Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

se mettre martel en tête [v]

se faire du souci ; se laisser obséder par une inquiétude ; se faire un sang d'encre ; mourir d'inquiétude

Origine et définition

Vous avez certainement tous entendu parler du Grand Charles.
Non, pas De Gaulle ! Mais Martel, cet homme de guerre, accessoirement grand-père de Charlemagne, et qui a stoppé l'invasion arabe à Poitiers en 732. Si vous avez étudié l'histoire de France, cela doit vous rappeler quelque chose !
Dans le cas contraire, ça n'a pas grande importance, car ce n'est pas de ce martel qu'il s'agit dans cette expression[1], même si cet homme utilisait un « martel » comme arme dans ses combats.
« Martel » est en effet une ancienne forme de marteau, cet outil servant à planter des clous (à la mode de chez nous).
Dès le XVIe siècle, "avoir martel", c'était "avoir du souci" ; "marteler le cerveau de quelqu'un", c'était "le peiner, le tourmenter".
C'est à partir du XVIIIe siècle que l'expression prend la forme d'aujourd'hui.
C'est une métaphore aisément compréhensible qui compare les préoccupations permanentes à des coups de marteau qui résonneraient dans la tête.
[1] Au moins, grâce à cette introduction, ça vous aura rappelé qu'il n'y a pas que 800, 1515 ou 1789 comme grande date dans l'histoire de France.

Exemples

« Il aurait pu penser que son heure viendrait, qu'un sponsor bien intentionné lui confierait un bateau à sa mesure. Rien du tout. La récession a envoyé par le fond les espoirs légitimes d'une tranche d'âge. Grand frère de cette génération perdue, Le Cam ne se met pas pour autant martel en tête. Il se contente de son monocoque de 9 m, fait le métier sans amertume et s'ouvre la tête en poursuivant la mise au point de l'hydroptère, le bateau volant. »
Libération - Article du 30 août 1996

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand sich den Kopf zerbrechen se casser la tête
Anglais to have a bee in one's bonnet avoir une abeille dans le bonnet
Anglais (USA) to beat yourself up se cogner
Espagnol (Argentine) se faire du souci see liver obseder par une inquietude se mettre Martel en tete
Espagnol (Espagne) comerse la cabeza manger sa propre tête
Espagnol (Espagne) mortificarse se mortifier
Espagnol (Panama) comerse el coco se manger la noix de coco
Français (Canada) Se faire du sang de cochon
Gallois mae ganddo chwilen yn ei ben il a un scarabée dans la tête
Hongrois töri a fejét se casser la tête
Hébreu נכנס לו לראש (nikhnas lo laroch) il est entré dans sa tête
Néerlandais zich het hoofd breken over iets se casser la tête
Néerlandais zich muizenissen in het hoofd halen se mettre des nids de souris dans la tête
Portugais (Brésil) encasquetar mettre un casque
Portugais (Brésil) esquentar a cabeça se chauffer la tête
Roumain a-i intra un cui în inimă lui entrer un clou dans le cœur
Roumain a-şi face sânge rău se faire du mauvais sang
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « se mettre martel en tête » Commentaires

  • #81
    DiwanC
    09/10/2014 à 10:12
    • En réponse à gerard5253 #70 le 09/10/2014 à 05:50 :
    • « Pfffffffffffff.
      Qu"est ce que vous avez tous à chercher midi à quatorze heure vous faites fausse route. Même vous mon bon God vous-vous êtes... »
    Pour du tirage de couettes, ça c'est du tirage de couettes ! 🙂
    Ton "martel en tête" ainsi raconté, c'est du bourrage de crâne !
  • #82
    Hille Phébo
    09/10/2014 à 10:16
    contre-expression:
    "qui se marre tôt se met la tripe en fête"
  • #83
    joseta
    09/10/2014 à 10:17*
    À la librairie
    - Écoutez, demain j'ai une interrogation écrite sur Thomas Hobbes, y'a un moyen rapide de l'étudier ?
    - voyons voir...l'Hobbes...l'Hobbes CD ?
    - quoi ? ce type était un obsédé ?
  • #84
    Utilisateur supprimé
    09/10/2014 à 10:27
    Météo Belgique : « Le vent modéré à assez fort soufflera depuis le sud vers le sud-ouest. »
    Je comprends pas, mais je vais quand même pas me mettre martel en tête !
  • #85
    joseta
    09/10/2014 à 10:33
    • En réponse à SyntaxTerror #79 le 09/10/2014 à 09:39* :
    • « Celui-ci aussi "faut reconnaître que c'est plutôt une boisson d'hommes" »
    Que Martel qui 'mail' !
  • #86
    DiwanC
    09/10/2014 à 10:40*
    • En réponse à memphis #80 le 09/10/2014 à 09:40 :
    • « Sur ce site on préfère Marcel à Martel. Marceeeeeel c'est ma tournée ! J'ai reçu Expressio ce matin. À ma santé les amis buvez jusqu'à avoir... »
    Oups ! comme tu y vas !
    Marcel... dès 10 h du matin... et avec du Martel !
    Sûr qu'au fil des heures, ça risque de carillonner derrière le frontal, de résonner en cadence sur les temporaux, de tintinnabuler du côté des occipitaux...
    Sûr qu'à l'heure du thé, on risque d'avoir la tête comme une pastèque, vibrante façon forge de Vulcain... et qu'à l'heure du Lagon bleu, on sera tel le Sarrasin poitevin : anéanti !
    memphis... est-ce bien raisonnable ? 🙂
  • #87
    gerard5253
    09/10/2014 à 10:56
    • En réponse à DiwanC #81 le 09/10/2014 à 10:12 :
    • « Pour du tirage de couettes, ça c'est du tirage de couettes ! 🙂
      Ton "martel en tête" ainsi raconté, c'est du bourrage de crâne ! »
    M'en fiche j'ai réussi à placer mon roi Georges.
  • #88
    DiwanC
    09/10/2014 à 11:21*
    • En réponse à joseta #83 le 09/10/2014 à 10:17* :
    • « À la librairie
      - Écoutez, demain j'ai une interrogation écrite sur Thomas Hobbes, y'a un moyen rapide de l'étudier ?
      - voyons voir...l'Hobbe... »
    Juste pour toi, puisque tu parles de librairie et juste pour sourire car ça n'a aucun rapport avec l'expression du jour... Relevé dans "Perles de librairie" :
    - Vous avez Le Rouge et le Noir de Stendhal ? Donnez-moi le Rouge et je reviendrai la semaine prochaine pour le Noir.
    Et cette autre, magnifique et bien réelle parce que racontée par une amie :
    - Mes parents étaient libraires. Sur leur boutique, en lettres d'or : "Librairie Eugène Flammarion". Un jour, un brave facteur, pas très lettré sans doute - malgré son métier ! - est entré en disant : "J'ai un r'commandé pour M'sieur Flammarion" !
    Aussitôt, ma mère, qui avait un humour ravageur, appelle "Eugèèène !". Mon père comprend tout, accourt, signe, prend la lettre. Et le facteur est reparti, prêt à soutenir mordicus et si nécessaire, qu'il avait remis un pli à Eugène Flammarion !"

    Elle est pas belle, celle-là ?! 😄
  • #89
    DiwanC
    09/10/2014 à 11:23
    • En réponse à Hille Phébo #82 le 09/10/2014 à 10:16 :
    • « contre-expression:
      "qui se marre tôt se met la tripe en fête" »
    Joliiii !
  • #90
    mickeylange
    09/10/2014 à 11:53
    • En réponse à DiwanC #88 le 09/10/2014 à 11:21* :
    • « Juste pour toi, puisque tu parles de librairie et juste pour sourire car ça n'a aucun rapport avec l'expression du jour... Relevé dans "Perl... »
    Pendant longtemps à la bibliothèque municipale les fleurs du mal étaient au rayon botanique.
  • #91
    joseta
    09/10/2014 à 11:56
    @ Germaine 11'21h
    Merci !
    Pour le rouge et le noir: dans les librairies, on en voit de toutes les couleurs...
    Pour la mère de ton amie et Flammarion: elle s'Eugène pas !
  • #92
    joseta
    09/10/2014 à 12:11
    • En réponse à mickeylange #90 le 09/10/2014 à 11:53 :
    • « Pendant longtemps à la bibliothèque municipale les fleurs du mal étaient au rayon botanique. »
    Fallait y 'pensée'...
  • #93
    SyntaxTerror
    09/10/2014 à 12:26
    • En réponse à Utilisateur supprimé #84 le 09/10/2014 à 10:27 :
    • « Météo Belgique : « Le vent modéré à assez fort soufflera depuis le sud vers le sud-ouest. »
      Je comprends pas, mais je vais quand même pas me... »
    D'Arlon vers Bouillon, c'est "l'épisode cévenol belge", assez rare, il faut bien le dire, à cette latitude.
  • #94
    joseta
    09/10/2014 à 12:39
    Quand son maire se fait du souci, c'est qu'il a Martel en tête...
  • #95
    joseta
    09/10/2014 à 14:24*
    Se faire du souci

    Ben moi j'aime bien me faire des sous...si...
  • #96
    Utilisateur supprimé
    09/10/2014 à 16:04
    • En réponse à joseta #94 le 09/10/2014 à 12:39 :
    • « Quand son maire se fait du souci, c'est qu'il a Martel en tête... »
    Martel dans le Lot —> martello !
  • #97
    joseta
    09/10/2014 à 16:06
    • En réponse à Utilisateur supprimé #96 le 09/10/2014 à 16:04 :
    • « Martel dans le Lot —> martello ! »
    Bien vu !
  • #98
    SyntaxTerror
    09/10/2014 à 16:46
    • En réponse à joseta #97 le 09/10/2014 à 16:06 :
    • « Bien vu ! »
    Ben moi, j'ai rien compris !
  • #99
    DiwanC
    09/10/2014 à 16:57*
    Suis allée voir ce que M'sieur Rey dit à propos de martel...
    Eh bien, il n'en dit pas grand-chose, développant plus longuement marteau que martel.
    Cependant, il signale que – vers 1556 – donner martel signifiait "mettre martel en tête". Il précise que ce martel-là est issu de l'italien martello → qui au figuré va prendre le sens de "jalousie", "souci" ; ce qu'on savait depuis ce matin ! Et c'est ce sens qui prévaut dans la locution pronominale : se mettre martel en tête. Ça va ? vous suivez ?
    Bon... alors... ça c'est fait... ah ! oui ! j'ai encore M'sieur Littré en magasin !... si je puis m'exprimer ainsi... 😕
    Pour lui, martel c'est "marteau" au sens propre et " Inquiétude, ombrage, souci" au sens figuré. Il cite Molière :
    - "Je ne vois point encore, ou je suis une bête,
    Sur quoi vous avez pu prendre martel en tête"
    ,
    Le Dépit amoureux (1656)
    M'sieur Littré cite également Fr. Michel – un de ses copains sans doute... ? - lequel "voit une corruption de martin, qui était le nom de l'âne : avoir martin ou martel, serait avoir un âne, un dada, une manie".
    L'est un peu dubitatif l'Émile puisqu'il conclut :
    - Rien n'appuie cette conjecture.
    Et toc ! prends-toi ça dans les dents, l' Père Michel !... Euh... là, on n'est pas sûr que cette phrase soit de M'sieur Littré car cette liberté de langage n'était guère dans ses habitudes.
    Ou alors, il fallait qu'il soit trèèès z'en confiance, et en trèèès petit comité.
  • deLassus
    09/10/2014 à 16:57
    • En réponse à SyntaxTerror #98 le 09/10/2014 à 16:46 :
    • « Ben moi, j'ai rien compris ! »
    Moi non plus...