de tomber.
Le nom vient de l'ancien mot allemand 'brittil' qui signifiait 'rêne', à cause de la ressemblance avec cette pièce de harnachement du cheval.
Il existe deux explications à cette expression :
La première viendrait d'une bagarre où, lorsqu'un des protagonistes serait saisi par ses bretelles et un peu secoué, cela aurait des chances de le ramener à la raison.
Ce serait donc une manière de le rappeler à l'ordre et de le calmer.
La deuxième viendrait de la silhouette élégante que donnent des bretelles en maintenant le pantalon tendu.
Si les bretelles sont mal placées ou mal tendues, la silhouette du mâle porteur perd de son allure, la culotte flottant un peu, trainant sur les pieds.
Si, au sens propre, on remonte les bretelles de celui qui fait ainsi mauvaise impression, on lui rend une allure nette et équilibrée. Ce qui rétablit l'ordre.

Exemples

Je me suis fait remonter les bretelles par le chef.
Il allait se faire remonter les bretelles !

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand jemandem die Hosen stramm ziehen serrer les pantalons de quelqu'un
Allemand die Wadeln fire richten retourner les mollets vers l'avant
Allemand jemandem die Leviten lesen sermonner
Anglais getting back the straps pour en revenir les sangles
Anglais (USA) to get dressed down se faire redresser
Anglais to pull up your socks se tirer les chaussettes
Anglais to get a dressing down se faire habiller vers le bas
Anglais to be given the rough side of someone's tongue recevoir le côté rugueux de la langue de quelqu'un
Arabe (Maroc) sabno mzyane se faire bien laver
Arabe y chedd ello baraaghi lui serrer les vis
Arabe (Tunisie) tfertet aala rassou kercha baqri on lui a dévidé sur la tête les tripes d'un bovin
Arabe (Tunisie) msah bih el kâa il a essuyé le parterre avec
Arabe (Tunisie) klé aala rassou wé chrab il a mangé sur sa tête et a bu
Espagnol (Argentine) ponerse las pilas connecter les batteries
Espagnol (Espagne) dar un rapapolvo épousseter
Espagnol (Espagne) ponerse los tirantes se mettre les bretelles
Espagnol (Espagne) Ser bronqueado Se faire réprimander (= Se faire remonter les bretelles)
Espagnol (Espagne) Ser sermoneado Se faire sermonner
Espagnol (Mexique) hacerse jalar las orejas se faire tirer par les oreilles
Français (Canada) se faire parler dans le blanc des yeux
Français (Canada) se faire replacer le génie
Français (Canada) se faire serrer les ouies
Français (Canada) se faire brasser le canadien
Français (Canada) se faire brasser la cage
Français (Canada) se faire baver
Gallois rhoi pryd o dafod i rywun donner un repas de langue à quelqu'un
Grec τραβώ το αυτί se faire tirer l'oreille
Grec τον έκανε με τα κρεμμυδάκια il l´a fait avec les petits oignons
Hébreu חטף מקלחת של צוננים prendre une bonne douche froide
Hébreu חטף מקלחת של צוננים (khataf kibèl) miklakhatt chèl tsonenim) a pris une douche froide
Italien farsi dare una lavata di capo se faire donner une lavée à la tête
Néerlandais op zijn falie krijgen se faire taper sur son falie
Néerlandais (Belgique) iemand de Levieten lezen lire le Lévithique à quelqu'un
Néerlandais tot de orde geroepen worden être rappelé à l'ordre
Néerlandais iemand kapittelen sanctionner qqn oralement
Néerlandais iemand de oren wassen laver les oreilles de quelqu'un
Néerlandais iemand de mantel uitvegen essuyer le manteau de quelqu'un
Néerlandais iemand de les lezen lire la leçon à quelqu'un
Polonais popedzic mu kota faire courir le chat à quelqu'un
Portugais (Brésil) chamar na chincha rappeler par l'anneau du harnais
Portugais (Brésil) dar uma bronca faire une réprimande
Portugais (Brésil) levar um pito recevoir une cigarette
Portugais (Brésil) ter uma conversa séria com alguém avoir une conversation sérieuse avec quelqu'un
Portugais (Portugal) se faire remonter les bretelles se faire remonter les bretelles
Roumain a face pe cineva albie de porci faire de quelqu'un une auge à cochons
Roumain a face pe cineva cu ou şi cu oţet / cu sare şi piper préparer quelqu'un avec des oeufs et du vinaigre / avec du sel et du poivre
Roumain a pune la punct mettre au point
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « se faire remonter les bretelles » Commentaires

  • #21
    mickeylange
    20/10/2010 à 08:40
    Quand on remonte les bretelles... d’autoroutes...cette page
  • #22
    <inconnu>
    20/10/2010 à 08:47
    Et si les bretelles sont...TROP tendues, le pantalon remonte dans la raie du Monsieur et on lui voit les chevilles et les chaussettes en accordéon!
    Un petit vieux de la Guerre de 14 était toujours plein comme une huître et déambulait sous nos fenêtres à la recherche de sa propre maison...Il remontait trop ses bretelles et pour redescendre le pantalon à sa taille, il enfonçait ses deux poings dans ses poches.
    C’était cocasse et ça lui donnait une espèce de balancement à la limite de la chute...les bras ne faisant plus office de pendule .🙂
  • #23
    mitzi50
    20/10/2010 à 09:17
    Quoi qu’ il en soit, lors de l’ apparition des bretelles dans notre langue, ce n’ était pas un pantalon qu’ elles maintenaient mais une culotte, dont je crois me souvenir qu’ elle était auparavant tenue par des rubans chez les jeunes (et plus vieux) élégants. Le pantalon, dont le nom vient de l’ italien, n’ était porté que par les "sans-culottes". De plus - à part George Sand et Missy de Morny - les femmes ne portent des pantalons que depuis les années 60, et encore... Donc cela tendrait à prouver qu’ avant on ne pouvait leur remonter les bretelles. Maintenant cet accessoire se voit surtout chez les stylistes (il faut avouer qu’ une belle ceinture est plus facile à exhiber quand on est en "bras de chemise"). Deviendrions nous tous parfaits ????
  • #24
    chirstian
    20/10/2010 à 09:17
    • En réponse à God #8 le 18/05/2006 à 22:35 :
    • « Argh ! Un souci technique lié à quelques petites transformations m’a empêché de répondre à cette contrib de Chirstian (c’est difficile à tap... »
    c’est difficile à taper, avec ce ’r’ mal placé
    époque où j’avais encore du mal à assumer la faute de frappe de mon pseudo ! J’avais sacrément remonté les bretelles de mon clavier ... 🙂
  • #25
    chirstian
    20/10/2010 à 09:31
    • En réponse à mitzi50 #23 le 20/10/2010 à 09:17 :
    • « Quoi qu’ il en soit, lors de l’ apparition des bretelles dans notre langue, ce n’ était pas un pantalon qu’ elles maintenaient mais une culo... »
    Le pantalon, dont le nom vient de l’ italien, n’ était porté que par les "sans-culottes".
    et la citation du TLFI : cf. 1651, J. Loret, La Muze historique, 22 janv., t.1, p.85: Il n’avoit point de haut-de-chausses, Mais un pantalon seulement; nous apprend donc qu’il y avait des "sans-culottes" en 1651, qui préparaient déjà la révolution, dans l’ombre, ce qui, somme toute, était bien culotté de leur part ! 🙂
  • #26
    mitzi50
    20/10/2010 à 09:46*
    • En réponse à chirstian #25 le 20/10/2010 à 09:31 :
    • « Le pantalon, dont le nom vient de l’ italien, n’ était porté que par les "sans-culottes".
      et la citation du TLFI : cf. 1651, J. Loret, La... »
    Merci pour cette indication de date. Je crois que la contestation est indépendante du vêtement, cependant elle a toujours existé. Avec plus ou moins de difficulté. Cependant, pour son peuple, Louis XIV a été bien pire par sa soif de conquêtes que Louis XVI, qui a payé les pots cassés. Bon, ceci dit, le "pantalon" a dû être porté très tôt par les personnes modestes : pas besoins de bas de soie, côté pratique indiscutable, et possibilité de se... faire remonter les bretelles en prime ! Du moins au sens figuré car je pense qu’ un bout de ficelle devait faire l’ affaire pour le maintenir....
  • #27
    momolala
    20/10/2010 à 10:12
    • En réponse à <inconnu> #22 le 20/10/2010 à 08:47 :
    • « Et si les bretelles sont...TROP tendues, le pantalon remonte dans la raie du Monsieur et on lui voit les chevilles et les chaussettes en acc... »
    Si j’avais deux sous de talent, je le dessinerais volontiers tel que tu le décris, ton culbuto !
  • #28
    momolala
    20/10/2010 à 10:27
    Il me semble que depuis que l’on a inventé l’éventaire, on a dû inventer la bretelle qui le tenait au cou de son porteur. Quoi de plus pratique pour avoir son matériel à portée de mains et les mains libres ? D’où sans doute le nom de col-porteur, tel que celui sur cette page issu des "Cris de Paris" (cette page), qui, son "stock" s’enrichissant davantage a préféré plus tard la hotte portée au dos et bien davantage ! cette page.
  • #29
    momolala
    20/10/2010 à 10:33
    L’accordéoniste remonte souvent les bretelles de son piano. Seul, s’il a du talent, tel Marcel Azzola ou Arthur Piazzola, sans oublier Raymond ni Yvette ; sinon il se les fait remonter vite fait bien fait par son public obligé.
  • #30
    DiwanC
    20/10/2010 à 10:59
    • En réponse à PHILO_LOGIS #17 le 20/10/2010 à 07:13 :
    • « Quoi? Comment? N’as-tu pas honte?
      "Etains ce lent site" dit-elle. Mon God, c’est à tout prendre un crime de lèse-majesté. Ce site est mêêêêê... »
    J’écris c’que j’veux et pis c’est tout ! Que les bretelles, je vais te les remonter en long, en large et en travers ; ficelé, saucissonné que tu vas être !
    Allez file avant que j’ménerve ! 🙂
  • #31
    cotentine
    20/10/2010 à 11:07*
    Il n’y a pas que les pantalons qui tiennent avec des bretelles !
    Moi, c’est mon maillot de bain qui se porte avec bretelles ... 😉 et que personne ne s’avise de me les remonter ! 😏
    Je trouve aussi fort seyant la "jupe salopette à bretelles" pour jeune fille (femme) sage et honte à celui qui remonterait les bretelles pour montrer la p’tite culotte ...
  • #32
    mitzi50
    20/10/2010 à 11:14
    • En réponse à momolala #29 le 20/10/2010 à 10:33 :
    • « L’accordéoniste remonte souvent les bretelles de son piano. Seul, s’il a du talent, tel Marcel Azzola ou Arthur Piazzola, sans oublier Raymo... »
    Ne s’ appelait-il pas Astor ? Je pense que c’ est un lapsus de ta part (j’ en commets de nombreux aussi). Je parle de Piazzola, bien sûr. Mais je ne suis pas certaine que le bandonéon nécessite des bretelles. Par contre qui est Raymond ? J’ ai dû oublier, je ne vois pas. Par contre y’ a André Verchuren....
  • #33
    mitzi50
    20/10/2010 à 11:16*
    • En réponse à cotentine #31 le 20/10/2010 à 11:07* :
    • « Il n’y a pas que les pantalons qui tiennent avec des bretelles !
      Moi, c’est mon maillot de bain qui se porte avec bretelles ... 😉 et que per... »
    Tu n’ as jamais eu envie d’ essayer le maillot "bandeau", qui permet un bronzage uniforme du décolleté ? La marque des bretelles apparaît en blanc sur ma peau... Pas terrible ! La jupe à bretelles, c’ est seyant. Pour une fille jeune, à la ligne irréprochable. Pas sur moi, donc... (et un peu cher pour un truc qu’ on ne mettra jamais...)
  • #34
    mickeylange
    20/10/2010 à 11:56
    • En réponse à DiwanC #30 le 20/10/2010 à 10:59 :
    • « J’écris c’que j’veux et pis c’est tout ! Que les bretelles, je vais te les remonter en long, en large et en travers ; ficelé, saucissonné qu... »
    Que les bretelles, je vais te les remonter en long, en large et en travers ; ficelé, saucissonné que tu vas être !

    Je pourrai prendre une photo ?
  • #35
    Rikske
    20/10/2010 à 12:29*
    • En réponse à mitzi50 #32 le 20/10/2010 à 11:14 :
    • « Ne s’ appelait-il pas Astor ? Je pense que c’ est un lapsus de ta part (j’ en commets de nombreux aussi). Je parle de Piazzola, bien sûr. Ma... »
    Non, non, Astor, c’est Piazzola 😉 Oups, j’avais pas tout lu... J’vas m’faire remonter les bretelles sur c’coup-là !
    Quant à Raymond, je ne vois que le grand Devos interprètant "Mon vieux Léon", qui m’a fait pleurer quand je l’ai vu sur scène...
  • #36
    cotentine
    20/10/2010 à 12:45*
    • En réponse à momolala #29 le 20/10/2010 à 10:33 :
    • « L’accordéoniste remonte souvent les bretelles de son piano. Seul, s’il a du talent, tel Marcel Azzola ou Arthur Piazzola, sans oublier Raymo... »
    et oui ... je me demande de quel Raymond tu CAUSES ...
    On pourrait aller guincher au bal musette, avec ou sans bretelles
    tu serais bien Aimable de préciser ... 😉
  • #37
    syanne
    20/10/2010 à 13:15*
    • En réponse à mitzi50 #23 le 20/10/2010 à 09:17 :
    • « Quoi qu’ il en soit, lors de l’ apparition des bretelles dans notre langue, ce n’ était pas un pantalon qu’ elles maintenaient mais une culo... »
    Le port du pantalon n’avait pas le même sens pour George Sand et Mathilde de Morny (que seuls Colette et quelques intimes nommaient « Missy », sans jamais accoler ce surnom à son nom).
    L’écrivain s’habillait en homme ponctuellement, un peu par bravade, mais aussi par pragmatisme et pour affirmer dans des cercles traditionnellement masculins son désir d’égalité et de liberté (pas de portrait ni de photos d’elle en pantalon, seulement des caricatures : cette page ). Mais elle portait le plus souvent (et très bien) la robe (j’aime beaucoup les dessins de Musset qui la montrent très féminine : cette page ).
    Mathilde de Morny, quant à elle, a porté exclusivement des costumes d’homme à partir du moment où elle a recouvré sa liberté. Au grand dam de sa caste, qui lui a remonté les bretelles, notamment lors du scandale du Moulin Rouge (« Rêve d’Egypte » avec Colette : cette page ). Elle a beaucoup souffert du déni de son orientation sexuelle, a été mariée contre son gré, et ne s’est (très partiellement d’ailleurs) épanouie que lorsqu’elle a pu vivre pleinement son homosexualité. Il n’existe que très peu de photos la montrant en robe : sur l’une d’elles, elle est jeune, assez jolie, très mélancolique. Sur la plupart des clichés, notamment ceux avec Colette, elle est en pantalon, et, si on ne connaît pas son histoire, il est bien improbable qu’on voie en elle autre chose qu’un homme.
  • #38
    <inconnu>
    20/10/2010 à 13:31
    • En réponse à cotentine #36 le 20/10/2010 à 12:45* :
    • « et oui ... je me demande de quel Raymond tu CAUSES ...
      On pourrait aller guincher au bal musette, avec ou sans bretelles
      tu serais bien Aim... »
    Raymond ??? Poupou ?
  • #39
    momolala
    20/10/2010 à 13:36
    • En réponse à mitzi50 #32 le 20/10/2010 à 11:14 :
    • « Ne s’ appelait-il pas Astor ? Je pense que c’ est un lapsus de ta part (j’ en commets de nombreux aussi). Je parle de Piazzola, bien sûr. Ma... »
    Tu as raison Mitzi. Toutafé, Astor.
  • #40
    <inconnu>
    20/10/2010 à 13:37
    • En réponse à mickeylange #34 le 20/10/2010 à 11:56 :
    • « Que les bretelles, je vais te les remonter en long, en large et en travers ; ficelé, saucissonné que tu vas être !
      Je pourrai prendre une... »
    Souffler dans les bronches, jouer du pipeau, se prendre une soufflante, enguirlander