Les expressions françaises décortiquées
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être dans le coaltar [v]

être à demi-inconscient ou hébété ; être dans le brouillard ; somnoler

Origine et définition

Le coaltar est un goudron, dérivé de la houille, contrairement au bitume, dérivé pétrolier, ou à la poix, matière obtenue à partir du bois.
Ce nom vient de l'anglais coal (charbon) et tar (goudron).
Quelqu'un à demi-inconscient a autant de difficulté à se mouvoir qu'une personne qui serait plongée dans ce liquide collant et visqueux.
Cette expression renforce 'être dans le cirage'.
Elle viendrait de l'époque où certains utilisateurs de ce produit dans des lieux insuffisamment ventilés devenaient hagards (et pas que Montparnasse ou Saint-Lazare) à force d'en respirer les émanations toxiques et ne devaient compter que sur d'autres personnes pour être extraits du lieu devenu dangereux pour eux.

Compléments

Outre la couverture des routes, le coaltar servait à enduire la coque des bateaux pour la protéger des algues et des parasites, et la rendre étanche, ou en certains endroits, le bas du mur extérieur des maisons pour empêcher la pénétration de l'humidité.
Il est intéressant de savoir qu'en Nouvelle-Calédonie, le mot coaltar, aussi écrit coltar, comme il se prononce, (mais pas 'coltard', comme on le trouve souvent) est autrement plus employé qu'en métropole :
* Une "route coltarée" y est une route goudronnée,
* "Se faire coltarer" par les gendarmes, c'est se prendre une amende.
Cela viendrait de l'armée américaine qui, pendant la guerre du Pacifique, aurait goudronné ('coltaré') les pistes de l'île qui ne connaissait pratiquement pas le goudron, à part à Nouméa.

Exemples

On me réveille en pleine nuit, je suis dans le coaltar et on me montre des photos !

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand neben einer Sache stehen; daneben stehen se tenir à côté d'une chose
Anglais to be in cloud cuckoo-land être dans le pays des nuages du cou-cou
Anglais to be out to lunch être parti déjeuner
Anglais to be zoned out être dans une zone dehors
Anglais (USA) to be completely out of it être complètement en dehors de [la réalité]
Arabe (Tunisie) deykh, masdoum hHébeté, choqué
Espagnol (Espagne) estar pachucho être patraque
Espagnol (Espagne) estar alelado se sentir abruti
Espagnol (Argentine) estar en las nubes être dans les nuages
Français (Canada) être en coltar être choqué, être frustré
Hébreu לא יודע בין ימינו לשמאלו ne sait pas droite de sa gauche
Italien essere rimbambiti, rincoglioniti être étourdi, abruti
Néerlandais in de bonen zijn (Ouderwetse uitdrukking: être dans les fèves ( être confus )
Néerlandais niet goed snik zijn avoir perdu la tête
Néerlandais in de lorum /lorem zijn êtres dans les vapes
Portugais (Brésil) estar no mundo das núvens être au monde des nuages
Roumain a fi groggy être groggy
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « être dans le coaltar » Commentaires

  • #61
    SyntaxTerror
    03/01/2014 à 09:54
    "Se faire coltarer" par les gendarmes

    Jadis, en argot parisien, on se faisait poisser. Est-ce que les gendarmes ont les doigts qui collent ?
  • #62
    SyntaxTerror
    03/01/2014 à 10:03
    • En réponse à momolala #57 le 03/01/2014 à 07:40 :
    • « J’y suis encore, mais je n’y resterai pas, dans le coaltar ! J’attends que mon deuxième neurone s’éveille avec le jour, s’il arrive. En atte... »
    la brume électrique
    avec les morts confédérés ?
    L’action se passe à côté de la Nouvelle Orléans, ou alors, la dite brume s’est salement déplacée !
  • #63
    SyntaxTerror
    03/01/2014 à 10:10
    • En réponse à HoubaHOBBES #44 le 07/09/2006 à 17:09 :
    • « C’est vrai loulou, et même qu’Il serait éternel, notre Lapin !
      L’étrenité dans le futur, je peux bien m’imaginer ce que c’est (long, surtout... »
    Le Bon Dieu s’ennuyait. cette page
  • #64
    DiwanC
    03/01/2014 à 11:26
    Par pure curiosité, suis allée voir ce qu’Alain Rey pouvait bien dire concernant "coaltar/coltar". Eh bien, je ne suis pas déçue car, comme prévu, il ne dit rien ! Normal.
    Une fois dans le "Rey", j’ai secoué les pages jusqu’à goudron - mot emprunté à l’arabe d’Égypte - qui apparaît catran en 1195, puis goutren (1309), gotran (1381), gouderon (1611).
    Goudron va donner goudronner - qu’on écrivait goutrenner en 1457, employant ainsi un terme de marine - puis goudronneurguoildronneur en 1532.
    Aut’ chose : dans quelle brume djiboutienne Bouba s’est-il perdu ? Voilà trois jours qu’il nous laisse dans le coaltar*.
    * Yes ! j’ l’ai eu ! 😛
  • #65
    charmagnac
    03/01/2014 à 12:01
    • En réponse à DiwanC #64 le 03/01/2014 à 11:26 :
    • « Par pure curiosité, suis allée voir ce qu’Alain Rey pouvait bien dire concernant "coaltar/coltar". Eh bien, je ne suis pas déçue car, comme... »
    De là à penser que les goudronneurs en tiennent une couche. (Mac Adam)
  • #66
    SyntaxTerror
    03/01/2014 à 12:29*
    • En réponse à DiwanC #64 le 03/01/2014 à 11:26 :
    • « Par pure curiosité, suis allée voir ce qu’Alain Rey pouvait bien dire concernant "coaltar/coltar". Eh bien, je ne suis pas déçue car, comme... »
    Normal

    Assez normal pour un dictionnaire de la langue française. L’équivalent de "tar" c’est notre goudron de pin dont on badigeonne les plaies des arbres et les sabots des chevaux.
    C’est peut-être celui-là dont Richard Coeur de Lion voulait qu’on enduise la tête des voleurs avant d’y répandre un coussin de plumes, sur les bateaux en partance pour Jérusalem.
    cette page
  • #67
    <inconnu>
    03/01/2014 à 12:40
    • En réponse à SyntaxTerror #66 le 03/01/2014 à 12:29* :
    • « Normal
      Assez normal pour un dictionnaire de la langue française. L’équivalent de "tar" c’est notre goudron de pin dont on badigeonne les pl... »
    Traduc Google : « et de goudron bouillant sera versé sur sa tête, et les plumes d’un coussin est secoué dessus de sa tête »
  • #68
    Utilisateur supprimé
    03/01/2014 à 15:10
    • En réponse à SyntaxTerror #66 le 03/01/2014 à 12:29* :
    • « Normal
      Assez normal pour un dictionnaire de la langue française. L’équivalent de "tar" c’est notre goudron de pin dont on badigeonne les pl... »
    D’abord sa tête sera rasée comme celle d’un combattant payé (ou mercenaire?) (comme ça le goudron et les plumes collent bien)...afin que le public le voie...
  • #69
    DiwanC
    03/01/2014 à 15:46*
    [...] On s’enfonçait dans cette pluie qui brouillait le paysage... les rues... le Kremlin-Bicêtre où j’avais traîné les galoches de mon enfance... hanté ce marché aux puces pour fourguer je ne sais quelle saloperie... camelote de mon petit marché noir pendant l’Occupe...
    Ce temps, cette purée grise c’était bien ce qu’il fallait pour la circonstance, j’étais coincé dans la chtourbe... dans le coaltar. On n’est jamais à la fête quand on suit l’enterrement d’une personne qu’on aime, mais là j’en rajoutais avec mes argousins de protection rapprochée.

    Extrait de Mourir d’enfance, d’Alphonse Boudard, un des rares écrivains à pouvoir s’exprimer comme un garçon de la rue dans une phrase et à pouvoir employer l’imparfait du subjonctif dans la phrase suivante si la narration l’impose.
    Dans cet passage, Boudard , emprisonné pour quelque méfait, assiste – sous surveillance –à l’enterrement de sa mère..
    Chtourbe : mot d’argot, vous vous en doutez, correspondant à "chandelle éteinte", par extension "la mort".
    J’en profite, pour une fois que Sa Divinité ne donne pas d’exemple en haut de page... 🙂
  • #70
    Utilisateur supprimé
    03/01/2014 à 15:54
    Décidément, chaque fois que j’essaie de lire cette phrase proustienne, j’ai l’impression de faire la nage du chien dans un miasme composé d’une part de coaltar et d’autre part d’une sorte de chaîne serpentine de lettres déformées sur la page, telle une bête dont on distingue ni la tête ni la queue qui s’agite en se tortillant et qui fait de temps à autre un soubresaut, de sorte que la nausée qui s’empare de moi me colle tard dans la nuit.
  • #71
    joseta
    03/01/2014 à 16:00
    DEVINETTE
    Quel est l’acteur qui pèse toujours l’emballage vide ?
    - Darry Cowl, parce que Cowl tare.
  • #72
    Utilisateur supprimé
    03/01/2014 à 16:07
    Chez moi le coaltar serve à réparer les fissures et les nids de poule dans les rues. (Le truc avec le coaltar et les plumes, tar and feathering, est un peu désuet) Mais avec les extrêmes de température ici dans le Midwest, ça ne dure pas longtemps et on est obligé de tout recommencer. En plus en été des fois le goudron fond un peu. Si vous conduisez la-dessus vous aurez du goudron dans votre garage. Quelqu’un qui trouve une meilleure solution pourrait faire fortune.
  • #73
    <inconnu>
    03/01/2014 à 16:23*
    avec mon esprit un peu (même beaucoup tordu...), pourquoi pas le col tôt ?
    On serait in peu plus dans le brouillard marchand au radar... ou volant en PSV
  • #74
    DiwanC
    03/01/2014 à 17:24*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #70 le 03/01/2014 à 15:54 :
    • « Décidément, chaque fois que j’essaie de lire cette phrase proustienne, j’ai l’impression de faire la nage du chien dans un miasme composé d’... »
    Dans les chaudes et désertiques plaines du far-far-west quand venait la nuit profonde, sombre, silencieuse, à peine éclairer par quelques pâles étoiles et un fin rayon de lune, ultime manifestation d’un dernier quartier qui, dans quelques jours, grossirait, s’arrondirait pour ressembler au disque d’or célébré par tant et tant de délicieux, graves ou souriants poètes, il s’avançait sans presser le pas de sa monture docile presque soumise, obéissant à la moindre pression des genoux ou des éperons, à la moindre sollicitation des rênes, il s’avançait fier, altier, triomphant même et tenant solidement en main son colt, ardent défenseur des causes justes, prêt à tirer plus vite que l’ombre qui se profilait sur le sable rouge de la piste.
    cette page
    C’est épuisant ton jeu, chère Libellule ! 😄
  • #75
    <inconnu>
    03/01/2014 à 17:35*
    • En réponse à charmagnac #65 le 03/01/2014 à 12:01 :
    • « De là à penser que les goudronneurs en tiennent une couche. (Mac Adam) »
    Les routes en béton frais sont bien plus amusantes que celles en macadam qui fond : cette page.
  • #76
    Utilisateur supprimé
    03/01/2014 à 17:47
    • En réponse à DiwanC #74 le 03/01/2014 à 17:24* :
    • « Dans les chaudes et désertiques plaines du far-far-west quand venait la nuit profonde, sombre, silencieuse, à peine éclairer par quelques pâ... »
    J’aime !!
    J’avoue qu’il me fallait un bout de temps afin de trouver le "il," l’acteur dans cette scène. À la première lecture je l’avais complètement raté.
    Ça fait pas du bien, un nouveau jeu ? 😄
    En plus, c’est assez facile si on veut caser l’expression de la caser dans une phrase proustienne, ’spa ? 🙂
  • #77
    belteigneuse
    03/01/2014 à 17:49
    DES ENFANTS CHARMANTS
    Le Jojo et sa sœur Titine
    S’amusaient gentiment
    À torturer le chat
    De leur jolie voisine ;
    Ils ne sauraient dire comment
    Leur vint la riche idée,
    Mais le couvrirent de crachats,
    Ce fait est avéré.
    Puis, munis d’une loupe,
    Imaginèrent l’entourloupe
    De lui griller par jeu,
    Par l’entremise du soleil,
    Quelques poils de la queue,
    Pendant que l’animal
    Se livrait au sommeil,
    Confiant, et sans penser à mal.
    Pour éblouir l’ami Tatave
    Qui était fort loin d’être un cave,
    Ils capturèrent et goudronnèrent
    Le minou, et puis l’emplumèrent :
    - Hé ho, les gars, pas de pétard,
    Vous voyez qu’il est dans l’coaltar.
    S’il partait en fumée,
    On recevrait une avoinée ! -
    Alors ils le trempèrent
    Dans les eaux du bassin
    Tout au fond du jardin,
    Et bien l’ensavonnèrent ;
    Puis, voyant leur otage
    Se complaire dans le cirage,
    Se prirent de rage, puis, d’horreur,
    N’osèrent s’avouer leur peur.
    - Comment réveiller l’imbécile ? -,
    S’interrogèrent les enfants ;
    - Et si c’était un jeu débile… -,
    Tenta Titine prudemment ;
    Lors, ils lui firent dans les fleurs
    Un bel enterrement,
    Puis dégustèrent un bon « quatre heures »
    Chez la voisine justement.
  • #78
    belteigneuse
    03/01/2014 à 18:00
    • En réponse à Utilisateur supprimé #70 le 03/01/2014 à 15:54 :
    • « Décidément, chaque fois que j’essaie de lire cette phrase proustienne, j’ai l’impression de faire la nage du chien dans un miasme composé d’... »
    Eh bé! Y’a des vocations qui se précisent...
  • #79
    DiwanC
    03/01/2014 à 18:20
    • En réponse à Utilisateur supprimé #76 le 03/01/2014 à 17:47 :
    • « J’aime !!
      J’avoue qu’il me fallait un bout de temps afin de trouver le "il," l’acteur dans cette scène. À la première lecture je l’avais... »
    En plus, c’est assez facile si on veut caser l’expression de la caser dans une phrase proustienne, ’spa ?

    Euh... rien n’est moins sûr ! Pour certaines propositions "godesques", telle la haquenée du cordelier, on y parviendra avec plus ou moins de difficultés, mais on y parviendra.
    Pour d’autres, telle celle apparut le 12 janvier 2012*, ce sera nettement, nettement plus compliqué... parce qu’il faut bien reconnaître que c’est un peu éloigné du style proustien !
    :’-))
    *pour la trouver : Menu → Toutes → par ordre chronologique.
  • #80
    mickeylange
    03/01/2014 à 18:42
    • En réponse à DiwanC #74 le 03/01/2014 à 17:24* :
    • « Dans les chaudes et désertiques plaines du far-far-west quand venait la nuit profonde, sombre, silencieuse, à peine éclairer par quelques pâ... »
    Lucky luke tout le monde sait ça, tirait plus vite que son ombre.
    c’était du colt art.
    AverellC