échouer ; subir un échec ; faillir ; manquer
Origine et définition
Autrefois, lorsqu'on soulevait le capot d'une voiture, on pouvait avec délectation (ou rage selon les circonstances et son goût pour le cambouis) se pencher sur le delco, le carburateur ou les bougies, pour les démonter et les remettre en état de fonctionner. Aujourd'hui, la sophistication des moteurs et l'omniprésente électronique impose de laisser sa voiture entre les mains d'un homme de l'art.
Mais où nous entraîne-t-il, vous dites-vous ? Quel peut bien être le rapport entre le capot et la veste ? Eh bien il n'est pas aussi lointain qu'on pourrait le penser, pour qui aime les jeux de mots.
En effet, causons d'abord de ce fameux capot ; dans une de ses acceptions, ce mot désigne quelque chose qui sert à protéger. Sur une voiture, c'est le moteur qui est protégé. Mais plus anciennement il a aussi été un manteau à capuchon, sens d'où nous vient l'appellation de ce manteau long qu'on appelait capote comme la capote militaire que portaient nos poilus pendant la première guerre mondiale.
Mais dans une autre de ses acceptions, capot s'utilise dans certains jeux de cartes pour désigner celui qui termine une partie sans avoir fait aucune levée (« il est capot », « faire quelqu'un capot »).
Ce mot, apparu avec ce sens au début du XVIIe siècle, a assez logiquement évolué vers « humilié » (comme l'est celui qui est fait capot). Récupéré par l'allemand, il est devenu le bien connu « kaputt ».
Mais en restant dans le jeu de cartes, la capote, qui n'est pas en glaise, a désigné le coup par lequel l'adversaire est fait capot.
Et c'est là que, au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, par un très subtil jeu de mot digne de l'almanach Vermot (et même si on n'a jamais dit « prendre une capote »), la capote du jeu de cartes, symbole de l'échec, s'est transformée en veste, un autre vêtement.
Et si les premières utilisations de notre expression se sont d'abord appliquées à celui qui perd des élections, elle s'est assez vite répandue dans tous les domaines.
Exemples
« Avec Truman Capote, Tom Wolfe et George Plimpton, il [Norman Mailer] a créé un genre, le "nouveau journalisme"; grâce à son style torrentiel et vitupérant, il a raflé deux prix Pulitzer, transformant la politique en tragédie et l'Histoire en roman; parce qu'il est rebelle et "compliqué", il a marché sur le Pentagone, fréquenté l'asile psychiatrique et la prison, pris une veste mémorable aux élections municipales de New York, boxé quelques rounds avec Ali, assommé Gore Vidal sur un plateau de télé... et influencé toute une génération d'écrivains, qui voient en lui le seul véritable héritier de Hemingway. »
L'Express - Article du 15 mai 2003
« Sur le globe, une fois écartés les originaux de tous poils, quatre Pères Noël sérieux revendiquent le titre: celui du Groenland, de Suède, de Norvège et de Finlande. La proximité du cercle polaire nourrit le mythe et, du même coup, leur tient lieu de légitimité. Mais c'est le Père Noël finnois qui tient la corde. Son succès commercial écrase les autres. Au Groenland, Santa Claus en est à ses premiers pas et ne cache pas ses prétentions politiques: il s'est bombardé «croisé» de la cause des enfants malheureux à travers le monde. Quant au Suédois, il a pris une veste commerciale. Jolupukki règne, donc, sur une aimable montagne de marks finlandais. »
Libération - Article du 23 décembre 1994
Comment dit-on ailleurs ?
| Langue |
Expression équivalente |
Traduction littérale |
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Allemand
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auf die Nase fallen
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tomber sur le nez |
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Anglais
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to be beaten hollow
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être battu à vide |
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Anglais
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to take it on the chin
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le prendre sur le menton |
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Anglais (USA)
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to get one's ass handed to one |
se faire remettre son cul |
|
Anglais (USA)
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to strike out
|
frapper dehors |
|
Anglais (USA)
|
to take a bath
|
se faire prendre un bain |
|
Anglais (USA)
|
to tank
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finir dans la fosse |
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Arabe (Tunisie)
|
oqôdd position |
assis toi en position |
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Espagnol (Argentine)
|
ser un fracaso
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subir un echec |
|
Espagnol (Espagne)
|
Fracasar
|
Échouer |
|
Espagnol (Espagne)
|
recibir calabazas
|
recevoir des citrouilles |
|
Espagnol (Espagne)
|
Tener un fracaso
|
Subir un échec |
|
Français (Canada)
|
faire Kaputt |
subir un échec |
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Français (Canada)
|
faire patate |
rater son coup |
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Français (Canada)
|
fouerrer ou fouairer |
échouer |
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Hongrois |
orra bukik / elhasal |
tomber sur le nez / capoter / faire fiasco |
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Hébreu
|
התחרבן
|
j’ai des frissons |
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Hébreu
|
נחל מפלה
|
subir une défaite |
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Italien
|
far fiasco
|
faire fiasco |
|
Néerlandais |
een klap krijgen
|
prendre un coup |
|
Néerlandais |
een sof hebben
|
avoir un malheur / défaite |
|
Néerlandais |
een strop hebben
|
avoir un piège |
|
Néerlandais |
een zeperd krijgen
|
subir un traitement à savon |
|
Néerlandais |
op je bek gaan
|
se casser la gueule |
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Portugais (Brésil)
|
levar uma rasteira
|
être victime d'un croche-pied |
|
Portugais (Brésil)
|
tomar uma lavada
|
subir une humiliation |
|
Portugais (Portugal)
|
levar um chão
|
poser |
|
Roumain |
a capota
|
capoter |
|
Roumain |
a da chix
|
donner kix |
|
Roumain |
a o lua în barbă
|
la prendre au menton |
|
Roumain |
a o lua în freză
|
la prendre dans ses cheveux |
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