Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

sentir le sapin [v]

n'avoir plus longtemps à vivre ; avoir un pied dans la tombe ; être près de mourir ; être près de la fin

Origine et définition

Cette expression date de la fin du XVIIe siècle.
Le sapin ne rappelle pas uniquement les fêtes de fin d'année ou les forêts toujours vertes ; si, de nos jours, on utilise généralement des bois plus nobles, il a longtemps servi à fabriquer des cercueils, au point qu'à la fin du XVIIIe, ce macabre objet s'appelait aussi une "redingote de sapin".
C'est donc assez naturellement, mais peu charitablement, qu'on a dit de celui dont les jours étaient comptés qu'il commençait à sentir le sapin.

Exemples

Ta femme risque bientôt de [sentir le sapin].

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand bald ins Gras beißen ; bald sterben bientôt mordre dans la pelouse ; bientôt mourir
Anglais (Australie) don't buy green bananas n'achetes pas des bananes vertes
Anglais to have a graveyard cough avoir une toux de cimetière
Anglais to have one foot in the grave avoir un pied dans la tombe
Arabe (Algérie) ma bkalou ghir rl ma yehma il ne lui reste plus que de l'eau à chauffer/l'eau que l'on chauffe pour les ablutions des morts
Arabe (Tunisie) sek fel kbar ou sek elbarra un pied dans la tombe et un pied dehors
Arabe (Égypte) âla firach elmaoutt dans le lit de la mort
Bulgare да миришеш на пръст sentir la terre
Espagnol (Espagne) estar más para allá que para acá être plus par là-bas que par ici
Espagnol (Espagne) tener un pie en la tumba avoir un pied dans la tombe
Espagnol (Espagne) oler la muerte sentir la mort
Espagnol (Espagne) le quedan dos telediarios il ne lui reste plus que deux journaux télévisés
Espagnol (Espagne) estar moribundo être moribond
Espagnol (Espagne) Estar más muerto que vivo Être plus mort que vivant
Espagnol (Espagne) estar más pallá que pacá être plus par là-bas que par ici
Espagnol (Espagne) estar en las últimas être dans les dernières / Être près de la mort
Espagnol (Espagne) estar a punto de palmarla être sur le point de casser sa pipe
Espagnol (Espagne) estar a dos dedos de la muerte être à deux doigts de la mort
Espagnol (Argentine) estar mas cerca del arpa que de la guitarra être plus prés de la harpe que de la guitare
Français (Canada) avoir un pied dans la tombe ne plus en avoir pour longtemps
Français (Canada) en avoir pu pour bin longtemps n'en avoir plus pour bien longtemps
Hongrois fél lábbal a sírban van avoir un pied dans la tombe
Hongrois nem sok van már hátra neki il n'a plus longtemps à vivre
Hébreu קרב סופו (krav sofo) la bataille des extrémités
Italien avere un piede nella fossa avoir un pied dans la fosse
Italien essere vicini alla fine être proches de la fin
Néerlandais met één been in het graf staan avoir une jambe dans la tombe
Néerlandais zijn/haar dagen zijn geteld ses jours sont comptés
Néerlandais (Belgique) bijna de pijp uitzijn être preque sorti du tuyau
Polonais by? ju? jedn? nog? w grobie être déjà un pied dans la tombe
Portugais (Brésil) estar com o pé na cova être avec le pied dans la tombe
Portugais (Brésil) estar com os dias contados être avec les jours comptés
Portugais (Brésil) estar mais para lá do que para cá être plus là-bas qu'ici
Portugais (Portugal) estar com o pé na cova avoir le pied dans la tombe
Portugais (Portugal) estar nas últimas être dans les dernières
Portugais (Portugal) estar no fim être à la fin
Roumain a fi pe duca être sur le départ
Roumain a-l cauta moartea pe acasa être cherché par la mort à la maison
Roumain a fi pe patul de moarte être sur le lit de la mort
Roumain a fi cu un picior în groapă être avec un pied dans la fosse/tombe
Roumain îi hârcâie/horcăie coliva-n piept lui râle la „coliva” (gâteau des morts) dans la poitrine
Roumain a nu mai avea mult n'en avoir plus pour longtemps
Roumain a avea zilele numărate avoir les jours comptés
Russe дышать на ладан sentir l'encens
Russe его дни сочтены ses jours sont comptés
Russe стоять одной ногой в могиле avoir un pied dans la tombe
Wallon (Belgique) ecrâhî les bottes graisser les bottes
Wallon (Belgique) n'avu pus qu'les ouies à serrer n'avoir plus que les yeux à fermer
Wallon (Belgique) n'avu qu'ses mains à jonde n'avoir que ses main à joindre
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « sentir le sapin » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.

Voir aussi


Commentaires sur l'expression « sentir le sapin » Commentaires

  • #81
    <inconnu>
    12/04/2007 à 05:52
    • En réponse à eureka #18 le 11/04/2007 à 10:46 :
    • « A propos de sentir le fagot, jadis dans le temps les hérétiques ou les ceusses comme la Jehanne qu’on taxait de sorcellerie ou condamnés pou... »
    Merci de l’explication Euréka.
    @+
    gold30
  • #82
    God
    12/04/2007 à 08:51
    • En réponse à microgruel #79 le 12/04/2007 à 00:30 :
    • « Merci à file au logis (très bon jeu de mots !) pour ses souhaits de bienvenue. J’ai pris comme pseudo microgruel parceque j’aime bien Rabela... »
    Voici l’étymologie indiquée par le Grand Robert :
    ÉTYM. Fin xvie; « papillon », 1534 ; du languedocien et gascon parpailhol « papillon », à cause des vêtements blancs des calvinistes, avec probablement (P. Guiraud) l’influence de paillard.
  • #83
    <inconnu>
    12/04/2007 à 14:06
    • En réponse à memphis #45 le 11/04/2007 à 17:50 :
    • « Désolée, Claudine d’avoir indirectement provoqué une tempête hier. J’avoue bien franchement que je ne m’étais absolument pas imaginé que tu... »
    Bonjour Memphis. A partir de 17 heures je me déconnecte pour cause de bas débit.(juste 15 heures de libre accès) Si je suis allée voir ton site c’est via "les petits LU", j’ai été bien surprise de trouver l’expression du jour. Je n’en doute pas ce sont des PIRATES . C’est fini, il te remplace par les t-shirt. Même dans mon historique ils t’ont enlevé. Ils sont malins 😉
  • #84
    <inconnu>
    12/04/2007 à 14:12
    • En réponse à God #71 le 11/04/2007 à 20:18 :
    • « Pour Claudiiiiine, je crains qu’il n’y ait des causes perdues d’avance... 😉 »
    Oh God ! Si tu savais. C’est pire que cela. C’est dé-ses-pé-rant. Je m’accroche quand même. Mais ce que je fais très bien, aux dire de mes proches, ce sont les recherches. Ils font même appel à moi parfois. Comme quoi je suis quand même bonne à quelque chose. re 😄
  • #85
    Marcek
    12/04/2007 à 21:04
    • En réponse à Elpepe #80 le 12/04/2007 à 00:36 :
    • « Tu te dessapes, hein ?
      Dit le vieillard chenu lorgnant la jouvencelle.
      Las, la pauvre Juju connaissait le métier,
      Et son Jules étant mort en... »
    De l’extase à l’épectase
    Faure, là, fut très fort, qui monta droit aux cieux
    Marguerite marrie, fut dérobée aux yeux
    Par un valet soucieux de notre république
    Et qui ne voulut pas qu’à l’opprobre publique
    Son maître fut livré. Précaution inutile
    Le décès scandaleux fut connu par la ville
    De la « Pompe funèbre » on dauba à tout vent
    On rit dans les salons, même à l’enterrement !
    Etait-il donc tendu de pourpre cardinale
    Le petit nid d’amour d’où un jour s’envola
    Cette âme visitant une prostituée
    « Daniel où t’en vas-tu ? » criait la pauvre femme
    Mais il était trop tard, St Pierre avait sonné !
    Et Pie IV en son temps chevauchant une belle
    Piqua du nez, hélas (mais c’était au XVI e !)
    De ces péchés de chair qu’on ne se scandalise
    Qu’ils soient d’hommes d’Etat ou bien de gens d’église...
    Ils sont hommes de goût puisqu’ils ont su mourir
    Rendant grâce à Eros au summum du plaisir !
  • #86
    <inconnu>
    13/04/2007 à 01:39
    Aprés avoir senti le sapin , reste plus qu à aller au boulevard des allongés pour manger les pissenlits par la racine et la boucle sera bouclée , Aaaaaaaaammmmmmmmmen !
  • #87
    Paracas
    20/08/2010 à 06:14*
    I am again the first in 2010 !.........YEAH !
    Bon, donc, dans "Le testament", Tonton Georges nous prouve qu’une boite à dominos peut être aussi en chêne:
    "Est-il encor debout le chêne
    Ou le sapin de mon cercueil"
    Le texte à cette page
    Je pars en ouikinde alors je vous en souhaite un bon.........
  • #88
    momolala
    20/08/2010 à 07:02
    Relire cette page est un vrai bonheur tant sont riches la virtuosité des échanges et le contenu des contributions.
    A tous les sapins précédents je dédie ce poème de Guillaume Apollinaire sur cette page.
  • #89
    PHILO_LOGIS
    20/08/2010 à 08:15
    Eh ben moi qui en ai élagué plus d’un, hier, je sens le sapin, au propre. Oui, je me suis lavé (et levé! - quelle bonne pâte!) depuis...
    Aujourd’hui, ca va être (hêtre?) la taille de cette affreuse plante grimpante qui s’appelle Efeu en allemend. Il me faudra "efeu"iller ce monstre grimpant, le lierre. C’est beau, tant que cela n’envahit pas tout. Et quand tout est envahi, c’est comme les Perfides. Cela revient toujours... Comme le tronc principal est chez mes voissins, et qu’ils aiment cela, je subis...
    Mais je me venge! J’enterre leurs taupes. Vivantes!
  • #90
    lafeepolaire
    20/08/2010 à 08:22
    • En réponse à momolala #88 le 20/08/2010 à 07:02 :
    • « Relire cette page est un vrai bonheur tant sont riches la virtuosité des échanges et le contenu des contributions.
      A tous les sapins précéd... »
    Merci Momo, ce poème me rajeunis, je l’avais appris par à coeur l’école
    Chouette, grâce à toi et à ce rajeunissement matinal je ne vais pas sentir le sapin! D’ailleurs ici, après la fameuse "drache" de cette nuit, tout sent bon.
  • #91
    momolala
    20/08/2010 à 08:27
    • En réponse à lafeepolaire #90 le 20/08/2010 à 08:22 :
    • « Merci Momo, ce poème me rajeunis, je l’avais appris par à coeur l’école
      Chouette, grâce à toi et à ce rajeunissement matinal je ne vais pa... »
    La "drache" est ici ce matin, mais la température ne faiblit pas. Une journée seulement nous est promise qui sent le sapin pour les dernières vacances en cours, pas pour les vacanciers eux-mêmes j’espère. Ils auront moins de regrets de partir.
  • #92
    deLassus
    20/08/2010 à 08:51*
    • En réponse à momolala #4 le 11/04/2007 à 06:24 :
    • « Bonjour de ce jour encore dans la nuit. Pardon à Filo, mais je n’ai pas pu créer le lien qui nous aurait amenés directement à cette petite c... »
    Tu avais tapé toutes les paroles de cette chanson ? A 6 h du matin ?
    Tu dois connaître maintenant, mais moi quand je cherche une chanson des XXème et XXIème siècles, je vais dans lyrics.copy, et c’est presque instantané : cette page . Pour les liens, une chanson = une page.
    Le seul problème est qu’il faut connaître un chanteur ou une chanteuse qui ait la chanson à son répertoire, car le classement est par nom de chanteurs. L’autre bizarrerie est que ne figurent pas les auteurs de ces paroles.
    A part cela, d’accord avec toi : le cru d’avril 2007 était remarquable. Ah, les échanges d’alexandrins entre Marcek et Elpépé !
    PS Excuse, mais je venais de me réveiller : tu avais peut-être copié/collé. Ca me rassurerait. Ah, cette fichue et délicieuse habitude de me brancher sur expressio.fr dès que j’ouvre un oeil !
  • #93
    mitzi50
    20/08/2010 à 09:35*
    • En réponse à Paracas #87 le 20/08/2010 à 06:14* :
    • « I am again the first in 2010 !.........YEAH !
      Bon, donc, dans "Le testament", Tonton Georges nous prouve qu’une boite à dominos peut être au... »
    Quite à faire un raccourci incongru, est-il (selon Georges Brassens) préférable de sentir le sapin et d’ en être "triste comme un saule" ou sentir le tapin....car " c’ est pas tous les jours qu’ elle rigole, parole, parole, c’ est pas tous les jours qu’ elle rigo-o-le". De cette chanson, longue complainte de la rue St Denis, c’ est le dernier couplet qui est le meilleur. A l’ heure actuelle où il semblent que les petits jeunes n’ aient plus qu’ une injure à la bouche, "Fils(lle) de p....), il faudrait répondre: "il s’ en fallut de peu mon cher, que cette p... ne fut ta mère" à tous les fils et filles de bourgeois et de pécore.... et à tous les autres qui usent et abusent de cette expression. Car faire le tapin est sentir prématurément le sapin. Agressions, maladies, et que faire quand on est trop vieille pour racoler ? Je ne crois pas qu’ il existe une caisse de retraite des péripatéticiennes.....Bonne fin de semaine !
  • #94
    mitzi50
    20/08/2010 à 09:44
    • En réponse à deLassus #92 le 20/08/2010 à 08:51* :
    • « Tu avais tapé toutes les paroles de cette chanson ? A 6 h du matin ?
      Tu dois connaître maintenant, mais moi quand je cherche une chanson des... »
    Hélas... On a bien l’ interprète et les paroles, mais ni l’ auteur ni le compositeur et encore moins la partition... Et les choses se compliquent encore lorsqu’ ils’ agit d’ une chanson populaire étrangère. Je n’ ai pas encore trouvé sur le Net la partition de "El Vito" qui a été enregistré par Germaine Montero. Alors voilà : j’ ai bien les paroles (suffit de se reporter au petit livret) et la prononciation(écouter le CD et répéter doit suffire) mais prétendre étudier un morceau à l’ oreille serait très présomptueux de ma part, moi qui n’ ai jamais travaillé que sur partition !
  • #95
    cotentine
    20/08/2010 à 10:08
    sentir le sapin ? n’évoque pas toujours la fin ... certains en recherchent l’odeur avec plaisir et ont même décroché une médaille au concours Lépine ! cette page 😉
  • #96
    deLassus
    20/08/2010 à 10:18
    • En réponse à mitzi50 #94 le 20/08/2010 à 09:44 :
    • « Hélas... On a bien l’ interprète et les paroles, mais ni l’ auteur ni le compositeur et encore moins la partition... Et les choses se compli... »
    C’est ce El Vito que tu cherches ?
    cette page
  • #97
    <inconnu>
    20/08/2010 à 10:25
    • En réponse à deLassus #96 le 20/08/2010 à 10:18 :
    • « C’est ce El Vito que tu cherches ?
      cette page »
    Pourrait-on avoir une petite traduction???
  • #98
    deLassus
    20/08/2010 à 10:39*
    • En réponse à <inconnu> #97 le 20/08/2010 à 10:25 :
    • « Pourrait-on avoir une petite traduction??? »
    Avec plaisir ! Et tu auras tous les couplets. Mais ne me demande pas ce que peut être un "vito".
    cette page
  • #99
    deLassus
    20/08/2010 à 10:43
    • En réponse à mitzi50 #94 le 20/08/2010 à 09:44 :
    • « Hélas... On a bien l’ interprète et les paroles, mais ni l’ auteur ni le compositeur et encore moins la partition... Et les choses se compli... »
    On a bien l’ interprète et les paroles, mais ni l’ auteur ni le compositeur et encore moins la partition...

    Et notre ami Elpépé aurait ajouté : ... ni surtout l’éditeur de partoches !
  • chirstian
    20/08/2010 à 10:59
    • En réponse à mitzi50 #93 le 20/08/2010 à 09:35* :
    • « Quite à faire un raccourci incongru, est-il (selon Georges Brassens) préférable de sentir le sapin et d’ en être "triste comme un saule" ou... »
    Je ne crois pas qu’ il existe une caisse de retraite des péripatéticiennes.....
    mais si mais si : elles entrent dans la catégorie "travailleur indépendant" (sauf à prouver un lien de subordination avec un employeur) et payent donc des impôts dans la catégorie dite "BNC" et cotisent aux Caisses sociales. En retraite complémentaire, par exemple, elles sont affiliées à la CIPAV, (qui accueille tous ceux qui n’ont pas un régime spécial).
    La retraite en France est basée sur la solidarité inter-générationnelle. Quiconque touche des revenus doit donc payer des cotisations, même si son activité n’est pas orthodoxe.
    Maintenant, si tu penses qu’une partie de leurs revenus n’est pas déclarée, je n’en discuterai certes pas. Toutefois, dans certaines catégories (type escort-girl) le paiement se fait souvent par carte de crédit, avec facture pour pouvoir être passée dans les frais généreux de l’entreprise. Le client étranger qui vient à Paris négocier un gros contrat ne s’attend pas à visiter uniquement le Louvre et Saint Sulpice. Sauf s’il vient avec sa femme ! Eh oui, ma bonne dame, la morale sent le sapin !
    Bon : ai-je réussi à réhabiliter la profession, et susciter des vocations ?