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foutre le camp [v]

se barrer ; ficher le camp ; déguerpir ; se tirer ; barrer ; décamper ; dégager d'ici ; s'en aller

Origine et définition

Si cette expression est incontestablement une version vulgaire et avec une notion d'urgence de "lever le camp", les lexicographes se déchirent quant à son origine, puisque nous avons justement deux camps face à face, avec à ma droite Alain Rey qui dit que 'ficher' n'a pas de lien avec le sens qu'on lui connaît de 'planter' et, à ma gauche, Claude Duneton qui affirme le contraire.
Une chose semble sûre, en l'état actuel de la littérature : c'est ficher le camp qui est apparu en premier au milieu du XVIIIe siècle.
Le 'foutre' équivalent vulgaire de 'ficher' n'arrivant sur les lèvres que quelques années plus tard, vers la fin du même siècle.
Alain Rey, donc, nous dit que 'ficher' et 'foutre' sont souvent associés au verbe 'prendre' (par exemple, on prend une raclée quand quelqu'un nous en fout une).
Or, au XIXe siècle, l'expression "prendre son camp" voulait dire "ramasser son matériel" ou "plier sa tente", significations qui sont incluses dans "lever le camp". Et on serait donc facilement passé de "prendre son camp" à ficher le camp via "lever le camp".
Mais la chronologie de la chose laisse un doute, l'expression "prendre son camp" avec le sens indiqué n'existant apparemment pas au XVIIIe siècle contrairement à ficher le camp.
Et c'est là qu'à ma gauche, surgit Claude Duneton, qui nous dit : "Mais vous n'y êtes pas, mon bon !".
Car il est clair qu'au XVIIe siècle 'ficher' et 'planter' peuvent s'utiliser indifféremment avec le même sens. En effet, si ficher un drapeau dans le sol, c'est aussi l'y planter, on note que Furetière en 1690 écrit : « Ficher se dit quelquefois, mais bassement, en parlant des personnes qui sont debout et immobiles. »
Or, ne dit-on pas aussi d'une personne immobile qu'elle est plantée (par allusion, bien sûr, aux plantes, forcément immobiles) et, toujours au figuré, ne dit-on pas, comme l'a écrit Jean-Jacques Rousseau, qu'on a planté là une personne qu'on a abandonnée.
Alors si on admet que, dans l'urgence, on abandonnait carrément le campement pour déguerpir, on pouvait indifféremment dire "on le plante" ou "on le fiche".

Exemples

« Voulez-vous foutre le camp tout de suite, bon sang de bon sang. Je vais vous faire boucler par les cognes, vieille toupie ! »
Pierre Mac Orlan - Le chant de l'équipage - 1918
« Dites donc, est-ce que je suis votre servante, ou la portière de ces dames, pour vous répondre, mal élevé que vous êtes ?... Voulez-vous bien me ficher le camp et me laisser soigner mon pot ! Et, en parlant ainsi, elle se raccroupit devant son fourneau. »
Michel Masson - Albertine - 1845

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand abhauen abattre, casser en coupant
Allemand sich auf die Socken machen se mettre sur ses chaussettes
Allemand sich aus dem Staub machen s'éloigner de la poussière
Allemand sich verkrümeln s'émietter
Allemand verschwinden disparaître
Anglais to clear off se dégager
Anglais (USA) to get the hell out of Dodge ou get the hell out emportez l'enfer avec vous
Anglais (USA) to get outta here / there sortir d'ici / de là
Anglais (USA) to blow souffler
Anglais (USA) to beat it la battre
Anglais get the hell out sortez de là
Anglais to fuck off baiser de là
Anglais piss off foutre le camp
Anglais (USA) to skedaddle décamper
Anglais get out sortir
Anglais bugger off
Anglais (USA) to scram décamper
Arabe نخرج nous sortons
Chinois 滚出去 déploiement
Chinois roll
Chinois 离开这 quitter ici
Espagnol (Espagne) darse el bote se donner le bond
Espagnol (Espagne) esfumarse se volatiliser
Espagnol (Espagne) fotre el camp foutre / fiche le camp
Espagnol (Espagne) largar lâcher
Espagnol (Espagne) largarse s'en tirer
Espagnol (Espagne) salir pitando sortir en sifflant
Espagnol (Espagne) se largue dégagez
Espagnol (Espagne) te largues tu dégages
Espagnol (Espagne) a tomar viento à prendre du vent
Espagnol (Argentine) rajarse s'en aller en courant
Espagnol (Argentine) salir cagando partir en chiant
Français (Canada) sacrer le camp
Hébreu הסתלק מן המקום (histalèk minn hamakom) congé
Hébreu הרים עוגן (harim oguènn) les montagnes sont ancrées
Italien andare via partir
Italien levare le tende enlever les tentes
Italien tagliar la corda couper la corde
Néerlandais afnokken, aftaaien foutre le camp
Néerlandais zich uit de voeten maken se faire hors des pieds
Néerlandais hier weg loin ici
Néerlandais oprotten, opsodemieteren foutre le camp
Néerlandais (Belgique) er uit neuken s'en foutre
Néerlandais oplazeren, opdonderen, opflikkeren, opkrassen foutre le camp
Néerlandais m smeren se beurrer
Néerlandais opdonderen tonnerre
Néerlandais oprotten émeute
Polonais się stąd wynosić il y a une distance de
Portugais (Portugal) sair de lá sortir de là
Portugais (Portugal) puxar o carro tirer la voiture
Portugais (Portugal) dar no pé marcher
Portugais (Portugal) cair no mundo tomber dans le monde
Portugais (Portugal) cair fora se dégager
Portugais (Brésil) se mandar s'envoyer
Portugais (Brésil) picar a mula piquer la mule
Portugais (Brésil) dar no pé donner au pied
Roumain a spăla putina laver le tonneau
Roumain pleca naibii aller le diable
Roumain plecăm dracului on va s’écarter du chemin
Roumain a se căra naibii/dracului se porter au diable
Russe к черту à l’enfer
Russe убраться отсюда sors de là
Serbe idi do djavola! ficher le camp
Suédois lämna fältet quitter le camp
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « foutre le camp » Commentaires

  • #41
    deLassus
    06/01/2010 à 10:52
    • En réponse à chirstian #36 le 06/01/2010 à 10:28 :
    • « s’enficher c’est se faire porter pal. Comme en littérature, c’est l’introduction qui est la plus délicate. »
    Encore une quasi-citation : Celle-ci je l’aime bien parce que je suis immergé dans la "belle" époque depuis 3 jours !
    Source : Citations EVENE
    > Les dictatures militaires sont comme le supplice du pal : elles commencent bien, mais elles finissent mal.
    [Georges Clemenceau]
  • #42
    cotentine
    06/01/2010 à 10:59
    • En réponse à deLassus #10 le 06/01/2010 à 07:54 :
    • « Zut ! Mon fils aussi ! »
    le mien itou ! il a fichu le camp, un jour d’automne pour Jersey,il y a 10 ans, puis Guernesey et le v’là im-planté en Pays de Galles depuis 1 an, sur la même île que la fée polaire ! 😉
  • #43
    <inconnu>
    06/01/2010 à 11:07
    • En réponse à momolala #17 le 06/01/2010 à 09:07 :
    • « Ah queu non ! Tu ne m’as pas convaincue. J’ai dû être piquée par une des mouches de Chirstian ! Mais si je vois bien que ficher et foutre pe... »
    Y a-t-il un droit de revanche ? 🙂
  • #44
    <inconnu>
    06/01/2010 à 11:09*
    • En réponse à deLassus #41 le 06/01/2010 à 10:52 :
    • « Encore une quasi-citation : Celle-ci je l’aime bien parce que je suis immergé dans la "belle" époque depuis 3 jours !
      Source : Citations EVE... »
    Donc, il vaut mieux être inscrit sur un carnet de bal, que sur un carnet de pal ? Et si c’est le deuxième cas, mieux se faire porter pâle... 😉
  • #45
    cotentine
    06/01/2010 à 11:12
    • En réponse à <inconnu> #23 le 06/01/2010 à 09:31 :
    • « Et qui s’appellera Blaireau, avec son chien qui s’appelle “Fout le camp” ? 🙂 »
    tu as dit : "Blaireau" ? serait-ce celui-ci ? cette page 😄
  • #46
    <inconnu>
    06/01/2010 à 11:16
    • En réponse à momolala #17 le 06/01/2010 à 09:07 :
    • « Ah queu non ! Tu ne m’as pas convaincue. J’ai dû être piquée par une des mouches de Chirstian ! Mais si je vois bien que ficher et foutre pe... »
    Dixit Napoléon: «La seule victoire avec les femmes réside dans la fuite»
  • #47
    <inconnu>
    06/01/2010 à 11:24*
    • En réponse à cotentine #45 le 06/01/2010 à 11:12 :
    • « tu as dit : "Blaireau" ? serait-ce celui-ci ? cette page 😄 »
    Mais bien sûr: avec Parjut (Moustache, ami de Georges Brassens). Sans oublier le futur (sic) Antoine des Tontons flingueurs. Heu, je n’ai pas vu et revu, le DVD autant que celui des Tontons, ou encore des Barbouzes...
    Et j’adore Alphonse Allais, entre autre: «Pourquoi prendre la vie au sérieux ? De toute façon nous n’en sortirons pas vivants». Humour noir, j’en conviens. Comme toutes les citations sur les cimetières remplir de gens indispensables. Georges Clémenceau lui-même a fait une phrase sur la question...
  • #48
    <inconnu>
    06/01/2010 à 11:28
    Quand on levait le camp, avec les petits louveteaux, on essayait de laisser le champ du brave paysan qui nous avait hébergés, propre, nickel.
    Y’avait bien quelques herbes sêches à l’emplacement des tentes mais pas un papier sale, pas de vieux restes au pied des arbres.
    Et dans la maisonnette qu’il nous avait prêtée comme Q G, on laissait toujours une longue lettre-parchemin avec des dessins des gosses et un joli bouquet de fleurs de genêt...🙂
  • #49
    <inconnu>
    06/01/2010 à 11:52
    • En réponse à <inconnu> #39 le 06/01/2010 à 10:40* :
    • « Et ici à Nonancourt, (Eure - Normandie), il y a qq centimètres de neige. Gare s’il pleut un peu, ça donne des trottoirs du genre patinoire..... »
    à Strasbourg(c’est en France) il gèle : fichons le camp au soleil
  • #50
    <inconnu>
    06/01/2010 à 11:53
    • En réponse à <inconnu> #48 le 06/01/2010 à 11:28 :
    • « Quand on levait le camp, avec les petits louveteaux, on essayait de laisser le champ du brave paysan qui nous avait hébergés, propre, nickel... »
    bravo,vous avez levé le camp proprement avant de foutre le camp,tès bel exemple bravo!
  • #51
    chirstian
    06/01/2010 à 12:17
    c’était une belle plante, avec le charme des rousses.
    Je l’avais plantée là, en espérant qu’elle pousse.
    Las, quand elle fut à point, prête à être effeuillée,
    Le jour où j’arrivais, à la main mes œillets,
    Le sourire conquérant, la moustache agressive,
    La belle était partie, laissant une missive
    m’invitant tout de go à m’en aller me faire
    foutre par je ne sais qui. En un mot : le contraire
    de ce que je rêvais, sans avoir su lui dire.
    Amis qui m’en croyez cessez donc de rire.
    Prenez la dans vos bras, montrez lui votre amour,
    Ne la plantez jamais, gardez la bien, toujours...
  • #52
    <inconnu>
    06/01/2010 à 12:28
    • En réponse à <inconnu> #49 le 06/01/2010 à 11:52 :
    • « à Strasbourg(c’est en France) il gèle : fichons le camp au soleil »
    Je n’en doute pas un seul instant, ayant habité pas très loin, en fait, à Montbéliard. Et l’hiver 1962 était pas mal, avec 1m à 1,20m de neige à certains endroits et des congères en veux-tu en voilà. Et avec un léger redoux suivit d’un coup de froid, de la neige gelée sous la neige fraîche, les gamelles étaient nombreuses. Presque tout le monde avait en poche, et quand il fallait, installés, des crampons avec un élastique... Et des -10°C minimum régulièrement voire -15°C, ou même -20°C quelque fois mais pas aussi souvent qu’en Suisse, quasiment juste à côté. Jura, par exemple.
  • #53
    mickeylange
    06/01/2010 à 12:56
    • En réponse à <inconnu> #52 le 06/01/2010 à 12:28 :
    • « Je n’en doute pas un seul instant, ayant habité pas très loin, en fait, à Montbéliard. Et l’hiver 1962 était pas mal, avec 1m à 1,20m de nei... »
    Jura, par exemple.

    Qu’on ne l’y reprendrait plus.
    Maître corbeau
  • #54
    <inconnu>
    06/01/2010 à 12:57*
    • En réponse à <inconnu> #49 le 06/01/2010 à 11:52 :
    • « à Strasbourg(c’est en France) il gèle : fichons le camp au soleil »
    fichons le camp au soleil
    Aux Baléares ? Madère, (sauf erreur ?) l’île du printemps perpétuel... et en plus une excellente spécialité locale dont il ne faut pas abuser... dixit la loi Evin...
    Mais un bon couscous-poulet, ou un méchoui (un petit bout....) n’est pas pour me déplaire
  • #55
    <inconnu>
    06/01/2010 à 13:00*
    • En réponse à chirstian #51 le 06/01/2010 à 12:17 :
    • « c’était une belle plante, avec le charme des rousses.
      Je l’avais plantée là, en espérant qu’elle pousse.
      Las, quand elle fut à point, prête... »
    m’invitant tout de go à m’en aller me faire foutre
    . Certes, mieux s’en foutre que s’en faire foutre, sauf si l’on apprécie la chose... 😄
    Mais c’est le pb de chacun, en son âme et conscience, comme disent les juristes. 😉
  • #56
    <inconnu>
    06/01/2010 à 13:04*
    • En réponse à mickeylange #53 le 06/01/2010 à 12:56 :
    • « Jura, par exemple.
      Qu’on ne l’y reprendrait plus.
      Maître corbeau »
    hé, zut ! encore piégé ! C’est le “truc” du piégeur, piégé, cousin de celui de l’arroseur...
    Ici, il faut vraiment faire TRÈS attention à ses écrits, sinon pan sur le bec ! 😉
  • #57
    <inconnu>
    06/01/2010 à 13:08*
    • En réponse à deLassus #7 le 06/01/2010 à 05:22* :
    • « MUSIQUE TOUJOURS !
      C’est vrai, c’est plus sexy, mais musicalement ça ne vaut pas grand chose !
      On ne peut tout avoir... Dites-moi celui que... »
    Dites-moi celui que vous préférez !
    les Claudettes 🙂 ou encore «Emmanuelle»...
  • #58
    PHILO_LOGIS
    06/01/2010 à 13:13*
    • En réponse à <inconnu> #52 le 06/01/2010 à 12:28 :
    • « Je n’en doute pas un seul instant, ayant habité pas très loin, en fait, à Montbéliard. Et l’hiver 1962 était pas mal, avec 1m à 1,20m de nei... »
    avec ..... des congères

    Tu fais ce que tu veux, spa, mais est-il nécéssaire de l’écrire? 😛
  • #59
    momolala
    06/01/2010 à 13:16
    • En réponse à <inconnu> #54 le 06/01/2010 à 12:57* :
    • « fichons le camp au soleil
      Aux Baléares ? Madère, (sauf erreur ?) l’île du printemps perpétuel... et en plus une excellente spécialité local... »
    Pas exactement mon amionaute. Peut-être les repèreras-tu l’une et les autres sur cette page : Madère, Portugaise, se trouve au large de la frontière entre Maroc et Mauritanie, dans l’archipel des Canaris, Océan Atlantique, tandis que les Baléares, Majorque et Minorque, Espagnoles, sont en Méditerranée, en F et G sur la carte en lien.
  • #60
    <inconnu>
    06/01/2010 à 13:26
    • En réponse à momolala #59 le 06/01/2010 à 13:16 :
    • « Pas exactement mon amionaute. Peut-être les repèreras-tu l’une et les autres sur cette page : Madère, Portugaise, se trouve au large de la f... »
    erreur de ma part, donc pan sur le bec. Mais il y a en une surnomée l’île du printemps perpétuel: 26°C de moyenne annuelle....