Les expressions françaises décortiquées
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mordre la poussière [v]

ramasser un gadin ; casser sa pipe ; être jeté à terre au cours d'un combat ; être vaincu ; être jeté à terre ; perdre ; tomber dans une lutte ; tomber à terre ; subir un revers ; subir une défaite

Origine et définition

Beurk !
Ceux qui ont déjà eu la 'chance' d'avoir du sable ou de la poussière dans la bouche savent que ce n'est jamais volontairement et volontiers qu'on mord la poussière.
Si cela nous arrive, c'est soit involontairement à la suite d'une chute, soit parce qu'on a voulu ou été contraint de se frotter à plus fort que soi et que ce malotru nous a précipité la tête la première à la rencontre du plancher des vaches.
Si cette expression est très ancienne (la métaphore est parfaitement compréhensible et les combats de lutteurs avaient souvent lieu sur des terrains de sable ou de terre poudreuse), son sens étendu ne semble être utilisé que depuis le XVIIe siècle, époque où on utilisait également "mordre la terre".
Mais vu ce qu'il nous en reste aujourd'hui, cette dernière a visiblement mordu la poussière.

Exemples

J'ai joué au cow-boy et j'ai mordu la poussière.
Et c'est possible qu'ici pas mal de gens seraient très heureux de voir le dernier cobra royal mordre la poussière.
Il a dit "Frank", donc l'enfant doit mordre la poussière.
Si vous stoppez le programme ou "frappez sur le bois" qu'ils mordent la poussière, et faites confiance que j'il se produit.
Tout le monde doit mordre la poussière pour tracer sa route.

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand den Löffel abgeben rendre la cuillère
Allemand die Radieschen von unten betrachten contempler les radis par dessous
Allemand ins Gras beißen mordre dans la pelouse / herbe
Anglais bite the dust mordre la poussière
Anglais eat dirt manger de la saleté
Anglais to bite the dust mordre la poussière
Anglais to kiss the ground embrasser le sol
Anglais wipe the floor essuyer le plancher
Anglais (USA) to cry uncle crier oncle
Anglais (USA) to eat it manger
Anglais (USA) to go down descendre
Arabe (Tunisie) iseff ettrab aspirer le sable
Autre fer l'ànec faire le canard
Espagnol (Espagne) mordre la poussière (entregar la cuchara) rendre la cuillère
Espagnol (Espagne) estirar la pata (mordre la poussière) alonger la pate
Espagnol (Espagne) morder el polvo mordre la poussière
Français (Canada) crier mon oncle admettre sa défaite
Gallois llyfu'r llwch lécher la poussière
Grec τρώω χώμα je mange la terre
Hongrois feldobja a bakancsot/papucsot/prakkert/talpát être jeté à terre
Hébreu נחל כישלון חרוץ subir un échec cuisant
Italien mangiare la polvere manger la poussière
Italien mordere la polvere mordre la poussière
Néerlandais knock-out gaan par la suite d'un coup, être mis / hors combat
Néerlandais veeg de vloer essuyer le plancher
Néerlandais geheel ingemaakt worden ; typiquement foot, du milieu du 20e S) être complètement battu
Néerlandais (Belgique) in het zand bijten mordre le sable
Néerlandais geklopt worden être battu, ayant perdu complètement
Polonais gry? ziemi? mordre le sol
Portugais (Portugal) beijar a lona embrasser la toile
Roumain a o lua în dinţi la prendre aux dents
Roumain a mânca pamânt manger de la terre
Roumain a muşca ţărâna mordre la poussière
Suédois bita i gräset mordre l'herbe
Turc toz yutturmak faire avaler la poussiere
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « mordre la poussière » Commentaires

  • DiwanC
    12/10/2015 à 18:16*
    Quand M'sieur Rey mord la poussière... Il commence avec le verbe bien sûr.
    Mordre qui apparait dès 1080 avec le sens que l'on connaît : entamer avec les dents. Au sens figuré, on trouve tourmenter, piquer, chagriner. On se mord la langue en 1566 età la même époque, on mord la poussière. Puis vont venir de délicieux dérivés : mordiller, mordillure, mordillonner, mordette...
    Quant à poussière, elle viendrait de Lorraine, de Wallonie, de Franche-Comté, avec un petit soupçon de provençal au XIIIe s., mais toujours avec le sens de #terre desséchée réduite à l'été de fines particules"...
    Allez... je dépoussière le plancher et vous laisse à votre bonne humeur !
    🙂
  • Ratanak
    12/10/2015 à 19:24
    • En réponse à saharaa #160 le 12/10/2015 à 17:42 :
    • « Le véto n'était pas content, son chat Pussy hier l'a mordu ! »
    🙂
  • Utilisateur supprimé
    12/10/2015 à 19:26*
    Veuillez excuser le tardif :
    Solution : rhamphorhynchus se décortique en :
    rend, rand, rang
    fort, fore
    renfort
    amphore
    forain
    rein
    hein
    cul, qu'eût
    qu'eusses
  • Utilisateur supprimé
    12/10/2015 à 19:45
    • En réponse à Utilisateur supprimé #163 le 12/10/2015 à 19:26* :
    • « Veuillez excuser le tardif :
      Solution : rhamphorhynchus se décortique en :
      rend, rand, rang
      fort, fore »
    Merzi à ceu guilent on gonbtibuée au jeu aux packs !
  • SyntaxTerror
    12/10/2015 à 19:45
    • En réponse à Utilisateur supprimé #163 le 12/10/2015 à 19:26* :
    • « Veuillez excuser le tardif :
      Solution : rhamphorhynchus se décortique en :
      rend, rand, rang
      fort, fore »
    Mes zalors !
    Nos différentes suggestions sont passées à la Trappe, comme disent les Belges amateurs de bière ! On s'est déjà mis en grève pour moins que ça !
    Scusez aussi le retard, Reverpressio m'avait supprimé mes privilèges, plus de flèche ni de crayon !
  • Ratanak
    12/10/2015 à 19:50*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #163 le 12/10/2015 à 19:26* :
    • « Veuillez excuser le tardif :
      Solution : rhamphorhynchus se décortique en :
      rend, rand, rang
      fort, fore »
    Le rand est de trop, le D se prononce, il n'y a pas homophonie avec rend et rang 😄
  • Ratanak
    12/10/2015 à 19:57
    • En réponse à SyntaxTerror #165 le 12/10/2015 à 19:45 :
    • « Mes zalors !
      Nos différentes suggestions sont passées à la Trappe, comme disent les Belges amateurs de bière ! On s'est déjà mis en grève po... »
    Reverpressio m'avait supprimé mes privilèges, plus de flèche ni de crayon !

    Ah tu me rassures, j'ai eu ça aussi c't'aprem 😉
  • Utilisateur supprimé
    12/10/2015 à 20:01*
    • En réponse à Ratanak #166 le 12/10/2015 à 19:50* :
    • « Le rand est de trop, le D se prononce, il n'y a pas homophonie avec rend et rang 😄 »
    Je suis d'accord avec toi, Mintaka a été se gourer sur la prononciatiation,
  • saharaa
    12/10/2015 à 22:29*
    Il y avait aussi us comme dans us et coutumes !
  • madame
    13/10/2015 à 01:48
    to bite the dest = to die, be killed (U.S. English )
  • Clarita
    16/10/2015 à 14:36
    Si "mordre la poussière" veut dire qu'on est vaincu, mais pas nécessairement qu'on est mort, les trois traductions à l'allemand ne sont pas correctes, parce que toutes les trois signifient que la personne est morte
  • Psylocybe
    05/02/2020 à 01:58*
    L’aube pointe à peine en ce froid matin de février. La Princesse Galeuse frissonne à la panne, sous le vent glacial des Sept-Iles.
    Un cri alarmant retentit dans la nuit qui s’estompe; la vigie de cacatois s’égosille : Voile à bâbord!
    ֎֎֎
    La capitaine Iphigénie apparait bientôt sur le pont en liquette d’hiver, les cheveux en broussailles, dépenaillée; elle monte à la dunette : Eh bien, Ange, Qué zaco, s’adresse-t-elle à son lieutenant de quart de barre? Reniflant et se grattant l’intérieur des cuisses qu’elle a un peu poilu, elle empoigne la lunette qu’il lui tend : J’vais voir ce que c’est. Elle scrute l’horizon et le vaisseau qui s’approche : C’est un trois-mâts barque, c’est pas un Rosbif, il va grand largue et s’il continue, il va s’endrosser sur les écueils. C’est pas normal : qu’on me réveille les gabières, ces tire-au-flanc! Qu’on sonne la cloche de branle-bas et ramenez-moi cette salaude d’Alli Oulli!
    ֎֎֎
    La salaude est déjà en route; sous la peau de ses jambes qui frémit, on devine les linéaments de muscles puissants, presque virils de la gabière. Elle ne tremble pas de froid, mais de fougue contenue. Son corps un peu velu de Patagone blonde et boréale, endurci à l’ouvrage, ex(h)al(t)e une sueur musquée (musclée?) qui à la fois attire et rebute; les matelots s’écartent, craintifs du phénomène qui d’un pas décidé monte à la dunette où, la main sur la barre à roue, Iphigénie dirige la Princesse Galeuse vers le vaisseau en péril : Eh ben Alli, c’est le temps avec ton escadron de pouliches des vergues (ondées) de nous montrer ce que tu sais faire. On doit aborder ce rafiot en douceur et lui mettre le grappin dessus, la barre ne suffit pas, il faudra jouer de la voile et je compte sur toi. On n’est pas obligé de s’aimer!

    Aye, aye, ma capitaine ! grogne Alli avec un accent Sami (par sa mère).

    D’un geste convenu, elle fait monter son équipe de gabières dans les vergues, où ils déferlent les voiles. Bientôt, la Princesse Galeuse monte à la mer, gagnant de vitesse, sa capitaine tirant des bords qui font pencher la nef pirate dangereusement. En peu de temps, ils sont bord à bord avec le navire en perdition qu’elle agrappine.

    Alli, Alli, vous allez me lui carguer la voilure avant qu’elle nous entraine sur les récifs. Ça presse!

    Agiles comme des singes, les gabières d’Alli Oulli ont tôt fait d’abattre et de ferler les voiles du vaisseau fantôme, qui s’immobilise enfin, dansant dans la houle, de conserve avec la Princesse Galeuse accrochée à ses flancs.
    ֎֎֎
    Sur le pont de la mystérieuse embarcation, c’est le silence total, sauf les bruissements inquiétants des vagues qui se brisent sur les rochers. Où sont les matelots, les lieutenants, le capitaine? Iphigénie et Alli Oulli arpentent le pont du navire abandonné quand soudain un couinement de porte attire leur regard. Surgit du carré des officiers, une créature attifée comme pour un bal qui aurait mal tourné, suivie d’un jeune homme en habit de gala en désordre, affublé d’une barbe mal taillée et fumant un mauvais cigare.

    Vous êtes qui vous, et pourquoi n’y a-t-il pas d’équipage, demande Iphigénie?

    L’homme répond avec un fort accent autrichien: Je suis le professeur Sigmund Freud et voici ma collègue Lioulia Andréas-Salomé, nous étions en route pour New-York quand le malheur nous a frappé; je n’ai jamais mordu la poussière face au destin, mais cette fois-ci, il faut croire que Neptune nous en voulait et, bien qu’athée, je soupçonne quelque forces maléfiques en œuvre sur cette coque de noix. Si j’avais un conseil à vous donner, quittez ce bord au plus vite et oubliez que vous nous avez jamais vus!
    (à suivre)
  • deLassus
    05/02/2020 à 06:08*
    • En réponse à Psylocybe #172 le 05/02/2020 à 01:58* :
    • « L’aube pointe à peine en ce froid matin de février. La Princesse Galeuse frissonne à la panne, sous le vent glacial des Sept-Iles.
      Un cri... »
    Reniflant et se grattant l’intérieur des cuisses qu’elle a un peu poilu, elle empoigne la lunette qu’il lui tend...

    Ravi de te relire, tu nous a manqué pendant quelques jours.
    Nous (enfin, je) sommes impatients de connaître la suite des aventures d'Iphigénie en torride*.

    *Je sais, je l'ai déjà casée, mais je ne m'en lasse pas !
  • atheofv
    05/02/2020 à 07:59
    • En réponse à deLassus #173 le 05/02/2020 à 06:08* :
    • « Reniflant et se grattant l’intérieur des cuisses qu’elle a un peu poilu, elle empoigne la lunette qu’il lui tend...

      Ravi de te relire, tu... »
    Iphigénie en torride*.

    "*Je sais, je l'ai déjà casée, mais je ne m'en lasse pas !"

    D'autant que j'en suis l'auteur.

    Pirate !
  • deLassus
    05/02/2020 à 08:26*
    • En réponse à atheofv #174 le 05/02/2020 à 07:59 :
    • « Iphigénie en torride*.

      "*Je sais, je l'ai déjà casée, mais je ne m'en lasse pas !" »
    Tout à fait désolé, ça m'aura échappé !
    Pour une fois que je trouvais un jeu de mots...
    Oserai-je dire que les grands esprits se rencontrent ?
  • Utilisateur supprimé
    05/02/2020 à 09:14*
    • En réponse à deLassus #175 le 05/02/2020 à 08:26* :
    • « Tout à fait désolé, ça m'aura échappé !
      Pour une fois que je trouvais un jeu de mots...
      Oserai-je dire que les grands esprits se rencontre... »
    Je pense que tu t'aventures vers de grandes désillusions. 😄
  • atheofv
    05/02/2020 à 11:41
    • En réponse à Utilisateur supprimé #176 le 05/02/2020 à 09:14* :
    • « Je pense que tu t'aventures vers de grandes désillusions. 😄 »
    La jalousie est un vilain défaut...
  • chirstian
    05/02/2020 à 12:00
    avec deux sous de jugeote, deux doigts de poussière, et les dents longues, celui qui veut mordre la poussière à belles dents risque de s'en mordre les doigts.
    vieux proverbe dactylodentaire qui gagnerait à être dépoussièré.
  • SyntaxTerror
    05/02/2020 à 12:48
    Mon encyclopédie en ligne me signale que c'est l'anniversaire (en 146 avant JiCé) de la fin de la troisième et dernière guerre punique. Les Carthaginois ont mordu la poussière.
  • joseta
    05/02/2020 à 12:50*
    - Avant de mordre la poussière en 1968, Martin King avait beaucoup lutté en combat ?
    - que dis-tu insensé ? c'était un pasteur pour la paix... non-violent !
    - alors pourquoi on l'appelait Martin lutteur King ?
    Bof !