Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

avocat du diable [n]

personne qui défend une cause difficile à défendre ; personne qui défend un cas objectivement qualifiable de mal ; personne défendant une cause indéfendable ; celui qui défend la cause opposée celle qui vient d'être soutenue

Origine et définition

Si un avocat est chargé de défendre des accusés, il y a parfois des supposés coupables ou des causes qu'il semble très difficile de défendre tellement la culpabilité est certaine, l'atrocité des crimes choquante ou la cause amorale.
Et pourtant, tout le monde doit pouvoir être défendu, même ce satané diable, considéré par certains comme responsable de tant d'infâmes vilenies.
De nos jours, et depuis le début du XIXe siècle, celui qui se fait « l'avocat du diable » est celui qui défend une cause choquante ou perdue d'avance, que ce soit par jeu (le plaisir de choquer ceux qui n'admettent pas qu'on puisse aller dans ce sens) ou, de manière plus sournoise ou rusée, pour obtenir quelque chose qui n'aurait pas été accordé sans la belle démonstration qu'impose une défense efficace.
Les arguments énoncés par un « avocat du diable » peuvent aussi lui servir à tenter de contrer une thèse pour, au final, la faire sienne si elle a résisté aux attaques ainsi formulées.
Mais cette locution nous vient à la fois du milieu ecclésiastique et de celui du XVIIIe siècle.
En effet, l' « advocatus diaboli » était un religieux qui, au cours de l'étude préalable à la canonisation d'une personne, devait rechercher tout ce qui, dans le comportement de la personne, pouvait montrer l'influence du diable, sachant que, bien entendu, tout individu destiné à devenir un saint doit au moins avoir mené une vie irréprochable (et accessoirement avoir accompli quelques miracles par-ci par-là). Si ce religieux avait donc vis-à-vis du possible futur saint un rôle d'accusateur et s'il devait retrouver tous les éléments permettant de s'opposer à la canonisation, il était bien le défenseur des éventuelles actions du diable, en opposition avec défenseur du saint ou « avocat de Dieu ».
Ce rôle a été supprimé par le pape Jean-Paul II en 1983.

Exemples

« Nous causions de tout, parfois âprement, si nous n'étions pas du même avis... Je me faisais souvent l'avocat du diable... »
Juliette Lalonde-Rémillard - Lionel Groulx, l'homme que j'ai connu - 2000

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Albanais avokati i Djallit l'avocat du diable
Allemand advocatus diaboli avocat du diable
Allemand anwalt des Teufels l'avocat du diable
Allemand des Teufels Advokat de l’avocat du diable
Anglais devil's advocate avocat du diable
Anglais the devil's advocate l'avocat du diable
Anglais (USA) the Devil's advocate l'avocat du diable
Arabe محامي الشيطان l’avocat de Satan
Chinois 魔鬼代言 maki, un substitut à l’ancien
Croate vrazji odvjetnik l'avocat du diable
Danois djævelens advokat l'avocat du diable
Espagnol (Espagne) advocat del diable avocat du diable
Espagnol (Espagne) abogado del diablo l'avocat du diable
Finnois paholaisen asianajaja l'avocat du diable
Hébreu פרקליט השטן l'avocat du diable
Islandais málsvari andskotans l'avocat du diable
Italien avvocato del diavolo avocat du diable
Lituanien velnio advokatas l'avocat du diable
Norvégien djevelens advokat l'avocat du diable
Néerlandais (Belgique) advocaat van de duivel l'avocat du diable
Néerlandais de advocaat van de duivel l'avocat du diable
Polonais adwokata Diabła l'avocat du diable
Polonais adwokatem diabła avocat de diabła
Portugais (Brésil) advogado do diabo l'avocat du diable
Portugais (Portugal) advogado do Diabo avocat du diable
Roumain avocat al diavolului avocat du diable
Roumain avocatul diavolului l'avocat du diable
Russe адвокат дьявола avocat du diable
Russe адвока́т дья́вола l'avocat du diable
Serbe djavoljev advokat l'avocat du diable
Suédois djävulens advokat l'avocat du diable
Turc şeytanin avukati l'avocat du di̇able
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Variantes

  • La vodka du diable

Commentaires sur l'expression « avocat du diable » Commentaires

  • Paracas
    14/05/2013 à 14:29*
    Il attend sa belle zebu
  • SyntaxTerror
    14/05/2013 à 14:38
    • En réponse à charmagnac #118 le 14/05/2013 à 14:22 :
    • « Mis à part qu’on trouve un noyau dans les atomes et au milieu de l’avocat, je ne vois qu’une réponse linguistique à ta question : le "v" et... »
    D’après ce que j’en lis (dans le Merriam-Webster), il n’y a aucun rapport.
    Avocado serait une corruption de l’Espagnol "aguacate" lui-même corruption du Nahuatl āhuacatl.
    Ceci étant, je trouve que ce fruit a de l’intérêt à condition d’y ajouter une bonne dose de mayonnaise.
  • <inconnu>
    14/05/2013 à 15:20
    • En réponse à SyntaxTerror #122 le 14/05/2013 à 14:38 :
    • « D’après ce que j’en lis (dans le Merriam-Webster), il n’y a aucun rapport.
      Avocado serait une corruption de l’Espagnol "aguacate" lui-même... »
    Je trouve ce fruit déjà suffisamment gras et je l’aime soit avec du jus de citron soit avec du tabasco. En bon Belge, je l’aime aussi avec des crevettes, à la manière des tomates crevettes.
  • PHILO_LOGIS
    14/05/2013 à 15:24
    • En réponse à SyntaxTerror #117 le 14/05/2013 à 13:47* :
    • « Tu te souviens peut-être de cette chanson de 1971 écrite en son honneur..
      Celui qui a transcrit les paroles n’est de toute évidence pas fran... »
    Et comment. Qu’est-ce qu’on a dansé comme des bêtes sur ce tube, à l’époque. Ah, on était jeune et beau... Maintenant, hein,,, c’est jeune, beau et intelligent, qu’on est devenu... Eh, les filles, c’est vrai pour vous aussi, spa...
  • PHILO_LOGIS
    14/05/2013 à 15:26
    • En réponse à charmagnac #119 le 14/05/2013 à 14:23 :
    • « il l’a innocemment ramassée près du cadavre du bijoutier
      et il allait la rapporter aux objets trouvés. »
    il l’a innocemment ramassée près du cadavre du bijoutier
    et il allait la rapporter aux objets trouvés.

    Il l’avait trouvée près d’un objet troué et l’allait rapporter aux objets trouvés...
  • PHILO_LOGIS
    14/05/2013 à 15:29
    • En réponse à <inconnu> #123 le 14/05/2013 à 15:20 :
    • « Je trouve ce fruit déjà suffisamment gras et je l’aime soit avec du jus de citron soit avec du tabasco. En bon Belge, je l’aime aussi avec d... »
    En bon Belge, je l’aime aussi avec des crevettes, à la manière des tomates crevettes.

    ... et donc, avec une mayonnaise légère et bien relevée... avec modération.
    pour une mayo légère, remplace une partie de l’huile par un yaourt grec (ou turc) que tu auras fait égoutter au préalable... (il faut toujours égoutter les plus malins que soi)
  • charmagnac
    14/05/2013 à 15:29
    • En réponse à SyntaxTerror #122 le 14/05/2013 à 14:38 :
    • « D’après ce que j’en lis (dans le Merriam-Webster), il n’y a aucun rapport.
      Avocado serait une corruption de l’Espagnol "aguacate" lui-même... »
    et ne pas attendre que l’avocat soit marron.
  • PHILO_LOGIS
    14/05/2013 à 15:31
    BON ANNIVERSAIRE, cher Jacques, et désolé si je fus lent à la détente...
    Tous chez Marceeeeeeeeeeeeeeeelll.
    Comment, vous y êtes déjà? Bon, ben c’est très bien, faites-moi donc une petite place, siouplé...
  • charmagnac
    14/05/2013 à 15:36
    • En réponse à SyntaxTerror #122 le 14/05/2013 à 14:38 :
    • « D’après ce que j’en lis (dans le Merriam-Webster), il n’y a aucun rapport.
      Avocado serait une corruption de l’Espagnol "aguacate" lui-même... »
    Je pensais plutôt aux mots qui désignent la même chose dans deux langues voisines (français, espagnol, italien, portugais) où on constate que deux consonnes se sont remplacées l’une par l’autre "d" par "t", "v" par "b" ou "c" par "g" par exemple.
    Les linguistes distinguent parmi les consonnes les dentales, les gutturales et les labiales, familles dans lesquelles les échanges se font facilement.
  • PHILO_LOGIS
    14/05/2013 à 17:03
    Au Portugal, en avril, les lavandières lavent au cas, du diable! Au cas par cas, parfois...
  • PHILO_LOGIS
    14/05/2013 à 17:05
    • En réponse à charmagnac #129 le 14/05/2013 à 15:36 :
    • « Je pensais plutôt aux mots qui désignent la même chose dans deux langues voisines (français, espagnol, italien, portugais) où on constate qu... »
    La meilleure démonstration est quand même donnée par Limba Be Sousa, abec sa balise en carton...
  • DiwanC
    14/05/2013 à 17:45*
    Si God est God (et pis c’est tout !), le Diable lui se déguise sournoisement en Satan, Lucifer, Démon, Belzébuth, Belial, Méphisto, Prince des ténèbres, le Malin, le Mauvais, le Tentateur, le Maître de l’enfer... quand il ne se transforme pas en petit chariot à deux roues !
    Quant à l’avocat, il faudrait trop d’encre pour citer ici les noms - péjoratifs ou non - que lui attribue la langue verte :
    Le bavard, le baveux, le bêcheur (pour l’avocat général), le cravateur, le menteur, le babillard, l’avocaillon, le ténor du barreau, le pingouin ( !), le parrain (pour un avocat commis d’office), l’enjuponné, etc.
  • Enkidou
    14/05/2013 à 17:49*
    Aymon, preux chevalier, avait quatre grands fils :
    C’étaient, à ce qu’on dit, les quatre fils d’Aymon.
    Un beau soir, il déclare à son épouse Luce :
    Demain, c’est jour de chasse : qu’on lève mes fils tôt !
    Dame Luce l’approuve : se lever tôt, dit-elle,
    Une fois, ça ne leur fera pas de mal, hein ?
    Et le matin venu, craignant qu’ils ne s’éveillent
    De trop méchante humeur, il laisse Luce y faire.
    Mais la couette est douce : on en sort à regret.
    Les voilà s’habillant, se coiffant à la diable.
    Aymon, s’impatientant, lance, irrité : j’y vais.
    Et ses fils de répondre : où est-ce qu’on s’attend ?
    Aymon, exaspéré par cette effronterie,
    Leur réplique en colère : rendez-vous en enfer !
  • Paracas
    14/05/2013 à 17:55
    • En réponse à DiwanC #132 le 14/05/2013 à 17:45* :
    • « Si God est God (et pis c’est tout !), le Diable lui se déguise sournoisement en Satan, Lucifer, Démon, Belzébuth, Belial, Méphisto, Princ... »
    Le plus seyant pour cette profession est, le menteur......
    Mais ceci n’engage que moi...........🙂
  • Paracas
    14/05/2013 à 17:56
    • En réponse à Enkidou #133 le 14/05/2013 à 17:49* :
    • « Aymon, preux chevalier, avait quatre grands fils :
      C’étaient, à ce qu’on dit, les quatre fils d’Aymon.
      Un beau soir, il déclare à son épou... »
    Joli exercice.......Bravo !
  • charmagnac
    14/05/2013 à 17:56
    • En réponse à PHILO_LOGIS #131 le 14/05/2013 à 17:05 :
    • « La meilleure démonstration est quand même donnée par Limba Be Sousa, abec sa balise en carton... »
    J’obtiens le même résultat quand je suis enrhubé.
  • charmagnac
    14/05/2013 à 17:59
    • En réponse à DiwanC #132 le 14/05/2013 à 17:45* :
    • « Si God est God (et pis c’est tout !), le Diable lui se déguise sournoisement en Satan, Lucifer, Démon, Belzébuth, Belial, Méphisto, Princ... »
    Si Méphisto fait l’s, le fou chantant l’a chanté
    cette page
  • SyntaxTerror
    14/05/2013 à 18:15
    • En réponse à charmagnac #137 le 14/05/2013 à 17:59 :
    • « Si Méphisto fait l’s, le fou chantant l’a chanté
      cette page »
    Le Grand Orchestre du Splendid aussi, avec un invité d’honneur de marque cette page
  • DiwanC
    14/05/2013 à 18:33*
    Un p’tit tour chez Rey… 🙂
    Avocat : inutile de revenir sur l’origine latine, évoquée plus haut.
    Le mot a des dérivés : avocasser (verbe), avocasserie, avocassier, tous à tendance péjorative.
    De 1611 jusqu’au XIXe s., un dîner d’avocats qualifie un fin dîner.
    Vers 1450, apparaît avocate, définissant la femme qui intervient en faveur de quelqu’un ; puis en 1622, le mot désigne l’épouse de l’avocat.
    Plus tard, beaucoup plus tard, la profession sera accessible aux femmes.
    Et le Diable ? S’il existe depuis que le monde est monde, il semble apparaître à l’écrit en 881. Emprunté au latin chrétien, il passe en français sous la forme de diaule, puis diable à la fin du Xe avec le sens de démon. On a le diable au corps en 1250, on tire le diable par la queue en 1694.
    Si diablesse [d’abord diablaise] correspond en 1245 à une femme méchante et rusée, à partir du XXe siècle, il évoque une femme très espiègle, active et malicieuse. Et si Alain Rey le dit, c’est donc incontestable que diantre !
    Un "que diantre !" (déformation de diable), que Rabelais utilise dès 1534.
    Quelle diablerie que ce Dico ! On y passerait des heures, rebondissant d’une expression à une autre… Un peu comme ici !
  • deLassus
    14/05/2013 à 18:40
    • En réponse à Enkidou #133 le 14/05/2013 à 17:49* :
    • « Aymon, preux chevalier, avait quatre grands fils :
      C’étaient, à ce qu’on dit, les quatre fils d’Aymon.
      Un beau soir, il déclare à son épou... »
    Devant tant de talent, je n’aurai qu’un cri : Diable !!!