Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions
Le contenu présenté peut contenir des termes inappropriés liés à votre recherche.

tirer sa révérence [v]

quitter ; s'en aller ; abandonner ; renoncer ; partir ; s'en aller de quelque part ; prendre sa retraite ; quitter un poste ; renoncer à quelque chose ; saluer quelqu'un ; partir de quelque part

Origine et définition

Au XIIe siècle, la révérence désigne d'abord un grand respect, parfois mêlé de crainte (on pouvait s'adresser à quelqu'un de haut placé avec révérence).
Par extension, c'est devenu, au milieu du XIVe siècle, le salut cérémonieux qui était la marque de ce respect, adressé aux personnes de rang supérieur ou aux autorités ecclésiastiques.
C'est ensuite devenu un geste de civilité, principalement réservé aux femmes, pour saluer une autre personne ou pour prendre congé.
Et c'est d'après ce dernier usage que tirer sa révérence est apparu au début du XVIIIe siècle pour dire d'une personne qu'elle s'en va, mais sans qu'on se préoccupe de savoir s'il y a eu ou pas le salut du même nom.
Sur ce, certains curieux vont se demander : "mais pourquoi avoir utilisé le verbe 'tirer' dans cette expression ?"
Simplement parce qu'à l'époque où le salut cérémonieux était pratiqué, à la cour par exemple, "tirer le pied" avait le sens de "porter son pied en arrière pour saluer" ; le 'tirer' vers l'arrière permettait donc d'enclencher la révérence.
On emploie aujourd'hui cette locution de différentes manières, soit avec une certaine ironie, lorsque quelqu'un ayant quelque chose à se reprocher s'est éclipsé, soit avec peine ou respect, lorsqu'une personne connue vient de décéder, par exemple, soit avec regret ou dépit lorsque quelqu'un abandonne ou renonce à quelque chose.

Exemples

« (…) vous bourriez une petite valise et vous nous tiriez la révérence : vous repartiez chez vous, dans vos patelins. »
Georges Duhamel - Récits des temps de guerre - 1949
« (…) il était insaisissable. On croyait l'avoir pipé, le tenir dans un bon filet, et il glissait entre les mailles. Il tirait sa révérence et chantait le chant du départ. »
Georges Duhamel - Inventaire de l'abîme - 1944
« (…) j'aurais, certainement, tiré ma révérence au prix Nobel si, pour l'obtenir, il m'avait fallu rien renier. »
André Gide - Journal - 1947

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand sich aus dem Staub machen s'éloigner de la poussière
Anglais to take one's leave prendre son congé
Anglais (USA) to bow out se retirer en faisant une révérance
Espagnol (Espagne) Cortarse la coleta Se couper la petite natte = Arrêter son activité (comme font les toréros à la fin de leurs carrières)
Espagnol (Espagne) dejar su puesto quitter son poste
Espagnol (Espagne) entregar la cuchara rendre sa cuiller
Espagnol (Espagne) que V. Perez veuille bien me pardoner mais, l'expression tirar la toalla trouve son origine dans le milieu de la boxe lorsque l'entraîneur décide d'arrêter le match j'utiliserai plutôt ; echar su reverencia
Espagnol (Espagne) retirarse, jubilarse prendre sa retraite
Espagnol (Espagne) tirar la toalla jeter la serviette-éponge
Espagnol (Espagne) tomar las de Villadiego prendre celles de Villadiego
Français (Canada) lever l'ancre
Gallois canu'n iach chanter sainement/avec bonne santé
Hongrois tirer sa révérence ajánlja magát
Hébreu נעלם מן האופק (nèlam minn haofèk) disparu de l’horizon
Néerlandais aftaaien / pleite gaan /afnokken (redelijk Bargoense uitdrukkingen) tirer sa révérence
Néerlandais opkrassen / opstappen / oprotten tirer sa révérence
Néerlandais ertussenuit knijpen tirer sa révérence
Néerlandais ervandoor gaan tirer sa révérence
Portugais (Brésil) bater em retirada battre en retraite
Portugais (Brésil) dar no pé fuir
Portugais (Brésil) jogar a toalha jeter la serviette
Portugais (Brésil) picar a mula éperonner la mule
Portugais (Portugal) renunciar démissionner
Roumain a saluta din mers saluer en marchant
Roumain a trage cortina tirer le rideau
Serbe moj naklon ma révérence
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « tirer sa révérence » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.

Voir aussi


Commentaires sur l'expression « tirer sa révérence » Commentaires

  • saharaa
    01/02/2013 à 09:50
    • En réponse à chirstian #87 le 24/12/2009 à 13:51 :
    • « Comme d’autres livres de Perec (ex Les Choses, la Vie mode d’emploi) , il faut lire ce genre de "littérature" par petites gorgées.
      j’ai un... »
    "les choses" se lit de bout en bout.

    oui, d’accord !
    De même que "La vie, mode d’emploi" c’est avec une jubilation extrême et l’envie irrépressible de le relire illico que j’en suis sortie (c’est un pavé, et je pense qu’il mérite bien plusieurs lectures !)
    Certes, le débat sur l’écriture si originale de G. Perec n’est plus d’actualité, mais nous sommes bien là pour mettre notre petit grain de sel, avec plaisir, avant de tirer notre révérence 🙂
  • <inconnu>
    01/02/2013 à 09:53
    • En réponse à joseta #100 le 01/02/2013 à 09:47* :
    • « Il y a longtemps de ça, un roi visitant les Pyrénées-Atlantiques, s’arrêta devant un paysan:
      - Vous connaissez des marais par ici ?
      Le brave... »
    Marée ? Vers anse !
  • PHILO_LOGIS
    01/02/2013 à 10:04
    • En réponse à <inconnu> #102 le 01/02/2013 à 09:53 :
    • « Marée ? Vers anse ! »
    L’anse? Faut pas nier, tu l’as perdue chez l’abbé Saint-Michel!
  • joseta
    01/02/2013 à 10:12*
    S’en aller

    Ce joueur se trouvant blessé ne ferait pas partie du déplacement:
    - vous partez sans lui ?
    - oui, on va sans Nallet !
  • <inconnu>
    01/02/2013 à 10:30*
    • En réponse à joseta #99 le 01/02/2013 à 09:35 :
    • « Un petit garçon allemand rencontra Hans Christian Andersen et, en s’inclinant, lui dit:
      - vous faites partie de mes rêves herr Hans! »
    Hans jouait au tennis et son point faible était le revers. On lui disait : tu dois travailler ton..."
    Merde, je sais plus !
  • mitzi50
    01/02/2013 à 10:50*
    • En réponse à deLassus #86 le 23/12/2009 à 16:56* :
    • « Merci d’avoir tout lu, au point de trouver UNE faute de frappe : garder au lieu de garantir !
      Il y a peut-être d’autres fautes encore ; com... »
    Mais si, il est possible de lire "La disparition" jusqu’ au bout ! Par contre, se souvenir de tout, non... Et le chef-d’oeuvre de Perec reste tout de même "La vie mode d’ emploi". C’ est bel et bien de la littérature. Dommage que Georges Perec, qui accéda à la notoriété dans les années 60 avec "Les choses", qui raconte le quotidien d’ un jeune couple qui rêve sa vie de riches au lieu de travailler avec suffisamment de constance pour pouvoir, au moins, ne pas se nourrir uniquement de tartines en période de vaches maigres, et qui préfère ne pas avoir de bibiothèque du tout qu’ en avoir une qui ne soit pas en chêne clair massif (pourtant IKEA n’ était pas encore implanté sur notre territoire), nous ait tiré sa révérence si jeune....
    P.S. Et zut : Ca m’ apprendra à lire toutes les contributions avant de répondre à l’ une d’ entre-elles. Je vous présente toutes mes excuses, Chirstian, pour avoir marché sur vos plates-bandes.....
  • deLassus
    01/02/2013 à 11:07
    • En réponse à mitzi50 #106 le 01/02/2013 à 10:50* :
    • « Mais si, il est possible de lire "La disparition" jusqu’ au bout ! Par contre, se souvenir de tout, non... Et le chef-d’oeuvre de Perec rest... »
    Ca m’ apprendra à lire toutes les contributions

    Tu as déjà bien du mérite à avoir lu mes élucubrations et (longues...) citations de 2009 ! Merci pour ta patience.
  • joseta
    01/02/2013 à 11:12*
    DEVINETTE
    Pourquoi Nérée, dieu marin, se faisait toujours réveiller par sa femme, l’Océanide Doris ?
  • PHILO_LOGIS
    01/02/2013 à 11:20
    • En réponse à joseta #108 le 01/02/2013 à 11:12* :
    • « DEVINETTE
      Pourquoi Nérée, dieu marin, se faisait toujours réveiller par sa femme, l’Océanide Doris ? »
    Pasque Nérée du matin, chagrin?
    Pasque Doris Day? et que Day and Night, c’est pas Tea for Two, ni Cheek to Cheek...
  • PHILO_LOGIS
    01/02/2013 à 11:22
    • En réponse à <inconnu> #105 le 01/02/2013 à 10:30* :
    • « Hans jouait au tennis et son point faible était le revers. On lui disait : tu dois travailler ton..."
      Merde, je sais plus ! »
    J’ai beau chercher: coup droit, lobe, amortie, smash, passing shot,... je ne vois pas...
  • PHILO_LOGIS
    01/02/2013 à 11:24
    • En réponse à mitzi50 #106 le 01/02/2013 à 10:50* :
    • « Mais si, il est possible de lire "La disparition" jusqu’ au bout ! Par contre, se souvenir de tout, non... Et le chef-d’oeuvre de Perec rest... »
    Mais si, il est possible de lire "La disparition" jusqu’ au bout !

    J’en doute, chaque fois que j’ai commencé, le bouquin s’est fait la malle... Tiens, il a tiré sa révérence, en quelque sorte... Il a disparu!
  • joseta
    01/02/2013 à 11:29
    • En réponse à PHILO_LOGIS #109 le 01/02/2013 à 11:20 :
    • « Pasque Nérée du matin, chagrin?
      Pasque Doris Day? et que Day and Night, c’est pas Tea for Two, ni Cheek to Cheek... »
    Réponse
    - parce que Doris ’levait Nérée’.
    P.S. Allez! Vous pouvez me faire la révérence! 😄
  • ergosum
    01/02/2013 à 12:17
    Edition spéciale pour les ceusses de fabrication d’avant guerre (la 2éme grande)
    Ils ont tiré leur révérence, laissant un arrière-goût de nostalgie dans leur sillage
    Jean Sablon: cette page
    Marlène Dietrich: cette page
  • SyntaxTerror
    01/02/2013 à 12:35
    • En réponse à <inconnu> #90 le 01/02/2013 à 06:05* :
    • « ’Je tire ma révérence, et m’en vais au hasard, sur les routes de France, de France et de Navarre’, début d’une chanson de l’excellent Charle... »
    Je me trompe probablement

    Pour moi qui suis venu au monde quelques années après toi, il évoque plutôt l’entre deux guerres. Ou alors, c’est que les ravages du temps sont encore plus précoces chez moi.
    Bon, je vous épargne le douzième lien vers Jean Sablon.
  • joseta
    01/02/2013 à 12:37
    ...renoncer

    DEVINETTE
    Quand il voyait son ambassadeur content, le pape renonçait à le croire. Pourquoi?
    - parce que l’heureux nonce ment.
  • LeboDan_Ubbleu
    01/02/2013 à 12:53
    • En réponse à PHILO_LOGIS #103 le 01/02/2013 à 10:04 :
    • « L’anse? Faut pas nier, tu l’as perdue chez l’abbé Saint-Michel! »
    Faut pas nier, tu l’as perdue

    C’est normal qu’il l’ai perdue, le pas nier était percé !
  • DiwanC
    01/02/2013 à 12:55*
    • En réponse à <inconnu> #90 le 01/02/2013 à 06:05* :
    • « ’Je tire ma révérence, et m’en vais au hasard, sur les routes de France, de France et de Navarre’, début d’une chanson de l’excellent Charle... »
    … la chanson serait de Jean SABLON.

    Je tire ma révérence :
    Interprètes : Jean Sablon. Et plus tard, Michel Legrand, Georges Brassens ; d’autres sans doute.
    Compositeur-Auteur : Pascal Simoni
    Références Sacem : ISWC : T-003.011.128.4
  • <inconnu>
    01/02/2013 à 13:27
    • En réponse à PHILO_LOGIS #110 le 01/02/2013 à 11:22 :
    • « J’ai beau chercher: coup droit, lobe, amortie, smash, passing shot,... je ne vois pas... »
    Tout simplement : On lui disait : tu dois travailler ton revers, Hans !
  • joseta
    01/02/2013 à 13:29*
    le salut cérémonieux

    Ce genre de salut est réputé dans deux communes:
    Céret Monieux.
  • joseta
    01/02/2013 à 13:35*
    • En réponse à <inconnu> #118 le 01/02/2013 à 13:27 :
    • « Tout simplement : On lui disait : tu dois travailler ton revers, Hans ! »
    Et pour rentrer chez lui, il prenait un bus écolo à l’arrêt vert, Hans.