Les expressions françaises décortiquées
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rester sur le carreau [v]

à terre ; mort ; blessé ; dans une situation difficile ; laissé de côté

Origine et définition

Cette expression, qui existe depuis le tout début du XVIIe siècle, est en général précédée de verbes comme 'être', 'rester', 'envoyer' ou 'laisser'.
Depuis 1160, le 'carreau' désigne un pavé plat de terre cuite servant à paver un sol. Par extension, le terme sert aussi à désigner toute surface couverte par des carreaux.
Et c'est parce qu'une personne blessée ou tuée à l'intérieur d'une habitation gisait sur le carreau que notre expression est née.
Actuellement, elle s'utilise aussi dans des situations moins extrêmes, simplement lorsque quelqu'un est en difficulté.
Une croyance tenace sur l'origine de cette expression indique qu'elle serait venue du 'carreau de la mine', lieu où les mineurs étaient autrefois appelés pour descendre dans les puits, ceux qui n'étaient pas retenus étant laissés de côté ; et ce serait de cet état de personne laissée pour compte que l'expression aurait évolué vers une personne blessée ou tuée.
Mais, avant que l'expression existe sous sa forme actuelle, au XVe siècle on disait déjà "estre tué sur le carrel", pour "être tué dans la rue", le 'carrel' ou 'carreau' désignant alors une rue pavée.

Compléments

Certains pourraient croire que notre expression vient du 'carreau' de l'arbalète, flèche dont le fer était de section carrée. S'il est incontestable que celui qui recevait un tel carreau en pleine tête restait définitivement sur le carreau, il n'y a pourtant aucun lien avec la locution.
Elle ne vient pas non plus des jeux de cartes : on n'a jamais dit, avec le même sens, "rester sur le trèfle" ou bien "laisser sur le pique".

Exemples

« Sains et blessés prennent la fuite, cinq cadavres seulement restent sur le carreau »
Pétrus Borel - Champavert

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand am Boden zerstört au sol, détruit
Allemand am Boden zerstört sein être vidé
Allemand in Schwierigkeiten sein ; in Schwierigkeiten geraten avoir des difficultés
Anglais on the ground sur le sol
Anglais worn out épuisé
Anglais (USA) ~to be down for the count être sur le tapis pour le compte [de dix] [expression empruntée de la boxe anglaise]
Anglais (USA) floored mis au plancher
Anglais (USA) on the skids en dérapage
Espagnol (Argentine) en la lona dans la toile
Espagnol (Argentine) estar en el horno être au four
Espagnol (Argentine) estar frito/a être frit
Espagnol (Espagne) Quedarse en el sitio Rester sur place (= Tomber raide mort)
Espagnol (Espagne) Quedarse en la estacada Rester échoué / en danger / mal en point
Français (Canada) être K.O être abattu suite à un évènement violent
Hongrois padlòn van sur le sol
Hébreu נהרג במקום (naharog bamakom) tué lors d’un échange de coups de feu
Italien messo da parte mis de côté
Italien rimanere a terra rester à terre
Italien sul lastrico sur le pavé
Néerlandais zich in een heikele / netelige situatie bevinden se trouver dans une situation pénible/dangereuse/très risquée
Néerlandais (Belgique) tegen de vloer / gevloerd contre le sol / solé
Néerlandais helemaal kapot complètement foutu
Néerlandais in de nesten zitten assis dans les nids
Néerlandais uitgevloerd allongé sur le sol
Portugais (Brésil) estar frito être frit
Portugais (Brésil) estar na pior être dans le pire
Roumain a cădea lat tomber large
Roumain ras în cap. futut în cur rasé à la tête; baisé au cul
Roumain a fi la pamant être à terre
Roumain a fi varza être chou
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « rester sur le carreau » Commentaires

  • HoubaHOBBES
    21/04/2011 à 11:52
    Il était majeur, il resta sur le carreau (*).
    Il avait bonne mine !
    (*) : mineur, peut-être eût-il été engagé ?
    Grisou-Hobbes
  • joseta
    21/04/2011 à 12:04
    L’autre jour je me suis coupé avec une vitre. Depuis je me tiens à carreau.
  • DiwanC
    21/04/2011 à 12:05*
    • En réponse à joseta #140 le 21/04/2011 à 11:35 :
    • « Ah? Je croyais que Carroll avait épousé une fille du nord qui s’appelait Line.
      ( l’union Carroll- Line du nord). »
    Hélas non... car - hostiles à cette union - Jack et Elisabeth (les parents) s’y opposèrent et restèrent de marbre.
  • joseta
    21/04/2011 à 12:40
    Le cuisinier-détective était sur le cas rôt.
  • joseta
    21/04/2011 à 12:52
    • En réponse à DiwanC #143 le 21/04/2011 à 12:05* :
    • « Hélas non... car - hostiles à cette union - Jack et Elisabeth (les parents) s’y opposèrent et restèrent de marbre. »
    Merci. Me voilà renseigné sur l’état de l’union.
  • mitzi50
    21/04/2011 à 13:48
    Après la cerise, la pomme que Guillaume Tell atteignit de son carreau d’ arbalète... Heureusement pour son fils il n’ eut pas la guigne de viser quelques centimètres trop bas....
  • chirstian
    21/04/2011 à 13:56
    • En réponse à mitzi50 #146 le 21/04/2011 à 13:48 :
    • « Après la cerise, la pomme que Guillaume Tell atteignit de son carreau d’ arbalète... Heureusement pour son fils il n’ eut pas la guigne de v... »
    la pomme sur son fils c’était la cerise sur le gâté.
    Le carreau d’arbalète était une dondaine, d’où l’appellation de dondaine ou (grosse) dondon donnée aux femmes qui en ont la forme (renflée sur le fût).
  • SyntaxTerror
    21/04/2011 à 14:03*
    • En réponse à mitzi50 #146 le 21/04/2011 à 13:48 :
    • « Après la cerise, la pomme que Guillaume Tell atteignit de son carreau d’ arbalète... Heureusement pour son fils il n’ eut pas la guigne de v... »
    Voilà ce que c’est que de sortir déjeuner, je me fais griller sur le fil.
    C’est le fils qui a failli rester sur le carreau.
    Bon je vous redonne le lien vers la version Spike Jones de l’Ouverture de Guillaume Tell vue comme une course hippique, avec ces commentaires à graver dans le gruyère :
    Lettuce coming to a head, Toilet Paper wiping up the rear
  • mickeylange
    21/04/2011 à 15:05
    Richard Cœur de Lion est resté sur le carreau à cause d’un carreau.
  • SyntaxTerror
    21/04/2011 à 15:59
    • En réponse à mickeylange #149 le 21/04/2011 à 15:05 :
    • « Richard Cœur de Lion est resté sur le carreau à cause d’un carreau. »
    A Chalus, maintenant en Haute-Vienne.
    Décidément, le Limousin n’apporte rien de bon !
  • SyntaxTerror
    21/04/2011 à 16:03
    • En réponse à DiwanC #143 le 21/04/2011 à 12:05* :
    • « Hélas non... car - hostiles à cette union - Jack et Elisabeth (les parents) s’y opposèrent et restèrent de marbre. »
    Ah, je croyais que la mère de Lewis Caroll, c’était Martine.
  • DiwanC
    21/04/2011 à 16:56*
    • En réponse à SyntaxTerror #151 le 21/04/2011 à 16:03 :
    • « Ah, je croyais que la mère de Lewis Caroll, c’était Martine. »
    Bon... Un peu d’attention, s’te plaît !
    Martine, c’est la mère de Line du Nord... à ne pas confondre avec la Line du Sud, laquelle réside en Italie où si tu ne te tiens pas à carreau, tu te retrouves sur le sable des plages siciliennes, bosselé comme une carrosserie de banlieue, car Giorgio ne plaisante pas avec l’honneur, lui qui pourtant n’hésite pas à carotter l’ pôv monde !
    Giorgio, c’est le fils maudit... vaguement apparenté à God, par une branche mais on ne sait plus bien laquelle... on parle d’une histoire de jalousie : l’un roulait carrosse pendant que l’autre tirait le diable par la queue sur le carreau d’une mine, grise et pitoyable. Mais va savoir Charles, comme on dit chez les carolingiens.
    Ça va ? Tu suis ? Si tu n’as pas tout compris, n’hésite pas à le dire ! Lange te fera un dessin, Houbba y mettra des couleurs, M’sieur Ubbleu t’épongera le front (il a des mouchoirs plein les poches) et, ce soir, BeeBee t’expliquera tout, calmement. Ne demande rien à chirstian, le temps qu’il décortique tout ça, on en sera à la vingt-cinquième génération de diptères.
    J’espère que ça ira car autrement, je ne peux rien faire pour toi ! 😛
  • Lovendric
    21/04/2011 à 16:59
    • En réponse à mickeylange #149 le 21/04/2011 à 15:05 :
    • « Richard Cœur de Lion est resté sur le carreau à cause d’un carreau. »
    En nulle guise, de par ma foi, Sire L’Ange ! Le roi Richard, comme vous savez, longtemps demeura parmi nous, au royaume de Jérusalem. Et il est vrai qu’étant de retour en Aquitaine, il reçut au tournant de la dextre épaule un carreau d’arbalète, cependant qu’il assiégeait avec plus de folie que de raison le château de Châlus. Toutefois, au lieu de rester sur le carreau, il se redressa sans délai et s’en revint chevauchant en son manoir. Là, il fit arracher à grand peine et grand dolor par ses mires le carreau satané. Puis, malgré les tourments qu’il endurait, "il gésit à famme et but et manja tant qu’il li plut".Or la plaie, qui était profonde, ne tarda guère à s’envenimer. Ce que voyant, le roi Richard pria ses chevaliers de le conduire en litière jusqu’à l’abbaye de Fontevraud, où reposait le corps du roi Henri, son père. Depuis le Limousin jusqu’en Anjou, le voyage dura onze jours. Et son âme singulière, qui toujours allait de la cruauté à la douceur, de la poésie à la guerre, de la plus fine courtoisie au parjure, le roi Richard la rendit le onzième jour, entre les bras de Dame Aliénor d’Aquitaine, sa mère, accourue à la rencontre de celui de ses fils qu’elle mieux aimait
  • DiwanC
    21/04/2011 à 17:22
    Heureusement, Lovendric nous rend visite avec cette rare écriture qui enlumine le site !
    car il y en a ici qui ne content que balivernes... m’en vais goûter la ciguë chez les Desgrands-Lacour...
  • PHILO_LOGIS
    21/04/2011 à 18:53
    • En réponse à Lovendric #153 le 21/04/2011 à 16:59 :
    • « En nulle guise, de par ma foi, Sire L’Ange ! Le roi Richard, comme vous savez, longtemps demeura parmi nous, au royaume de Jérusalem. Et il... »
    Cher Maître - ceci étant dit sans moquerie aucune et avec un profond respect pout ton talent - pourrais-tu nous narrer dans ta si belle langue les aventures du Roi Richard de retour de Terre Sainte, lorsqu’il fut emprisonné de longues semaines en ce château-fort de Dürnstein, situé non loin de Vienne, sur la rive du Danube, par le Duc Leopold von Babenberg....
    Il y a bien sûr les informations en français d’aujourd’hui disponibles un peu partout. Cependant, comme le dit si bien DiwanC "avec cette rare écriture qui enlumine le site" et qui l’illumine en plus, tu nous transmets ton savoir de manière si merveilleuse...
    Je ne m’en lasse point!
  • PHILO_LOGIS
    21/04/2011 à 18:56
    • En réponse à DiwanC #154 le 21/04/2011 à 17:22 :
    • « Heureusement, Lovendric nous rend visite avec cette rare écriture qui enlumine le site !
      car il y en a ici qui ne content que balivernes...... »
    m’en vais goûter la ciguë chez les Desgrands-Lacour...

    Tu veux dire que tu vas trinquer avec les six grues de chez les Dufond de Lacour? Ben oui, fais gaffe alors, pasque tu risques de trinquer aussi, alors, ma belle!
  • mickeylange
    21/04/2011 à 19:05
    • En réponse à DiwanC #152 le 21/04/2011 à 16:56* :
    • « Bon... Un peu d’attention, s’te plaît !
      Martine, c’est la mère de Line du Nord... à ne pas confondre avec la Line du Sud, laquelle réside e... »
    Ça va ? Tu suis ? Si tu n’as pas tout compris, n’hésite pas à le dire ! Lange te fera un dessin,

    Certainement pas !
    j’ai rien compris, mais par ailleurs vos contributions semblent passionnantes pour les initiés.
  • PHILO_LOGIS
    21/04/2011 à 20:14
    • En réponse à mickeylange #157 le 21/04/2011 à 19:05 :
    • « Ça va ? Tu suis ? Si tu n’as pas tout compris, n’hésite pas à le dire ! Lange te fera un dessin,
      Certainement pas !
      j’ai rien compris, mais... »
    Hé, ho, là. Tes outils ne sont-ils pas le compas et l’équerre, couplés aux pinceaux que tu te prends dans les seaux en descendant de ton échafaud d’âge? Et Line y sied à merveille...
    Qu’elle soit du Nord ou du Sud, nul ne sait, en définitive: ils en ont d’abord fait une guerre où il semblerait que le Nord a vingt culs, puis de décider d’en faire un film... dont il ne reste rien: le vent a tout emporté. Et pourtant, Mickey, depuis, parle beaucoup de toi, que ce soit plus tôt dans la journée, ou alors lors des journées de la découverte: Lady Day...
  • joseta
    21/04/2011 à 21:14
    @Mickeylange
    En ce moment, je repasse les peintres de l’école française du XIXe s., et là, j’en suis sur le Caraud.
    Pour en savoir davantage: cette page
  • DiwanC
    21/04/2011 à 22:31*
    • En réponse à mickeylange #157 le 21/04/2011 à 19:05 :
    • « Ça va ? Tu suis ? Si tu n’as pas tout compris, n’hésite pas à le dire ! Lange te fera un dessin,
      Certainement pas !
      j’ai rien compris, mais... »
    j’ai rien compris,...

    C’est sans doute parce qu’il n’y avait rien à comprendre... Ce n’était que quelques divagations... élucubrations un peu folles, comme parfois.