Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

Se brosser

Être obligé de se passer de quelque chose que l'on désire.

Origine

Il va de soi que cette expression n'a rien à voir avec le fait de se passer un coup de brosse dans les cheveux, de se brosser les dents ou de faire reluire les chaussures.
En argot, "faire brosse", cité en 1808 par Dhautel, voulait dire 'manquer' ou 'faire défaut'.
Puis, en 1828, Vidocq () cite "se brosser le ventre" pour dire "se passer de manger", expression utilisée en joignant le geste à la parole, la main frottant le ventre comme dans l'espoir de faire passer cette faim qui tenaillait.
Puis, par extension et au figuré, on ne s'est plus seulement passé de manger mais de tout ce à quoi on aspirait, et le ventre a progressivement disparu de l'expression.

Ailleurs

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Tunisie Arabe Barra chaiyet Vas brosser
Allemagne Allemand Sich etwas abschminken Se démaquiller qc
Angleterre Anglais To go without Aller sans
Espagne Espagnol Quedarse en ayunas Rester à jeun
Pays-Bas Néerlandais Je kan het wel schudden Tu peux le secouer
Pays-Bas Néerlandais Naar iets kunnen fluiten Siffler à quelque chose
Pays-Bas Néerlandais Op je buik schrijven Écrire sur son ventre
Pays-Bas Néerlandais Zich erbij neerleggen Se coucher (patiement) à coté
Brésil Portugais Ficar a ver navios Rester à regarder les navires
Brésil Portugais Ficar chupando dedo Rester à sucer le doigt
Brésil Portugais Se virar Se tourner
Roumanie Roumain A r?mâne cu buzele umflate Rester les lèvres gonflées
Roumanie Roumain A se linge pe bot Se lécher le museau
Roumanie Roumain A-si pune pofta în cui Mettre son envie dans le clou
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Commentaires sur l'expression « Se brosser » Commentaires

  • #1
    • <inconnu>
    • 19/06/2006 à 08:25
    J’ai passé la brosse à reluire à mon bross, je l’ai invité à danser une brossa-nova, et j’en ai profité pour lui brosser le topo sur mes fins de mois difficiles, mais j’ai pu me brosser pour mon augmentation. Je n’ai récolté que plaies et brosses. La fée Carabrosse ne m’avait pas inspiré sur ce coup-là. La prochaine fois, j’essaierai une prière à Saint Don Brossco, ou un pèlerinage dans la forêt de Brosséliande, ou encore passer la main sur la brosse d’un brossu !
  • #2
    • chirstian
    • 19/06/2006 à 09:05
    "se brosser le ventre" ,on se demande où God va chercher tout cela ! Et il nous le dit avec un tel sérieux qu’on finirait par y croire !
    Allons, il faut quand même rappeler la vérité, même si nous la connaissons tous :
    Dans son admirable " l’insoutenable solitude du hérisson Lorrain" , le grand naturaliste BUFFON écrit :
    " lorsque madame hérisson veut se débarasser d’un monsieur hérisson trop entreprenant , elle dispose de la panoplie commune aux femelles de toutes les éspèces animales : j’ai la migraine, tu vas réveiller les enfants, ta mère va nous entendre etc...Mais elle est capable, en outre, de se mettre en boule, avec une grande efficacité. Elle accompagne cette manoeuvre d’un péromptoire "tu peux aller te brosser!". " (op cit pages 256-257)
    Et c’est en effet avec une brosse que monsieur Hérisson va se consoler : Manque de femelles consentantes ? Conséquence de sa grande myopie? Buffon reste évasif.
    Toujours est-il que pour le hérisson, la brosse à reluire, c’est aussi commode qu’une poupée gonflable, sans avoir à prévoir les rustines.
  • #3
    • microgruel
    • 19/06/2006 à 09:42
    On emploie aussi l’expression (ayant la même signification) : "Se brosser le ventre avec son dos" ou encore plus précis : "avec la peau de son dos" ; ce qui est conforme à Vidocq.
    Microgruel
  • #4
    • HoubaHOBBES
    • 19/06/2006 à 10:51
    • En réponse à chirstian #2 le 19/06/2006 à 09:05 :
    • « "se brosser le ventre" ,on se demande où God va chercher tout cela ! Et il nous le dit avec un tel sérieux qu’on finirait par y croire !
      All... »
    C’est dailleurs de là qu’est née l’expression
    "Ben quoi, tout le monde peut se tromper!" (comme disait le hérisson en descendant de la brosse !)
  • #5
    • HoubaHOBBES
    • 19/06/2006 à 10:53
    Probablement la même origine pour la très belge expression "Brosser les cours" (aller jouer une partie de pitjesbak au caberdouche du coin en dégustant un bon faro ou une gueuze : autrement dit, manquer les cours) ?
  • #6
    • chirstian
    • 19/06/2006 à 11:45*
    • En réponse à HoubaHOBBES #5 le 19/06/2006 à 10:53 :
    • « Probablement la même origine pour la très belge expression "Brosser les cours" (aller jouer une partie de pitjesbak au caberdouche du coin e... »
    ah ces Belges !
    Pour étaler ma science (et pour être sérieux un instant) : l’expression "brosser les cours" signifie initialement aller dans les champs au lieu d’aller à l’école, c’est à dire : aller dans les "broussailles" (je n’ose pas dire "dans la brousse" mais c’est bien la même famille).
    Avec la même idée, en France on parle d’école "buissonnière"
    (mais on n’y déguste pas la gueuze, même si parfois on y court la gueuse ...)
  • #7
    • Rikske
    • 19/06/2006 à 12:05
    • En réponse à HoubaHOBBES #5 le 19/06/2006 à 10:53 :
    • « Probablement la même origine pour la très belge expression "Brosser les cours" (aller jouer une partie de pitjesbak au caberdouche du coin e... »
    Je n’avais pas fait la corrélation, et pourtant, je l’ai fait plus souvent qu’à mon tour (mais c’était pour jouer au whist...)
  • #8
    • chirstian
    • 19/06/2006 à 12:12
    • En réponse à Rikske #7 le 19/06/2006 à 12:05 :
    • « Je n’avais pas fait la corrélation, et pourtant, je l’ai fait plus souvent qu’à mon tour (mais c’était pour jouer au whist...) »
    la brousse, le whist- titi : tout se tient !
  • #9
    • Rikske
    • 19/06/2006 à 12:16*
    • En réponse à chirstian #8 le 19/06/2006 à 12:12 :
    • « la brousse, le whist- titi : tout se tient ! »
    En plus, Titi était le surnom que me donnaient mes petits condisciples... Tu ne croyais pas si bien dire, hein, fieu !
  • #10
    • <inconnu>
    • 19/06/2006 à 12:17
    • En réponse à chirstian #6 le 19/06/2006 à 11:45* :
    • « ah ces Belges !
      Pour étaler ma science (et pour être sérieux un instant) : l’expression "brosser les cours" signifie initialement aller dans... »
    "L’école buissonnière" ne se pratique pas moins en Belgique qu’en France.
    Je suis perplexe au sujet du lien entre "broussaille" et "brosser" les cours.
    Dans le Petit Robert dont je dispose (1993), on lit sous "Brosser" : « RÉGION. (Belgique) FAM. "Brosser un cours", ne pas y assister volontairement. => "sécher" ».
    Un étudiant dont c’est la pratique habituelle est qualifié de "brosseur".
    En revanche, l’étudiant assidu au cours est qualifié de "manche-à-bal", apocope (si, si) pour "manche à balai" pour la raison simple qu’un manche à balai ne brosse pas.
    Par un léger glissement de sens, le manche-à-bal peut devenir un "frotte-manche" (mot belge que le Petit Robert définit comme « FAM. Flatteur. => lèchebotte. ») ou "fayot".
    Tout cela, selon mon expérience à l’Université catholique de Louvain (Belgique).
  • #11
    • <inconnu>
    • 19/06/2006 à 13:20*
    Est-ce que tous ceux qui se coiffent en « brosse » souffrent d’une petite faim ?
    Ou alors comptent ils brosser les plats-fonds…
    Grand-Mère me dit que « dans l’temps », « à la campagne », on disait un peu moqueur :
    « Qui se coiffe en brosse, se coiffe pour sa noce ! »
    Certains devaient réaliser quelques heures avant l’heure fatidique, celle de passer devant M. le Maire et/ou M. le Curé, qu’une erreur de « casting » s’était glissée dans les entrelacs de leurs critères féminins, et c’est pour cela qu’ils filaient, tel Fanfan la Tulipe et « en quatrième vitesse » ( ?) se marier avec :
    « La Grande Muette ! »
    Surnom de l’Armée Française ou de son Ministère, pareil.
    Moralité de tout ça : « Mange t’on bien à l’armée ? » ou « se brosse t’on le ventre dans ses réfectoires ? ».
  • #12
    • chirstian
    • 19/06/2006 à 14:12
    • En réponse à <inconnu> #10 le 19/06/2006 à 12:17 :
    • « "L’école buissonnière" ne se pratique pas moins en Belgique qu’en France.
      Je suis perplexe au sujet du lien entre "broussaille" et "brosser"... »
    sur l’origine du mot "brosse" = broussailles , il ne semble pas y avoir de discussion.
    Explique-t-elle le "brosser un cours" belge ? Ma source sur ce point est le Dictionnaire Culturel d’Alain Rey. Je trouve l’explication d’autant plus logique, que le parallèle avec le "buisonner" français marche bien !
    La formule " les cours sont comme les cheveux : plus ils sont longs, plus on les brosse " est-elle belge ?
  • #13
    • <inconnu>
    • 19/06/2006 à 14:39
    • En réponse à chirstian #12 le 19/06/2006 à 14:12 :
    • « sur l’origine du mot "brosse" = broussailles , il ne semble pas y avoir de discussion.
      Explique-t-elle le "brosser un cours" belge ? Ma sour... »
    La mère d’Antoine conseillait à son fils la coupe... mais il n’en avait cure.
    Il lui a dit "...dans 20 ans si tu veux..."
    Oh yeah, qu’il a dit le gars.
  • #14
    • lorangoutan
    • 19/06/2006 à 16:59
    C’est une expression sponsorisée par la Warner Brosse Company ?
  • #15
    • HoubaHOBBES
    • 19/06/2006 à 17:06
    • En réponse à chirstian #6 le 19/06/2006 à 11:45* :
    • « ah ces Belges !
      Pour étaler ma science (et pour être sérieux un instant) : l’expression "brosser les cours" signifie initialement aller dans... »
    Dans la brousse, pourquoi pas ? On est Broussellois ou on ne l’est pas ! 😉
  • #16
    • HoubaHOBBES
    • 19/06/2006 à 17:08
    • En réponse à Rikske #7 le 19/06/2006 à 12:05 :
    • « Je n’avais pas fait la corrélation, et pourtant, je l’ai fait plus souvent qu’à mon tour (mais c’était pour jouer au whist...) »
    Mon truc, c’était plutôt le billard à bouchons chez Coco Vollegaz , aux trois chapeaux ....
  • #17
    • <inconnu>
    • 19/06/2006 à 18:24
    L’expression devait sans doute être aussi dite aux hommes, recalés de faveurs féminines. L’homme à la femme : "ca te dirait, un p’tit coup près du lavoir?"
    La femme à l’homme : "Tu peux aller te brosser le bas-ventre toi !"
    Sous-entendu : "tu peux t’astiquer tout seul." (Pauvre homme)
    Désolé, mais il fallait ouvrir ce chapitre. Si cela choque qq1, allez, passez l’éponge ou la balayette... 🙁
  • #18
    • cotentine
    • 30/08/2010 à 00:21
    "tu peux toujours te brosser" répond-on à quelqu’un à qui on refuse un petit service ... = tu peux toujours attendre, tu n’auras rien !
  • #19
    • cotentine
    • 30/08/2010 à 00:28
    on se brosse avec ... une brosse, oui, mais laquelle choisir ? 😉
    Je viens de lire des tas de détails sur ces "brosses" diverses où tout diffère selon l’empoilage cette page
    au XVème siècle, une brosse s’appelait une "vergette" : elle servait à épousseter les habits.
    au XIXème, les brosses étaient omniprésentes et servaient pour tout. Il y avait des "cure casseroles", des brosses à poêle ou à fourneaux, des "araignoirs", des brosses hérisson à polir, des "escouvettes", des balais à double tête, des "côtes de boulanger" pour les escaliers ...
    la brosse à dents aurait été inventée en Chine au XVème siècle (elle était faite à l’époque d’un morceau de bambou ou d’os hérissé de poil de cou de sanglier)
  • #20
    • <inconnu>
    • 30/08/2010 à 04:05
    • En réponse à <inconnu> #10 le 19/06/2006 à 12:17 :
    • « "L’école buissonnière" ne se pratique pas moins en Belgique qu’en France.
      Je suis perplexe au sujet du lien entre "broussaille" et "brosser"... »
    Si le brosseur parti retrouver sa gueuze dans les broussailles rencontre un parent chemin faisant, il lui raconte des cracks ou crosses, et voilà notre brosseur crosseur. Et s’il se fait racompagner chez lui par le coin de l’oreille, la gueuze lui faisant défaut, il n’aura plus qu’à se brosser (ou se crosser) !