Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

couper l'herbe sous le pied [v]

frustrer quelqu'un d'un avantage attendu en le devançant ; empêcher quelqu'un de réussir dans une entreprise en le supplantant ; obtenir à la place d'une personne apparemment mieux placée ; savonner la planche ; empêcher quelqu'un de réussir dans une entreprise ; le supplanter ; supplanter quelqu'un dans quelque affaire ; devancer ; prendre de vitesse

Origine et définition

Sauf pour ceux qui fument des choses interdites chez nous, l'herbe, c'est typiquement ce qui tapisse la surface de votre pelouse. Et à moins y que vous y marchiez sur les mains ou que vous vous y rouliez, c'est bien sous vos pieds que cette herbe se trouve.
Alors d'où vient donc cette expression bizarre qui assimile le fait de couper de l'herbe directement sous les pieds (ce qui peut être dangereux) à une forme de frustration, d'empêchement provoqué par une autre personne ?
Pour le savoir, remontons un peu vers le XIVe siècle, deux siècles avant que l'expression apparaisse.
À cette époque, on désignait par 'herbes' les légumes verts et les salades, en fait toutes les plantes dont on consommait les feuilles (les 'racines' désignant les légumes poussant sous terre comme les carottes, et les 'gousses' servant à nommer les légumes à écosser comme les fèves ou les petits pois).
Par extension, ce mot a désigné les légumes en général, d'où des appellations comme le "bouillon aux herbes" pour la soupe de légumes ou le "marché aux herbes".
Ensuite, par métaphore, "l'herbe" a aussi servi à désigner les moyens de subsistance, ce qui a donné naissance à "l'herbe lui manque sous les pieds" pour dire "il manque de moyens d'existence", expression dans laquelle l'herbe a retrouvé sa place normale, sous les pieds et non pas sur les étals.
C'est ensuite probablement par mélange avec "couper les vivres" qui comporte également une notion de privation volontaire, que notre expression est apparue.
Son sens initial qui était quelque chose comme "empêcher quelqu'un de se procurer des moyens de subsistance" s'est élargi à des empêchements plus généraux touchant tous les domaines.
Il a existé quelques variantes de cette locution puisque le verbe 'couper' y a parfois été remplacé par 'faucher' ou 'tondre'.

Exemples

« La police, quelle que soit sa conviction initiale, a toujours intérêt, dans une enquête bien faite, à démontrer qu'elle a été impartiale et a suivi toutes les pistes possibles. Elle le fait avec d'autant plus de conscience qu'elle sait que la défense s'emploiera à démontrer qu'il y a eu des trous ou des lacunes dans l'information. C'est, en quelque sorte, pour couper l'herbe sous le pied du défenseur qu'elle se livre à toutes ces vérifications, même quand elle est persuadée qu'elles sont inutiles. »
René Floriot - La vérité tient à un fil

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand jemandem das Wasser abgraben détourner l'eau à quelqu'un
Allemand jemandem den Teppich unter den Füßen wegziehen tirer le tapis d'en dessous les pieds de quelqu'un
Anglais To second guess someone Deviner une seconde fois
Anglais (Canada) to steal someone's thunder priver quelqu'un de l'impact il comptait avoir
Anglais cut the legs out from under couper les jambes de dessous
Anglais to cut the ground from under somebody's feet couper le sol des pieds de quelqu'un
Anglais to pull the rug out from under someone's feet arracher le tapis sous les pieds de quelqu'un
Arabe (Algérie) aftour bih qbel ma itaacha bik mange le au déjeuner avant qu'il ne te mange pour le diner
Espagnol (Argentine) serruchar el piso scier le sol
Espagnol (Espagne) fer-li el llit a algú faire le lit à quelqu'un
Espagnol (Espagne) Ganar el tirón Gagner au démarrage
Espagnol (Espagne) ganar por la mano gagner par la main
Espagnol (Espagne) minarle a uno el terreno miner le terrain à quelqu'un
Espagnol (Espagne) segar a alguien la hierba bajo sus pies couper l'herbe sous les pieds de quelqu'un
Français (Canada) chier dans les mains ne laisser à l'autre que la moins belle partie
Italien tagliare l'erba sotto i piedi couper l'herbe sous les pieds
Néerlandais (Belgique) iemand het gras voor de voeten wegmaaien couper l'herbe devant les pieds de quelqu'un
Néerlandais een spaak in het wiel steken // een stok tussen de spaken steken traduction. générale : mettre un bâton dans les roues
Polonais rzuca? k?ody pod nogi jeter des bâton sous les jambes
Portugais (Brésil) pôr uma casca de banana no caminho de alguém glisser une peau de banane à quelqu'un
Portugais (Brésil) puxar o tapete tirer le tapis
Portugais (Portugal) dar uma rasteira ramper
Portugais (Portugal) passar a perna marcher
Portugais (Portugal) passar pra trás reculer
Roumain a pune/băga bețe-n roate mettre/introduire des bâtons dans les roues
Roumain a trage preşul/covorul de sub picioare tirer le tapis de sous les pieds
Turc ayağını kaydırmak faire glisser le pied à quelqu'un
Wallon (Belgique) coper l' hièbe dizo l' pid couper l'herbe sous le pied
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « couper l'herbe sous le pied » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.

Voir aussi

Variantes

  • Sniffer l'herbe sous l'évier
  • Couper l'herbe sous la pierre

Commentaires sur l'expression « couper l'herbe sous le pied » Commentaires

  • Utilisateur supprimé
    07/10/2019 à 04:36*
    • En réponse à Clitocybe #156 le 07/10/2019 à 02:56* :
    • « Bon, c’est quand même lundi et pour beaucoup, faut retourner au charbon; je m’esscuse par avance si mes propos vous entrechoquent, mais la... »
    Il me semble que de ces temps-ci une certaine mode voit le jour de contrefaire le fait d'avoir été malade quand on était petit. Je suis pour l'instauration d'un certificat d'authenticité de maladie juvénile grave avec séquelles de 1re classe obtenu au terme d'une investigation glocyphorique.
    Les séquelles de 1re classe sont celles permanentes par intermittence. Elles se distinguent des séquelles de 1re classe par le fait qu'elles sont de 1re classe, contrairement à celles de 1re classe qui ne se distinguent pas de celles de 1re classe.
    Certains allégueront qu'ils ont été premiers de classe mais ils ne rentrent pas dans la catégorie susnommée puisque le critère de permanence intermittente n'est pas rempli d'un point de vue glocyphorique.
  • Clitocybe
    07/10/2019 à 05:05*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #161 le 07/10/2019 à 04:36* :
    • « Il me semble que de ces temps-ci une certaine mode voit le jour de contrefaire le fait d'avoir été malade quand on était petit. Je suis pour... »
    La permanence intermittente et glycophorique (à distinguer de la permanence glocyphorique) implique nécessairement une enflure de l’épiglotte lexicale, affection dont sont affligés beaucoup de Belges, hormis les Ardennais (les Bastognards, en particulier) qui profitent de l’altitude. Cela dit, ne coupons pas l’herbe sous les pieds de ceux qui font de vaillants efforts pour épater la galère. Nous vainquîmes à Salamine, les Perses avaient sale mine! Bravo et continue mon p’tit Minta! j’vais finir par t’aimer, faute d’avoir résolu le problème de ma bien-aimée (malgré elle) Mensa qui encore (en rêve) torture mes nuits d’un amour impossible.
  • Utilisateur supprimé
    07/10/2019 à 05:10
    Couper l’herbe sous le pied, voilà une formule pour la vie. À bas la grande pelouse américaine aux herbes non indigènes. À bas les pesticides, herbicides, engrais aux ingrédients zarbis, machines polluantes, tout cela avec une grande quantité d’eau pour entretenir une zone morte qui coupe l’herbe sous le pied des insectes qui nourrissent opossum, oiseau, grenouille, chauve-souris, crapaud, araignée, libellule et autres.
  • Clitocybe
    07/10/2019 à 05:33
    • En réponse à Utilisateur supprimé #163 le 07/10/2019 à 05:10 :
    • « Couper l’herbe sous le pied, voilà une formule pour la vie. À bas la grande pelouse américaine aux herbes non indigènes. À bas les pestici... »
    Avec le Missouri à tes pieds, presque fiancée avec le Mississippi, l’herbe est plus verte et, avec quelques années de moins, j’irais en brouter la plante!! de tes pieds! Tu parles, te couper (avec la langue) l’herbe sous le pied, what a French kiss!!
  • Clitocybe
    07/10/2019 à 05:51*
    • En réponse à Clitocybe #162 le 07/10/2019 à 05:05* :
    • « La permanence intermittente et glycophorique (à distinguer de la permanence glocyphorique) implique nécessairement une enflure de l’épiglott... »
    Ma première amour super-méningée, c’est authentiquement vrai et jusqu’à ce jour, j’ai essayé d’en avoir des nouvelles. Zilch. Nenni. Y a pas de réponse à ce numéro. Peut-être qu’elle est morte et qu’elle suce les pissenlits par la racine, ou qu’elle se roule de plaisir avec un vieux chenoque argenté, avec photo Facebook et tout le cybertralala. J’ai raté la femme de ma vie, mais heureusement quelques autres m’ont élu homme de leur vie, et je les ai honorées de haut en bas (et je continue); et si l’herbe est plus verte ailleurs, l’herbe qu’on coupe sous ses pieds est toujours la meilleure.
  • Utilisateur supprimé
    07/10/2019 à 06:42*
    En parlant de maladie grave d’enfance,
    il est raisonnable de croire que Meriwether Lewis, co-leader de l’expédition Lewis et Clark qui a exploré le pays jusqu’au Pacifique 1803-1806, était bipolaire, sujet à des périodes maniaques aussi bien que dépressives. Pendant les deux ans et demi d’exploration il a fait le travail de trois hommes, il était courageux, rigoureux dans tous les domaines nécessaires à la réussite de l’expédition. Mais à peine trois ans après son retour à la civilisation il s’est suicidé. Il n’existe toujours pas de traitement définitif contre cette maladie.
  • Clitocybe
    07/10/2019 à 07:14
    • En réponse à Utilisateur supprimé #166 le 07/10/2019 à 06:42* :
    • « En parlant de maladie grave d’enfance,
      il est raisonnable de croire que Meriwether Lewis, co-leader de l’expédition Lewis et Clark qui a exp... »
    Imagin
    Nous sommes avec Lewis and Clark et nous nous dirigeons vers le soleil couchant. Quelle aventure! Et l’herbe coupée sous nos pieds par les bisons, fraiche dans l’aurore et la silhouette des montagnes qui zigzaguent l’horizon. Et nous sommes comme des enfants découvrant l’Arbre de la connaissance dans le jardin d’Éden. Imagin!! Ton Ève, mon Adam. En route pour le Pacifique, des pommes, des ours, des saumons! Nous vivons! Nous sommes les héritiers de ce monde virginal et magnifique, nos étreintes sont nombreuses et notre joie fait bouillonner la rivière. Nous sommes les enfants, the WILD CHILDREN, de cette nature impossible.
  • Clitocybe
    07/10/2019 à 07:57*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #166 le 07/10/2019 à 06:42* :
    • « En parlant de maladie grave d’enfance,
      il est raisonnable de croire que Meriwether Lewis, co-leader de l’expédition Lewis et Clark qui a exp... »
    Imaginez, Lalibellule et DiwanC, j’vous emmène sur le lac Sorcier, en p’tit canot, dont l’eau est limpide jusqu’à 15 mètres, et nous sommes jeunes et l’herbe nous pousse généreusement sous les pieds. Imaginez ces nuits sous les étoiles où je vous susurre de la poésie et vous offre mon corps gratuitement à jouir. Ahhh, ahhhh!
    Imaginez, Lalibellule et DiwanC, je propulse l’embarcation à la canadienne, une des rares manœuvres d’aviron encore connue par moi, et bientôt nous affrontons les vagues de travers du grand lac. Serrant le bord, nous nous dirigeons vers cette plage de sable blond où l’eau fraiche du lac se réchauffe et où nous irons baigner nos corps innocents. Quand enfin, après l’effort, nos corps s'immergent, exultent et que j’asperge vos formes envoutantes, s’éveille en moi une nouvelle et agréable sensation : Mais, mais, ce sont des femmes nues! J’en ai l’herbe qui se coupe sous mes pieds. Des femmes nues, des femmes nues, que faire?
  • atheofv
    07/10/2019 à 08:14
    • En réponse à Clitocybe #168 le 07/10/2019 à 07:57* :
    • « Imaginez, Lalibellule et DiwanC, j’vous emmène sur le lac Sorcier, en p’tit canot, dont l’eau est limpide jusqu’à 15 mètres, et nous sommes... »
    Changement de pâtures réjouit les veaux.
  • deLassus
    07/10/2019 à 08:32*
    • En réponse à atheofv #169 le 07/10/2019 à 08:14 :
    • « Changement de pâtures réjouit les veaux. »
    Bonjour, ami de l'argot !
    Sauf erreur, il me semble que tu n'as pas répondu à ma proposition du # 270 de l'expression "Risquer sa peau"...
  • Utilisateur supprimé
    07/10/2019 à 09:15
    • En réponse à Clitocybe #168 le 07/10/2019 à 07:57* :
    • « Imaginez, Lalibellule et DiwanC, j’vous emmène sur le lac Sorcier, en p’tit canot, dont l’eau est limpide jusqu’à 15 mètres, et nous sommes... »
    je propulse l’embarcation à la canadienne
    Tu pagaies avec une tente ?
  • Kyrikou
    07/10/2019 à 09:22
    Wallayyyyyye les loup's
    Y a de l'herbe à brouter ce matin 😄
    Mais faut que je file au taf.....je vous dégusterai plus tard 😄
    A pluche
  • mickeylange
    07/10/2019 à 10:17
    Assis sur ma tondeuse je me coupe l'herbe sous les pieds.
  • mickeylange
    07/10/2019 à 10:31
    • En réponse à Clitocybe #156 le 07/10/2019 à 02:56* :
    • « Bon, c’est quand même lundi et pour beaucoup, faut retourner au charbon; je m’esscuse par avance si mes propos vous entrechoquent, mais la... »
    Pour Mensa, c’est 140 (QI), je frise le 115, bon, c’est quand même pas mal.

    115 farenheit ? 🙂
  • SyntaxTerror
    07/10/2019 à 10:39
    • En réponse à Clitocybe #156 le 07/10/2019 à 02:56* :
    • « Bon, c’est quand même lundi et pour beaucoup, faut retourner au charbon; je m’esscuse par avance si mes propos vous entrechoquent, mais la... »
    on pourrait se représenter des humains dont la plante des pieds est phytogène
    La seule chose qui puisse y pousser, ce sont les champignons.
    Il y a quelques années, j'avais été interloqué de voir qu'un magasin de chaussures de sport s'était appelé "Athlete's foot". Celui qui avait inventé ce nom ne devait pas avoir beaucoup de notions d'anglais.
  • SyntaxTerror
    07/10/2019 à 10:42
    • En réponse à mickeylange #174 le 07/10/2019 à 10:31 :
    • « Pour Mensa, c’est 140 (QI), je frise le 115, bon, c’est quand même pas mal.
      115 farenheit ? 🙂 »
    Bien qu'on ait connu cette température cet été, mes cheveux sont restés désespéramment lisses ...
  • mickeylange
    07/10/2019 à 10:59
    • En réponse à SyntaxTerror #176 le 07/10/2019 à 10:42 :
    • « Bien qu'on ait connu cette température cet été, mes cheveux sont restés désespéramment lisses ... »
    C’est l’histoire d’un mec qui avait un QI de 115. Il trouvait que c’était trop et il demande à un chirurgien de lui enlever un bout de cerveau. Après l’opération nouveau test, résultat 90. Il demande une nouvelle opération trouvant que c’était encore trop.
    A son réveil il regarde le chirurgien et il lui dit, vous avez les papiers du véhicule ?
  • Utilisateur supprimé
    07/10/2019 à 11:05
    • En réponse à mickeylange #177 le 07/10/2019 à 10:59 :
    • « C’est l’histoire d’un mec qui avait un QI de 115. Il trouvait que c’était trop et il demande à un chirurgien de lui enlever un bout de cerve... »
    Peut-être qu'il était intelligent, mais qu'il le cachait bien ; ce devait être une intelligence intérieure.
  • Utilisateur supprimé
    07/10/2019 à 11:11
    On dit que je suis con parce que je ne dis que des conneries.
    Mais un con, ça lui arrive de dire des choses intelligentes, par accident.
    Donc je ne peux pas être un con, puisque je ne dis que des conneries.
    Or je viens de dire quelque chose d'intelligent.
    Donc je suis bien un con.
  • chirstian
    07/10/2019 à 12:09
    • En réponse à mickeylange #174 le 07/10/2019 à 10:31 :
    • « Pour Mensa, c’est 140 (QI), je frise le 115, bon, c’est quand même pas mal.
      115 farenheit ? 🙂 »
    Pour Mensa, c’est 140 (QI), je frise le 115, bon, c’est quand même pas mal.
    l'histoire de Clitocybe amène à se poser deux questions :
    a) comment une fille aussi intelligente (QI :160) a pu faire l'erreur de le quitter ?
    b) comment une fille aussi intelligente a pu rester avec lui plus d'une journée ?
    Ceux qui choisissent la question b) ont le choix entre plusieurs réponses :
    a) c'est réellement au lit le super coup qu'il prétend être,
    b) à l'époque il était encore à peu près normal
    objectivement, vu de loin, et le connaissant seulement à travers ses écrits, il y a de quoi se poser des questions, non ? 😄